Thérèse Desqueyroux – François Mauriac

François MAURIAC

Thérèse Desqueyroux

Editions Le Livre de Poche, 2010

189 pages

Présentation de l’éditeur

Première édition en 1927.

Pour éviter le scandale et protéger les intérêts de leur fille, Bernard Desqueyroux, que sa femme Thérèse a tenté d’empoisonner, dépose de telle sorte qu’elle bénéficie d’un non-lieu. Enfermée dans sa chambre, Thérèse tombe dans une prostration si complète que son mari, effrayé, ne sais plus quelle décision prendre. Doit-il lui rendre sa liberté ?

Dans ce livre envoûtant, François Mauriac a réussi un fascinant portrait de criminelle.


Thérèse sort de son procès qui s’est terminé en non-lieu. Elle a voulu empoisonner son mari, mais celui-ci s’en est sorti. Elle reprend la route pour retrouver son mari, et sur le chemin, elle prépare ce qu’elle va pouvoir lui dire, et remonte dans ses souvenirs pour trouver une explication à son geste. A son arrivée, Bernard, son mari, ne la laisse pas s’exprimer et lui impose la réclusion avec quelques sorties en public pour faire taire les rumeurs. Mais Thérèse se laisse dépérir.

« Contre moi désormais, cette puissante mécanique familiale sera montée, – faute de n’avoir su ni l’enrayer ni sortir à temps des rouages. Inutile de chercher d’autres raisons que celle-ci : « parce que c’était eux, parce que c’était moi… » Me masquer, sauver la face, donner le change, cet effort que je pus accomplir moins de deux années, j’imagine que d’autres êtres (qui sont mes semblables) y persévèrent souvent jusqu’à la mort, sauvés par l’accoutumance peut-être, chloroformés par l’habitude, abrutis, endormis contre le sein de la famille maternelle et toute puissante. Mais moi, mais moi, mais moi… »

La première partie du roman remonte le temps, en même temps que Thérèse fait défiler ses souvenirs, pour découvrir la vie que Thérèse a mené auprès de son mari et l’évènement qui a bouleversé sa vie et celle de sa famille. La deuxième partie raconte l’après : la réaction du mari, la punition et la réclusion.

L’auteur nous présente ici à la fois le portrait d’une femme criminelle, et à la fois le portrait d’une tranche de population, cette bourgeoisie des Landes très attachée à ses valeurs familiales et prête à tout pour conserver son image. Thérèse est jeune, riche, mais elle ne parvient pas à se faire à la vie  de ces familles rurales,  étouffante et aliénante. Son personnage est intéressant parce que, de mon point de vue, elle est autant criminelle que victime d’une certaine manière, alors même qu’elle ne parvient pas à expliquer son geste. La famille et le mari retiennent la seule qui leur convient, à savoir l’argent : elle a tenté de le tuer pour garder la fortune pour elle. Mais on est loin de cette explication simpliste.

Ce roman a rejoint le cercle des classiques. Il a d’ailleurs fait l’objet de deux adaptations cinématographiques. C’est donc un gage certain de sa qualité. Pour ma part, j’ai apprécié ma lecture et j’ai aimé me plonger dans la tête de Thérèse. Est-ce que je le conseille ? Mais oui, pourquoi pas ?!

XXe siècle

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