Simple – Marie-Aude Murail

Couverture - Simple

Marie-Aude MURAIL

Simple

Éditions L’École des loisirs, 2007

205 pages

Collection Médium

.

Présentation de l’éditeur

Simple dit  » oh, oh, vilain mot  » quand Kléber, son frère, jure et peste. Il dit  » j’aime personne, ici  » quand il n’aime personne, ici. Il sait compter à toute vitesse : 7, 9, 12, B, mille, cent. Il joue avec des Playmobil, et les beaud’hommes cachés dans les téphélones, les réveils et les feux rouges. Il a trois ans et vingt-deux ans. Vingt-deux d’âge civil. Trois d’âge mental. Kléber, lui, est en terminale, il est très très courageux et très très fatigué de s’occuper de Simple.

Simple a un autre ami que son frère. C’est Monsieur Pinpin, un lapin en peluche. Monsieur Pinpin est son allié, à la vie à la mort. Il va tuer Malicroix, l’institution pour débiles où le père de Simple a voulu l’enfermer, où Simple a failli mourir de chagrin. Monsieur Pinpin, dans ces cas-là, il pète la gueule. Rien n’est simple, non, dans la vie de Simple et Kléber.

Mais le jour où Kléber a l’idée d’habiter en colocation avec des étudiants, trois garçons et une fille, pour sauver Simple de Malicroix, alors là, tout devient compliqué.

Mon avis

Marie-Aude Murail aime bien traiter les sujets sensibles, mais qui lui en voudrait ? Elle le fait avec beaucoup de délicatesse et la gravité ne laisse pas moins la place à une légèreté salvatrice, pour ses lecteurs, comme pour ses personnages.

Ici, le thème de la déficience mentale est abordé par la relation de deux frères : Kléber qui a 17 ans et Barnabé, surnommé Simple, qui a 22 ans, mais la mentalité d’un enfant. Leur mère est décédée et leur père qui se remarie refuse de s’occuper de Simple. Il l’a bien mis dans une institution – Malicroix – mais Simple y dépérissait alors Kléber l’en a sorti. Il a décidé de prendre soin de Simple, malgré les cours qu’il doit suivre au lycée et le comportement imprévisible de son frère, secondé dans ses bêtises par Monsieur Pinpin, le lapin en peluche. Ils s’installent dans une colocation composée d’étudiants : Corentin et Aria, frère et soeur, Emmanuel le petit ami d’Aria et Enzo le littéraire. La situation, déjà pas simple, va être compliquée par la vie en communauté.

Chacun a sa propre réaction face à Simple, à sa naïveté, à ses jeux, à sa franchise et à sa lucidité parfois dérangeante : il y a ceux qui ont peur, ceux qui restent persuadés qu’il a besoin de médicaments, et ceux qui finissent par tomber sous son charme. Les personnages sont tous attachants et drôles, même le vieux voisin grincheux conseiller en amour, sauf ceux qui sont volontairement antipathiques – après tout il en faut. Le récit est léger, parsemé d’humour, et ce style qui paraît naturel et spontané est un vrai bonheur à lire. Les relations humaines sont émouvantes, tendres, et ce roman est définitivement plein de charme.

Simple est passé dans ma liste des romans indispensables, parce qu’il parle d’un sujet dérangeant en le désacralisant et en prenant les différents points de vue des protagonistes : Simple, d’abord, ses jeux, sa manière de voir le monde et de penser ;  puis son frère qui est souvent tenté de le laisser tomber, car c’est trop de responsabilité pour lui alors qu’il a une vie de lycéen avec tout ce que cela implique de sorties, de drague, etc. ; et enfin les autres, ceux de l’extérieur, qui jugent sans comprendre et ont peur d’un comportement qui sort des normes. C’est un roman à la fois édifiant et divertissant. Je ne peux que le conseiller !

big-challenge-2014

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