Les futurs mystères de Paris, 1. La balle du néant – Roland C. Wagner

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Les futurs mystères de Paris, 1. La balle du néant

Suivi de S’il n’était vivant

Editions l’Atalante, 2002.

188 pages

.

Présentation de l’éditeur

1843. – Eugène Sue : Les Mystères de Paris
1954-1958. – Léo Malet : Les Nouveaux Mystères de Paris, Nestor Burma, « L’homme qui met le mystère K.-O. »
1958. – Frédéric Dard : Les Derniers mystères de Paris
1996-?. – Roland C. Wagner : Les Futurs mystères de Paris

Mon nom est Temple Sacré de l’Aube Radieuse, mais vous pouvez m’appeler Tem. Pour cent euros par jour plus les frais, vous pouvez aussi louer mes services. Je suis détective privé. Mon atout majeur ? Le Talent de transparence qui me permet de passer inaperçu. Mais qui m’oblige aussi à des efforts vestimentaires pour ne pas passer inaperçu.

Paris, 2063. Un demi siècle après la « Grande Terreur primitive » qui a bouleversé les fondements de la société (pour le meilleur plutôt que pour le pire), voici le premier des Futurs mystères de Paris. Où l’on enquête sur le meurtre en chambre d’un physicien.

Mon avis

J’avais déjà parlé de ce roman dans un billet de mon précédent blog. Il se trouve qu’à la suite d’une relecture, je me trouve finalement assez injuste. J’entreprends donc ici de redresser mon tort.

La couverture n’est certes pas très engageante, mais son contenu est bien plus savoureux que ce vert acidulé ne semble l’indiquer.

Nous sommes dans un futur relativement proche où à la suite d’un cataclysme – on ne sait pas vraiment quelle forme il a prise – l’humanité s’est relativement apaisée. Il n’y a plus de guerre, mais quelques crimes perdurent. Certains hommes et femmes se retrouvent avec des pouvoirs parapsychiques. C’est le cas de notre détective, Temple Sacré de l’Aube Radieuse, dit Tem, élevé dans une sorte de communauté qui pratique une spiritualité particulière, très marquée par le psychédélisme. Il est secondé par Gloria, une aya (IA) indépendante et révolutionnaire, sorte d’intelligence artificielle omnisciente et omnipotente, bras droit irremplaçable pour Tem.

Rien qu’avec cette petite description, on sait qu’on a affaire à un univers déjanté, mais toujours riche et cohérent quand il s’agit de Roland Wagner. Il évoque les évolutions de la société , d’un point de vue historique avec de nombreux clins d’oeil à notre époque, ce qui rend le tout fort plausible et réaliste, bien qu’un peu compliqué.

Revenons à l’intrigue. Tem se trouve dans son bar préféré, essayant tant bien que mal de se faire commander une boisson – la serveuse ne le remarque pas ou l’oublie à cause de son talent de transparence – quand une femme l’aborde pour qu’il résolve le meurtre de son frère. Elle vient de la même communauté que lui et a elle aussi un pouvoir parapsychique – celui de tomber très lentement si jamais elle venait à sauter d’une falaise. Son frère était un éminent chercheur et possédait lui un pouvoir d’empathie qui amenait ceux autour de lui à l’aimer et à vouloir le protéger. Son meurtre est donc invraisemblable, surtout que cela s’est déroulé dans une chambre d’hôtel fermée à clé de l’intérieur. Tem commence à enquêter, comme on le lui demande, mais l’affaire se corse avec la découverte de nouveaux corps que l’assassin semble avoir laissé sur le chemin du détective.

L’intrigue paraît très classique : le crime en chambre close a été revisité par de nombreux auteurs. Pourtant la science fiction permet d’y introduire de nouveaux éléments, typique du genre : des inventions technologiques par exemple.

De nombreux éléments rendent cette enquête des plus intéressantes : le coup des pouvoirs parapsychiques, notamment celui de la transparence du détective, qui lui facilite ses enquêtes autant que ça les complique ; ou encore la présence nécessaire du borsalino vert fluo qui devient un élément clé de l’histoire – si si !

Roland Wagner use de la satire et de l’ironie jusqu’à plus soif – notamment tout ce qui concerne, en vrac, la drogue, les secte, le militarisme – mais sans se prendre au sérieux pour autant. Le tout est drôle, et les considérations du personnage sur le monde n’en font pas qu’un narcissique nombriliste, ce qui est plutôt agréable. En conclusion, cette série a un bon potentiel imaginatif et innovant. Personnellement, j’adore l’univers décalé, l’humour noir et le fait que ça ne soit pas un gigantesque pavé. Je peux déjà affirmé, que vous n’avez pas fini d’entendre parler de Tem, et encore moins de Roland C. Wagner !

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