Des clous dans le coeur – Danielle Thiéry

Couverture - Des clous dans le coeur

Danielle THERY

Des clous dans le coeur

Editions Fayard, 2012

396 pages

Présentation de l’éditeur

« Il y a des affaires qui te pourrissent la vie…, elles restent en toi, plantées dans ton coeur comme un clou qu’un mauvais plaisant s’amuserait à manipuler… »

Miné par ses excès et la maladie, le commandant Revel crache le sang et sa haine de l’hypocrisie. Bourru, taiseux et rogue, il enrage devant les affaires non résolues à la PJ de Versailles : morts suspectes, disparitions…

Comment la vérité pourra-t-elle sortir de la bouche d’un enfant autiste ?

Son équipe respecte les mystères du « patron » et, au-delà de la simple « vérité due aux familles », la vérité complexe d’un grand flic dont le courage en impose à la mort, celle des autres comme la sienne !


Dans le genre 4è de couv’ WTF, celle des Clous dans le coeur s’impose. Que ceux qui y ont compris quelque chose lève la main !

Je ne sais plus selon quels critères j’avais choisi ce roman parmi d’autres sur la table consacrée à cette auteur dans un festival de polar, mais je dois dire que le fait de relire cette 4è de couverture après la lecture du roman (ou pendant, je ne sais plus) m’a plongée dans la confusion. Bon j’avoue, une fois qu’on fait le lien, qu’on remet les virgules à leur place et qu’on évacue les guillemets (beaucoup trop nombreux dans ce roman), les choses reprennent leur forme. Récapitulons comme il faut.

Maxime Revel, commandant au commissariat de Versailles, est hanté par une affaire irrésolue depuis 10 ans : celle du couple Porte, assassinés dans leur bar, le même jour que la disparition de Marieke, la femme de Revel. Dix ans après, alors que son équipe doit travailler sur la mort suspecte d’une ancienne star, Revel découvre de nouveaux développements dans l’affaire Porte, qui pourraient mener à l’arrestation du coupable. Revel est miné par des années de cigarettes et d’obstination. Toujours hanté par la disparition de sa femme, il ne sait pas comment gérer sa fille, Léa, une adolescente anorexique. Leurs rapports se sont d’autant plus compliqués que Revel fuit sa maison, obsédé par l’affaire Porte qui semble avoir des connexions avec la nouvelle affaire sur laquelle travaille son équipe. Le retour dans le voisinage du couple Porte d’un jeune homme autiste, enfant au moment de l’assassinat, ouvre de nouvelles perspectives : il est fasciné par les voitures, dont il retient la moindre caractéristiques grâce à sa mémoire photographique.

L’idée de base n’est pas mal. Même, l’intrigue policière est très bien menée, et le travail des policiers est décrit de manière très réaliste, entre leur rapport avec leur hiérarchie, les juges d’instruction, les procureurs ou encore la police scientifique, ou toute la paperasse qu’ils doivent effectuer. Les personnages, et notamment l’équipe d’enquêteur sont bien caractérisés. Mais ils sont traités inégalement selon leur importance ou leurs apparitions. Tout est fait pour que l’on s’y attache, qu’on les trouve humains, avec leurs problèmes personnels ou leurs défauts. Cela aboutit parfois à des portraits tracés à gros traits, proche du cliché. Il y a d’ailleurs par moment une impression d’accumulation pour ce qui est des problèmes personnels un peu trop évidente et presque cliché : le commandant cumule forcément des problèmes de santé, une obsession dont il ne peut se débarrasser, et une fille anorexique et fugueuse. Et puis il y a le grand timide, le tombeur, celui qui est cocu, et la jeune lieutenant qui a des problèmes avec son image. Le tout pendant les fêtes de fin d’année, là où la moindre défaillance dans la sociabilité est exacerbée (au moins ce sera l’un des rares livres de l’année que j’aurais lu en adéquation avec la saison en cours) et couronné par une fin à la façon « ce qu’ils sont devenus ». Ça et l’overdose de guillemets, et c’est à peu près tout ce que j’ai à reprocher à ce roman.

Roman bien mené donc, mais pas si marquant. L’intrigue paraît au premier abord des plus banales, au point que l’un des enquêteurs s’interroge à un moment donné sur l’intérêt de rendre justice à des personnes qui ont vécu anonymement, sans être appréciés par leur entourage et qui ne laissent derrière eux que de l’amertume. Cette question nous nous la posons aussi.

Le point fort de ce roman c’est donc ce réalisme dans le traitement de l’enquête et des personnages (l’auteur ayant fait carrière dans la police, c’est bien ce qu’on pouvait attendre d’elle). Mais il lui manque décidément quelque chose pour surpasser ces quelques défauts et devenir un roman à retenir. C’est peut-être parce que c’est un one-shot (il me semble) et que les personnages n’auront aucun autre développement par la suite. Je quitte donc ce livre avec le regret de constater qu’il manque de potentiel, mais pas au point de bouder son auteur pour de prochaines lectures. Il est fort possible que cela n’apparaisse pas dans ses autres romans.

Pour conclure, cette lecture n’était pas désagréable, mais les défauts du roman gâchent l’appréciation générale et je pense qu’il sera vite oublié.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s