Lune captive dans un oeil mort – Pascal Garnier

Pascal GARNIER

Lune captive dans un oeil mort

Editions Zulma, 2009

156 pages

Présentation de l’éditeur

Martial et Odette viennent d’emménager dans une résidence paradisiaque du sud de la France, loin de leur grise vie de banlieue. Les Conviviales offrent un atout majeur : protection absolue, et sécurité garantie – pour seniors uniquement. Assez vite, les défaillances du gardiennage s’ajoutent à l’ennui de l’isolement. Les premiers voisins s’installent enfin. Le huis-clos devient alors un shaker explosif : troubles obsessionnels, blessures secrètes, menaces fantasmées du monde extérieur. Jusqu’à ce que la lune, une nuit plus terrible que les autres, se reflète dans l’oeil du gardien…

Avec beaucoup d’humour et de finesse, malgré la noirceur du sujet, Pascal Garnier brosse le portrait d’une génération à qui l’on vend le bonheur comme une marchandise supplémentaire. Une fin de vie à l’épreuve d’un redoutable piège à rêves.


Martial et Odette ont acheté une maison aux Conviviales, la résidence surveillée pour retraités et personnes âgées, censée être un paradis. Au début du roman, ils sont seuls. Ils s’ennuient. Puis vient le premier couple de voisins, suivis de peu par une personne seule. Entre l’ouverture du club animé par Nadine, les matinées à la piscine et les promenades dans les environs, l’entente est cordiale. Pourtant il suffit d’un grain de sable pour gripper le système et alors le huis-clos devient un cauchemar.

Drôle de cadre que celui de ce roman. Le plus bizarre, c’est que vu le titre et vue la quatrième de couverture (enfin le rabats pour les éditions Zulma), c’est sûr et certain que ça va mal se terminer. Le lecteur le sait, et pourtant, il se fait presque surprendre par l’auteur qui amène la discordance de manière subtile, par petites touches, graduellement, jusqu’au drame.

Oui, c’était comme de vivre en vacances, à la différence près que les vacances avaient une fin alors qu’ici il n’y en avait pas. C’était un peu comme s’ils s’étaient payés l’éternité, ils n’avaient plus d’avenir. Preuve qu’on pouvait s’en passer.

Ce qui m’a amené vers ce roman, c’est son titre : « Lune captive dans un oeil mort ». En un mot, je trouve ça sublime.

On va passer successivement dans la tête de chaque personnage, découvrant tour à tour leur personnalité, leur mentalité, leurs secrets. Dans un huis-clos pareil, c’est bien les secrets qui volent en éclats quand la crise explose. L’ambiance glauque, alimentée de paranoïa, est vraiment bien rendue par son auteur qui développe un sacré art du suspens. Il se fait aussi un plaisir de décortiquer les travers contemporains et on y plonge en même temps que ces personnages.

Je me trouve un peu à court de mots pour parler plus avant de ce petit roman, mais j’ai beaucoup apprécié cette ambiance, cette descente aux enfers, cette vision assez noire de la société française. C’est le genre de romans dans lequel on se laisse embarquer sans effort, et qu’on avale sans y prendre garde. Attention toutefois, c’est chaud et salé !

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