Fakirs – Antonin Varenne

Couverture - Fakirs

Antonin VARENNE

Fakirs

Editions Points, 2010

306 pages

Collection Policier

.

Présentation de l’éditeur

Alan Mustgrave exerçait le métier de fakir. Américain, ancien Marine, homosexuel et héroïnomane, il est mort sur scène à Paris, dans d’étranges circonstances. Son meilleur ami John cherche des réponses, mais ne fait que soulever davantage des questions. Accident, suicide, assassinat ? Le commissaire Guérin, paria du 36 Quai des Orfèvres relégué au service des Suicides n’est pas au bout de ses peines.

Mon avis

Fakirs a passé beaucoup de temps sur mon étagère, et puis, quand je me suis décidée à le lire, dans mon sac avant que j’ose l’ouvrir. J’ai lu quelques pages, dans les transports, sans être vraiment accrochée par le début. Et enfin, agacée d’avoir une lecture qui traîne autant, je m’y suis mise résolument. Et enfin j’ai plongé. Sans m’attendre du tout à une telle immersion et à une telle fascination.

Fakirs, c’est d’abord un schéma narratif qui a l’air classique pour un polar : deux enquêtes séparées, avec des personnages qui ne se connaissent pas, qui finalement se rejoignent pour ne faire qu’une. Et puis, il y a la découverte progressive des personnages, leur charisme, leurs névroses, leurs obsessions, leur histoire. Enfin, au fur et à mesure de la lecture, on savoure les descriptions humoristiques, les pointes d’ironie qui émergent soudainement et allège le fond plutôt pessimiste – de mon point de vue – du roman.

Guérin est flic au suicide depuis qu’il a fait une dépression. Son job consiste à visiter des lieux de suicide pour déterminer s’il y a des circonstances suspectes qui pourraient en faire un crime. Il doit aussi chapeauter Lambert, un jeune flic sportif, un peu simple qui l’accompagne au gré de ses errements. Guérin enquête aussi pour tenter de confirmer sa Grande Théorie : on provoquerait exprès certains suicides pour que des voyeurs se repaissent de la vue de la mort comme d’un spectacle alléchant.

John Nicholls est un américain qui vit sous un tipi dans le Lot, en ermite. L’ambassade des Etats Unis le contacte pour qu’il vienne identifier un corps, celui de Alan Mustgrave, son ami exerçant le métier de fakir. Alan est un drogué et suicidaire notoire, et l’enquête sur sa mort conclut rapidement à un accident lors du spectacle. Mais John cherche à tous prix à savoir ce qui s’est passé. Tabassé par des petites frappes à qui Alan devait de l’argent, il est recueilli par un ancien taulard qu’il surnomme Bunker et son chien Mesrine.

Les deux intrigues se déroulent indépendamment l’une de l’autre pendant un bon moment, pour se rejoindre, tranquillement, à leur rythme. L’auteur sème les fausses pistes pour nous faire découvrir l’univers d’un Paris caché, secret : depuis un cabaret en sous-sol jusqu’à la cabane d’un gardien de parc jusqu’au studio lumineux d’un peintre. En fait, si on aime bien savoir le fin mot de l’histoire, le lecteur se laisse surtout porter et subjuguer par les personnages, leurs secrets, leur intrigante et fascinante personnalité. Ils sont tous différents et rendent le roman, chacun à leur manière, bien plus intéressant qu’il ne paraissait à la lecture de sa quatrième de couverture.

Il y a aussi une façon de mettre en scène et d’évoquer les corps dans ce roman qui m’a subjuguée : torture, automutilation… tant de choses à se faire pardonner qui passe par la maltraitance de son corps.

Le roman reste noir – l’auteur insiste bien sur l’aspect mortifère du métier de flic, par exemple – pessimiste, sinistre même. La fin a un côté très déprimant. L’intrigue est parfois troublante, c’est au lecteur de décrypter les faits pour dégager le vrai des suppositions et des fantasmes. De nombreuses choses restent en suspens, mais au delà de l’envie de savoir à tout prix, j’ai préféré me satisfaire de ce voyage en eaux troubles et, laisser les personnages à leur errance, songeuse quant à leur sort, et définitivement séduite par ce beau roman.

ABC thriller polars

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2 réflexions sur “Fakirs – Antonin Varenne

  1. Je me souviens en avoir entendu du bien à l’époque de sa sortie mais il y a tant de choses à lire, que je l’ai un peu oublié. Je le garde dans un coin de ma tête quand j’aurai envie d’une lecture sombre !

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