Le Roi n’a pas sommeil – Cécile Coulon

Cécile COULON

Le Roi n’a pas sommeil

Editions Points, 2014

152 pages.

Présentation de l’éditeur

Thomas Hogan aura pourtant tout ait pour exorciser ses démons – les mêmes qui torturaient déjà son père. Quand a-t-il basculé ? Lorsque Paul l’a trahi pour rejoindre la bande de Calvin ? Lorsqu’il a découvert le Blue Bird, le poker et l’alcool de poire ? Lorsque Donna l’a entraîné naïvement derrière la scierie ?

Prix Mauvais genre 2012 (France Culture – Le Nouvel Observateur).


William Hogan rêvait de posséder une maison et un grand terrain couvert de forêt. Il a eu un héritage, a acheté la maison et le terrain, a épousé Mary. Il se tue à la tâche pour entretenir sa propriété, et il est donc peu présent quand naît Thomas. L’enfant est chétif. Sa mère l’adore, son père l’impressionne. Quand ce dernier meurt après un accident, Thomas continue de vivre et de grandir sous son ombre. Fragile et vulnérable, il est bon en classe, généreux, mais le caractère de son père semble le rattraper.  Il devient taiseux, se met à boire, joue au poker. Il vit sur la propriété de son père, la seule chose dont il rêve. Les gens l’énervent de plus en plus. Et un soir, tout dérape.

Puppa ne connaissait pas Thomas, ils ne s’étaient jamais vraiment parlé, mais tout dans l’attitude du môme lui rappelait la violence contenue qui avait frémi chez William. Sa façon de se tenir en retrait, son regard quand une gamine criait trop fort, le mouvement de ses lèvres sans que le moindre son s’en échappe, il y avait quelque chose de son père en lui, un mauvais sang qui roulait dans ses veines : l’écume avant l’orage.

 Notre histoire se place dans une sorte d’Amérique fantasmée, une petite ville dans une région forestière éloignée des centres d’activité, un temps indéterminé, mais proche de nous. L’histoire est celle de Thomas et de l’héritage légué par son père, l’amour pour une terre et une maison, et une rage rentrée. Sa vie a basculé un jour. Comment, on l’ignore encore. Pourquoi, c’est ce que le roman va nous raconter.

Le roman est court, le style dense, précis, percutant et créateur d’une ambiance bien particulière. Un déterminisme latent guide le récit, avec l’idée qu’il n’y a pas d’avenir possible pour notre personnage, et pour ceux qui l’entoure, si ce n’est dans le chemin déjà tracé par les parents. La violence paternelle a engendré un jeune homme tourmenté, qui va subir et user de cette violence. J’ai aimé ce roman pour cette ambiance, sobre, de violence rentrée et d’horizon bouché. C’est une oeuvre remarquable pour une auteure jeune (un an de plus que moi), et qui fait parler d’elle.

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