Anonymous – Roland Emmerich

Affiche - Anonymous

Année de production : 2011. Nationalité britannique, allemande.

Genre : Thriller. Historique. Drame.

Réalisé par : Roland Emmerich

Avec : Rhys Ifans, Vanessa Redgrave, Joely Richardson, David Thewlis, Edward Hogg, Sebastian Armesto…

Synopsis :

C’est l’une des plus fascinantes énigmes artistiques qui soit, et depuis des siècles, les plus grands érudits tentent de percer son mystère. De Mark Twain à Charles Dickens en passant par Sigmund Freud, tous se demandent qui a réellement écrit les œuvres attribuées à William Shakespeare. Les experts s’affrontent, d’innombrables théories parfois extrêmes ont vu le jour, des universitaires ont voué leur vie à prouver ou à démystifier la paternité artistique des plus célèbres œuvres de la littérature anglaise.
A travers une histoire incroyable mais terriblement plausible, « Anonymous » propose une réponse aussi captivante qu’impressionnante. Au cœur de l’Angleterre élisabéthaine, dans une époque agitée d’intrigues politiques, de scandales, de romances illicites à la Cour, et de complots d’aristocrates avides de pouvoir, voici comment ces secrets furent exposés au grand jour dans le plus improbable des lieux : le théâtre…

Mon avis

« Tout art est politique. Ou ce ne serait que décoration. »

Le film s’ouvre de nos jours. A New York, un acteur sort d’un taxi pour entrer dans les coulisses d’un théâtre et se rendre directement sur scène, arrivé tout juste à l’heure pour débuter la représentation. Lui, c’est le narrateur qui va alors nous plonger dans l’histoire, expliquer l’énigme littéraire et historique qu’est l’oeuvre de Shakespeare et introduire l’hypothèse que la pièce propose. Et paf ! mise en abyme : nous nous retrouvons alors à Londres, au début du XVIIème siècle. Théâtre dans le théâtre. Le procédé est des plus banal. Shakespeare l’utilisait lui-même. On admet alors l’emprunt et on poursuit le visionnage du film.

La reine Elisabeth est vieillissante et on commence à comploter pour déterminer qui prendra sa succession : le roi d’Ecosse ou le duc d’Essex, l’un de ses bâtard ? Ce sont des machinations qui commencent entre les conseillers proches de la reine, les Cecil, ou les proches d’Essex, dont Edward le comte d’Oxford qui va l’aider d’une manière qui n’est ni politique ni guerrière, mais artistique. Ecrivain et poète au talent inconnu puisqu’aucune de ses oeuvres n’a encore été publiée, il va confier certaines de ses pièces à un dramaturge Benjamin Jonson pour qu’elle soit mise en scène au théâtre du Globe. Dès la première représentation, on réclame l’auteur qui est resté inconnu et c’est un acteur, William Shakespeare, qui fait son entrée sur scène pour recevoir l’ovation du public. Ça ce n’est que le début du film. Parce qu’on a en plus des tas de retour en arrière sur la vie d’Edward qui sont censés nous éclairer sur ce qu’il est devenu, ce qu’il a vécut. C’est sans compter également toutes les histoires de la cour, adultères, enfants illégitimes, etc etc.

On a l’impression que le scénariste a voulu caser tous les ressorts possibles et imaginables dans une même intrigue et au bout d’un moment, à force de surenchère, on dit « STOP ! c’est pas possible, j’y crois plus ! » De quoi gâcher tout ce qui était avant, surtout avec la dernière révélation qui fait tourner cet exemple de théâtre élisabéthain en tragédie grecque. Ma seule réaction a été la stupéfaction devant un tel rebondissement final douteux, et non pas l’horreur, comme le sentiment que ces pièces exerçaient alors sur leurs spectateurs.

Je me souviens que quand ce film est sorti en salle, l’accueil de la critique avait été mitigé, pour ne pas dire tiède ou glacial, du coup je ne m’attendais pas à une histoire extraordinaire. Du coup, je n’ai pas été déçue dans mes attentes, j’ai trouvé que c’était un bel hommage à l’oeuvre du dramaturge, mais que décidément, il y a un truc qui ne va pas et qui gâche l’impression que laisse le film. D’une part je reste sceptique sur un tas de détails, ensuite le personnage de la reine Elisabeth ne m’a pas trop plus (c’est un personnage historique que j’apprécie beaucoup, et je m’étais fait l’idée d’une femme forte, dirigeante intransigeante, bien qu’amateure d’art et de théâtre, et pas minaudière et manipulée par ses conseillers comme elle l’est ici) et enfin c’est long !

J’ai quand même apprécié l’utilisation qui est faite des pièces : dans le contexte, elles deviennent des armes politiques (au sens premier du terme : ce qui relève de la cité) qui soude le peuple contre un même ennemi (les français en l’occurrence, ou les espagnols), les fait ressentir des émotions incroyables avec les tragédies… Il est intéressant de voir l’impact des pièces et on peut s’amuser par les extraits qui parcourent le film à deviner de quelles pièces et de quelles scènes ils sont tirés.

En conclusion, ce film use de procédés classiques du théâtre pour rendre un hommage un peu trop rocambolesque à l’oeuvre magnifique qu’est celle qu’on attribue à Shakespeare.

Conseil : pour celles et ceux qui seraient intéressé-e-s par l’époque, je vous suggère de regarder de Elizabeth (1998) et Elizabeth l’âge d’or (20007) de Shekhar Kapur (avec Cate Blanchett dans le rôle de la reine) ou encore Shaespeare in love (1998) de John Madden.

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