Tout et rien – Maureen Dor et Cédric Babouche

Couverture - Tout et rien

Tout et rien

Maureen Dor et Cédric Babouche

Editions Clochette, 2014

25 pages

Présentation de l’éditeur

Que se passe-t-il quand l’homme le plus riche de la ville perd la clef de son coffre et que l’homme le plus pauvre de la ville trouve une chaîne en or avec une clef au bout ?

Leur vie change, mais eux, changent-ils ?

Mon avis

Monsieur Picaillon est très riche, il peut s’acheter tout ce qu’il veut et il a de nombreux amis qui viennent pour ses fêtes et sa grosse télé. Basile-le-fil est très pauvre, il aime bien sa vie sans superflu : le soleil, le vent, ses amis. Un jour, Monsieur Picaillon perd la clef de son coffre. Pour vivre, il se retrouve à vendre tout le superflu et il perd ses amis qui ne peuvent plus profiter de ses richesses. Basile, lui, trouve une chaîne en or avec un clef au bout. N’ayant rien à enfermer, il la porte autour du coup, suscitant la jalousie de ses amis. Les deux personnages, que tout oppose, ont jusque là fait leur chemin séparément, l’un sur la page de gauche, l’autre sur celle de droite. Puis ce qui n’aurait pas du arrivé arriva : ils se rencontrèrent et les choses rentrèrent dans l’ordre.

La fin de cette histoire aurait presque un gout amer et fataliste. Là où on aurait attendu une petite morale sur le bonheur et l’argent, sur la rencontre entre pauvreté et richesse, malheureusement, et de manière très réaliste, on en revient à la situation initiale. La morale est bien là, mais elle laisse songeur et fait réfléchir sans imposer de raccourci simpliste.

Je ne m’attendais pas à cette conclusion et j’ai vraiment beaucoup apprécié découvrir cet album. Papier épais, couverture mate, dessin en nuances de gris à l’aquarelle, avec juste ce qu’il faut de couleur pour souligner un élément de l’histoire. Le dessin est sympathique et colle tout à fait à l’historie. C’est donc un bel objet.

L’ayant reçu pour la Masse Critique de Babelio sur la Jeunesse de l’éditrice même, j’ai découvert avec grand plaisir la dédicace personnalisée.

En conclusion un bel album qui fera réfléchir les enfants sur l’argent, le dénuement, la qualité de vie et d’amitié que ces deux situations génèrent. Je le recommande chaudement !

Dans la cour de mon école – Sylvain Victor

Couverture - Dans la cour de mon école

Sylvain VICTOR

Dans la cour de mon école

Editions Thierry Magnier, 2009

30 pages

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Présentation de l’éditeur

Dans la cour de l’école, on retrouve toujours les mêmes… Il y a Pierre, le plus grand fournisseur en crottes de nez de l’école, il y a Franck, qui devient bête quand il voit Sabine parce qu’il est trop amoureux d’elle, il y a Valentin, accusé d’avoir peint le hamster de la classe en bleu. Et puis il y a Manu et Mona…

Mon avis

Manu et Mona présentent chacun les enfants qui sont dans la cour de leur école. Chacun prend la parole grâce à un habile procédé : on a d’abord la vision du premier, puis l’on doit retourner le livre pour avoir celle de la deuxième. L’un voit l’une des filles très discrète, l’autre prend la même fille pour une spécialiste du kung-fu. Leurs points de vue s’opposent, se complètent, montrant un aspect différent de chacun des enfants, et se rejoignent au milieu du livre, où Mona, à l’envers, et Manu, à l’endroit – ou inversement – se disent des mots doux.

Malgré un arrière gout d’étrangeté que je n’ai pas réussi à identifier – peut-être à cause du dessin -, j’aime bien cet album qui s’attache à montrer que d’une personne à l’autre, les avis et les considérations sur ceux qui les entourent changent en fonction de ce qu’ils ont vécu avec eux. Il m’a surpris au départ, mais a su me charmer avec ses traits d’humour et ses couleurs incongrues. J’ai trouvé que c’était une belle façon de traiter de la différence tout en démystifiant les terreurs de la récré.

logoalbums2014

Mary et Max – Adam Elliot

Affiche - Mary et Max

Année de production : 2009. Long métrage australien.

Genre : Animation. Comédie. Drame.

Réalisé par : Adam Elliot

Avec les voix de (version originale) : Toni Collette, Philip Seymour Hoffman, Eric Bana, Barry Humphries

Synopsis :

Sur plus de vingt ans et d’un continent à l’autre, Mary et Max raconte l’histoire d’une relation épistolaire entre deux personnes très différentes : Mary Dinkle, une fillette de 8 ans joufflue et solitaire, vivant dans la banlieue de Melbourne, en Australie, et Max Horowitz, un juif obèse de 44 ans, atteint du syndrome d’Asperger et habitant dans la jungle urbaine de New York.

Mon avis

Mary et Max est un film d’animation, plutôt pour les adultes, qui raconte la correspondance de Mary, petite fille vivant en Australie, et Max, un New-yorkais angoissé par le monde. Uniquement réalisé en pâte à modeler, ce film a un graphisme superbe, avec des teintes monochromes (gris, brun), parsemées de touches de couleurs qui sont comme les petites joies qui illuminent un peu la vie des deux personnages. Il y a peu de dialogues ou de voix, tout est raconté par la voix du narrateur ou bien par celles de Mary et Max qui s’expriment par l’intermédiaire de leurs lettres. Les textes sont drôles et émouvants, et dits sur un ton qui fait sourire. Il y a des scènes attendrissantes et des scènes très dures. Les personnages sont deux personnes solitaires, dépassées par le monde qui les entoure, déroutés par la vie, et pourtant ils sont en plein dedans, vivent l’amour et la mort, les tracas de la vie comme les joies. En bref, Mary et Max est un film qui parle de l’amitié et de la vie avec tout ce qui la compose : la tristesse, la perte, la solitude, le bonheur, la colère… C’est un film à la fois plein de noirceur et de mélancolie, mais avec ses illuminations et surtout plein de poésie.