Toute passion abolie – Vita Sackville-West

Présentation de l’éditeur

« En un éclair lady Slane sentit que le puzzle éclaté de ses souvenirs venait de se reconstituer, comme le font des notes de musique éparpillées qui prennent soudain forme et redeviennent cette mélodie familière que nous portons en nous. Elle se retrouva sur la terrasse de la villa indienne désertée […] où seuls quelques nuages de terre poudreuse s’élevant dans les airs indiquaient la direction d’Agra. Elle appuyait ses bras sur le parapet brulant, faisant pivoter lentement son ombrelle. En fait, elle se tenait ainsi pour dissimuler son trouble car elle venait de se retrouver à l’écart de tous avec ce jeune homme à ses côtés. »

Le jour même de la mort de son mari, Henry Holland, comte de Slane, lady Slane décide de vivre enfin sa vie. Elle a quatre-vingt-huit ans. Lady Slane surprend alors son entourage en se retirant à Hampstead, dans une petite maison aperçue une seule fois, et aimée aussitôt, trente ans auparavant. Dans sa nouvelle demeure, toute passion abolie par l’âge et le choix du détachement – elle a pris soin de prévenir ses enfants : plus de visites familiales -, lady Slane se sent libre enfin de se souvenir et de rêver.

Leonard Woolf (le mari de Virginia), son éditeur, considérait Toute passion abolie (1931) comme son meilleur livre. Des dizaines de milliers de lecteurs ont été touchés par cette vieille dame indigne, « adossée à la mort pour contempler la vie ».

Mon avis

Cette lecture m’a été conseillée par la webmiss de Passiondu28 pour le challenge Destins de Femmes. Je me suis donc lancée dans la lecture sans trop savoir de quoi tout ça parlerait. Enfin, je ne pensais pas du tout que Vita Sackville-West était une écrivaine de la génération de Virginia Woolf. Ça m’a un peu surprise de l’apprendre après ma lecture, mais ce n’est pas ça qui a changé quelque chose à mon ressenti sur ce livre.

Le personnage de Toute passion abolie est un vieille femme de quatre-vingt-huit ans. Son mari décédé, elle est entourée de ses enfants qui s’inquiètent pour l’héritage et ont déjà décidé de son sort. Mais elle les surprend tous en allant s’installer dans une petite maison. Elle se lie d’amitié avec son propriétaire et se prépare à couler des jours tranquilles entre contemplation et souvenirs. On découvre donc sa vie : comment, jeune fille, elle désirait devenir peintre alors qu’elle a été mariée à Henry Holland, son désarroi quand elle a constaté que sa vie serait toute tracée. Une vie de voyage d’ambassade à une autre, d’un pays exotique à l’autre… Cette émancipation à un tel âge est raconté avec beaucoup de délicatesse et de poésie à travers les yeux d’une personnage qui préfère de loin la contemplation à l’action.

Un roman que j’ai savouré pour la finesse et la tendresse de la plume. Il n’est difficile de se laisser prendre par l’histoire et on en sort émerveillé.

Challenge Destins de femmes chez Tête de Litote

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Vita SACKVILLE-WEST. Toute passion abolie. Editions Autrement, 2005. 157 pages. Collection Littératures.

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Une réflexion sur “Toute passion abolie – Vita Sackville-West

  1. Une très belle découverte pour moi aussi : j’ai adoré l’ambiance mélancolique de ce livre et la façon dont on se laisse porté par les sentiments des personnages…
    J’adore la mamy de ta couverture ;)

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