Amour, Prozac et autres curiosités – Lucia Etxebarria

Couverture - Amour, prozac...

Lucía Etxebarría

Amour, Prozac et autres curiosités

(traduit de l’espagnol par Marianne Millon)

Editions 10-18, 2004.

281 pages.

Domaine étranger.

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Présentation de l’éditeur

Trois soeurs – sortes de Brontë d’Almodovar – carburent aux antidépresseurs. Cristina, la nympho « affamée de tendresse », croque les hommes et avale de l’ecstasy avec la boulimie du désespoir. Rosa, la directrice financière, ressemble aux personnages de Bret Easton Ellis : bardée de marque de luxe, le vice et la folie en moins. Ana, enfin, la mère de famille rangée, ne supporte son existence naphtalinée qu’en somnambule de la vie, droguée aux somnifères. Pas de quoi se tordre de rire. Et pourtant.

Mon avis

Les trois soeurs vivent chacune leur vie à Madrid. Elles ne se fréquentent pas beaucoup, se parlent encore moins, quand à s’aimer, c’est difficile à dire.

Ana est mère de famille. Femme au foyer, au salon digne de figurer dans « Elle décoration » elle a longtemps cru que s’occuper de son ménage et de son fils lui suffirait. Seulement, depuis quelques semaines, elle passe son temps à pleurer et ne parvient à faire les tâches minimales qu’en se gavant de médicaments.

Rosa est directrice financière d’une grande entreprise. Toute sa vie est tournée vers son travail, sa carrière et son appartement couteux à la décoration épurée. Elle n’a ni amis ni amants, et depuis quelques semaines, quelqu’un s’entête à l’appeler toutes les nuits pour lui faire écouter L’Heure fatale de Purcell. Elle prend du Prozac pour pallier à une déficience de neurotransmetteurs.

Cristina travaille dans un bar la nuit, malgré ses qualifications. Elle ressasse sa rupture avec Iain, en absorbant hommes, alcool et ecstasy. Elle est la plus jeune et celle qui a eu une adolescence « difficile », entre crises suicidaires et psychiatres.

Chacune semble avoir choisi sa façon de vivre sciemment et pourtant, aucune n’a l’air satisfaite ou vraiment heureuse. Et elles prennent chacune la parole pour le raconter. Leur vie présente, leurs problèmes, leur enfance, le départ de leur père, l’école chez les bonnes soeurs, les premiers amours… Parfois on sourit, mais tout est un peu grinçant, pessimiste. L’amertume demeure jusqu’à la fin. C’est amusant de voir que la vie les a rendu si différente, mais tellement semblable sur bien des points. On est assez loin de la chick-lit de base où la narratrice (Cristina principalement) raconterait ses fiasco amoureux et ses dépressions alimentées par toutes sortes de drogues. La narration, qui alterne des chapitres racontés par l’une ou l’autre des soeurs, permet d’avoir les opinions de l’une sur les autres, et ainsi on un point de vue global qui se crée sur cette fratrie bancale. Autant on pourrait prendre Rose pour une personne stricte et intransigeante, selon le point de vue de Cristina, on comprend mieux son caractère quand c’est elle qui est la narratrice. De même, Cristina, qui a l’air très sympathique quand elle raconte pourquoi elle a tant de relation avec des hommes et ce qu’elle y cherche, paraît être une traînée et une nymphomane dans les yeux de ses soeurs. Aucune n’est toute blanche ou toute noire, et c’est agréable de sentir ces nuances dans les caractères, qui se révèlent peu à peu.

Enfin, dernière remarque, j’ai lu dans d’autres chroniques que les lecteurs avaient trouvé le vocabulaire un peu vulgaire. En effet, c’est un peu cru, mais comment parler de sexe autrement ? Personnellement, je crois que je préfère ça à un langage fleur bleue. Cependant, ce n’est qu’une partie du roman et pas la plus importante, et c’est dommage de passer à côté de ce roman juste pour ça.

En conclusion, j’ai beaucoup aimé cette lecture. Ce n’est pas non plus la lecture du siècle, mais j’ai aimé suivre la vie de ces trois héroïnes, qui se révèlent plus complexes qu’au premier abord. Et puis, il faut dire que leurs vies respectives sont loin d’être banales !

Challenge Destins de femmes chez Tête de Litote

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