Home – Toni Morrison

Couverture - Home

Toni MORRISON.

Home (traduit par Christine Laferrière)

Christian Bourgeois éditeur, 2012.

151 pages.

.

Présentation de l’éditeur

Toni Morrison nous plonge dans l’Amérique des années 1950.

Mon avis

On peut difficilement faire une quatrième de couverture plus concise. En même temps, tenter de résumer cette oeuvre, bien que courte, est une entreprise périlleuse dans laquelle il faudra de toute manière se lancer. La difficulté réside principalement dans le fait que le récit est morcelé entre une forme de témoignage et de la narration plus classique, l’un venant contrebalancer l’autre, opposant un discours très subjectif, révélateur d’une intimité complexe et tourmentée, et le récit principal, se partageant, d’un chapitre à l’autre, les différents personnages sans continuité chronologique.

Il y a d’abord Frank, ancien soldat de la guerre de Corée, tourmenté par ce qu’il a vu et fait en Asie, tentant de rejoindre Lotus, en Georgie, pour retrouver sa soeur malade, alors qu’il a tout fait pour quitter cette région dans sa jeunesse. Sa soeur Ycidra a également fuit la ville dès que le premier venu, un certain Prince s’est proposé de l’épouser et de l’emmener à Atlanta. On retrouve aussi Lily, la compagne de Franck pour un moment, dont la présence le soulage, mais qui finit par ne plus pouvoir supporter sa présence fantomatique. Enfin, Lenore est la seconde épouse de Salem le grand-père de Franck et Ycidra. Elle a du prendre soin des deux enfants pendant que leurs parents travaillaient et n’en a retiré que du ressentiment envers ceux qui profitait de sa vie relativement aisée, de sa maison et de son argent. L’histoire de chacun se révèle a son tour, ajoutant une pièce à la fresque qui est celle de la vie de Franck et Ycidra, avec au centre Lotus, sorte de ghetto noir, village construit à partir de rien, planté au milieu des champs et recouvert de poussière. Lotus, un village dans lequel on s’exile, qu’on rêve de quitter et qui devient ensuite ce havre de paix auquel chacun aspire. En toile de fond, c’est aussi l’Amérique des années 50 qui apparaît par touche : une Amérique ségrégationniste, intolérante, qui exclut les noirs (places réservées dans les bus, hôtels qui leurs sont attribués, eugénisme)… Tout ça n’est pas explicitement dénoncé, mais il suffit du style précis de l’auteur pour qu’on le devine comme en négatif.

Toni Morrison a une écriture concise et maîtrisée. Chaque mot est à sa place, l’auteur ne s’attarde pas sur les détails inutiles. Le roman est court, mais il se suffit à lui-même. Il donne une impression de simplicité et pourtant il en dit beaucoup plus qu’il n’y paraît sur les personnages, le pays, l’ambiance de l’histoire qui est contée. Encore une oeuvre magistrale de la part de Toni Morrison.

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  • Déjà lu, du même auteur :

Love (2004), Un don (2009)

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