The Help – Kathryn Stockett

Kathryn STOCKETT
The Help
Editions Penguin Books, 2010
451 pages

Présentation de l’éditeur

Enter a vanished world : Jackson, Mississippi, 1962.

Where black maids raise whete children, but aren’t trusted not to steal the silver…

There’s Aibileen, raising her seventeenth white child and nursing the hurt caused by her own son’s tragic death; Minny, whose cooking is nearly as sassy as her tongue; and white Miss Skeeter, home from college, who wants to know why her beloved maid has disappeared.

Skeeter, Aibileen and Minny. No one would ever believed they’d be friends; fewer still would tolerate it. But as each woman finds the courage to cross boundaries, they come to depend and rely upon one another. Each is in search of a truth. And together they have an extraordinary story to tell…


A Jackson, Mississippi, en 1962, les femmes Blanches emploient des Noires pour faire le ménage, la cuisine et élever leurs enfants, alors qu’elles organisent un club de bridge ou lèvent des fonds pour « les pauvres enfants affamés d’Afrique ». Aibileen travaille chez les Leefolt. Leur fille, Mae Mobley, 2 ans, est le 17ème enfant qu’elle élève. Elle est là tous les jours, et assiste aux grands moments de sa vie. Minny a une langue trop bien pendue pour garder longtemps un emploi, même si sa cuisine est divine. Skeeter revient à Jackson après avoir obtenu un diplôme, et retourne chez elle pour découvrir que Constantine, la bonne qui l’a élevée pendant 22 ans a disparu. Sa mère lui met la pression pour faire d’elle une jeune femme convenable et attirante, et lui trouver vite un mari. Mais Skeeter a un projet : écrire. Une histoire de toilettes et la rencontre d’Aibileen et de Minny lui donnent un sujet. Un sujet dangereux, mais un sujet qui pourrait changer bon nombre de choses à Jackson.

J’inaugure avec cette chronique les lectures en VO sur ce blog. On m’avait prêté ce livre il y a deux ou trois ans ; j’ai enfin passé le cap et je l’ai lu. Et je rejoins l’avis général pour dire que ce livre est plein de force et d’émotion, et donc qu’il est à lire. Pour une fois, je ne pourrai pas juger le roman sur le style de son auteur  – sur du français oui, mais je ne vais pas commenter de l’anglais. Ça se lit bien, mais le langage est parfois très familier et retranscrit des accents (avec oubli d’auxiliaire, contraction, expressions presque argotiques, etc.) et donc loin de l’anglais académique qu’on apprend. Il vaut mieux avoir un bon niveau d’anglais parce que c’est un peu perturbant.

On suit les points de vue d’Aibileen, de Skeeter et de Minny, alors qu’elles poursuivent leurs chemins à Jasckson : Skeeter se met à développer un point de vue contraire à ce que la bonne société voudrait d’elle, Minny doit se faire aux bizarres habitudes de sa nouvelle patronne, et Aibileen prend soin de Mae Mobley en lui racontant des histoires sur la tolérance. L’ambiance de la ville est très bien transmise, entre la bienséance de la société blanche huppée, les relations compliquées entre les communautés noire et blanches, avec la menace du Ku Klux Klan ou celle que les femmes blanches font peser sur leurs employées : qu’une rumeur sur l’une d’elle se répande et elle ne pourra plus trouver de travail en ville.

On est aussi dans un contexte bien particulier, avec le début des marches pour les droits civils, l’influence des actions de Rosa Parks et Martin Luther King. Il y a un subtil changement social, puisque c’est aussi le début du mouvement hippie, et qu’une musique contestataire se répand – Bob Dylan est cité plusieurs fois -, changement qui semble peu affecter Jackson. Par contre, on ressent bien la tension qu’il y a entre les deux communautés. Mais cela est mis en scène de manière intelligente par l’auteur puisqu’elle aborde de manière nuancée les relations entre ces femmes blanches et leurs bonnes, des relations de respect, de conflit, de peur, des relations parfois inexistantes.

Je suis complètement emballée et émue par cette lecture, je l’ai lu bien plus vite que ce à quoi je m’attendais et le fait d’avoir vu l’adaptation cinématographique avant de le lire ne m’a absolument pas gênée. Au contraire, le fait de lire en anglais m’a rappelé des intonations ou des voix des actrices du film ce qui a d’autant plus enrichi ma lecture. A lire sans hésiter !

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