Ouatann – Azza Filali

Couverture - Ouatann

Azza FILALI

Ouatann

Editions Elyzad, 2012

390 pages

Présentation de l’éditeur

Tunisie, 2008, ciel bleu, âmes grises. Pègre et politique ont scellé leurs épousailles, l’affairisme tient le haut du pavé. Non loin de Bizerte, un village qui se meurt en silence où des jeunes embarquent pour l’Italie, les soirs sans lune. Dans une maison, au bout d’une corniche déserte, deux hommes et une femme se trouvent réunis : Rached, jeune fonctionnaire cupide et désinvolte, Naceur, ingénieur dont la vie, un jour, bascula, et Michkat, avocate en quête de repères. Tous trois soudés par un même désir, celui d’un avenir qui se fait attendre. La vie patine. À la jointure entre ciel et mer, le bonheur danse, insaisissable. Vivre, vivre… mais comment ?

A travers les destins croisés des personnages, surgit un monde crépusculaire, déchiré, patchwork d’identités aussi têtues que fragiles.

Mon avis

Voici une lecture totalement inattendue, qui a failli me décourager, mais qui a fini par révéler ses trésors et ses richesses. Quoique, c’est un peu ironique comme formulation, vu le contexte dans lequel on se trouve. Une avocate fatiguée de son patron corrompu jusqu’à la moelle, démissionne et peine à trouver un autre travail. Un fonctionnaire, malheureux en mariage et peu épanoui dans son travail, préfère passer au café à jouer aux cartes. Jusqu’à ce qu’on lui propose un job très bien payé, mais décidément louche : être le surveillant d’un homme, ingénieur, tout juste sorti de prison, condamné pour avoir trafiqué les plans de ses constructions. Tous trois se retrouvent à la suite d’une magouille réunis dans une maison au bord de la plage, non loin d’un village empli de chômeurs désespérés.

Chômage, corruption, désespoir… la Tunisie décrite par l’auteur est criante de réalisme. Cela est fait simplement, sans pathos. Un désespoir qui est constaté par les personnages lucides au quotidien. Les portraits de ces personnages sont aussi très bien réalisés, sans manichéisme. Un personnage haïssable se retrouve étonnamment sensible, tandis qu’un autre empire.

Il m’aura fallu du temps pour m’y plonger. Les premiers chapitres sont d’ailleurs assez lents et je n’ai pas compris tout d’abord où tout cela allait m’amener. J’ai tout de même apprécier ces portraits, cette image de la Tunisie, et la mer, omniprésente, comme nécessaire à la survie.

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