La compagnie noire – Glen Cook

Couverture - La compagnie noire

Glen COOK

La Compagnie noire (traduit de l’américain par Patrick Couton)

Editions L’atalante, 2006.

356 pages

Présentation de l’éditeur

Mercenaires nous sommes et nous resterons. Que nous importe si la cause de notre employeur est légitime ? On nous paye pour la servir. Nous sommes la dernière des compagnies franches de Khatovar. Nos traditions et nos souvenirs ne vivent que dans les présentes annales et nous sommes les seuls à porter notre deuil. C’est la compagnie noire contre le monde entier. Il en a toujours été, il en sera toujours ainsi.

Pourtant le jours où notre capitaine a signé pour nous enrôler au service de la Dame et de ses Dix Asservis, n’était-ce pas signer avec le Mal lui même ? N’était-ce pas renoncer à notre âme en allant combattre les rebelles et l’espoir qu’ils placent en la Rose Blanche, la libératrice mythique de ce monde qui ploie sous la sorcellerie ?

Mon avis

Je suis hanté. Hanté par les cris du Boiteux. Hanté par le rire de la Dame. Hanté par l’impression que nous servons la cause de quelque chose qui mériterait d’être rayé de la surface de la terre. Hanté par la conviction que ceux qui veulent l’élimination de la Dame valent un peu mieux qu’elle. Hanté par la conscience claire qu’au bout du compte le mal triomphe toujours.

La Compagnie noire est une armée de mercenaires. De ceux qui vendent leurs services au plus offrant et restent fidèle à la compagnie parce qu’ils y ont trouvé des camarades, une famille, un but. Pourtant, les plus offrants se situent rarement du côté des opprimés. L’histoire de la Compagnie a toujours été soigneusement consignée par les annalistes qui se sont succédés au cours des siècles. C’est l’un d’eux qui raconte l’histoire de ce premier tome. Toubib est également le médecin de la Compagnie ce qui lui pose problème puisqu’il doit souvent rester en arrière de la bataille pour soigner les blessés alors qu’il cherche à se trouver au plus près des évènements pour en écrire les annales le plus fidèlement possible. Il finit par s’y retrouver même trop près à son goût, lorsque la Dame, leur employeur, en fait un de ses interlocuteurs privilégiés.

La Compagnie noire est au service du seigneur de Béryl, une grande ville côtière chaotique, quand Volesprit, l’un des Dix Asservis qui accompagnent la Dame, les fait déserter et signer un nouveau contrat. Ils partent alors dans les terres du nord combattre les armées rebelles qui s’opposent à la Dame.

L’annaliste décrit la vie quotidienne de la Compagnie, entre les affrontements amicaux des sorciers, le recrutement d’un nouveau compagnon d’armes, les multiples batailles et les exploits guerriers.

On découvre que les motivations des personnages ne sont jamais simples, loin du Bien et du Mal, dualité qui semble ici s’effacer vu le peu d’humanité dont font preuve les deux factions adverses, que ça soit celle la Dame et des Dix, les oppresseurs, ou celle des rebelles qui cherchent à s’en libérer. Cette distinction manichéenne écartée, le réalisme des personnages est frappants. La magie est fortement présente, même si on ne retrouve pas le bestiaire traditionnel de la fantasy (nains, orcs, elfes…). Loin de la traditionnelle quête des héros, Glen Cook fait de La Compagnie noire un récit pessimiste, noir, un drame humain, prenant et qui se déroulent pourtant lentement, au même rythme que les jours qui s’écoulent pour les mercenaires.

Ça faisait longtemps que je n’ai pas lu un tel roman de fantasy, au plus proche des personnages qui ne sont ni des princes ni des hommes biens, juste de la racaille qui ont trouvé dans la Compagnie noire une famille, un but, une nouvelle vie. Le roman en devient presque réaliste, tant les états d’âme du narrateur sont exposés avec finesse. Il se lit lentement, mais il est de certaines lectures comme ça. On ne le dévore pas, on le savoure !

Challenge Vide ta PAL

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