Les Evaporés – Thomas B. Reverdy

Thomas B. REVERDY
Les Evaporés
Editions J’ai Lu, 2015
316 pages

Présentation de l’éditeur

Ici, lorsque quelqu’un disparaît, on dit simplement qu’il s’est évaporé. Personne ne cherche à le retrouver, pas de crime pour la police, honte et silence du côté de la famille. Sans un mot, Kase un soir a disparu. Comment peut-on s’évaporer si facilement sans laisser de traces ? Et pour quelles raisons ?

C’est ce que cherche à comprendre Richard B., venu au Japon afin d’aider Yukiko à retrouver son père. Pour cette femme qu’il aime encore, il mène l’enquête dans les quartiers pauvres de Sanya à Tokyo. Ce roman profondément poétique allie découverte du Japon, encore bouleversé par la catastrophe de Fukushima, et réflexion sur notre désir, parfois de prendre la fuite.


Johatsu : c’est ainsi que l’on désigne au Japon ceux qui disparaissent volontairement, pour diverses raisons. Ils s’évaporent.

C’est comme une fugue. On dit yonige, ça veut dire « fuite de nuit ». Dans le fond, c’est une sorte de déménagement, mais sans laisser d’adresse.

Les Evaporés est un roman aux faux airs de polar. Il en a tous les ingrédients : une disparition, une enquête, un détective, la description d’un monde marginal avec les quartiers de Sanya, les terres dévastées par le Tsunami. Pourtant, le roman prend une tournure contemplative, grâce au regard de Richard B., détective, certes, mais surtout poète. On découvre notamment le Japon par ses yeux, et malgré la barrière de la langue, il parvient à saisir subrepticement les paradoxes et les contradictions de ce pays. On suit aussi Kase, l’homme qui a disparu, et sa fille Yukiko qui retourne au Japon avec Richard B. qui est toujours amoureux d’elle.

Les Evaporés, c’est à la fois cette recherche, l’enquête sur Kase, et la relation de Richard B. et Yukiko. Et c’est aussi le Japon. Le Japon vu par l’auteur du roman certes, mais pris dans ses drames et ses contradictions. On se rend notamment sur les lieux dévastés par le Tsunami, on voit les conséquences de la crise de Fukushima. On va dans les mondes des yakuzas, des politiques, de la corruption, ou dans des environnements plutôt miséreux, dans les ruines de la dévastation. Pour autant, c’est le regard du poète qui prime, qui assiste à tout cela, neutre, et avec beaucoup de tact.

Il m’est difficile de parler du roman, parce que pour en parler bien, il faudrait en dire beaucoup sur des choses qu’on découvre au fil de la lecture. Cependant, soyez sûrs d’une chose : je l’ai beaucoup aimé. Le Japon me fascine (peut-être l’ai-je déjà mentionné), et j’ai beaucoup aimé le voir à travers ce regard-là et cette plume-là. Le côté contemplatif m’a beaucoup plu, tout comme des scènes plus vivantes, où les personnages agissent de manière concrète. Tout du long, j’ai eu une impression d’une écriture délicate qui prend ses personnages et son sujet avec tact et respect, et le résultat, ma foi, m’a beaucoup plu. Les Evaporés est un très beau roman sur le Japon contemporain, je vous le recommande.

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