Des films en quelques mots (6)

Le blabla introductif est . Au programme, mes dernières sorties au cinéma. (La toute dernière datant d’hier soir, pour une fois, c’est du récent !)

The Salvation – Kristian Levring

Long métrage danois, britannique, sorti en 2014, avec Mads Mikkelsen, Eva Green, Jeffrey Dean Morgan…

Genre : Western, drame

Synospsis

1870, Amérique. Lorsque John tue le meurtrier de sa famille, il déclenche la fureur du chef de gang, Delarue. Trahi par sa communauté, lâche et corrompue, le paisible pionnier doit alors traquer seul les hors-la-loi.

Mon avis

John est un immigré danois, ancien soldat, qui s’est installé aux Etats Unis avec son frère. Après 10 ans en Amérique, il réussit enfin à faire venir sa femme et son fils restés au Danemark. Mais dans la diligence qui les ramène de la gare, deux hommes violents embarquent et tuent sa famille.

J’espérais voir un western contemporain, qui ajouterait quelque chose au genre, mais c’est resté assez banal, très classique. Les ressorts de l’intrigue sont ceux que l’on retrouve dans de nombreux western : un « grand méchant » oppresse une communauté qui lui obéit au doigt et à l’oeil, et se détourne de celui qui essaie de s’opposer à l’oppresseur. Le mécanisme de la vengeance crée d’assez belles scènes de combat et de fusillade, les images sont d’ailleurs belles, avec ce jeu sur la saturation. J’ai tout de même bien aimé, parce que j’aime bien le western de manière générale, mais ce n’est pas celui qui me restera le plus longtemps en mémoire. J’aurais aussi attendu un rôle plus important pour Eva Green. Mais son personnage, muet, a peu de présence. Autre point à souligner : je n’avais encore jamais vu de western où l’enjeu sous-jacent comme ici était l’exploitation du pétrole. C’est un thème nouveau pour moi, et un point positif à ajouter à ce film.

Les Combattants – Thomas Cailley

Long métrage français, sorti en 2014, avec Adèle Haenel, Kevin Azaïs, Antoine Laurent…

Genre : Comédie. Romance.

Synospsis

Entre ses potes et l’entreprise familiale, l’été d’Arnaud s’annonce tranquille… Tranquille jusqu’à sa rencontre avec Madeleine, aussi belle que cassante, bloc de muscles tendus et de prophéties catastrophiques. Il ne s’attend à rien ; elle se prépare au pire. Jusqu’où la suivre alors qu’elle ne lui a rien demandé ? C’est une histoire d’amour. Ou une histoire de survie. Ou les deux.

Mon avis

J’ai eu un sentiment très bizarre en tapant « Romance » dans la catégorie du genre pour ce film. Parce que c’est tellement loin des classiques et des clichés du genre que ça m’a presque paru inapproprié. Arnaud est un garçon pas très sûr de lui. Il vient de perdre son père et hésite à reprendre l’entreprise familiale avec son frère. Madeleine rêve d’intégrer les commandos pour s’entraîner à survivre à la fin du monde. Elle est du genre têtue et très déterminée, au point de boire du maquereau mixé le matin pour s’entraîner au test d’entrée dans les commandos. Arnaud trouve Madeleine fascinante et il va même s’inscrire à un stage à l’armée pour la suivre. Mais ça ne se passera pas comme ils le souhaitent. Romance ? un peu quand même. Mais je garde quand même de ce film les scènes absurdes de dialogues francs entre Madeleine et Arnaud – très drôle -, les scènes de caserne et de survie. La fin du film est étrange : elle marque un tournant dans le ton et ça en devient étrangement décalé. Une scène de la fin m’a cependant beaucoup marquée, alors que la fin du monde semble tangible, et c’est sûrement ce que je garderais de ce film.

Il faut aussi ajouter que l’actrice qui joue Madeleine est parfaite dans son rôle

Hippocrate – Thomas Lilti

Long métrage français, sorti en 2014, avec Vincent Lacoste, Reda Kateb, Jacques Gamblin…

Genre : Comédie dramatique

Synospsis

Benjamin va devenir un grand médecin, il en est certain. Mais pour son premier stage d’interne dans le service de son père, rien ne se passe comme prévu. La pratique se révèle plus rude que la théorie. La responsabilité est écrasante, son père est aux abonnés absents et son co-interne, Abdel, est un médecin étranger plus expérimenté que lui. Benjamin va se confronter brutalement à ses limites, à ses peurs, celles de ses patients, des familles, des médecins, et du personnel. Son initiation commence.

Mon avis

L’hôpital comme vous ne l’avez jamais vu – sauf si vous le fréquentez vous-même – ou en tous cas pas au cinéma ! On va suivre deux internes, Benjamin et Abdel qui travaillent dans le même service. Leurs patients, leurs difficultés, leurs erreurs, les problèmes qui sont ceux de l’hôpital aujourd’hui : manque de places, de moyens… Tout ce qui est raconté et montré a l’air très réaliste et spontané. C’est parfois drôle, touchant, même émouvant. C’est un bon film et je vous le conseille.

Pride – Matthew warchus

Long métrage britannique, sorti en 2014, avec Bill Nighy, Imelda Staunton, Paddy Considine…

Genre : Comédie, Drame.

Synospsis

Eté 1984 – Alors que Margaret Thatcher est au pouvoir, le Syndicat National des Mineurs vote la grève. Lors de leur marche à Londres, un groupe d’activistes gay et lesbien décide de récolter de l’argent pour venir en aide aux familles des mineurs. Mais l’Union Nationale des Mineurs semble embarrassée de recevoir leur aide. Le groupe d’activistes ne se décourage pas. Après avoir repéré un village minier au fin fond du pays de Galles, ils embarquent à bord d’un minibus pour aller remettre l’argent aux ouvriers en mains propres. Ainsi débute l’histoire extraordinaire de deux communautés que tout oppose qui s’unissent pour défendre la même cause.

Mon avis

J’aime beaucoup l’ambiance de ces films anglais engagés, ou en tous cas racontant une histoire d’engagement pour la défense de valeurs. C’est festif, coloré, plein de bonne humeur et on en sort ragaillardis. Certes, il y a aussi des passages dramatiques – évidemment -, c’est un peu cliché par moment, on retrouve des personnages très typés, voire stéréotypés. Pride n’est pas vraiment le film de l’année, mais j’ai apprécié le voir parce que l’ambiance est chouette, c’est drôle et le message est réconfortant.

Voilà :)

Dracula Untold – Gary Shore

Long métrage américain, sorti en 2014, avec Luke Evans, Sarah Gadon, Dominic Cooper

Genre : Action, Fantastique, Epouvante-Horreur

Synospsis

L’histoire débute en 1462. La Transylvanie vit une période de calme relatif sous le règne du prince Vlad III de Valachie et de son épouse bien-aimée Mirena. Ensemble, ils ont négocié la paix et la protection de leur peuple avec le puissant Empire ottoman dont la domination ne cesse de s’étendre en Europe de l’Est. Mais quand le sultan Mehmet II demande que 1000 jeunes hommes de Valachie, dont le propre fils de Vlad, Ingeras, soient arrachés à leur famille pour venir grossir les rangs de l’armée turque, le prince doit faire un choix : abandonner son fils au sultan, comme son père l’a fait avant lui, ou faire appel à une créature obscure pour combattre les Turcs et par là même assujettir son âme à la servitude éternelle. Vlad se rend au pic de la Dent Brisée où il rencontre un abject démon et conclut un accord faustien avec lui : il acquerra la force de 100 hommes, la rapidité d’une étoile filante et les pouvoirs nécessaires pour anéantir ses ennemis, en l’échange de quoi, il sera accablé d’une insatiable soif de sang humain. S’il parvient à y résister pendant trois jours, Vlad redeviendra lui-même, et sera à même de continuer à protéger et gouverner son peuple, mais s’il cède à la tentation, il entrera le monde des ténèbres pour le restant de ses jours, condamné à se nourrir de sang humain et à perdre et détruire tout ce et ceux qui lui sont chers.

Mon avis

Impossible de prendre au sérieux ce film. Vous me diriez avec une affiche et une bande annonce particulière, j’aurais pu m’en douter. Mais même avec ce genre de blockbusters, on peut s’attendre à passer un bon moment. Là il y a trop d’exagérations partout (la réalisation avec tous ces effets bien lourds, l’histoire, le jeu des personnages…) qui détruisent la crédibilité du film, et j’ai pas pu entrer dans l’histoire et la prendre au sérieux. Sans compter qu’il y a pour moi des faiblesses au niveau du scénario et que la fin tombe comme un cheveu dans la soupe, sans raison. Bref, c’est loin d’être le film que j’ai préféré aller voir au cinéma dernièrement. D’où ce commentaire : j’ai ri, sauf que ce n’était pas une comédie.

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Des films en quelques mots (5)

Le blabla introductif est . Au programme, les films que j’ai vu au cinéma depuis janvier sans avoir le temps de les chroniquer. Cet article a donc quatre mois de retard (mais vieux motard que jamais… euh mieux vaut tard que jamais, n’est-ce pas ?).

Vu le temps qu’il m’a fallu pour pondre cette article, vous m’excuserez, s’il vous plaît, du fait que mes avis soient encore plus courts que d’habitude et donc peu argumentés. Si vous souhaitez plus de détails n’hésitez pas à me le faire savoir. Merci pour votre indulgence. *s’incline* :)

Le vent se lève – Hayao Miyazaki

Affiche - Le vent se lèveLong métrage japonais, sorti en 2014, avec les voix de Hideaki Anno, Miori Takimoto, Hidetoshi Nishijima…

Genre : Animation. Drame.

Synopsis

Inspiré par le fameux concepteur d’avions Giovanni Caproni, Jiro rêve de voler et de dessiner de magnifiques avions. Mais sa mauvaise vue l’empêche de devenir pilote, et il se fait engager dans le département aéronautique d’une importante entreprise d’ingénierie en 1927. Son génie l’impose rapidement comme l’un des plus grands ingénieurs du monde. Le Vent se lève raconte une grande partie de sa vie et dépeint les événements historiques clés qui ont profondément influencé le cours de son existence, dont le séisme de Kanto en 1923, la Grande Dépression, l’épidémie de tuberculose et l’entrée en guerre du Japon. Jiro connaîtra l’amour avec Nahoko et l’amitié avec son collègue Honjo. Inventeur extraordinaire, il fera entrer l’aviation dans une ère nouvelle.

Mon avis

La vie de cet ingénieur se déroule dans ce Japon d’avant guerre. J’ai mis un peu de temps à me repérer dans cette époque (je ne savais pas quand ça avait lieu et ça m’a d’abord perturbée). La vision de ce Japon qui cherche à rattraper la modernité des pays occidentaux est aussi très intéressante. Le film est beau, lumineux ; il a aussi sa part d’ombre quand le rêve se transforme en cauchemar. J’en garde un souvenir marquant et doux, la poésie du quotidien, de l’amour, de la nature est sans cesse présente.

Voir l’avis de : La croisée des chemins

Only lovers left alive – Jim Jarmusch

Affiche - Only Lovers left aliveLong métrage allemand, britannique, sorti en 2014, avec Tom Hiddleston, Tilda Swinton, Mia Wasikowska…

Genre : Romance. Drame.

Synopsis

Dans les villes romantiques et désolées que sont Détroit et Tanger, Adam, un musicien underground, profondément déprimé par la tournure qu’ont prise les activités humaines, retrouve Eve, son amante, une femme endurante et énigmatique. Leur histoire d’amour dure depuis plusieurs siècles, mais leur idylle débauchée est bientôt perturbée par l’arrivée de la petite sœur d’Eve, aussi extravagante qu’incontrôlable. Ces deux êtres en marge, sages mais fragiles, peuvent-ils continuer à survivre dans un monde moderne qui s’effondre autour d’eux ?

Mon avis

J’adore ! La BO, l’ambiance, le parti pris sur ces créatures fantastiques, désabusées de ce monde qui tourne trop vite, les promenades en voiture dans Detroit désaffectée, cette histoire d’amour qui perdure à travers les âges, les souvenirs d’époques passées et dépassées, les grands noms cités comme des connaissances… J’ai savouré ce film.

12 years a slave – Steve McQueen

Affiche - 12 years a slaveLong métrage américain, sorti en 2014, avec Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Benedict Cumberbatch…

Genre : Drame. Historique.

Synopsis

Les États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession. Solomon Northup, jeune homme noir originaire de l’État de New York, est enlevé et vendu comme esclave. Face à la cruauté d’un propriétaire de plantation de coton, Solomon se bat pour rester en vie et garder sa dignité. Douze ans plus tard, il va croiser un abolitionniste canadien et cette rencontre va changer sa vie…

Mon avis

Encore un film que j’ai beaucoup aimé. je conserve le souvenir de beaucoup de violence, dans les actes et dans les propos. C’est en tous cas un film marquant sur l’esclavage.

Grand Budapest Hotel – Wes Anderson

Affiche - Grand Budapest HotelLong métrage américain, sorti en 2014, avec Ralph Fiennes, Tony Revolori, F. Murray Abraham…

Genre : Comédie. Drame.

Synopsis

Le film retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle. La recherche d’un tableau volé, oeuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au coeur de la vieille Europe en pleine mutation.

Mon avis

Un film très drôle qui m’a apporté une certaine fraîcheur (et pas seulement parce que ça se passe en hiver). Il y a un côté burlesque qui m’a beaucoup plu, contrebalancé par un propos sous-jacent plus sérieux. J’ai juste eu un peu de mal avec cette brochette d’acteurs connus qui ont de petits rôles (pourquoi ne pas laisser leur chance à des acteurs moins reconnus ?)

Il était une fois dans le Queens – Dito Montiel

Il était une fois dans le queens

Titre original : A Guide To Recognize Your Saints

Année de production : 2006. Long métrage américain.

Genre : Drame.

Réalisé par : Dito Montiel.

Avec : Robert Downey Jr., Rosario Dawson, Chazz Palminteri, Shia LaBeouf, Channing Tatum

Synopsis :

Après 15 ans d’absence, Dito retrouve le Queens, le quartier le plus violent de New York, pour faire face à son père, gravement malade. C’est dans ces rues où il a grandi, qu’il va retrouver ses anciens camarades – tout du moins ceux qui ne sont pas en prison ou morts assassinés – et son ancien amour d’enfance, Laurie. Dito va tenter de comprendre les événements tragiques survenus pendant l’été 1986 qui ont provoqué son départ précipité.

Mon avis

J’avoue que c’est le casting qui m’a donné envie de voir ce film, car je n’en avais jamais entendu parlé. Et pour cause, il n’est pas sorti en salle en France, mais directement en Dvd. Et ça m’a étonné de voir ces acteurs dans ce genre de film, habituée que j’étais à voir Robert Downey Jr. par exemple dans des grosses productions ou des block busters.

Le film est clairement autobiographique. Le personnage principal a le même nom que le réalisateur et ce dernier affirme lui-même s’être inspiré de sa propre histoire. Il raconte sa vie d’adolescent dans le Queens avec ses amis, entre zonage, histoires d’amour et rêves. C’est assez long, mais pas ennuyant pour autant. L’histoire sombre dans la violence, mais sans devenir noire. C’est une tragédie de la vie qui a marqué le personnage et qui a déterminé d’une certaine façon ce qu’il est devenu. Et cet évènement, il a besoin de s’en libérer, d’une manière ou d’une autre, en écrivant un livre ou en réalisant un film. Le spectateur est tout de suite prévenu par les personnages de ce qui va se passer : l’une annonce par exemple « tout le monde va m’abandonner » ou un autre « ça va se finir mal ». Il n’y a pas de surprise à ce niveau là et l’intérêt réside alors dans la tension qui croît, la violence verbale puis la violence des actes, le rôle de père ou le problème des amitiés conflictuelles.

Il était une fois dans le Queens est un bon film sous tous ses aspects : casting excellent, réalisation correcte, scénario solide. C’est dommage qu’il ne soit pas plus connu.

Brick – Rian Johnson

Affiche - Brick

Année de production : 2005. Long métrage américain.

Genre : Thriller. Drame.

Réalisé par : Rian Johnson

Avec : Joseph Gordon-Levitt, Nora Zehetner, Lukas Haas, Noah Fleiss, Emilie de Ravin, Matt O’Leary…

Synopsis :

Lycéen d’une intelligence hors norme, Brendan Frye est un garçon solitaire qui préfère se tenir à l’écart de ses camarades. Jusqu’au jour où son ex-petite amie, Emily, tente de reprendre contact avec lui, avant de disparaître. Toujours amoureux d’elle, Brendan se met en tête de la retrouver…

Mon avis

Film noir, Brick plante son décor dans un lycée banal des Etats Unis. Banal : pas tant que ça puisque les murs hauts et gris abritent une faune insolite et menaçante. Brendan, l’air intello et définitivement à part, déambule parmi les punks, drogués, dealers et bourgeois dévergondés pour retrouver son ex-petite amie, Emily. Obnubilé par cette idée fixe, tous les moyens seront bons pour lever le voile sur les activités d’Emily et les ennuis dans lesquels elle semble être tombée.

Ce film, c’est l’un des mes gros coups de coeur de l’été, quand on écume les rayons des loueurs pour trouver de quoi occuper les heures de grisailles de certaines semaines de vacances. Un peu alambiqué, mais astucieux, avec une noirceur soigneusement dosée, afin qu’elle ne laisse aucun personnage blanc comme neige, un rythme lent, mais fascinant, et une tension croissante qui demeure jusqu’à la dernière image.

Il bénéficie d’une belle brochette d’acteurs, pour interpréter des personnages étonnants. Il y a Brendan d’abord, incarné par Joseph Gordon-Levitt, très bon avec sa tignasse bouclée qui déborde devant les yeux. C’est un personnage à l’écart, solitaire, il n’aime pas les autres, ne voit pas l’intérêt de se mêler à eux. Il semble lucide sur la nature et la valeur de cette faune qui l’entoure et qu’il hait. Cette position lui aura couté l’amour d’Emily. Aussi, il n’hésite pas à se mêler au noyau dur du trafic de drogue qui a cours dans son lycée, à se lier avec ceux qui semblent régenter cette troupe d’âmes perdues, que sont les adolescents désoeuvrés. Il est obstiné et prêt à tout pour connaître le fin mot de l’histoire. Il y a aussi Laura, à l’innocente figure, qui semble s’être attachée à Brendan, mais qui cache bien son jeu. Ou encore Le Pin, tout en noir, avec sa canne au pommeau de canard qui dirige l’écoulement de ses stocks de drogue depuis la cave de la maison de ses parents, un genre de seigneur dans son milieu.

L’esthétique de ce film est atypique, investissant les routes désertes, les grands espaces du terrain de sport désert ou des parkings, et l’étroitesse d’une cabine téléphonique ou d’une allée de bibliothèque, s’amusant avec l’ombre et la lumière, des rituels étranges, fourmillant de petits détails au premier abord insignifiants.

C’était une découverte hasardeuse, mais finalement très heureuse et j’ai bien envie de me pencher avec attention sur la filmographie de ce réalisateur. Bientôt, peut-être ?

Inside Man – Spike Lee

Affiche - Inside man

Année de production : 2006. Long métrage américain

Genre : Policier. Thriller.

Réalisé par : Spike Lee

Avec : Denzel Washington, Jodie Foster, Clive Owen, Willem Dafoe, Chiwetel Ejiofor, Christopher Plummer…

Synopsis :

Ce devait être le hold-up parfait, le chef-d’oeuvre d’un génie du crime. Le décor : une grande banque de Manhattan. Les protagonistes : un commando masqué, cagoulé, lunetté et des dizaines d’otages affolés, contraints de revêtir la même combinaison passe-partout que les braqueurs. L’enjeu : la salle des coffres et ses trésors ? Ou un vieux secret dont seuls deux personnes connaissent l’importance. Aujourd’hui, confiné dans une cellule, le cerveau de la bande s’explique. Mais attention, chaque mot compte, et aucun indice ne vous sera livré au hasard. Prêts ? Ce matin-là, donc, quatre peintres en batiment franchissaient le seuil de la Manhattan Trust Bank…

Mon avis

Je suis assez partagée après le visionnage de ce film. D’un côté, l’action est très bien pensée, le scénario est brillant. De mon point de vue, le tout est bien joué et bien réalisé. D’ailleurs, si j’en dis peu sur ce qui se passe, c’est parce que le synopsis est suffisant pour se lancer dans le film. En dire plus serait en dire trop et vu le suspens, ce serait dommage.

En revanche, j’ai beaucoup de mal avec le pourquoi qui est révélé à la fin. On nous le vend façon dénonciation et révélation, alors qu’au milieu du film, ça paraît totalement hors de propos. Je veux dire, on est dans une histoire de braquage, c’est remarquablement intense et parce qu’on est dans la peau des flics on ne voit rien, on est pris dans l’intrigue, dans l’action et d’un coup, on balance un truc qui n’a rien à voir, alors que c’est pensé comme étant un déclencheur. L’enchaînement de cause à effet passe mal et ça gâche la fin du film.

Par contre, un autre point positif qu’il faut souligner, c’est qu’il y a peu de spectacle, ce qui est aussi intéressant. C’est une manière d’alimenter le suspens sans insister lourdement sur le musique ou des effets spéciaux. C’est plutôt une histoire de masques et d’illusions. Comme quoi, un scénario bien ficelé, s’il est accompagné d’une bonne mise en scène et joué par de bon acteur, suffit à faire un film satisfaisant. Pas besoin d’un travail énorme sur des effets superflus. Bien sûr, il reste juste un écueil, un point qu’il a manqué, mais le résultat global est suffisant.

Rendez-vous (The shop around the corner) – Ernst Lubitsch

Affiche - Rendez-vous

Année de production : 1940. Nationalité américaine.

Genre : Comédie. Romance

Réalisé par : Ernst Lubitsch

Avec : Margaret Sullavan, James Stewart, Frank Morgan,

Synopsis :

Allez dire à Alfred et Klara, vendeurs dans une maroquinerie de Budapest, qu’ils sont amoureux l’un de l’autre et ils vous prendront pour un fou. Ils vivent pourtant une véritable histoire d’amour, secrète et romantique. Les deux collègues entretiennent en effet une intense correspondance amoureuse, allant même jusqu’à ignorer qu’ils travaillent dans le même magasin.

Mon avis

On pourrait presque dire que le coup de la correspondance amoureuse entre deux personnes qui se haïssent en face à face est une intrigue vue, revue et de multiples fois corrigée (internet ayant ouvert de nouvelles possibilités grâce aux sites de rencontre). Mais ce film a été réalisé en 1940 (oui, il est en noir et blanc). Il n’en perd pas pour autant en fraîcheur et en – allez, j’ose le dire – en originalité. Rendez-vous, c’est un bonbon. C’est sucré, ça passe tout seul et ça se savoure – tout pour passer une soirée sympa ! C’est aussi très drôle – on ne se poile pas comme dans certains Very Bad Trip – mais on rigole bien et d’un rire amusé, enchanté, complice des tours qui se passent à l’écran. En plus des deux figures glamour du film, de nombreux personnages secondaires viennent ajouter du piment à l’intrigue pour nous amuser encore plus.

La jaquette du DVD ne paie pas de mine au premier abord (d’ailleurs sans le conseil d’une collègue, je l’aurais rangé sans jeter un œil à autre chose qu’à sa côte), mais il faut prendre la peine de s’y arrêter : le résultat est un petit bijou délicieux !

Whatever works – Woody Allen

Affiche - Whatever Works

Le tout, c’est que ça marche !

Année de production : 2009. Long métrage américain.

Genre : Comédie. Romance.

Réalisé par : Woody Allen.

Avec : Larry David, Evan Rachel Wood, Ed Begley Jr., Patricia Clarkson, Henry Cavill, Michael McKean…

Synopsis :

Boris Yellnikoff est un génie de la physique qui a raté son mariage, son prix Nobel et même son suicide. Désormais, ce brillant misanthrope vit seul, jusqu’au soir où une jeune fugueuse, Melody, se retrouve affamée et transie de froid devant sa porte. Boris lui accorde l’asile pour quelques nuits. Rapidement, Melody s’installe. Les commentaires cyniques de Boris n’entament pas sa joie de vivre et peu à peu, cet étrange couple apprend à cohabiter…

Mon avis

Mais Melody est plutôt jolie et des hommes séduisants tentent de l’approcher. De plus, sa mère vient lui rendre visite, s’incruste et n’apprécie que sa fille s’attache à un vieux monsieur acariâtre. Mais elle rencontre les amis de Boris… Bref, tout ça finit par tourner de manière totalement loufoque et je dois dire que j’ai beaucoup aimé. Il y a plein de rebondissements dans l’intrigue, de grands bouleversements, de petites drôleries et tout ça m’a bien détendu. Boris est vraiment le vieillard inquiet, mauvaise langue, avec ses petites habitudes à surtout ne pas changer sinon il est perdu – et bien souvent je plaignais Melody de devoir le supporter, elle est charmante, mais elle a tendance à adhérer à ses idées et ce n’est pas du tout le genre de caractère qui m’attire  – mais il est quand même lucide sur certains trucs. Par exemple, il est le seul à repérer les gens de la réalisation et ceux qui regarde le film. Une manière de rappeler que ce n’est que du cinéma. Un peu lourd comme procédé, mais amusant.

Ce n’est pas un des meilleurs de Woody Allen, mais il est léger et divertissant. Et puis le mot d’ordre de l’histoire, c’est que la situation a beau être des plus étranges, on s’en moque : whatever works ! le tout c’est que ça marche !

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  • Déjà vu :

Du même réalisateur : Manhattan (1979), Match Point (2005), Scoop (2006), Vicky Cristina Barcelona (2008), Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu (2010)