Kushiel, 1. La marque – Jacqueline Carey

Couverture - Kushiel 1

Jacqueline CAREY

Kushiel, 1. La marque

(traduit par Frédéric Le Berre)

Editions Bragelonne, 2008

781 pages

Présentation de l’éditeur

Phèdre nô Delaunay a été vendue par sa mère alors qu’elle n’était qu’une enfant.

Habitant désormais la demeure d’un haut personnage de la noblesse, pour le moins énigmatique, elle y apprend l’histoire, la théologie, la politique et les langues étrangères, mais surtout… les arts du plaisir. Car elle possède un don unique, cruel et magnifique, faisant d’elle une espionne précieuse et la plus convoitée des courtisanes.

Rien ne paraît pourtant lui promettre un destin héroïque. Or, lorsqu’elle découvre par hasard le complot qui pèse sur sa patrie, Terre d’Ange, elle n’a d’autre choix que de passer à l’action. Commence alors pour elle une aventure épique et déchirante, semée d’embûches, qu’il lui faudra mener jusqu’au bout pour sauver son peuple.

Mon avis

Phèdre, « fruit non désiré des amours d’une putain », est confiée à la Maison du Cereus dès son plus jeune âge, afin qu’elle y apprenne les arts du plaisir en tant que discrète servante de Naamah. Mais Phèdre a une particularité : la tâche rouge dans son oeil la désigne comme l’élue de Kushiel, ce dieu de la rédemption. Dès lors, elle connaîtra le plaisir dans la souffrance. Anafiel Delaunay comprend vite les avantages que revêt ce don : il en fait une courtisane capable de tout retenir et de lire entre les lignes et l’envoie dans les bras et les chaînes de clients puissants et fortunés, pour leur arracher à leur insu des informations. Delaunay est un homme puissant, pris dans les machinations de la cour de Terre d’Ange. Phèdre y prendra part de manière indirecte, puis s’y retrouvera de plus en plus impliquée afin de mettre fin à un complot qui risque de mettre en péril son pays et son peuple.

Le propos m’a semble au premier abord très intéressant. C’était avant qu’il me faille atteindre les 300 pages pour y trouver un intérêt. Ce roman ne m’a pas déplu, mais son rythme est assez lent. Il s’y passe de nombreux évènements, pourtant il aura fallu du temps avant que, enfin, je me plonge dans l’histoire. L’explication, c’est que pendant ces 300 pages, Phèdre travaille en tant qu’espionne mais sans comprendre tous les tenants et aboutissants des machinations qu’elle tente de déjouer. Son maître l’informe peu, et tout ce qui l’intéresse c’est de trouver son plaisir auprès de ses clients afin de compléter sa marque, le tatouage qui lui rendra sa liberté en tant servante de Naamah. Puis, sa situation prend une direction inattendue et la voilà plongée au coeur des évènements.

Le monde dans lequel nous plonge l’auteur est une sorte d’Europe médiévale, légèrement différente de la nôtre. Les nom, les lieux, l’histoire a changé. La religion également. Je n’ai pas trouvé cela particulièrement bien joué ou subtil. L’Irlande qui devient Eire (son nom irlandais), Venise qui devient la Serenissima… ça me paraît au contraire un peu grossier, et j’ai tendance à y voir plus un manque d’imagination qu’autre chose. Après, je n’ai pas fait de recherches sur l’auteur ou sur les raisons pour lesquels elle a choisi d’inscrire son roman dans cet univers là. J’ai grandement apprécié, en revanche, ce qu’elle nous donne à voir de la société de Terre d’Ange, sa noblesse et sa royauté. Les descriptions sonnent justes et on se fait vite une idée précise de ce royaume, avec sa religion, ses coutumes, sa richesse.

Le style est assez soutenu. Tout cela nous est raconté par Phèdre elle-même, plusieurs années après les évènements, et j’ai sentie par moments une distance un peu froide. De fait, je n’ai pas été particulièrement émue ou effrayée ou tout autre sentiment qui pourrait naître à une lecture comme celle-là. Intéressée et légèrement fascinée, sans plus. Le bilan reste donc pour moi plutôt positif, mais bien loin de ce que j’en attendais. Quant à lire la suite, je ne pense pas avoir envie de me plonger de nouveau dans 700 pages de cette univers-là en compagnie de cette héroïne-là. De plus, le premier tome a sa conclusion. Il laisse présager de nombreuses choses à venir, mais l’intrigue de ce premier tome est bel et bien achevée, et je vais rester sur cette conclusion-là.

Lu pour le Baby Challenge Fantasy 2014

Lu dans le cadre d’une lecture commune sur Livraddict. Voir les avis de : Thrr-Gilag, Amarüel.

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3 réflexions sur “Kushiel, 1. La marque – Jacqueline Carey

  1. Dommage que tu n’aies pas réussi à rentrer dedans. Mais il est clair que le rythme est tranquille et constant in fine (point que j’ai aussi soulevé).

    C’est sûr que les changements de nom sont pas très subtils ^^

  2. J’ai eu plus ou moins le même ressenti que toi la première fois que je l’ai lu, parce que je m’attardais sur des détails qui me pourrissaient la lecture. Après une seconde lecture, j’ai plus apprécié sans pour autant être totalement conquise. Il y a quand même des personnages auxquels on s’attache beaucoup moins par exemple… Peut-être devrais-tu y revenir plus tard toi aussi ?

    • Oui, ça m’arrive de changer d’avis sur une lecture et d’y revenir malgré tout. Je ne sais pas ce que ça donnera pour cette saga, mais j’aime bien laisser une seconde chance alors pourquoi pas ?… ^^

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