Tout seul – Christophe Chabouté

Couverture - Tout seul

Christophe CHABOUTE

Tout seul

Editions Vents d’Ouest, 2008

368 pages

Coup de coeur

♥♥♥♥♥

.

Présentation de l’éditeur

50 ans qu’il vit ici, sur ce caillou, dans son vaisseau de granit. Bateau immobile qui ne l’emmène nulle part et qui ne rejoindra jamais aucun port… Et pourquoi quitter ce lieu alors que le monde au-delà de cette satanée ligne d’horizon fait si peur ? Où s’évader lorsqu’on n’a nulle part où aller ? Comment combattre la solitude et empêcher que ce silence perpétuel ne devienne assourdissant ?… Des années passées sur son rocher, avec l’imagination comme seule compagne… Avec Tout seul, Christophe Chabouté signe un de ses albums les plus surprenants, où se côtoient onirique et quotidien et où s’enchevêtrent subtilement sensibilité, tendresse et humour…

Mon avis

Un phare au milieu de la mer – autant dire au milieu de nulle part. Un désert de vague et d’eau ravitaillé par un bateau de pêche chaque semaine et visité par les mouettes. Le pêcheur nouvellement engagé croit d’abord à un genre de trafic, mais son patron lui raconte l’histoire de « tout seul », le fils de l’ancien gardien du phare. « Tout seul » est né mal formé dans le phare et ne l’a jamais quitté. Quand sa mère est morte, son père a tout organisé pour qu’il puisse vivre tranquillement dans le phare. Il ne s’est jamais montré à personne et vit en solitaire dans cette tour isolée, avec pour seul compagnon un poisson rouge et pour seule distraction la pêche, ce que lui apporte les vagues et un dictionnaire. Ce dictionnaire, il le jette sur la table pour lire des définitions au hasard qui le feront rêver et s’évader grâce à sa fabuleuse imagination. Même si parfois, certaines définitions le font revenir à sa condition d’isolement.

En ouvrant cette bande dessinée, je ne savait du tout à quoi m’attendre. Et puis, on entre dans le sujet de manière progressive : une mouette, des vagues, un bateau, le phare, puis l’intérieur du phare, des objets et « tout seul ». Les dessins sont uniquement en noir et blanc, les paroles sont rares. L’ambiance est fabuleuse.

J’adore ce livre. Je le lis et le feuillette sans me lasser. Les images sont belles et l’idée de l’intrigue est vraiment originale : un homme lit des définitions d’un dictionnaire et imagine le monde selon ses références à lui. Quand on lui décrit des confettis comme des rondelles de papier qu’on s’envoie lors de fête, il imagine des gens riant se jetant des confettis aussi gros que des crêpes. C’est assez drôle et en même temps très touchant.

Les deux autres personnages sont aussi intéressants : le vieux marin bourru et sa jeune recrue méfiante qui finissent par s’ouvrir l’un à l’autre et se découvrir des intentions différentes de ce qu’ils croyaient de l’un envers l’autre.

Je recommande ce livre. Je mets rarement des coups de coeur, mais là, c’en est un, sans hésiter.

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