All you need is kill – Takeshi Obata, Hiroshi Sakurazaka

 

Hiroshi SAKURAZAKA et Takeshi OBATA

All you need is kill

Editions Kazé, 2014

2 volumes (série terminée)

Présentation de l’éditeur

L’humanité est engagée dans une guerre sans précédent. Son ennemi : une civilisation extraterrestre connue sous le nom de « Mimic », déterminée à exterminer toute vie humaine. Sur l’île de Kotoiushi, armées japonaise et américaine tentent de lutter contre cette invasion de monstres redoutables. Mais parmi tous les soldats, seul le jeune Keiji Kiriya semble revivre indéfiniment la même bataille…


 Ce manga est l’adaptation d’un roman de Hiroshi Sakurazaka du même titre, qui a aussi été adapté en film sous le titre Edge of Tomorrow, avec Tom Cruise dans le rôle principal. N’ayant ni lu le roman, ni vu le film, je me suis plongée dans le manga vierge d’attente et de préjugés, ayant simplement une vague idée de quoi ça allait parler.

Une guerre est engagée depuis quelques années entre les humains et un envahisseur extraterrestre particulièrement affreux, les Mimics. Dans le manga, ce sont des sortes de boules avec une bouche pleine de crocs et de pics qui embrochent leurs opposants. (Je résiste très fort à l’envie de vous mettre une image ^^).

Le personnage du premier tome, Keiji Kiriya, s’est engagé dans l’armée, mais il est loin d’être un bon soldat. Nous le découvrons dans son dortoir au sein de ses camarades, à l’entraînement ou à la cantine, tandis qu’ils admirent Rita Vrataski, sorte de légende du champ de bataille, surnommée la Valkyrie. Dès sa première sortie, Keiji est tué rapidement. Pourtant il se réveille dans son dortoir de son unité, choqué par ce qui vient de lui arriver. Puis cela va recommencer : les conversations dans le dortoir, l’entraînement, la bataille… une fois, puis encore une fois, et encore une autre… Keiji va essayer différentes choses : s’enfuir, se suicider. Puis il décide de faire de cette boucle temporelle son alliée : il va s’entraîner jusqu’à devenir un combattant redoutable.

Le principe de l’intrigue est super intéressant et il est bien amené dans ce premier tome : l’incompréhension d’abord, puis la découverte et l’exploitation du phénomène. Le deuxième tome, centré d’abord sur le deuxième personnage, Rita Vrataski, va apporter une explication rationnelle aux boucles temporelles et annoncer leur collaboration.

Au delà de l’intrigue, les dessins de Takeshi Obata sont efficaces, tant dans les moments de pause que dans ceux d’action, même si ça a tendance à devenir brouillon, vers la fin. Son trait est fin et nous laisse imaginer facilement les armures et les armes futuristes dont est dotée l’armée.

Ce diptyque est bien mené, et surtout la conclusion est apporté en seulement deux volumes, et le rythme y est parfaitement bien géré. J’ai été agréablement surprise de voir que le concept de la boucle temporelle était bien exploitée, sans partir dans les dérives que l’on aurait pu attendre. J’ai passé avec ce manga un excellent moment de lecture et je le conseille sans hésiter à d’autres lecteurs avides du genre.

Sur ce, je vous laisse en compagnie des Mimics.

mimic(Je l’ai mise finalement. Charmant, n’est-ce pas ? ^^)

ABC Imaginaire 2015 v2

Kids on the slope – Yuki Kodama

Yuki KODAMA

Kids on the slope

Editions Kaze Manga, 2013

9 tomes (série terminée)

Collection Kazé Seinen

Présentation de l’éditeur

À la fin des années 60, alors que le Japon occupé fait face à de grands changements sociaux, la musique venue des États-Unis va faire naître, entre deux adolescents que tout oppose, une amitié complexe. Kaoru vient tout juste d’emménager en ville. D’un naturel solitaire et studieux, il n’a pas pour habitude de se mêler à ses camarades de classe. Et pourtant, sa rencontre avec le bagarreur Sentarô va radicalement changer sa vie…


Le père de Kaoru Nishimi est marin, ce qui l’oblige à travailler loin de chez lui et à déménager de nombreuses fois avec son fils. Au début du manga, Kaoru est confiée à la famille de son oncle qui habite à Kyushu. Il intègre un lycée local, et s’attend comme les autres années, à travailler sérieusement pour intégrer une université de médecine à Tokyo, comme sa famille l’a décidé pour lui, sans chercher à se socialiser. Mais il souffre de nausées dues au stress, qu’il ne peut calmer qu’en restant au grand air, de préférence sur le toit du lycée. En cherchant à rejoindre ce refuge, il va rencontrer Sentarô, un lycéen de sa classe, grand, baraqué et bagarreur, et fan de jazz qui va l’entraîner à la découverte de cette musique si différente du classique qu’il joue habituellement.

Au cours des autres tomes, on va suivre l’évolution de leur amitié, les problèmes qu’ils affrontent au lycée ou dans leur famille, leurs amours, et, évidemment, leur passion pour le jazz. Dit comme ça l’intrigue semble classique pour un manga de ce type, et c’est vrai. Mais je lui ai trouvé beaucoup de qualités, et surtout il est à mes yeux dénué de ce qui peut me déplaire dans les mangas.

Le personnage principal est un garçon, et les ressorts de l’intrigue sont de l’ordre de l’amitié, de la passion pour la musique, et un peu de la romance. Le contexte historique a une place très importante puisqu’il conditionne pas mal de choses en terme de relations familiales ou amoureuses, ou encore en terme d’attentes et de contraintes pour les personnages. Il y a notamment la forte présence de l’armée américaine, en sachant que les femmes japonaises qui ont eu des relations avec des soldats sont parfois reniées par leur famille. Les métis, comme Sentarô, sont mal vus. Il y a aussi un contexte de mobilisation et de revendication au sein des universités qui va impacter très fortement la vie d’un personnage secondaire.

Le dessin est simple, sobre, loin de l’univers shojo. J’aime beaucoup l’intrigue que ce manga propose, entre tranche de vie et musique. Les personnages ont droit à une belle évolution. Le duo de base est attachant, et on apprécie aussi les personnages secondaires, notamment Ritsuko, l’amie d’enfance de Sentarô, dont le charme simple plait beaucoup à Kaoru. Les scènes de musique m’ont bien plu, avec cette ambiance joyeuse et dynamique des jam sessions. Ça donne envie d’écouter du jazz.

Ce manga m’a vraiment charmée avec son ambiance rétro des années 1960. Tous les tomes ne sont pas parfaits et il y a parfois des évènements qui arrivent étrangement, mais je me suis beaucoup attachée aux personnages et j’ai pris un grand plaisir à relire de temps en temps ce manga en attendant la sortie de son 9e et dernier tome. La série voit son aboutissement avec ce dernier volume. Cette fin est satisfaisante et arrive à point. Ainsi, l’intrigue ne se perd pas en tours et détours inutiles.

Ce manga m’avait été conseillé et je ne peux que remercier cette personne de m’avoir fait découvrir ce manga qui a rejoint le cercle très fermé de ces séries que j’adore et qui me touche par leur simplicité et leur justesse dans le traitement de leur intrigue et de leurs personnages.

Sur ce je vous laisse avec le trailer de l’animé pour vous mettre dans l’ambiance, et je vais aller écouter du jazz ;)

Lollipop – Ricaco Iketani

Couverture - Lollipop 1Couverture - Lollipop 6

Ricaco IKETANI

Lollipop

Éditions Delcourt, 2008

7 volumes publiés (série terminée)

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Présentation de l’éditeur

Madoka, une lycéenne comme les autres, aux parents un peu ringards. Or, un jour, ces derniers gagnent cent millions de yens à la loterie. La jeune fille commence alors à rêver d’une autre vie. Mais très vite, elle tombe de haut : grâce à cet argent, ses parents décident de reprendre leurs études pour réaliser un de leur rêve, devenir médecin. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, les voilà repartis dans leur campagne natale pour étudier, laissant leur fille en tutelle chez une de leurs connaissances… La mère de la famille Asagi – qui accueille Madoka – se révèle particulièrement froide et distante. Par dessus tout, elle refuse que Madoka vive dans la même maison qu’eux, et lui assigne une petite bicoque dans le jardin. Pour ne rien arranger, Tomoyo, le fils de la famille, encore collégien, va tomber amoureux de Madoka et lui rendre visite en secret…

C’est le début d’une nouvelle vie pour la jeune fille, qui entre lycée, amour et petits boulots va devoir trouver un nouvel équilibre (et c’est sans compter sur le comportement irrationnel de ses parents qui, malgré la distance, lui donneront bien des soucis…).

Mon avis

Quand Madoka apprend que ses parents ont gagné à la lotterie, comme n’importe qui elle se demande ce qu’elle pourrait bien faire de tant d’argent. Sa première idée : faire un tour en hélicoptère ! Mais ses parents ont d’autres projets : anciens voyous, ils n’ont pas fait d’études, mais regarder des séries médicales à la télévision leur ont donné envie de devenir médecin. C’est donc un projet de longue haleine qui s’annonce pour eux et ils doivent partir à Shizuoka, chez les grands-parents de Madoka pour étudier et se présenter aux concours d’une université. Mais Madoka refuse de quitter son lycée et ses amis. Ses parents connaissent un couple de personnes aisées qui l’hébergent contre un petit loyer dans une annexe au fond du jardin, là où, elle l’apprendra plus tard, Tomoyo leur fils cache sa collection de manga et de Dvd  pour que sa mère ne les jette pas.

Si Tomoyo est d’abord peu aimable et agressif, il finit par accepter Madoka. En premier lieu parce qu’elle lui permet d’utiliser confortablement l’annexe pour y lire comme il le souhaite, et enfin parce qu’ils se lient d’amitié. Jusqu’à tomber amoureux. Pourtant cette relation est loin d’être simple : Madoka est tombée sous le charme d’Ono, un garçon de sa classe, qu’elle trouve un peu trop jovial, mais qu’elle soupçonne d’avoir une liaison avec la mère de Tomoyo. Bien sûr tout cela serait trop simple : l’auteur décrit également l’amour oppressant et dévorant de la mère de Tomoyo envers lui. Ce manga est très intéressant par les thèmes qu’il aborde, même si cela semble parfois extravagant et exagéré. Mais bon, sans ça ce ne serait pas un manga. On trouve la même recette dans tous les shojo et shonen : des relations tarabiscotées voire tordues, des évènements improbables et des interrogations à n’en plus finir sur l’être, le paraître les sentiments et tout ce qu’on veut. J’en fait une généralité : tous ces critères ne sont pas à appliquer à Lollipop.

Ce manga a l’avantage d’être une série courte qui ne s’éparpille pas dans toutes les directions. L’auteur aborde plein de thèmes intéressants. L’héroïne est attachante et son histoire avec Tomoyo est poignante. De fait sa vie ne s’est pas simplifiée depuis que ses parents ont gagné à la loterie. On la voie murir d’un tome à l’autre, c’est particulièrement agréable. Les dessins sont très jolis. Il ne faut pas se laisser avoir par le côté acidulé des couvertures : Lollipop est assez loin du sentiment de joie et de béatitude que ces couleurs suggèrent. Pour conclure, je vous recommande vivement cette série !

Switch Girl !! – Natsumi Aida

Couverture - Switch Girl 1

Natsumi AIDA

Switch Girl !!

Editions Delcourt, 2009

22 volumes (série en cours de publication)

Collection Sakura

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Présentation de l’éditeur

Nika mène une double vie, entre son mode “ON” charismatique et populaire et son mode “OFF” vulgaire et débraillé qu’elle cache à ses copains du lycée. Malheureusement, Arata, un nouvel élève plein de mystères, a découvert son secret ! Mais Arata aussi a des choses à cacher, dont le fait qu’il est très mignon sous ses lunettes. Arata et Nika concluent donc un pacte…

Mon avis

Cette série de manga est très drôle. Ce n’est pas le genre d’histoire qui s’emmêle les pinceaux dans des sentiments et des intrigues interminables et tarabiscotées. On a plutôt des épisodes, avec des personnages récurrents  qui vivent des aventures rocambolesques, qui durent environ un tome avec pour ligne directrice la relation de Nika et d’Arata. Le tout a un aspect très léger, parfois caricatural et cliché, et le « mode off » est hilarant. C’est dur d’entrer plus dans l’histoire sans spoiler les premiers tomes. Je dirais simplement que le premier m’avait laissé une impression moyenne, mais il ne faut pas s’arrêter là ! Switch Girl regorge de trouvailles hilarantes et l’auteur s’amuse beaucoup à s’étendre sur des sujets de l’intime et du quotidien pour tester l’étoffe de Switch Girl de ses lectrices.

No Longer Heroine – Momoko Kôda

Couverture - No Longer Heroine 1

Momoko KÔDA

No Longer Heroine

Editions Delcourt, 2013.

4/10 volumes (série en cours de publication)

Collection Sakura

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Présentation de l’éditeur

Hatori, l’anti-héroïne de ce manga, a toujours rêvé d’être comme ça, digne d’être l’héroïne de sa propre histoire d’amour. Le hic, c’est que Rita, son ami d’enfance, est un véritable coureur de jupons, et qu’il ne la considère que comme une amie. Jusqu’à aujourd’hui, Hatori se contentait bien volontiers de cette situation : après tout, elle était dans une position privilégiée de confidente et d’amie. Persuadée que Rita finirait par la remarquer, elle n’a jamais osé franchir le pas et lui déclarer sa flamme… Mais quand Rita commence à sortir avec une intello binoclarde bien différente de ses conquêtes précédentes, rien ne va plus ! Jalousie, rage, mesquinerie et surtout désarroi… La jeune fille se laisse aller à ses pires émotions. Ô enfer ! Ô damnation ! Et si elle était en train de devenir le personnage secondaire de sa propre histoire ?

Mon avis

Hatori a beau se croire l’héroïne du shojo du garçon qu’elle aime et considérer toutes les autres filles comme des « personnages secondaires », elle devient en fait l’anti-héroïne, celle qui met des bâtons dans les roues de la vraie héroïne. Comprendre la fille dont Rita est amoureux. Elle n’arrive pas à sortir de ce rôle malgré tous ses efforts pour agir comme une héroïne devrait le faire ou pour devenir l’héroïne d’une autre histoire d’amour, avec un autre garçon.

No longer Heroine m’apparaît au fil de la lecture comme un shojo qui ironise sur lui-même et le genre de manière général. Bien qu’elle la dessine de manière très mignonne, l’auteur n’hésite pas à faire du personnage d’Hatori une caricature alors qu’elle essaie d’être la parfaite héroïne. Ou alors de la gâter complètement, en faisant d’elle une sorte de loque au nez qui coule et aux traits dignes d’un vieillard. Ou encore un démon aux dents pointues et à la langue acérée. Cela tourne un peu le personnage en ridicule, mais en même temps, ça la rend plus intéressante. Comment en étant à la fois méchante, capricieuse et naïve va-t-elle atteindre son but ?

On a donc l’intrigue d’un shojo très classique, avec toute la confusion sentimentale possible, les questions existentielles qui s’étalent sur cinq pages, les réflexions sur l’amour et les remises en question. En outre, l’auteur donne à sa série un aspect qui me fait jubiler et me fait me jeter sur les nouveaux tomes dès leur publication.

Autre avantage considérable de cette série : elle ne dure que 10 tomes ! (Pour info, Hana Yori Dango en fait 37, Parmi Eux et Fruits Basket 23).

XXX Holic – Clamp

Couverture - XXX Holic 01

CLAMP

XXX Holic

Editions Pika, 2004

19 volumes (série terminée)

Collection Pika Seinen

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Présentation de l’éditeur

Lycéen, Kimihiro Watanuki est poussé malgré lui par une force étrange qui le fait entrer dans la maison d’une médium, Yûko Ichihara, qui attendait cette visite inéluctable. Face à ses déclarations, Kimihiro reste perplexe, et afin de parer à son scepticisme, la médium lui révèle des détails concernant son passé, notamment un lourd secret lié aux forces occultes. Pour se débarrasser des visions qui l’assaillent, Kimihiro accepte un petit boulot d’homme de ménage chez cette médium plutôt difficile à vivre…

Mon avis

Clamp nous plonge avec cette série dans un univers fantastique avec des esprits, des monstres, des mondes parallèles et au milieu de tout ça, une boutique des plus étranges. Tout d’abord elle exauce les voeux et sa propriétaire est une médium bonne vivante aux tenues époustouflantes. Kimihiro se trouve plongé là dedans du jour au lendemain, sans vraiment se rendre compte où il a mis les pieds.  Et c’est là que commence pour lui une vie trépidante, entre le ménage, la cuisine et la réalisation de différentes missions pour sa patronne, des missions qui vont l’emmener dans des univers qu’il aurait parfois préféré ne pas connaître…

J’adore l’univers pictural de Clamp. J’adore l’objet livre que sont chaque tome de ce manga : les tranches sont colorées, et les couvertures richement dessinées et colorées. Et tout au long de la lecture, les auteurs nous émerveillent avec des dessins pleine page époustouflants, fourmillants de détails…

Seulement, seulement, j’ai un énorme reproche à faire à Clamp : d’une part le caractère de leur personnage masculin principal et d’autre part le manque évident d’aboutissement à l’intrigue. Kimihiro est tellement insupportable ! Toujours en train de râler, hyperactif, ridicule avec les filles, aux émotions tellement changeantes que ça en est fatiguant pour le lecteur. Cette dernière remarque s’applique aussi à d’autres personnages, comme Yuko qui est capable de passer de la joie la plus vantarde au mystère le plus total, en deux pages ! C’est censé mettre apporter de l’énergie au roman et surtout y insuffler de l’humour. Et c’est vrai que c’est drôle, les premières pages. Ca finit par devenir une marque de fabrique du manga, une des choses qui le caractérise, mais ça m’a plus agacée qu’autre chose.

Le déroulement de l’intrigue est très épisodique. Quelqu’un va venir faire exaucer un de ses voeux à la boutique, un épisode. Il arrive quelque chose à Kimihiro avec le monde des esprits, un autre épisode… et ça jusqu’au bout. Les auteurs nous avaient pourtant fait miroiter une intrigue globale, avec un espèce de mage puissant à contrer et le voyage dans des mondes parallèles de plusieurs personnages plus ou moins liés à Kimihiro. Mais cette histoire n’aboutit pas. On ne sait pas ce que sont allés chercher les personnages dans le monde parallèle, on ne voit jamais le plus petit bout du nez du mage en question. Et pourtant, on nous fait régulièrement des piqûres de rappel au long des tomes du manga. Alors pourquoi cette fin aussi inaboutie ? Il n’y a pas de conclusion à l’histoire de ce manga et il demeure l’impression que toutes ces belles images sont finalement assez vaines.

En résumé, ce manga était une lecture agréable, ce qui est faciliter par le talent de dessinateur des auteurs. Cependant, au bout du compte, c’est une déception. Après nous avoir balader pendant 19 tomes, je m’attendais franchement à une autre conclusion.

mangabadge

Black Butler – Yana Toboso

Couverture - Black Butler

Yana TOBOSO

Black Butler

Editions Kana, 2009.

12 volumes (série en cours)

Collection Dark Kana.

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Présentation de l’éditeur

Ciel Phantomhive est l’héritier d’une grande famille de la noblesse anglaise. C’est sur les épaules de ce jeune garçon d’une grande beauté, très intelligent et mature pour son âge, que repose l’empire familial commercialisant entre autres des jouets et des friandises.

Ciel fait également partie des « chiens de garde de la reine », ces membres de la gentry travaillant pour le gouvernement en vue d’éradiquer le crime du pays. Ce qui ne manquera pas de le placer dans des situations plutôt périlleuses.

Ciel vit seul dans un grand manoir. Enfin, seul, pas vraiment, puisque Sebastian, son majordome, toujours en livrée noire, impeccablement stylé dirige la maison, accompagne Ciel partout et lui sert en quelque sorte de garde du corps. Sebastian doit également s’occuper de May Linn, la femme de chambre, de Bart le cuisinier, et de Finnian, le jardinier, tous trois plutôt loufoques. En matière d’érudition, d’éducation, d’art culinaire, rien à redire, Sebastian est parfait. Mais il ne faut pas se fier à ses belles manières car des gangsters menaçant la vie de son jeune maître ont entre autres découvert à leurs dépends, sa vraie nature… Ciel aurait-il signé un pacte avec le Diable…?!

Mon avis

« Un intriguant mélange d’humour et d’action ». C’est ce qui est noté sur la quatrième de couverture. Il y a aussi une vignette rouge « Pour public averti », qui contredit légèrement l’affirmation précédente. Ce manga flirte en effet avec le glauque, le sanglant, le malsain. On est en Angleterre au XIXème siècle pendant le règne de la reine Victoria, une époque entre colonisation, industrialisation, tradition et sciences occultes et de ce fait, l’histoire du manga se place dans la lignée des romans gothiques anglais qui fleurissaient à la fin du XVIIIème siècle.

En commençant le premier tome, je n’avais aucune idée de ce que cette histoire allait être. Aussi, j’étais un peu dubitative en lisant le début des prouesses du majordome Sébastien qui, parfait, rapide, répare les bévues de ses subordonnés tout en organisant une réception. Je me disais que c’était encore un délire ou un fantasme d’un auteur japonais sur la vie à cette époque (faste, grandiose, etc. des nobles) et sur la perfection du personnage, ce qui me plait moyennement. Finalement j’ai changé d’avis. C’est toujours le délire d’un auteur japonais qui utilise à sa sauce des tas de mythes, légendes et clichés, mais c’est assez plaisant. L’auteur manie à la fois le comique et l’horreur et le mélange qui en résulte est explosif. Certaines scènes sont très sanglantes, cruelles, violentes (depuis les combats à l’épée jusqu’aux sacrifices d’enfants lors de rituels sataniques) et peuvent aussitôt suivi d’un épisode désopilant de la tenue de la vie domestique du comte.

Loin de moi, pourtant, de faire une critique dithyrambique de ce manga. Le mélange horreur/comique est troublant, tout comme le fait de dessiner des scènes où le sang gicle de manière esthétique. Je trouve ça, personnellement, gênant et un brin malsain. Le récit manque aussi d’unité. Il est trop épisodique. Une intrigue en suit une autre, sans autre lien que les personnages qui doivent les résoudre. Le manga pêche par son manque de continuité. Il n’y a pas d’intrigue de fond qui nous ferait dire que l’histoire avance, ou alors elle n’est pas assez importante. L’auteur reprend également des classiques du genre gothique, de l’horreur et du policier, que ça soit dans les créatures – shinigami, les dieux de la mort, les morts vivants, les vampires -, les évènements de l’époque – depuis l’exposition universelle jusqu’à Jack l’éventreur en passant par le Titanic (oui oui) -, ou encore les types d’intrigue – changement d’identité, meurtre en chambre close, etc. Et tout ça participe à l’impression que toute l’histoire s’éparpille.

Cependant, j’aime bien l’ambiance « conte cruel » qui s’en dégage et les dessins, fins et vifs, foisonnant de détails pour ce qui est des parures des personnages. Et rien que pour ça j’ai beaucoup apprécié de lire cette série. Pour résumer, ça m’éclate de lire un truc pareil, mais je ne peux pas m’empêcher de soulever de nombreux points négatifs.

Baby Challenge Manga

Un drôle de père – Yumi Unita

Couverture - Un drôle de père 01

Yumi UNITA

Un drôle de père : le monde n’est-il pas mieux que ce que tu avais imaginé ?

Editions Delcourt, 2008

10 tomes.

Collection Johin

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Présentation de l’éditeur

Alors qu’il se rend aux funérailles de son grand-père, Daikichi apprend que ce dernier avait eu, dans les dernières années de sa vie, une relation avec une jeune femme. De cet amour est né une petite fille, Rin, qui a désormais six ans. Rin est donc la fille de son grand père, mais aucun membre de la famille ne veut s’occuper d’elle. Daikichi, touché par la situation de la petite fille, décide de la prendre en charge. Une nouvelle vie commence alors pour le jeune homme…

Alors qu’il n’aime pas les enfants, Daikichi, un jeune célibataire de trente ans, décide de prendre en charge une gamine de six ans. Rin, qui vient de perdre son père et dont la mère a disparu, est une fillette plutôt réservée. Mais grâce à la patience de Daikichi, elle retrouvera peu à peu le sourire. Pourtant, un mystère demeure : qui est la mère de la petite et pourquoi est-elle partie !

Mon avis

L’histoire d’une petite fille de six et de son tuteur qui l’élève et, malgré son inexpérience en la matière, va devenir une sorte de père pour elle.

Cette série de manga avait tout pour me plaire. Elle est assez courte, du genre Josei – un shojo pour adulte, avec des intrigues plus complexes – ancré dans la vie quotidienne, et pourtant pas banale d’un homme et d’une petite fille. Et elle m’a plu. Au début en tous cas, après l’intérêt a diminué en même temps que l’intrigue prenait un tour trop bizarre pour moi.

Les mangas décrivent la vie quotidienne et ses difficultés, avec les réflexions sur « comment c’est d’élever un enfant », sans oublier quelques passages obligés : la maladie, le spectacle de l’école, les jeux au parc… et puis, quand elle grandit, les amours qui commencent et qui compliquent les relations entre les personnes. Plutôt sympa, sauf que je n’ai pas aimé la tournure que prend la relation entre Daikichi et Rin. Disons, que jusqu’aux tomes 7 ou 8, j’ai vraiment aimé, l’intrigue se passait tranquillement et je prenais plaisir à voir les personnages évoluer. Puis, j’ai moins aimé les tomes 9 et 10. Les 10 m’a particulièrement déçu, parce que je l’ai pris comme la suite du 9, alors qu’il rassemble des chapitres inédits qui auraient pu être intégrés dans les tomes précédents. J’ai eu l’impression en le lisant qu’il n’apportait rien à l’histoire, surtout comme ça, sortis du contexte des autres chapitres.

En conclusion, j’ai bien aimé lire ce manga, même si la fin est un peu décevante. Néanmoins, j’ai trouvé que ça valait le coup, surtout qu’on en apprend plus sur la vie quotidienne des japonais.

Gokinjo, une vie de quartier – Ai Yazawa

Couverture - Gokinjo 01Couverture - Gokinjo 02

Ai YAZAWA

Gokinjo, une vie de quartier

Editions Delcourt, 2004

7 volumes.

Collection Sakura

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Présentation de l’éditeur

Mikako et Tsutomu sont amis d’enfance, ils habitent le même immeuble, fréquentent le même lycée d´art : l’Académie Yazawa. Mikako rêve d’ouvrir sa propre chaîne de vêtements ! Quand un soir Tsutomu rentre chez lui accompagné d’une fille, le coeur de Mikako vacille. Quel est ce sentiment?

Mon avis

Gokinjo, une vie de quartier est un shojo en 7 tomes (seulement !) qui suit la vie de Mikako et Tsutomu. En dehors de leurs familles, on découvre également leurs amis de lycée, passionnés d’art et avec lesquels ils créent une association pour vendre leurs oeuvres sur un marché aux puces. Il y a Yusuke et Jiro, les amis de Tsutomu, Marisa Nakasu ou Body KO, la fille sexy du lycée mais qui est aussi très capricieuse, Ayumi, une nouvelle venue que Mikako trouve un peu trop proche de Tsutomu… Triangles amoureux, peines de coeur, émotion romantique : c’est ce que vont expérimenter ces personnages au sortir de l’adolescence. En effet, les relations sentimentales ne sont jamais simples – ni jamais niaises (un des grands talents d’Ai Yazawa est de nous présenter des histoires complexes qui nous font regarder les relations amoureuses d’un autre oeil.

Dans Gokinjo, ce moment de découverte sentimentale, vers la fin de la terminale, est aussi le moment des choix et de la concrétisation des rêves. La famille a aussi une place importante, puisque les parents de Mikako sont divorcés : elle n’a plus revu sont père qui lui manque désespérément.

Situer son manga dans le domaine de la mode et de l’art a permis à AI YAzawa de s’en donner à coeur joie pour dessiner les tenues de ses personnages qui ont un look original ou loufoque. Le dessin est énergique, dynamique, superbe. On ne s’ennuie pas, même si les personnages se prennent parfois la tête, sentimentalement parlant. Il y a beaucoup de rebondissements et les histoires parallèles permettent de mieux connaître les personnages secondaires et de se détacher du couple principal. Ce manga est à lier à la fois à deux autres séries de l’auteur : Je ne suis pas un ange (petite apparition des deux personnages principaux) et Paradise Kiss qui se situe chronologiquement parlant après Gokinjo.

Pour conclure, cette série est amusante, dynamique, rafraichissante et amusante. Les dessins d’Ai Yazawa sont superbes, autant d’arguments pour pousser à la lecture de ce manga !

A lollypop or a bullet – Iqura Sugimoto et Kazuki Sakuraba

  

Présentation de l’éditeur

L’histoire met en scène les relations complexes de deux jeunes filles, qui font connaissance un été, dans un petit village de province. La nouvelle arrivante, Umino, mal dans sa peau, prétend, telle une enfant, être une sirène, pour échapper à sa réalité. Sa nouvelle amie, Nagisa, qui déprime dans sa campagne, ne rêve que de s’enrôler dans l’armée. Ces deux êtres, qui désirent échapper à leur destinée, vont se rapprocher et s’affronter dans une relation qui fera ressortir les secrets de chacune. La vérité sur la mort du père de l’une, la vérité sur les secrets qui entourent le petit village, que la « sirène » rêve de voir détruit à tout jamais.

Mon avis

Quand on prend en main les deux tomes de A lollypop or a bullet, les tranches, bleu fluo pour le premier et rose fluo pour le second, attirent aussitôt. Des couleurs qui évoqueraient le style shojo si elles ne dénotaient pas avec la couverture au dessin argent et blanc et si elles n’avaient une acidité trop prononcée. De fait, A lollypop or a bullet se pose loin du modèle de manga pour filles. Les dessins ont un peu ce côté naïf  et fleur bleue, mais du côté de l’intrigue, pas de romance farfelue ou de drame rocambolesque. On préfère le suspens et les ressorts psychologiques.

L’histoire se déroule dans un collège et nos héroïnes sont deux jeunes filles de 12 ou 13 ans. Nagisa souhaite entrer dans les forces d’autodéfence à la fin de sa scolarité. Elle pourra ainsi prendre soin de son frère qui vit en reclus et tirer de vraies balles. Elle s’ennuie dans sa campagne et pour elle l’armée est le seul échappatoire. Mokuzu est nouvelle. Lors de son premier jour au collège, elle se présente comme étant une sirène. Une sirène venue vivre sur terre pour se trouver une amie avant que la grande tempête qui a lieu tous les dix ans n’éclate sur la côte. Elle est vite cataloguée de bizarre et de menteuse par ses camarades et ses professeurs. Et elle s’attache aux pas de Nagisa qui se passerait bien de son affection et de ses mensonges.

Un sentiment de malaise nait très vite au cours des pages. Il y a les marques sur les jambes de Mokuzu, sa manie de tout justifier par des histoires extravagantes, le comportement inquiétant de son père, colérique et violent, l’achat d’une longue machette dans un magasin d’outillage, le frère de Nagisa qui lui expose des théories sur le meurtre et les tours de magie. Nagisa se trouve prise dans quelque chose qui la dépasse. Alors qu’elle doit décider de avenir lors de cette période décisive qu’est le choix d’orientation pour le lycée, elle a le sentiment de devoir se battre contre ce monde construit par les adultes avec les seules balles que lui propose Mokuzu : des balles en sucre, composées de ses histoires et de ses mensonges. Seulement :

Les balles en sucre ne tuent pas.

Au premier abord, le récit, les dessins et les révélations semblent époustouflantes. Mais avec le recul, il y a quelques incohérences, des trous, des choses inexpliquées, qui ont pourtant servi de décor à cette intrigue et ont eu un effet très fort, sont laissées de côté. Pourtant, le sentiment provoquée par cette histoire ne laisse pas indifférent. On est vite pris dans l’intrigue des ces deux collégiennes, de leurs espérances et de leurs mensonges. Il y a comme un tourbillon qui emporte le lecteur dans cette campagne, théâtre de terribles évènements, et qui le laisse essoré la dernière page tournée.

Challenge Destins de femmes chez Tête de Litote_________________________________________________________________________

Iqura SUGIMOTO. Kazuki SAKURABA. A lollypop or a bullet. Editions Glénat, 2011. 2 vol. (Série terminée)