Exécutions à Victory – S. Craig Zahler

S. Craig ZAHLER

Exécutions à Victory (Traduit par Sophie Aslanides)

Editions Gallmeister, 2015

468 pages

Collection Néonoir

Présentation de l’éditeur

Après un échange bref et brutal avec un flic de l’Arizona, un homme d’affaires se suicide. La sanction tombe aussitôt. Jules Bettinger, le flic désobligeant mais très décoré, est muté avec femme et enfants dans un trou perdu. A Victory, dans le Missouri. Là des pigeons morts jonchent les rues et on dénombre plus de sept cent criminels pour un policier. Bientôt, dans cette ville glaciale, ce ne sont pourtant pas des pigeons mais des cadavres mutilés que Bettinger va ramasser à la pelle.


Jules Bettinger aurait dû faire preuve de plus de tact quand cet homme est venu lui parler de la disparition de sa très jeune petite amie avec un paquet d’argent sous le bras. Le suicide est brutal, tout comme la mutation à Victory, Missouri. Au delà du fait qu’il y fasse froid – chose que Bettinger déteste -, les statistiques de la criminalité sont affolantes : on dénombre 1 flic pour 700 criminels. Jules se met au travail, affublé d’un nouveau partenaire, Dominic Williams, policier rétrogradé pour avoir tabassé un suspect. L’arrivée de Bettinger bouscule un peu les habitudes du commissariat, et notamment celles de son coéquipier qui n’apprécie ni ses méthodes, ni sa façon de fouiner dans des affaires qui ne le concernent pas. Puis, deux jours après l’arrivée de Bettinger, c’est l’hécatombe et des attaques se multiplient en ville.

Exécutions à Victory se passe dans cette frange des USA où la loi a tellement peu d’effet que se pose la question, pour les policiers : comment faire son métier efficacement sans pencher vers l’illégalité ? Ce roman montre le moment où la question ne se pose plus puisque la survie devient le seul impératif.

L’auteur pose un fabuleux décor pour son récit noir et violent. Victory est une ville glaciale, miséreuse, avec des quartiers délabrés voire abandonnés qui sont devenus des zones de non droit. Il y a ces cadavres de pigeons qui tombent du ciel, et on y hait la police. L’ambiance est donc sombre comme il faut, glauque et pesante à souhait.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Jules Bettinger. Il est blasé, cynique, a une bonne répartie et l’ironie facile. Le sarcasme et l’humour noir sont bien sûr au rendez-vous, dans des dialogues finement ciselés. L’écriture est efficace et embarque son lecteur pour le plonger dans Victory, son ambiance, puis l’action se fait haletante jusqu’à son dénouement. Il y a aussi un côté réaliste qui fait que cette histoire paraît très plausible, que ce soit dans la description de la ville ou les portraits de personnages.

Vu tous les points soulevés dans le paragraphe précédent, on pourrait penser que je sois très enthousiaste à cette lecture. Mais ce n’est pas vraiment le cas. J’ai plutôt été dérangée par l’histoire de Victory et les évènements qui la secouent. Le livre n’est pas mauvais, mais j’ai moins bien supporté les descriptions glauques des horreurs qui sont exécutées. J’ai d’ailleurs été plutôt étonnée de voir que c’était peu soulevé dans les chroniques, c’était donc peut-être un ressenti très personnel par rapport à cette histoire. Le livre n’est pas mauvais en soi, c’est un bon polar, très violent quand même, à l’aune de son contexte et de cette ville, Victory, et malgré le personnage, malgré les dialogues, malgré tous ces éléments qui font d’ordinaire les polars que j’aime, c’était plus dérangeant pour moi que jubilatoire.

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