Auprès de moi toujours – Kazuo Ishiguro

Couverture - Auprès de moi toujours

Kazuo ISHIGURO

Auprès de moi toujours (traduit par Anne Rabinovitch)

Editions Folio, 2012.

440 pages.

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Présentation de l’éditeur

Kath, Ruth et Tommy ont été élèves à Hailsham dans les années quatre-vingt-dix ; une école idyllique dans la campagne anglaise, où les enfants étaient élevés dans l’idée que leur bien être personnel était essentiel à la société. Mais pour quelle raisons les avait-on réunis là ? Des années plus tard, Kath tente de trouver un sens à leur passé commun. Avec Ruth et Tommy, elle prend conscience leur enfance apparemment heureuse n’a cessé de les hanter au point de frelater leurs vies d’adultes.

Kazuo Ishiguro traite de sujets qui nous touchent de près : la perte de l’innocence, l’importance de la mémoire, la valeur que chacun de nous accorde à autrui. Ce chef d’oeuvre d’anticipation raconte une histoire d’humanité et d’amour dans l’Angleterre contemporaine. Il est appelé à devenir le classique de nos vies fragiles.

Mon avis

Auprès de moi toujours est un roman d’anticipation sur le thème « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » (Rabelais). Du moins c’est ainsi que je l’interprète, parce que tout ce qui est de l’ordre de l’anticipation, ou plutôt de ce qui est différent dans Auprès de moi toujours du « monde réel », apparaît de manière diffuse et si c’est un facteur dans la progression des personnages, c’est loin d’être le centre de l’histoire. Mais reprenons le roman dans l’ordre.

Kath, Ruth et Tommy ont grandi à Hailsham, un lieu qui berce les souvenirs de leur enfance, mais, ils s’en aperçoivent vite, un lieu qui est très spécial en dehors du rôle qui lui a été attribué. C’est ce dont la narratrice, en revenant peu à peu sur ses souvenirs, en racontant son enfance, et en en discutant avec ses amis, va se rendre compte.

Cela paraît très mystérieux, dit comme ça, mais le problème avec ce roman, c’est que c’est une chose que le lecteur comprend peu à peu, à force d’allusions, de mots qui reviennent, des non-dits soulignés, etc. En fait cela semble normal pour la narratrice, elle sait tout cela, donc elle ne s’étend pas en longues explications, elle n’en a pas besoin. Et c’est au lecteur de faire le tri, d’écouter ses intuitions pour comprendre ce qu’elle dit, jusqu’à ce que ça soit enfin clairement dit. Aussi, en raconter plus serait spoiler, donc je vais me contenter de rester évasive.

Kath nous raconte donc sa vie, depuis son enfance, puis son adolescence et sa progressive indépendance jusqu’à l’âge adulte. Elle offre de nombreux détails sur la vie à Hailsham, sur ses relations avec ses amis, avec les gardiens. Elle livre les dialogues, ses émotions, ses sentiments, ses impressions, enrichis par ses réflexions à postériori. Le récit est très ancré dans un sorte de réalisme, la vie quotidienne, la simple et belle humanité des gens que Kath a côtoyé. Elle fait un impressionnant travail de mémoire et, dans des paysage d’Angleterre qui nous semblent familier, elle exhume des détails, des phrases, des souvenirs qui révèlent d’un coup le monde effroyable dans lequel elle vit.

C’est aussi une formidable histoire d’amour et d’amitié. Kazuo Ishiguro a un style magnifique qui nous fait comprendre dans le détail toutes les nuances des caractères de ses personnages. La psychologie est traitée de manière fine, et les sentiments quels qu’ils soient sont magnifiés. C’est une très belle lecture, elle m’a vraiment marquée, et si certains-es l’ont déjà lu je serais ravi d’en discuter avec eux-elles plus précisément.

Le film Never Let Me Go (2011)

Affiche - never let me goRéalisé par Mark Romanek ; avec Carey Mulligan, Andrew Garfield, Keira Knightley…

Je l’ai vu peu de temps après avoir lu le roman et je n’ai pas pu m’empêcher de faire la comparaison entre le roman et le film, par exemple, ce qui avait été modifié dans l’histoire, les moments qui ont été supprimés, etc. J’avais beaucoup de mal à me détacher de ce que j’avais lu pour regarder le film pour lui-même. Au début, ça m’a un peu gâcher la lecture, jusqu’à une ou deux scènes effroyables qui m’ont glacée et m’ont tiré des larmes. A partir de là, je me suis vraiment plongée dans le film, que j’ai aussi beaucoup aimé, mais je suis assez incapable de faire une quelconque remarque d’ordre esthétique ou sur la réalisation, le jeux des acteurs ou encore le scénario.

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2 réflexions sur “Auprès de moi toujours – Kazuo Ishiguro

  1. J’ai trouvé que Never let me go est un roman qui met une atmosphère constante de mal être avec une morale pas franchement bien défini même si la phrase que tu as tiré de Rabelais serait de plus juste dans le thème de ce livre. Un roman qui m’a marqué vraiment par cette athmosphère plus qu’autre chose.

    Ce fut une lecture différente pas forcément négative, mais qui m’a laisser perplexe.

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