Du sang dans les plumes – Joel Williams

Couverture - Du sang dans les plumes

Joel WILLIAMS

Du sang dans les plumes

(traduit par Natalie Beunat et Patrice Carrer)

Editions 13e Note, 2012

237 pages

Collection Pulse

Présentation de l’éditeur

Au carrefour de la tradition amérindienne et de la littérature de prison, de l’humour et de la poésie, Joel Williams, le boxeur guitariste, nous fait partager les hantises mais aussi les espoirs qui rythment ses journées : tentation de la folie et de l’autodestruction, méfiance, violence, trafics, rivalités de gangs, recherche des racines ethniques, survie face à la mesquinerie et aux humiliations, défoulement dans le sport, obsession sexuelle, image de la Femme tentatrice, salut par l’art…

« Je m’appelle Joel Williams. J’ai 46 ans, je suis un Amérindien de la tribu shoshone-païute. Je suis incarcéré depuis vingt-cinq ans, suite à une condamnation à perpétuité assortie d’une peine plancher de vingt-sept ans. Je suis également écrivain.

Voici comment tout à commencé… »

Postface du professeur Stephen Cooper, auteur de Plein de vie, la biographie de référence de John Fante.

En bonus, une nouvelle inédite du grand James Crumley, « Jeux de hasard », retrouvé dans son ordinateur par sa veuve Martha Elizabeth.


Difficile de faire cette chronique. J’ai l’impression que pour se plonger dans cette œuvre il faut adhérer à l’univers des éditions 13e Note (qui n’existent plus aujourd’hui) : une littérature américaine underground, qui prend place dans une certaine contre-culture.

Joel Williams, d’origine amérindienne, est incarcéré depuis 1985 dans un pénitencier de haute sécurité. Il a tué son père alors qu’il avait 21 ans, après des années d’abus. Ce recueil est accompagné de préfaces pour expliquer comment s’est faite la découverte de cet auteur depuis sa prison. Puis, l’auteur lui-même raconte sa vie, ce qui l’a mené à commettre un crime, et comment il en est venu à écrire sur ce qu’il a vécu. L’éditeur précise cependant que si ce crime lui avait paru atroce et insupportable, éthiquement, il n’aurait pas choisi de publier ce recueil.

Les nouvelles sont divisées en deux parties : « Dérives urbaines », qui raconte la vie des laissés pour compte, entre l’errance d’un jeune homme à Los Angeles, entre alcool, drogue, sexe et virées en voiture, ou le quotidien d’un SDF ; et « Derrière les barreaux », où un personnage qui est l’alter ego papier de l’auteur raconte son quotidien en prison. Les nouvelles sont parfois inégales, mais c’est ce qui arrive souvent dans les recueils. Nous avons en plus le cas d’un « jeune » auteur qui a appris l’écriture par lui-même.

Les nouvelles sont plutôt sombres, parfois dérangeantes, faisant ressentir la souffrance et la cruauté de cette condition. Y demeurent tout de même des instants d’espoir. On est loin de l’auto-apitoiement. Au contraire, l’auteur choisit la lucidité quant à certaines situations, l’auto-dérision pour d’autres, ce qui rend son personnage d’autant plus humain. Je ne vais pas m’attarder sur le détail de ces nouvelles, surtout pour ce qui est de l’appréciation de chacune. Il y a des thèmes ou des situations qu’on va préférer à d’autres, cela dépend vraiment de la sensibilité de chacun.

L’auteur emmène son lecteur dans un univers dont personnellement j’ignorais tout. En conclusion, l’expérience est éclairante et c’est aussi pour cela que j’aime et conseille ce recueil. Il n’est peut-être pas facile de le trouver, mais il vaut indéniablement le coup.

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