Pourquoi j’ai mangé mon père – Roy Lewis

Roy LEWIS

Pourquoi j’ai mangé mon père (traduit par Vercors et Rita Barisse)

Editions Babel, 1996

174 pages

Présentation de l’éditeur

« Ta saloperie de feu va vous éteindre tous, toi et ton espèce, et en un rien de temps, crois-moi ! Yah ! je remonte sur mon arbre, cette fois tu as passé les bornes, Edouard, et rappelle-toi, le brontosaure aussi avait passé les bornes, où est-il a présent ? Back to the trees ! clama-t-il en un cri de ralliement. Retour aux arbres ! »

Les inventions et mésaventures d’Edouard, hominien de génie, auquel s’oppose son frère Vania, un écolo de la préhistoire, narrées avec les tics de langage de nos modernes ethnologues, ont valu à ce désopilant roman un succès immédiat.

1ère édition en 1960 : The Evolution Man.


 

Ernest nous raconte les aventures de sa famille et en particulier de son père alors qu’ils vivent à l’époque du pléistocène. Edouard, le père d’Ernest, est un fervent adepte du progrès et il n’a qu’un seul but : celui d’évoluer pour devenir un vrai Homo Sapiens. Il recherche alors la nouveauté et l’invention géniale à tous prix, secondé par ses fils plus ou moins impliqué et persuadé du bien de ce qu’il tente d’accomplir : découverte et maîtrise du feu, taille de silex, exogamie, cuisine, dessin… Ernest raconte pas à pas et avec beaucoup d’humour les tentatives réussies ou avortées pour atteindre le progrès.

C’est raconté avec un langage très moderne et donc bourré d’anachronismes. C’est aussi très drôle, puisque tous ont un rapport assez détaché avec la mort, la douleur, et donc les échecs comme les réussites sont contrebalancées avec humour. Il y a le personnage du père qui est un puits à citations sur pattes (pour les lecteurs en tous cas ^^) qui encourage et pousse ses enfants vers toujours plus de progrès. Et puis il y a, à l’inverse, l’oncle Vania, rétrograde, qui préfère rester dans les arbres, mais en descendre pour débattre avec son frère, de préférence au coin du feu et avec une cuisse de gazelle grillée à la main.

C’est décalé, drôle, et en même temps, on ne peut s’empêcher de voir, dans cette histoire d’hommes préhistoriques découvrant le feu et se lançant à la poursuite du progrès, une image du monde moderne avec ses excès et ses paradoxes. Il pose donc un certain nombre de questions, et nous montre que le feu peut autant permettre de se protéger contre les tigres à dents de sabre, que de créer des catastrophes et brûler la moitié de la savane.

C’est donc une lecture qui vaut le coût. C’est drôle, ça se lit facilement et on passe un bon moment !

XXe siècleDécennie 1960 – Littérature étrangère

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