Les Eveilleurs, 1. Salicande – Pauline Alphen

 

 

 

Pauline ALPHEN
Les Eveilleurs, 1. Salicande
Editions Hachette, 2010
516 pages

Présentation de l’éditeur

Dans une vallée isolée grandissent Claris et Jad. Ils sont jumeaux, se comprennent sans rien dire, et vivent dans  un univ ers où évoquer le passer est interdit. A Salicande en effet, personne ne parle des Temps d’Avant, pas plus que de leur mère, disparue mystérieusement. Que s’est-il produit ? Y a-t-il un lien avec ces dons mystérieux dans les enfants semblent avoir hérité ? Avec la Grande Catastrophe et l’effondrement de la civilisation des Temps d’Avant ?


Claris et Jad vivent à Salicande, une vallée isolée où une petite communauté s’est rassemblée après la Grande Catastrophe. Les jumeaux n’en ont pas bien conscience. Ils ont douze ans et sont pris dans leur quotidien : Claris apprend le maniement des armes, elle est dynamique, enjouée, et un peu frustrée de son rôle de fille, tandis que son frère, souffreteux et malade, se replie dans l’étude ou le soin de ses bonsaïs.

Et puis il y a des rencontres, les leçons de leur précepteur, la puberté, la découverte d’un jeu étonnant ou de lectures passionnantes, et ils se mettent doucement à évoluer, à changer de leur posture, Jad retrouve une activité physique, des amitiés se nouent, bref, ils avancent. Et en même temps, c’est la découverte pour le lecteur de Salicande, ses légendes, les autres peuples qui vivent à proximité et leurs particularités – le Peuple des arbres ou les Elémentaux -, et la découverte progressive des Temps d’Avant. On découvre ainsi que Salicande a été créée par le grand-père des jumeaux pour composer une société idéale, qui évitera à tous prix que ces Temps d’Avant se reproduisent. Alors même que les jumeaux commencent à développer des dons singuliers.

C’est compliqué à résumer, cette histoire, puisque nous sommes en présence d’un tome d’introduction et que doucement progressivement on va nous mener vers un élément perturbateur qui intervient à la fin. On se concentre plutôt sur les rencontres humaines, les rapports entre les deux frère et soeur qui doivent trouver un nouvel équilibre à leur relation, ou à celle qu’ils ont avec leur père. Par exemple, ils n’ont pas la même approche de la disparition de leur mère : Jad veut se souvenir d’elle et l’honorer, tandis que Claris redoute la douleur de l’abandon et refuse obstinément de seulement l’évoquer.

Cette manière de poser l’univers est intéressante. On découvre le fonctionnement de ce petit monde, les caractères de personnages, on suit leur apprentissage et nous en apprenons de fait plus sur ce qui les attend. Mais il m’a semblé que le changement était trop subtil et je finissais par avoir envie qu’il se passe vraiment quelque chose (et pas juste des querelles insignifiantes). Je trouve que l’histoire est bien amenée, l’auteure a créé un climat agréable dans son livre – Salicande serait presque une utopie, sans quelques grains de sables – et tout le monde a tendance à vivre dans le bonheur et l’insouciance. Ce qui n’est pas un problème en soi.

Ce qui est un problème, c’est qu’on nous le rabâche pendant 400 pages. Ça a plutôt eu un effet overdose sur moi, et j’ai regretté que cela s’étale autant. Mais la fin change tout, évidemment, relance l’intérêt pour l’intrigue et se paye un bon cliffhanger  qui m’a laissée à demi hurlant dans mon siège – à demi seulement parce que j’étais en train, un TGV quoi – : où est la suite ?!

Salicande est un tome d’introduction qui fait bien son boulot – et c’est un bon point pour Pauline Alphen – et qui prend le temps de le faire. Je n’ose pas cataloguer ce roman dans un quelconque genre, de peur d’en dire trop ou même de me planter. De ce point de vue, je suis très curieuse de savoir ce que l’auteure nous réserve. J’ai seulement éprouvé quelque longueur qui fait passer ce roman de « très bonne lecture » à « bonne lecture mais *baillement* il était temps que quelque chose se passe ! » Je pense donc continuer cette série, maintenant qu’elle est bien lancée.

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Des BD en bref #4

Hey ! Ce soir, je poursuis mon « défi » calendrier de l’avent (1 chronique par jour), que j’ai déjà bien foiré, entre un « oubli », un weekend de promenade sans aucune connexion internet (et un évident manque de temps pour rédiger quoi que ce soit en avance), et dernièrement un « syndrome de la page blanche » version blog (je me suis mis un peu la pression pour chroniquer un certain recueil de nouvelles, et j’ai juste bloqué dessus pendant des lustres). Et donc, ce soir, je n’avait curieusement aucune envie de me prendre la tête avec une chronique « classique ». J’ai donc préféré la version allégée que je fait pour les BD (d’autant plus que j’ai passé l’après-midi à grenouiller avec un revisionnage de Captain America entrecoupé de vidéo Youtube (volatilité et procrastination…) Résultat : je n’ai RIEN fait ! (et je suis toujours à 1/2 heure de la fin du film alors que je l’ai commencé vers 14h) Mes vacances commencent bien…

Le blabla est fini. Sachez seulement que toutes ces BD ont été chroniquées sur ma chaîne Youtube. Encore une fois, on est plutôt sur de la BD ‘jeunesse’ ou ‘grand public’. Mais c’est une sélection de ce que j’ai préféré ces dernières semaines.

Dans la forêt sombre et mystérieuse – Winshluss

Editions Gallimard, 2016.

Angelo, jeune apprenti aventurier féru de zoologie, prend la route en famille pour rendre visite à sa mémé géniale qui est très malade. Mais sur l’aire d’autoroute où ils s’arrêtent, ses parents l’oublient et repartent sans lui ! Terrorisé, Angelo décide de couper à travers la forêt, où il se perd tout à fait… Sa rencontre avec de fascinantes créatures – de la luciole obèse à l’ogre terrifiant – vont faire de son singulier périple une aventure fantastique.

J’ai découvert, après l’avoir lu, que cet album vient de remporter la pépite d’or au Salon de la littérature et la presse jeunesse (celui de Montreuil donc). Et comme je le comprend ! On y suit Angelo qui, sur la route pour se rendre chez sa mémé, coincé entre sa petite soeur bébé et son grand frère bâte comme ses pieds, est oublié au bord de la route. Et pressé de les retrouver, il va prendre les chemins de traverse, à travers la forêt sombre et mystérieuse. Il va y croiser un certain nombre de créatures, plus ou moins dangereuses, et vivre de folles aventures. J’aime beaucoup ce dynamisme, cet humour, qui change de la BD jeunesse habituelle. Et l’album a beau être épais, on tourne les pages sans s’en rendre compte. Le dessin ne plaira peut-être pas à tout le monde, mais ne vous laissez pas avoir par ces considérations ! Cet album est un petit bijou !

Découvrez quelques extraits.

Fantômes – Raina Telgemeier

Editions Akileos, 2016.

Du fait de la maladie de sa soeur Maya, Catrina, onze ans, et sa famille déménagent dans la petite ville côtière de Bahia de la Luna. Tandis que leurs parents s’occupent de ranger les affaires, les deux jeunes filles partent explorer leur nouvelle maison et son voisinage. Elle font alors la rencontre d’un voisin qui leur confie un secret : il y a des fantômes à Bahia de la Luna. Si Maya est déterminée à vouloir en rencontrer un, il en va tout à fait autrement pour Cat. Or, la période de l’année à laquelle les fantômes se réuinissent avec leurs proches approche, et Cat doit découvrir comment mettre ses peurs de côté pour le bien de sa soeur… et le sien.

Encore une très belle histoire ! (en même temps je vous avais prévenu : c’est une sélection de BD que j’ai adorées) Cette fois, une histoire de famille, avec Cat qui subit un déménagement pour le bien de sa soeur Maya. Si elle doit être très prudente pour veiller sur elle, Maya est la joie de vivre et l’énergie incarnée. Elle veut tout vivre à cent à l’heure, au risque de gâcher sa santé. Cette histoire de fantômes l’intrigue et l’excite au plus haut point. Et Cat se retrouve à la suivre tant bien que mal, malgré sa frousse.

J’ai beaucoup aimé cette histoire, avec la leçon de vie qu’apporte la tradition autour des fantômes. Et puis Cat est un personnage très agréable à suivre. La BD a un format plutôt roman graphique, mais elle est très abordable. Les dessins sont clairs, et il est très plaisant de s’y plonger. Je vous conseille de la tenter !

La jeunesse de Mickey – Tebo

Editions Glénat, 2016

Norbert, l’arrière-petit-neveu de Mickey, est comme tous les gamins de son âge : le nez toujours plongé dans sa console de jeux vidéo. Alors, pour attirer son attention, son arrière-grand-oncle a l’habitude de lui raconter des histoires. Mais pas n’importe lesquelles : celles qu’il a vécues dans sa jeunesse. De palpitantes aventures dans lesquelles il a tour à tour été : cowboy, prisonnier dans le bayou, as de l’aviation de la Première Guerre Mondiale, trafiquant de chocolat pendant la Prohibition et même astronaute ! Norbert a un peu de mal à croire à ces récits invraisemblables, d’autant que, comme toutes les personnes âgées, pépé Mickey (comme l’appelle Norbert) a la vue qui baisse et la mémoire un peu comme un gruyère…

Mickey fait de nouveau parler de lui cette année : le personnage a été repris par plusieurs auteurs de bande dessinée et 4 albums sont sortis depuis la rentrée. Une exposition à Quai des bulles (Saint-Malo) leur était d’ailleurs consacrée cette année.

J’ai lu deux de ces albums et j’ai eu un coup de coeur pour La Jeunesse de Mickey. On y retrouve Mickey vieillissant mais très énergique, sans cesse plongé dans de  nouvelles inventions dans son atelier. Il raconte ses aventures de jeunesse à Norbert, son arrière petit neveu. Chasse au trésor dans le Far West, aventure sur la lune, sauvetage en plein marais, action héroïque mettant fin à la guerre… tout y passe ! Il y a de l’héroïsme, des situations cocasses, et les dialogues entre l’ancien et le petit neveu sont savoureux. Au delà de ça, l’album est très beau : dos toilé, papier épais, couverture solide. C’est vraiment un album à offrir ou à s’offrir.

Charlotte et moi, tome 1 – Olivier Clert

Editions Makaka, 2016

Ce matin-là, Charlotte fait un rêve. Dans son sommeil agité, elle provoque, sans s’en douter, une réaction en chaîne qui va bouleverser sa vie, celle de son voisinage et surtout celle de Gus, un jeune garçon qui vient tout juste d’emménager dans l’immeuble avec sa mère…

Charlotte et moi, c’est THE coup de coeur de cette sélection. (oui, bon, c’est aussi le cas pour les autres, mais celui-là encore plus). C’est l’album qui n’a pas fait de bruit, mais que j’ai envie de faire lire parce que son histoire m’a beaucoup touchée. On n’est pas dans quelque chose de fantastique comme pour Dans la forêt sombre et mystérieuse, ni humoristique. On est dans du « tranche de vie », du « drame », de ces albums qui raconte la vie de personnages banals, qui raconte des rencontres, des dépassements de soi dans la vie du quotidien. Charlotte est une jeune femme très discrète. Ses voisins l’ont tout de suite cataloguée : obèse, n’a plus toute sa tête depuis que sa grand-mère est décédée. Elle fait peur à Gus, le petit garçon qui vient d’emménager avec sa mère. Et puis, il y a cet enchaînement de circonstance qui vient mettre du bazar et faire bouger les choses.

Je suis très impatiente de lire la suite de ce tome, parce que la fin promet un beau sac de noeud. Je me suis régalée en le lisant, d’autant plus que je ne m’y attendais pas. C’est encore une chaude recommandation que je vous fait là, et j’espère au moins qu’elle aura contribuer à faire connaître un peu plus cet album.

La Guerre des Lulus – Régis Hautière et Hardoc

Régis HAUTIERE et HARDOC
La Guerre des Lulus
Casterman, 2013
3 tomes publiés – Série en cours

Présentation de l’éditeur

Lucas, Lucien, Luigi et Ludwig sont quatre des pensionnaires de l’orphelinat de l’abbaye de Valencourt en Picardie. Tout le monde les surnomme les Lulus. En cet été 1914, lorsque l’instituteur est appelé comme tant d’autres sous les drapeaux, personne n’imagine que c’est pour très longtemps. Et les Lulus ne se figurent évidemment pas une seconde que la guerre va déferler sur le monde finalement rassurant qu’ils connaissent. Bientôt, le fracas de l’artillerie résonne dans le ciel d’été. Il faut partir, vite. Mais lorsque la troupe évacue l’abbaye manu militari,les Lulus, qui ont une fois de plus fait le mur, manquent à l’appel. Sans l’avoir voulu, ils se retrouvent soudain à l’arrière des lignes allemandes.

  • La Guerre des Lulus, 1914. La Maison des enfants trouvés
  • La Guerre des Lulus, 1915. Hans
  • La Guerre des Lulus, 1916. Le Tas de brique

Lucas, Lucien, Luigi et Ludwig sont quatre amis qui adorent faire les 400 coups ensemble, si bien que l’instituteur et leurs responsable à l’orphelinat les appellent les « Lulus ». Un jour de 1914, l’instituteur est mobilisé pour combattre contre l’Allemagne, persuadé que la guerre ne durera pas. Pourtant quelques semaines plus tard, l’armée fait évacuer l’orphelinat et le village voisin car celui-ci se trouve dans le périmètre de bombardement de l’armée allemande. Les Lulus, partis construire une cabane au fond des bois n’ont rien vu, et quand ils rentrent le soir, les lieux sont déserts. Sans le savoir, ils sont coincés derrière les lignes allemandes.

Série publiée pour le centenaire de la Première Guerre mondiale – à raison d’un tome par an jusqu’en 2018 (du moins, je suppose que c’est le projet, vu le rythme de parution actuel)-, La Guerre des Lulus est une chouette série de BD à conseiller à tout le monde. On révise assez peu son histoire de la Guerre mondiale, mais on suit les aventures des Lulus, bientôt rejoints par une Luce , alors qu’ils tentent de survivre et d’échapper aux soldats. On a donc à la fois une histoire de guerre, une aventure et aussi le récit d’une amitié entre ces garçons.

J’ai beaucoup aimé la façon dont leur relation est amenée au début du premier tome. Ils n’ont pas forcément des caractères compatibles, mais partager la même chambrée les a rapprochés. Ils restent des enfants dans la guerre, gardent une certaine naïveté malgré les dangers auxquels ils sont confrontés, et les paroles qu’ils échangent font parfois penser à un dialogue de La Guerre des boutons : effronterie, lucidité et candeur malgré tout. Le résultat est amusant et non dénué de tendresse : tout pour me plaire !

Les aventures de ces trois tomes nous montrent des ambiances complètement différentes de la guerre. Ils sont d’abord relativement épargnés, avant de plonger dans la vie à l’arrière des lignes de front. Chaque tome est très bien construit, retransmet la vie telle qu’on pouvait la vivre à ce moment-là. On ne voit pas les combats au front, mais ceux-ci sont évoqués de manière détournée et les aventures des Lulus se concentrent plus sur la vie des civils. C’est fait avec suffisamment de subtilité pour que les allemands – les ennemis dans l’histoire – ne soient pas caricaturés ; cette absence de manichéisme est grandement appréciable. Et il y a suffisamment de suspens d’un tome à l’autre pour inciter à lire la suite.

Les personnages sont attachants et, Première Guerre mondiale ou pas, c’est plus cet aspect-là qui m’attire que le conflit en lui-même. Je vous invite donc à vous pencher sur cette bande dessinée qui plaira à tous les âges. C’est une excellente série et j’attends avec impatience de retrouver les Lulus l’année prochaine !

Reckless, 1. Le Sortilège de pierre – Cornelia Funke

Cornelia FUNKE
Reckless, 1. Le Sortilège de pierre
(traduit par Marie-Claude Auger et illustré par Cornelia Funke)
Editions Gallimard jeunesse, 2010
327 pages

Présentation de l’éditeur

En découvrant un monde extraordinaire derrière le miroir de leur appartement new-yorkais, Jacob Reckless pensait avoir trouvé la liberté. Mais cet univers fascinant est aussi dangereux et, un jour, Will, son jeune frère, déjoue la vigilance de Jacob et le suit à travers le miroir. Victime d’un maléfice, il se transforme en monstre brisant le coeur de celle qu’il aime… Reckless n’a que deux jours pour le sauver !


Le père de Jacob et Will Reckless disparaît alors qu’ils sont jeunes. En cherchant où il a pu aller, Jacob fouille son bureau et il y trouve un miroir qui le transporte dans un autre monde. Dans ce monde, dont il apprend à connaître les dangers, il devient un chasseur de trésor reconnu. Le royaume de ce monde parallèle est mis en danger par un affrontement entre humains et Goyls. Les Goyls sont des créatures à forme humaine, mais à la peau de pierre. Ennemis séculaires des humains, maltraités par ceux-ci, les Goyls se sont organisés et sont devenus plus forts. Lors de son dernier passage, Jacob est surpris par son frère Will, sensible et fragile, qui le suit à travers le miroir. Mais peu de temps après avoir quitté le monde réel, ils sont attaqués par des Goyls. Will est blessé et il commence à se changer en pierre. Alors que Jacob tente de sauver Will, celui-ci est le sujet d’une prophétie et ils sont poursuivis par les Goyls qui veulent le rallier à leur cause.

Ce roman m’est tombé dans les mains un peu par hasard. Il s’adresse plutôt à un public jeune ou adolescent, mais que cela ne vous arrête pas, cet univers se trouve être plus riche que je ne le pensais. L’auteur reprend et y transpose des éléments des contes traditionnels, de manière plus ou moins détournée. Jacob est un chasseur de trésor et il traque autant les pantoufles de verre qu’il visite des maisons en pain d’épice. Un élément qui m’a marqué, ce sont les licornes, des licornes qui s’attaquent avec virulence aux hommes qui veulent atteindre une île sur lesquelles vivent des fées. Ce sont donc des créatures loin de l’image de pureté et de fragilité qu’on leur prête dans la mythologie occidentale.

Le livre est illustré par l’auteur, ce qui fait que l’objet est plutôt chouette à feuilleter. Les illustrations sont en double page ou encadrent le texte. Le style est plutôt agréable (oui, je n’ai rien de plus à en dire). Les péripéties sont plutôt entraînantes et il y a pas mal d’actions. Je ne me souviens pas bien de la fin, mais il me semble que la situation laissait présager plein de choses palpitantes pour le second tome. Je lirai celui-ci quand il me tombera sous la main ou que je retournerai à la bibliothèque.

Au delà de ça, j’ai beaucoup aimé ma lecture. C’était une petite lecture simple, divertissante, et qui met en scène un univers dangereux nous confrontant à des créatures de cauchemar et les peurs qu’elles peuvent exercer. J’ai bien aimé ce que l’auteur a fait des Goyls, ces créatures ennemies, mais dont les motivations sont troubles. Elle ne crée pas un univers manichéen, et c’est quelques chose que j’ai particulièrement apprécié.

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Le Magicien d’Oz – L. Frank Baum

Couverture - Le Magicien d'Oz

L. Frank BAUM

Le Magicien d’Oz

(Traduit pas Didier Sénécal)

Editions Pocket, 2013

176 pages

Présentation de l’éditeur

Dorothy, la petite orpheline au rire cristallin, vit avec son chien Toto dans une ferme retirée du Kansas, auprès de son oncle Henri et de sa tante Em. Rien ne semble devoir perturber son existence paisible et joyeuse… jusqu’au jour où un formidable cyclone vient tout bouleverser. Encore assommés par le choc, Dorothy et son compagnon se réveillent, le lendemain matin, dans une bien curieuse contrée…

Ici, les sorcières ressemblent à des fées, les arbres sont doués de parole et les rêves les plus fous se réalisent. A condition, bien sûr, de les formuler devant le Grand Magicien d’Oz. Se lançant à la recherche du mystérieux personnage, la fillette croise en chemin, l’Epouvantail sans cervelle, le Bûcheron de Fer Blanc et le Lion Poltron, qui ont, eux aussi une demande de la plus haute importance à présenter au Magicien.


AVERTISSEMENT ! Cette chronique a été écrite très rapidement, par dessus la jambe, un soir de partiel, veille d’un autre partiel. Elle risque malheureusement de décevoir quiconque cherche à en savoir plus sur le Magicien d’Oz, oeuvre ou personnage, mais reflète parfaitement l’état d’esprit de son auteur au moment de son écriture, auteur qui s’excuse par avance pour les inexactitudes et les approximations que cette chronique contient. Toutefois, si votre but en lisant cette chronique est celui sus-mentionné, n’oubliez pas : Google/Wikipédia (barrer la mention inutile) est votre ami !

Ne fuyez pas trop vite cependant et hasardez-vous à la fin de cet article pour savourer la délicieuse voix de Judy Garland.

***

Enfin, je l’ai lu, je connais l’histoire et je sais d’où ça sort, les épouvantails qui parlent, les bûcherons de fer-blanc et les routes jaunes. Difficile d’en parler, puisque selon Fabrice Colin, qui a écrit une postface au Cycle du Magicien d’Oz (Editions Le Cherche midi), ce roman distille tout le rêve américain : s’échapper du Kansas, parcourir les routes jaunes et tuer des sorcières..

Je suis sûre que c’est un roman formidable et j’irai lire avec intérêt les analyses et interprétations que je pourrais trouver à son sujet. Pour ma part, ayant lu ce livre étant adulte, dans une période particulièrement intense au niveau universitaire – fin de Master, mémoire, stage, etc. – j’ai trouvé que c’était une histoire charmante, divertissante et pas prise de tête, du genre qui n’a pas besoin de concentration ou qu’on y réfléchisse beaucoup.

Ça m’a fait un peu le même effet quand j’ai lu d’autres classiques comme Alice au Pays des Merveilles et Peter Pan : « Ah, c’était donc ça !… Bon maintenant, je sais ce que c’est. Cool. » Bref c’était pas un expérience transcendante, mais elle est plutôt bien tombée.

Le Magicien d’Oz est un conte pour enfant qui fait partie de ces classiques à avoir lu, ne serait-ce que pour comprendre les multiples références qui y sont faites (la plus évidente qui me vient à l’esprit, maintenant, c’est la série de BD Olivier Rameau de Greg et Dany dans lequel on voyage à Rêverose, un monde de fantaisie et de poésie, et où on voit notamment un épouvantail, un lion peureux… mais elles sont multiples dans le cinéma et la littérature).

Et pour palier au manque de contenu de cette chronique (je vois franchement pas quoi ajouter : la quatrième fait un très bon résumé et à part répéter 15 fois « c’était bien mais trop jeunesse » – il faudra d’ailleurs que je penche un de ces quatre sur la signification de cette expression, histoire de l’utiliser à bon escient et de pouvoir l’argumenter – ce qui est lassant et n’apporte rien), voici un extrait du film de 1939 avec Judy Garland, un autre classique qu’il me faudra voir un jour :

XXe siècle

La Quête des Livres-Monde, 1. Le livre des âmes – Carina Rozenfeld

Carina ROZENFELD

La Quête des Livres-Monde, 1. Le Livre des Âmes

Editions L’Atalante, 2012

224 pages

Collection Le Maedre

Présentation de l’éditeur

« Zec se laissa tomber. Il sentait son coeur cogner comme un fou dans sa poitrine alors qu’il chutait. L’eau noire du canal se rapprocha… Sans qu’il eût besoin de réfléchir, son instinct prit le dessus et ses ailes se mirent à battre, brassant l’air autour de lui, le redres sant, le faisant remonter, plus haut, encore plus haut. Jusqu’à ce que son visage soit tourné vers les étoiles, jusqu’à ce qu’il sente le froid, jusqu’à ce qu’il réalise qu’il volait vrai ment, que, cette fois-ci, ce n’était pas un rêve. »

Zec a seize ans et vit une adolescence parfaitement normale… jusqu’au jour où, à l’issue d’une nuit agitée, des ailes lui poussent dans le dos. Zec apprend bientôt qu’il est originaire d’une planète disparue dans le néant à cause de l’Avaleur de Mondes, et qu’il a pour mission de la ressusciter. Aidé d’Éden, une jeune fille ailée comme lui, il doit retrouver les trois Livres-Monde, cachés sur la Terre, où sont enregistrés les âmes, les lieux et l’histoire de ce monde perdu. Mais cette quête s’annonce hautement dangereuse car l’Avaleur de Mondes est bien décidé à terminer ce qu’il a commencé…


J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans cette histoire. Je ne sais pas s’il faut imputer cela au style, au personnage ou à l’intrigue en particulier. En tous cas, c’est l’un de ces trois facteurs qui m’a rapidement découragée.

On découvre Zec, lycéen lambda de 15 ans, qui vit avec ses parents dans le même immeuble que son meilleur ami. Deux gros boutons lui ont poussé dans le dos et cela le démange énormément. Cela l’inquiète, mais il n’ose pas en parler, jusqu’à ce que des ailes lui poussent dans le dos en pleine nuit. Il est alors contacté par un homme qui lui annonce qu’il n’est pas originaire de la Terre, mais provient d’un autre monde qui a été détruit par l’Avaleur de monde, la force destructrice de l’univers, lié à lui de manière intrinsèque. Sa mission est évidemment de faire renaître ce monde, en trouvant et en activant les trois Livres-Monde, avec l’aide de son meilleur ami (dont j’ai oublié le nom), et d’une adolescente qui est comme lui originaire de l’autre monde.

Ce premier tome est vraiment un tome d’introduction puisqu’une longue partie du roman consiste en la naissance des ailes et en la découverte de ce passé avec l’aide d’un mentor. Il apprivoise ses ailes et le fait de pouvoir voler, prend aussi contact avec Eden, l’autre personne qui est comme lui. Puis commencent les recherches pour retrouver le premier Livre-Monde.

Il s’y passe en soi très peu de choses, ou en tous cas, d’actions, et le seul opposant qui apparaît dans ce tome-là est complètement anecdotique. Il m’a même paru ridicule tellement il était traité de manière manichéenne. Le vrai opposant de l’histoire n’apparaît qu’à la fin de ce premier tome, laissant présager de sombres évènements à venir pour la suite de l’histoire.

Malheureusement, ça ne l’a pas fait pour moi. Tout est trop téléphoné. On voit venir le moindre twist à des kilomètres. Et puis, ça pêche sérieusement au niveau du style.

La première page de ce roman est un article du blog que tient le personnage principal, Zec. Il y raconte quotidiennement sa vie à ses lecteurs avec un style très « adolescent ». Le problème, c’est que l’article de blog terminé, j’ai un peu eu l’impression que tout était écrit de cette manière-là. Une bonne partie du roman, ce style m’a un peu rebutée, tellement il m’a semblé inadéquat par rapport à ce qui était raconté. J’ai toujours du mal à démontrer et expliquer cela. Mais pour une fois, j’ai un exemple très concret. C’est la cas des dialogues qui sont très écrits, alors que les personnages prononcent des expressions très orales. Le décalage est flagrant, et ça casse la fluidité et la dynamique du dialogue. Et puis, ajouter un « ça va déchirer ! » a tendance à casser toute crédibilité à mes yeux.

Pourtant, sur la fin du roman, il y a des passages que j’ai trouvé très justes. Je ne comprends pas ce décalage que j’ai pu ressentir au cours de la lecture.

Sinon, sur le fond, cette histoire n’est pas mal. Faire renaître un monde détruit, des aliens qui sont comme des humains, les ailes en plus, pourquoi pas ? Je peux adhérer à beaucoup de choses si la forme y est. Là, elle manque par moments, et c’est ce qui fait que la lecture a parfois été laborieuse. Ca manque de dynamique, tout est trop prévisible.

Je terminerais là-dessus, simplement pour dire que, sur le fond je n’ai pas grand chose à dire – c’est même plutôt sympa -, mais que la forme gâche le tout, du moins à mes yeux. Ca n’est pas une déception puisque je n’en attendais rien, mais ça reste une lecture pénible que je veux vite oublier. Par ailleurs, j’ai lu pas mal d’avis élogieux, alors peut-être que ce qui me gêne ici, gênera moins d’autres personnes (et puis il a fait partie de la sélection du prix Incorruptibles en 2010). D’un autre côté, j’ai bien envie de laisser une autre chance à cette auteure : il me semble que ce roman est l’un de ses premiers livres, et il est tout a fait possible que son style ait gagné en maturité. On en reparlera donc ! :)

ABC Imaginaire 2015 v2

Héros de l’Olympe, 1. Le héros perdu – Rick Riordan

Couverture - Le héros perdu

Rick RIORDAN

Héros de l’Olympe, 1. Le héros perdu

(traduit par Mona de Pracontal)

Editions Albin Michel, 2011

576 pages

Collection Wiz

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Présentation de l’éditeur

Quand Jason, Piper et Leo arrivent au camp des Sang-Mêlé, ils ne savent pas du tout ce qui les attend. Apparemment, ce serait le seul endroit où les enfants des dieux grecs seraient en sécurité. Car Jason est le fils de Zeus, Piper la fille d’Athéna et Leo, fils d’Héphaïstos… Ils ont été choisis pour une quête bien dangereuse pour des demi-dieux inexpérimentés. Leur mission ? Délivrer Héra, la reine des Dieux, victime d’une terrible malédiction… Dès leur premier défi, ils doivent sauver leurs proches tenus prisonniers. Et aussi poursuivre leur mission, malgré des dangers qui peuvent leur coûter la vie…

Mon avis

Autant le dire tout de suite : cette chronique sera courte. J’ai lu ce roman début juillet, et il ne m’en reste plus qu’un vague sentiment d’appréciation générale. Cependant, je tiens à faire un article… pour le principe et pour fêter mon retour sur la blogo, maintenant que le rapport de stage est dûment imprimé et relié.

Jason se réveille au milieu d’un car en partance pour le Grand Canyon, pour une sortie scolaire d’un groupe de jeunes délinquants. Il ne se souvient de rien, il lui semble juste qu’il a été transporté dans ce bus quelques secondes avant son réveil. Et pourtant tout le monde dit le connaître, notamment Léo et Piper, ses amis. Le groupe est attaqué par des esprits du vent qui s’en prennent à Léo et Piper. Mais une intervention de Jason les met en fuite, alors même que deux jeunes gens débarquent sur un char volant tiré par un pégase. Ceux-ci leur apprennent qu’ils sont des demis-dieux et ils les emmènent à la colonie des Sang-Mêlé. Là-bas, la situation est grave. Tandis que Léo, fils d’Héphaïstos, Piper, fille d’Aphrodite, et Jason, fils de Zeus, découvrent chacun l’identité du parent qui lui manquait, ils apprennent qu’Héra a été enlevée par des puissances ennemies des dieux et que l’Olympe est fermée. Jason, Piper et Léo se voient alors confié la lourde tâche de retrouver et libérer Héra avant que la mystérieuse entité ne se libère elle-même grâce au pouvoir de la déesse.

J’ai eu un peu de mal à entrer dans ce roman. La situation est d’abord confuse – ce qui colle à la situation des personnages (Jason se réveille amnésique au milieu de gens qui disent le connaître depuis des semaines) – et la confusion met bien une centaine de page avant de s’éclipser. J’ai aussi eu du mal à me faire au mélange entre le monde moderne et les mythes grecs. C’est tout de même étrange de retrouver Midas au milieu d’une maison surprotégée avec caméra, et système de surveillance automatique. J’aime beaucoup la mythologie grecque et romaine, mais j’ai eu du mal à accepter ce décalage.

Finalement, j’ai bien accroché, même si ce ne sera pas le meilleur livre de l’année dans sa catégorie : ça pêche un peu au niveau du style, et je ne suis pas sûre de lire la suite. J’ai tout de même globalement apprécié et j’ai dû lire ça en un temps record, vu les occupations que j’avais au moment où je m’y suis attaquée.

Lu pour les Baby Challenge Jeunesse et Fantasy