Le Cycle d’Alamänder, 1. Le T’Sank – Alexis Flamand

Alexis FLAMAND

Le Cycle d’Alamänder, 1. Le T’Sank

Editions L’Homme sans nom, 2011

360 pages

Présentation de l’éditeur

Dites adieu aux orques, aux elfes, aux dragons !

Aujourd’hui, vous partez pour Alamänder. Allez donc saluer Anquidiath, le demi-dieu enfoui sous la montagne, chatouiller les monstrueux poulpes de guerre, flâner parmi les épis du champ de blé carnivore !

Aurez-vous le cran de suivre Maek, jeune homme en quête d’une mythique école d’exécuteurs ? Serez-vous digne de devenir le disciple de Jonas, détective spécialisé dans les affaires criminelles magiques ? Si c’est le cas, préparez-vous à découvrir un monde où se côtoient humour, intrigues policières et créatures improbables. Un monde original et farfelu d’où vous ne reviendrez peut-être pas indemne.

On vous aura prévenu.


C’était l’emprunt pas prévu qui m’a sauté de lui-même dans les mains. Parce que sur la quatrième de couverture, il y avait quelques mots magiques : « poulpes de guerre » et « champs de blé carnivores ». Ok, monsieur l’auteur, je ne sais pas où tu vas nous emmener, ça a l’air d’être bien barré, mais je te suis, les yeux fermés !

Pour partir à la découverte d’Alamänder, deux guides. Jonas Alamänder, détective-magicien, part de chez lui, escorté par des soldats Kung-Bohréens, pour empêcher la destruction de sa maison récemment adjointe à l’empire, et plaider sa cause auprès de l’empereur à la capitale. Il fait découvrir la magie aux soldats curieux qui lui enseignent à diriger les skorjs de combats, ces espèces de poulpes gigantesques, montures privilégiées de l’armée Kung-Bohréenne, ou lui parlent des traditions et coutumes de leur pays. Il leur faut aussi supporter Retzel, le démon de compagnie de Jon, une créature bizarre, vorace et à l’humour corrosif. Leurs aventures sur le chemin sont assez cocasses. A son arrivée à Ker-Fresnel, la capitale et centre de l’empire, Jon n’est pas au bout de ses surprises. Après le voyage, on le sollicite pour exercer ses talents de détectives et il retrouve pris dans une intrigue qui le dépasse.

Maek est un jeune garçon qui va prendre son destin en main en choisissant de quitter son village. Il fait partie d’une famille de combattant qui ont pour mission de récolter le blé carnivore et très agressif qui refuse de se laisser récolter et qui tue quiconque s’aventure dans ses champs. Mais un vieil homme qui vit dans son village voit en lui un grand potentiel et il l’abreuve d’histoires sur une école d’assassins que Maek rêve alors d’intégrer. Le seul moyen pour y parvenir : tuer toute sa famille et traverser le champ de blé. A sa suite, nous allons aller au bout du monde et assister à la naissance d’une légende.

Alexis Flamand a construit un univers complet, un monde de fantasy hautement imaginatif qu’il nous décrit dans ces moindres détails. C’est un monde farfelu et haut en couleur, mais tout à fait cohérent, avec ses royaumes, sa géopolitique, ses dieux, ses légendes et un tas d’autres bizarreries qui pour être bizarres à nos yeux de lectures habitués à la Terre du milieu, n’en sont pas moins bien incluses dans le reste, de manière tout à fait logique et ordonnée. On sent que l’auteur s’en donne à cœur joie. Il se sert aussi de son monde farfelu pour inclure à son récit une bonne dose d’humour. Ça passe surtout par les facéties de Retzel et la découverte par Jon de la bureaucratie et du pouvoir de Kung-Bohr. J’adore cette ironie mordante qui trouve son écho à un autre monde bien connu… La part du roman dédiée à Maek (les chapitres concernant les deux personnages s’alternent) est moins drôle car bien plus sombre. Après tout Maek est un assassin. Il va connaître bien des épreuves lors de sa quête initiatique : la douleur, l’épuisement, la solitude, il va frôler la mort de nombreuses fois, ce qui est beaucoup moins marrant en soi qu’une promenade à dos de skorj avec un démon farceur.

Ne vous fiez pas aux deux chapitres du prologue. On y introduit l’empereur de Kung-Bohr et l’absurdité de son système de jeux de pouvoir poussé à l’extrême (multiplication des complots et contre-complots, l’autorité arbitraire de l’empereur et ses espions qui se surveillent entre eux…) tout en donnant d’une certaine manière le ton du livre. Par contre, j’ai eu du mal à passer ces deux chapitres. Mais dès qu’on se met à suivre Jonas et Maek, l’aventure se fait passionnante. Chaque chapitre bénéficie d’un extrait plus ou moins court d’un livre écrit à Alamänder, sur la magie, l’histoire du monde, les principes de l’université T’Sank, l’école des assassins, les divinités d’Alamänder… Ça permet de découvrir un autre aspect de cet univers, qui sera juste effleuré dans le récit, et ça ajoute une couche d’humour.

Ce premier tome est introductif et ça se sent un peu dans la longueur du voyage du Jonas et dans le fait que l’on découvre petit à petit et qu’on entrevoit à la fin que l’intrigue n’est que la partie émergée de l’iceberg. Mais il me semble que l’auteur est conscient de ces techniques qui consistent à finir un roman sur un cliffhanger insupportable pour faire acheter la suite et d’une certaine manière il s’en moque. Voici le petit extrait d’un dialogue entre plusieurs dieux du panthéon d’Alamänder :

– (…) Allez, on est entre nous, je vous fais une petite prophétie(TM).

– Chouette.

– Voyons voir. Si mes prévisions sont exactes, les choses vont commencer à se décanter dès les chapitres suivants. Le deuxième tome, ensuite, livrera quelques clefs, mais suffisamment peu pour que le lecteur frustré acquière les autres volumes. Ne l’oublions pas : notre Existence est tributaire de cet achat. Nous périrons si personne ne parcourt ces pages. Goûtons donc avec humilité notre peu enviable condition, qui nous donne vie dans les yeux de ceux qui nous lisent.

J’ai beaucoup aimé lire ce roman de fantasy barrée auquel j’ai complètement adhéré. Il m’a beaucoup fait rire et m’a fait aussi rêvé (des poulpes de combat !!!!!). J’ai pris plaisir à suivre les personnages dans leurs aventures, à découvrir le monde complètement original d’Alamänder et je lirai sans aucun doute la suite. Je ne peut que le conseiller. Mais attention, il ne faut as avoir peur de l’humour, de l’ironie, de l’absurde et des bizarreries.

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