Les passagers de l’Anna C. – Laura Alcoba

Couverture - Les passagers de l'Anna C.

Laura ALCOBA

Les passagers de l' »Anna C ».

Éditions Gallimard, 2011

219 pages

.

Présentation de l’éditeur

« Lors de notre traversée de l’Atlantique à bord de l’Anna C., je devais avoir un peu plus d’un mois. Je ne sais pas quel nom je portais à l’époque – mes parents ne s’accordent pas sur la question, comme sur tant d’autres choses. »

Au milieu des années 1960, une poignée de jeunes Argentins quittent clandestinement leur pays pour s’embarquer dans un périple qui doit leur permettre de rejoindre le Che Guevara. Ils sont prêts à donner leur vie pour qu’advienne la Révolution.

Laura Alcoba a composé ce roman à partir des souvenirs des rares survivants de cet incroyable voyage, dont ses parents faisaient partie au cours duquel elle est née.

Mon avis

Laura Alcoba est née en 1968, à Cuba, de parents révolutionnaires Argentins. Dans Le bleu des abeilles, elle raconte son arrivée en France pour rejoindre sa mère exilée, son propre exil, loin de son père en prison, son intégration dans une école française et dans une ville française.

Les passagers de l’Anna C. raconte l’histoire de sa naissance : la rencontre de ses parents, le voyage qui les a mené à Cuba pendant un an et demi, et puis le trajet de retour, à bord de l’Anna C., un paquebot qui reliait Gênes, en Italie, au Brésil.

La première partie du roman – très courte – montre l’auteur recueillant les souvenirs de ses parents, les difficultés qu’elle a à dépasser le secret qui entoure la vie de ses parents pour faire le jour sur l’épopée qu’ils ont vécu : partis de Buenos Aires, ils ont rejoint Paris en avion, puis Prague et La Havane, où ils demeurent pendant un an et demi. Et le retour : de La Havane à Prague, puis à Gênes où ils embarquent pour atteindre les côtes de l’Amérique du Sud. Manuel et Soledad – ce sont leurs prénoms – voyagent avec un groupe d’apprentis révolutionnaires pour suivre une formation de guérilleros dans l’espoir de rejoindre Che Guevara en Colombie dans son combat contre l’impérialisme américain.

Laura Alcoba a un style clair, précis, fluide. Elle manie aussi bien le doute que les certitudes, jonglant à la fois avec ce qui s’est passé, ce qui aurait pu se passer, ce qui ne s’est pas passé et ce qui s’est peut-être passé. Elle adopte une écriture qui comble les lacunes de la mémoire en les exposant, les expliquant, en explorant plusieurs possibilités, pour rendre compte de tout ce que sous-entend la défaillance du souvenir. Elle effectue un travail sur la mémoire : il s’agit de l’histoire de ses parents, de sa propre histoire. Mais ça reste une histoire qui parle à tout le monde. On a autant un bon aperçut de ce que la vie à Cuba a pu être à ce moment-là que des motivations et des espoirs qui les transportaient. On assiste également aux désillusions de cette jeune génération d’idéalistes.

J’ai beaucoup aimé ce roman. Après Le bleu des abeilles, j’ai retrouvé avec un grand plaisir son style et sa façon de raconter les histoires. Je le conseille si la Révolution cubaine vous intrigue ou si vous êtes curieux de cette époque. C’est un roman assez court, qui se lit bien et qui est bien écrit.

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