Kids on the slope – Yuki Kodama

Yuki KODAMA

Kids on the slope

Editions Kaze Manga, 2013

9 tomes (série terminée)

Collection Kazé Seinen

Présentation de l’éditeur

À la fin des années 60, alors que le Japon occupé fait face à de grands changements sociaux, la musique venue des États-Unis va faire naître, entre deux adolescents que tout oppose, une amitié complexe. Kaoru vient tout juste d’emménager en ville. D’un naturel solitaire et studieux, il n’a pas pour habitude de se mêler à ses camarades de classe. Et pourtant, sa rencontre avec le bagarreur Sentarô va radicalement changer sa vie…


Le père de Kaoru Nishimi est marin, ce qui l’oblige à travailler loin de chez lui et à déménager de nombreuses fois avec son fils. Au début du manga, Kaoru est confiée à la famille de son oncle qui habite à Kyushu. Il intègre un lycée local, et s’attend comme les autres années, à travailler sérieusement pour intégrer une université de médecine à Tokyo, comme sa famille l’a décidé pour lui, sans chercher à se socialiser. Mais il souffre de nausées dues au stress, qu’il ne peut calmer qu’en restant au grand air, de préférence sur le toit du lycée. En cherchant à rejoindre ce refuge, il va rencontrer Sentarô, un lycéen de sa classe, grand, baraqué et bagarreur, et fan de jazz qui va l’entraîner à la découverte de cette musique si différente du classique qu’il joue habituellement.

Au cours des autres tomes, on va suivre l’évolution de leur amitié, les problèmes qu’ils affrontent au lycée ou dans leur famille, leurs amours, et, évidemment, leur passion pour le jazz. Dit comme ça l’intrigue semble classique pour un manga de ce type, et c’est vrai. Mais je lui ai trouvé beaucoup de qualités, et surtout il est à mes yeux dénué de ce qui peut me déplaire dans les mangas.

Le personnage principal est un garçon, et les ressorts de l’intrigue sont de l’ordre de l’amitié, de la passion pour la musique, et un peu de la romance. Le contexte historique a une place très importante puisqu’il conditionne pas mal de choses en terme de relations familiales ou amoureuses, ou encore en terme d’attentes et de contraintes pour les personnages. Il y a notamment la forte présence de l’armée américaine, en sachant que les femmes japonaises qui ont eu des relations avec des soldats sont parfois reniées par leur famille. Les métis, comme Sentarô, sont mal vus. Il y a aussi un contexte de mobilisation et de revendication au sein des universités qui va impacter très fortement la vie d’un personnage secondaire.

Le dessin est simple, sobre, loin de l’univers shojo. J’aime beaucoup l’intrigue que ce manga propose, entre tranche de vie et musique. Les personnages ont droit à une belle évolution. Le duo de base est attachant, et on apprécie aussi les personnages secondaires, notamment Ritsuko, l’amie d’enfance de Sentarô, dont le charme simple plait beaucoup à Kaoru. Les scènes de musique m’ont bien plu, avec cette ambiance joyeuse et dynamique des jam sessions. Ça donne envie d’écouter du jazz.

Ce manga m’a vraiment charmée avec son ambiance rétro des années 1960. Tous les tomes ne sont pas parfaits et il y a parfois des évènements qui arrivent étrangement, mais je me suis beaucoup attachée aux personnages et j’ai pris un grand plaisir à relire de temps en temps ce manga en attendant la sortie de son 9e et dernier tome. La série voit son aboutissement avec ce dernier volume. Cette fin est satisfaisante et arrive à point. Ainsi, l’intrigue ne se perd pas en tours et détours inutiles.

Ce manga m’avait été conseillé et je ne peux que remercier cette personne de m’avoir fait découvrir ce manga qui a rejoint le cercle très fermé de ces séries que j’adore et qui me touche par leur simplicité et leur justesse dans le traitement de leur intrigue et de leurs personnages.

Sur ce je vous laisse avec le trailer de l’animé pour vous mettre dans l’ambiance, et je vais aller écouter du jazz ;)

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Un drôle de père – Yumi Unita

Couverture - Un drôle de père 01

Yumi UNITA

Un drôle de père : le monde n’est-il pas mieux que ce que tu avais imaginé ?

Editions Delcourt, 2008

10 tomes.

Collection Johin

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Présentation de l’éditeur

Alors qu’il se rend aux funérailles de son grand-père, Daikichi apprend que ce dernier avait eu, dans les dernières années de sa vie, une relation avec une jeune femme. De cet amour est né une petite fille, Rin, qui a désormais six ans. Rin est donc la fille de son grand père, mais aucun membre de la famille ne veut s’occuper d’elle. Daikichi, touché par la situation de la petite fille, décide de la prendre en charge. Une nouvelle vie commence alors pour le jeune homme…

Alors qu’il n’aime pas les enfants, Daikichi, un jeune célibataire de trente ans, décide de prendre en charge une gamine de six ans. Rin, qui vient de perdre son père et dont la mère a disparu, est une fillette plutôt réservée. Mais grâce à la patience de Daikichi, elle retrouvera peu à peu le sourire. Pourtant, un mystère demeure : qui est la mère de la petite et pourquoi est-elle partie !

Mon avis

L’histoire d’une petite fille de six et de son tuteur qui l’élève et, malgré son inexpérience en la matière, va devenir une sorte de père pour elle.

Cette série de manga avait tout pour me plaire. Elle est assez courte, du genre Josei – un shojo pour adulte, avec des intrigues plus complexes – ancré dans la vie quotidienne, et pourtant pas banale d’un homme et d’une petite fille. Et elle m’a plu. Au début en tous cas, après l’intérêt a diminué en même temps que l’intrigue prenait un tour trop bizarre pour moi.

Les mangas décrivent la vie quotidienne et ses difficultés, avec les réflexions sur « comment c’est d’élever un enfant », sans oublier quelques passages obligés : la maladie, le spectacle de l’école, les jeux au parc… et puis, quand elle grandit, les amours qui commencent et qui compliquent les relations entre les personnes. Plutôt sympa, sauf que je n’ai pas aimé la tournure que prend la relation entre Daikichi et Rin. Disons, que jusqu’aux tomes 7 ou 8, j’ai vraiment aimé, l’intrigue se passait tranquillement et je prenais plaisir à voir les personnages évoluer. Puis, j’ai moins aimé les tomes 9 et 10. Les 10 m’a particulièrement déçu, parce que je l’ai pris comme la suite du 9, alors qu’il rassemble des chapitres inédits qui auraient pu être intégrés dans les tomes précédents. J’ai eu l’impression en le lisant qu’il n’apportait rien à l’histoire, surtout comme ça, sortis du contexte des autres chapitres.

En conclusion, j’ai bien aimé lire ce manga, même si la fin est un peu décevante. Néanmoins, j’ai trouvé que ça valait le coup, surtout qu’on en apprend plus sur la vie quotidienne des japonais.