Le chat dans le cercueil – Mariko Koike

Couverture - Le chat dans le cercueil

Mariko KOIKE

Le chat dans le cercueil (traduit pas Karine Chesneau)

Editions Philippe Picquier, 2002

206 pages

Collection Picquier poche.

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Présentation de l’éditeur

Si Momoko n’ouvre son cœur qu’à sa chatte Lala, son père n’a d’yeux que pour la belle et pulpeuse Chinatsu, au grand dam de la jeune fille au pair : trois habitants d’une même maison dans le Japon d’après-guerre vivent dans un calme apparent, ignorants d’une vérité cachée qui les pousse tous inexorablement vers la tragédie.

Quand la neige recouvrira de silence le jardin et le champ de blé alentour, les non-dits réveilleront ce petit démon intérieur qui appelle au meurtre. Et Lala, sphinx au blanc pelage, pourrait bien alors s’avérer la victime et la clé de ce surprenant suspense psychologique.

Mon avis

Les éditions Picquier ont indiqué sur la couverture qu’il s’agit d’un roman policier, mais je ne suis pas très d’accord avec cette dénomination. Il ne s’agit d’enquête à proprement parler, mais plutôt d’un drame à suspens, un peu thriller, qui va prendre les personnages dans une mécanique implacable. Chaque personnage semble jouer son rôle à la perfection dans la tragédie. Mais du policier ? Non, vraiment, je ne vois pas où il y en a.

Hariu, jeune campagnarde, vingt ans, est engagée par Gôro Kawabuko. Passionnée de peinture, elle rêve d’en faire son métier, mais pour cela elle doit quitter sa famille pour venir à Tokyo. Son employeur est veuf, professeur de peinture à l’université. Il vit dans une maison à l’américaine avec sa fille de huit ans Momoko. Hariu devient alors le professeur particulier de l’enfant. Si le contact est difficile avec la fillette refermée sur elle-même, elle comprend rapidement que la chatte Lala, blanche comme neige, est bien plus qu’un simple animal de compagnie. Hariu apprend alors à vivre avec cette étrange famille et les habitude mondaine de son employeur. Elle devient un peu amoureuse de lui et va jusqu’à s’imaginer la vie qu’il devait avoir avec sa femme. Jusqu’à ce qu’il lui présente Chinatsu. La femme est très élégante, très belle et si elle semble beaucoup plaire à Gôro, Hariu se met à ressentir une terrible jalousie tandis que Momoko reste indifférente à son égard. Au lieu d’expliquer clairement sa relation avec Chinatsu, Gôro laisse le malaise s’installer et les non-dits planer. L’incompréhension entre les deux femmes et l’enfant devient haine quand Lala disparaît. C’est l’élément déclencheur du drame et de ses révélations.

Le roman est admirablement bien écrit. Il s’ouvre sur la vie de Hariu à la cinquantaine, devenue un peintre reconnu. La découverte d’un chat blanc déclenche le récit des évènements tragiques passés. Le lecteur est alors tenu en haleine par des effets d’anticipation qui livrent des détails ou des sentiments sur les évènements à venir tout en dissimulant les faits les plus importants. Difficile alors de ne pas être pris passionnément dans cette histoire lugubre, macabre même, jusqu’à son aboutissement. Le roman se déroule d’abord dans un calme où la tension vient peu à peu s’installer. C’est un thriller psychologique en huis clos, avec passion et jalousie à la clé, remarquablement bien mené. Je ne peux que le conseiller.

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