Le fils de Judith – Marie Cosnay

Couverture - le fils de judith

Marie COSNAY

Le fils de Judith

Cheyne Editeur, 2014

89 pages

Collection Grands fonds

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Présentation de l’éditeur

Helen, la narratrice de cette histoire, part à la recherche de son père, qu’elle n’a pas connu, et dont le destin est entouré de beaucoup de mystère. Tous ceux qu’elle interroge lui fournissent des réponses qui sont comme autant d’énigmes ou de faux-fuyants qui la trompent, et derrière lesquels la vérité se dérobe. Ainsi la quête d’Helen, qui est aussi celle de son identité – motif récurrent dans l’oeuvre de Marie Cosnay – prend-elle l’allure d’une longue épreuve initiatique qui la conduit, par d’incessants voyages et épisodes parfois fantastiques, sur le chemin de sa vérité.

Mon avis

Quelque chose nous dépassait. Nous délaissons les sommets et les plaines, nous nous moquons des visions en étages. Nous prenons l’ensemble dans un même regard.

Il y a des lectures dont il est difficile de parler, parce qu’on n’a pas tout compris, parce qu’elles laissent un gout indéfinissable, parce qu’on ne sait pas trop quoi en penser. J’ai reçu ce livre après une opération Masse critique sur Babelio. J’avais choisi ce roman parce que j’avais eu l’occasion de lire des œuvres éditées dans les éditions Cheyne, mais pas dans cette collection. « Grands Fonds accueille, en marge de tout genre littéraire codifiés, des pages plus secrètes, témoins d’une vie qui s’inquiète et qui s’interroge. »

Je ne savais pas dans quoi je mettais les pieds, mais j’y suis allée pleine de bonne volonté et prête à prendre le taureau par les cornes. A ma première lecture je n’ai pas tout compris, puis j’ai pris du recul, j’ai relu l’oeuvre – 89 pages ça se fait – et là, ce n’était pas la révélation, ni l’illumination, non, mais j’ai plus apprécié cette lecture et j’y ai relevé des pistes d’interprétation, de compréhension – si tant est qu’il y a des choses à comprendre outre la perte des repères, tant pour le lecteur que pour les personnages. C’est un livre qui me sortait de mon confort de lecture, qui m’a incité à chercher le sens des mots et des images, à apprécier les nuances subtiles des phrases et de la narration.

On pense qu’on va parler des évènements qui firent une vie, mais ce n’est pas exact.

Helen rentre chez son père adoptif, Quentin Wilner B., qu’elle a quitté des années plus tôt sans donner de nouvelles. Elle y revient pour chercher des réponses. Elle en trouvera mais pas aux questions qu’elle se posait. Quentin lui confie une enveloppe et une adresse à Hambourg. Là, elle devait en apprendre plus sur elle-même. Elle rencontrera surtout la figure torturée d’Eugen, le fils de Quentin, ce frère inconnu, mathématicien accusé d’usurpation qui s’est suicidé dans les montagnes, non loin de là où Quentin la trouva, bébé, des jours plus tard.

Ceci est une sorte de fil conducteur, un fil de plomb autour duquel on a construit une maison, ou plutôt un récit, cabossé, déviant, penché, en plusieurs morceaux, éclaté. L’histoire d’Eugen rejoint celle d’Helen et celle de Quentin, avec ses voyages, ses carnets, ses livres, ses folies, ses amours désastres et sa lente dissolution. On n’est pas habitué, comme lecteurs, à ce brouillage, à cette rupture dans le récit vers l’onirisme, où les montagnes se font houleuses et bleues comme la mer mais où il demeure le même désir de destruction. L’auteur invoque un monstre marin qui avale les vies et les broie. Il y a les mots incapables de raconter. Le récit n’est pas celui ordonné de la fiction. Le réel se mêle et se confond au rêve et à l’inconscient dans un mouvement de spirale qui révèle et cache tour à tour et ramène toujours vers le centre, la quête de soi-même.

Le fils de Judith est un livre exigeant à ne pas mettre entre toutes les mains. Lecteurs aguerris, laissez vous surprendre par ses sinuosités, laissez-vous porter par son langage poétique, laissez les mots prendre corps et vous dissoudre. Quelque chose m’échappe, sans aucun doute, mais rien n’empêche d’apprécier la fascinante beauté de cette fuite.

Je remercie Babelio et Cheyne éditeur pour m’avoir permis de lire ce livre !

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