Apocalypse bébé – Virginie Despentes

Couverture - Apocalypse Bébé

Virginie DESPENTES

Apocalypse Bébé

Editions France Loisir, 2011.

374 pages

Collection Piment.

.

Présentation de l’éditeur

Valentine Gatlan, adolescente énigmatique et difficile, a disparu. Lucie, détective privée sans conviction ni talent engagée par la grand-mère de Valentine pour surveiller ses faits et gestes, l’a perdue sur un quai de métro parisien. Comment la retrouver ? Aurait-elle rejoint sa mère, qu’elle n’a jamais vue, à Barcelone ?

Un roman qui promène le lecteur, sur les traces de tous ceux qui ont ont connu l’adolescente égarée… Les différents personnages se croisent  sans forcément se rencontrer, et finissent par composer, sur un ton tendre et puissant, le portrait d’une époque.

Récompense : Prix Renaudot 2010.

Mon avis

Lucie, détective engagée pour surveillée les faits et gestes d’une adolescente, doit partir à sa recherche quand elle perd sa trace. Totalement dépassée par la tâche, elle fait appel à La Hyène, une femme qui aime les femmes, connait les hommes, leurs travers et leur esprits et surtout qui est rodée à ce genre d’enquête. Elles vont d’abord interroger les proches, parents, belle mère, cousins, la mère biologique qui a abandonné l’adolescente, remontant la piste de la fuyarde, dessinant les contours de son personnage, alors qu’elles ne sont pas en sa présence. Jusqu’à la fin.

Chaque personnage a sa voix. Et il y en a pour tous les genres. L’homme bourgeois assuré dans ses privilèges, la belle mère qui voudrait faire des efforts qui portent leurs fruits, la soeur Elizabeth et son subtile double jeu… Les psychologies sont développées finement tout en jouant dans la satire. Le tout avec un style décapant qui happe facilement, malgré les paroles différentes, prises à tour de rôle par les personnages. Je n’ai pas été dérangée par la vulgarité qui est parfois évoquée sur la toile à propos de ce roman. Oui, c’est cru. L’auteur ne s’embarrasse pas d’artifices ou de détours pour décrire des scènes de partouze ou les actions de personnages à la dérive.

Le livre est par certains aspects dérangeants, même si je m’attendais à pire, vu la réputation de Virginie Despentes, ou en tous cas l’idée – fausse – que je me faisais de son oeuvre. Elle nous guide dans la visite des marges, de la transgression, de la dérive, avec pour points d’ancrage des personnages marquants comme Valentine ou encore La Hyène, des marges qui se radicalisent jusqu’à la fin, explosive, dans tous les sens du terme. C’est le seul moment qui m’a vraiment choqué. Pas parce qu’il a dérangé mon sens des bonnes moeurs ou quelque chose dans ce style, mais plutôt parce qu’il m’a semblé extrêmement violent, gratuit, pas inattendu, mais parce que c’est traumatisant, pour le personnage principale et pour le lecteur.

Que l’auteur joue ainsi avec les attentes des personnages, avec les points de vue et les marges qui finissent par se déchirer, ça m’a beaucoup plu. C’est d’ailleurs un roman que j’attendais de lire depuis un moment, tout en craignant un peu ce qu’il pouvait réserver; Et la lecture a confirmé le sentiment que j’en avais, à la fois dans la crainte – le choc était bien là – et dans l’engouement. Apocalypse bébé est un roman fort et qui dérange les repères. Pour cela je comprends qu’il ne plaise pas à tout le monde, mais je trouve dommage de passer à côté de sa puissance magnétique.

J’irai tenter avec joie les autres oeuvres de Despentes.

Challenge Destins de femmes chez Tête de Litote

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