Neverwhere – Neil Gaiman

Couverture - Neverwhere

Neil GAIMAN

Neverwhere (traduit par Patrick Marcel)

Editions J’ai Lu, 2003

Première publication (VO) en 1996

350 pages

Collection Fantastique

Présentation de l’éditeur

Londres, un soir comme tant d’autres. Richard Mayhew découvre une jeune fille gisant sur le trottoir, l’épaule ensanglantée. Qui le supplie de ne pas l’emmener à l’hôpital… et qui disparaît dès le lendemain.

Pour Richard, tout dérape alors : sa fiancée le quitte, on ne le connaît plus au bureau, certains, même, ne le voient plus… Le monde à l’envers en quelque sorte. Car il semblerait que Londres ait un envers, la « ville d’En-Bas », cité souterraine où vit un peuple d’une autre époque, invisible aux yeux du commun des mortels. Un peuple organisé, hiérarchisé et à la tête duquel les rats jouent un rôle prépondérant. Plus rien ne le retenant « là-haut », Richard rejoint les profondeurs.


D’abord série télévisée, scénarisée par Neil Gaiman et diffusée au Royaume Uni en 1996, puis adapté en roman, avec l’addition de tout ce l’auteur n’avait pas pu mettre dans la série, et publié la même année, avant d’être également adapté en comics en 2005 par Mike Carey et Glenn Fabry, et enfin retravaillé par Gaiman et republié en France en 2010, Neverwhere a une histoire éditoriale bien fournie ! Bien évidemment, j’ai acheté mon livre dans une boutique d’occasion et j’ai donc lu la première version du roman. Mais, étant donné que j’ai su ça après l’avoir lu, ça n’a pas beaucoup influencé mon avis sur cette lecture.

Richard est un jeune homme banal. Il vit à Londres, travaille dans un open space, a une petite-amie issue d’un milieu aisé et bourgeois qui lui marche sur les pieds et décide d’une bonne partie de sa vie (depuis son look jusqu’à ces loisirs). Sa vie bascule quand il vient en aide à Porte, une jeune fille blessée qui s’échoue pratiquement à ses pieds. Quand elle disparaît, c’est comme si elle avait effacé avec son départ la présence de Richard dans le monde « normal ». En effet, Richard découvre avec stupéfaction que l’on vient louer son appartement alors qu’il est présent dans les lieux, les taxis ne le voient pas, il ne parvient pas à monter dans le métro, et au bureau, personne ne le reconnaît quand il parvient à attirer l’attention sur lui. Sa vie définitivement chamboulée, Richard part à la recherche de Porte et découvre un univers dont il ignorait tout : le Monde de l’En-Dessous et le Londres d’En-Bas. C’est une plongée vertigineuse dans les entrailles de la ville, tunnels de métro et égouts, entre la cour d’un Comte dans un wagon, un pont plongé dans les ténèbres les plus profondes, là où naissent les cauchemars, un marché qui change sans cesse de lieu mais permet à tous de profiter d’une trêve, et un labyrinthe hanté par un monstre.

Gaiman construit donc un monde caché, magique, tortueux et dangereux à l’image des sous-sols de Londres : des stations de métro correspondent littéralement à un lieu, les égouts sont habités par d’autres créatures que des rats. On a l’impression de n’avoir découvert qu’une infime partie de ce monde qui s’étendrait sous toutes les villes. En plus de ces monstres et autres créatures, Richard découvre une flopée de personnage intrigants et étranges. Il y a Porte d’abord, qui a une capacité spéciale : celle de pouvoir ouvrir toutes les portes et tout ce qui peut s’ouvrir. Le Marquis de Carabas qui lui vient en aide est à mon sens l’un des plus intéressant, avec son nom sorti d’un compte et son activité d’arnaqueur et voleur. Il faut aussi compter sur d’autres dangereux personnages, Chasseur, le garde du corps de Porte, les Velours qui volent la vie des autres, ou surtout l’inénarrable duo d’assassins : Mr Croup et Mr Vandemar. Gaiman en fait un portrait plein d’humour, délicieusement terrible. Croup parle trop et aime les jolies tournures, cela est drôle mais ne l’empêche pas d’être très habile au couteau, et incontestablement sadique. Vandemar est plutôt la brute un peu simple d’esprit, toujours affamée, qui peut tuer d’une seule main, mais comme Croup, il a des caractéristiques, une sorte de naïveté et de premier degré qui le rend drôle.

Gaiman introduit donc une bonne dose d’humour à son intrigue, alimentée par des nombreux rebondissements. On est entre la quête et l’enquête – Porte cherche à savoir qui a envoyé des assassins à ses trousses tandis que Richard s’affirme et parvient à s’adapter à Monde de l’En-Dessous – et, ma foi, tout cela est bien plaisant à suivre. Pour l’heure, ce sont ces personnages et le monde créé qui m’ont le plus marquée. L’intrigue est presque trop courte, j’aurais aimé pouvoir m’y plonger d’avantage.

Le roman est à l’image du Londres d’En-Bas : passionnant et enchanteur. Malgré tout, y plonger sera infiniment moins dangereux. C’est très confortable, finalement, le rôle du lecteur ! Je rajoute Neverwhere dans les livres que je conseille sans réfléchir, tant il est riche, imaginatif et entraînant.

Lu pour le Challenge XXè siècle

XXe siècleLu pour le Challenge ABC Littérature de l’imaginaire 2015ABC Imaginaire 2015 v2

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5 réflexions sur “Neverwhere – Neil Gaiman

  1. Ce livre est géanialissime ! J’en ai un excellent souvenir de lecture : pas d’ennui, un peu de mystère et d’intrigue, un monde baroque et plein d’humour.

  2. J’ai découvert Neverwhere un peu tard, mais il est vite devenu l’un de mes romans préférés de Neil Gaiman et de SF tout court. J’ai adoré suivre Richard et Porte dans le Londres d’En-Bas et depuis, chaque fois que je vais à Londres, je pense aux habitants d’En-dessous quand je passe à Blackfriars ou à Angel etc.
    J’aime aussi énormément la version radiophonique qui a été faite il y a quelques années, avec James McAvoy, Natalie Dormer et Benedict Cumberbatch, entre autres. Il faudrait que je regarde la série un jour.

  3. J’ai la même version que toi et sa traduction me convenait aussi très bien. J’ai adoré ce Londres underground et c’est aussi mon roman préféré de Gaiman ;)

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