Des films en quelques mots (6)

Le blabla introductif est . Au programme, mes dernières sorties au cinéma. (La toute dernière datant d’hier soir, pour une fois, c’est du récent !)

The Salvation – Kristian Levring

Long métrage danois, britannique, sorti en 2014, avec Mads Mikkelsen, Eva Green, Jeffrey Dean Morgan…

Genre : Western, drame

Synospsis

1870, Amérique. Lorsque John tue le meurtrier de sa famille, il déclenche la fureur du chef de gang, Delarue. Trahi par sa communauté, lâche et corrompue, le paisible pionnier doit alors traquer seul les hors-la-loi.

Mon avis

John est un immigré danois, ancien soldat, qui s’est installé aux Etats Unis avec son frère. Après 10 ans en Amérique, il réussit enfin à faire venir sa femme et son fils restés au Danemark. Mais dans la diligence qui les ramène de la gare, deux hommes violents embarquent et tuent sa famille.

J’espérais voir un western contemporain, qui ajouterait quelque chose au genre, mais c’est resté assez banal, très classique. Les ressorts de l’intrigue sont ceux que l’on retrouve dans de nombreux western : un « grand méchant » oppresse une communauté qui lui obéit au doigt et à l’oeil, et se détourne de celui qui essaie de s’opposer à l’oppresseur. Le mécanisme de la vengeance crée d’assez belles scènes de combat et de fusillade, les images sont d’ailleurs belles, avec ce jeu sur la saturation. J’ai tout de même bien aimé, parce que j’aime bien le western de manière générale, mais ce n’est pas celui qui me restera le plus longtemps en mémoire. J’aurais aussi attendu un rôle plus important pour Eva Green. Mais son personnage, muet, a peu de présence. Autre point à souligner : je n’avais encore jamais vu de western où l’enjeu sous-jacent comme ici était l’exploitation du pétrole. C’est un thème nouveau pour moi, et un point positif à ajouter à ce film.

Les Combattants – Thomas Cailley

Long métrage français, sorti en 2014, avec Adèle Haenel, Kevin Azaïs, Antoine Laurent…

Genre : Comédie. Romance.

Synospsis

Entre ses potes et l’entreprise familiale, l’été d’Arnaud s’annonce tranquille… Tranquille jusqu’à sa rencontre avec Madeleine, aussi belle que cassante, bloc de muscles tendus et de prophéties catastrophiques. Il ne s’attend à rien ; elle se prépare au pire. Jusqu’où la suivre alors qu’elle ne lui a rien demandé ? C’est une histoire d’amour. Ou une histoire de survie. Ou les deux.

Mon avis

J’ai eu un sentiment très bizarre en tapant « Romance » dans la catégorie du genre pour ce film. Parce que c’est tellement loin des classiques et des clichés du genre que ça m’a presque paru inapproprié. Arnaud est un garçon pas très sûr de lui. Il vient de perdre son père et hésite à reprendre l’entreprise familiale avec son frère. Madeleine rêve d’intégrer les commandos pour s’entraîner à survivre à la fin du monde. Elle est du genre têtue et très déterminée, au point de boire du maquereau mixé le matin pour s’entraîner au test d’entrée dans les commandos. Arnaud trouve Madeleine fascinante et il va même s’inscrire à un stage à l’armée pour la suivre. Mais ça ne se passera pas comme ils le souhaitent. Romance ? un peu quand même. Mais je garde quand même de ce film les scènes absurdes de dialogues francs entre Madeleine et Arnaud – très drôle -, les scènes de caserne et de survie. La fin du film est étrange : elle marque un tournant dans le ton et ça en devient étrangement décalé. Une scène de la fin m’a cependant beaucoup marquée, alors que la fin du monde semble tangible, et c’est sûrement ce que je garderais de ce film.

Il faut aussi ajouter que l’actrice qui joue Madeleine est parfaite dans son rôle

Hippocrate – Thomas Lilti

Long métrage français, sorti en 2014, avec Vincent Lacoste, Reda Kateb, Jacques Gamblin…

Genre : Comédie dramatique

Synospsis

Benjamin va devenir un grand médecin, il en est certain. Mais pour son premier stage d’interne dans le service de son père, rien ne se passe comme prévu. La pratique se révèle plus rude que la théorie. La responsabilité est écrasante, son père est aux abonnés absents et son co-interne, Abdel, est un médecin étranger plus expérimenté que lui. Benjamin va se confronter brutalement à ses limites, à ses peurs, celles de ses patients, des familles, des médecins, et du personnel. Son initiation commence.

Mon avis

L’hôpital comme vous ne l’avez jamais vu – sauf si vous le fréquentez vous-même – ou en tous cas pas au cinéma ! On va suivre deux internes, Benjamin et Abdel qui travaillent dans le même service. Leurs patients, leurs difficultés, leurs erreurs, les problèmes qui sont ceux de l’hôpital aujourd’hui : manque de places, de moyens… Tout ce qui est raconté et montré a l’air très réaliste et spontané. C’est parfois drôle, touchant, même émouvant. C’est un bon film et je vous le conseille.

Pride – Matthew warchus

Long métrage britannique, sorti en 2014, avec Bill Nighy, Imelda Staunton, Paddy Considine…

Genre : Comédie, Drame.

Synospsis

Eté 1984 – Alors que Margaret Thatcher est au pouvoir, le Syndicat National des Mineurs vote la grève. Lors de leur marche à Londres, un groupe d’activistes gay et lesbien décide de récolter de l’argent pour venir en aide aux familles des mineurs. Mais l’Union Nationale des Mineurs semble embarrassée de recevoir leur aide. Le groupe d’activistes ne se décourage pas. Après avoir repéré un village minier au fin fond du pays de Galles, ils embarquent à bord d’un minibus pour aller remettre l’argent aux ouvriers en mains propres. Ainsi débute l’histoire extraordinaire de deux communautés que tout oppose qui s’unissent pour défendre la même cause.

Mon avis

J’aime beaucoup l’ambiance de ces films anglais engagés, ou en tous cas racontant une histoire d’engagement pour la défense de valeurs. C’est festif, coloré, plein de bonne humeur et on en sort ragaillardis. Certes, il y a aussi des passages dramatiques – évidemment -, c’est un peu cliché par moment, on retrouve des personnages très typés, voire stéréotypés. Pride n’est pas vraiment le film de l’année, mais j’ai apprécié le voir parce que l’ambiance est chouette, c’est drôle et le message est réconfortant.

Voilà :)

Dracula Untold – Gary Shore

Long métrage américain, sorti en 2014, avec Luke Evans, Sarah Gadon, Dominic Cooper

Genre : Action, Fantastique, Epouvante-Horreur

Synospsis

L’histoire débute en 1462. La Transylvanie vit une période de calme relatif sous le règne du prince Vlad III de Valachie et de son épouse bien-aimée Mirena. Ensemble, ils ont négocié la paix et la protection de leur peuple avec le puissant Empire ottoman dont la domination ne cesse de s’étendre en Europe de l’Est. Mais quand le sultan Mehmet II demande que 1000 jeunes hommes de Valachie, dont le propre fils de Vlad, Ingeras, soient arrachés à leur famille pour venir grossir les rangs de l’armée turque, le prince doit faire un choix : abandonner son fils au sultan, comme son père l’a fait avant lui, ou faire appel à une créature obscure pour combattre les Turcs et par là même assujettir son âme à la servitude éternelle. Vlad se rend au pic de la Dent Brisée où il rencontre un abject démon et conclut un accord faustien avec lui : il acquerra la force de 100 hommes, la rapidité d’une étoile filante et les pouvoirs nécessaires pour anéantir ses ennemis, en l’échange de quoi, il sera accablé d’une insatiable soif de sang humain. S’il parvient à y résister pendant trois jours, Vlad redeviendra lui-même, et sera à même de continuer à protéger et gouverner son peuple, mais s’il cède à la tentation, il entrera le monde des ténèbres pour le restant de ses jours, condamné à se nourrir de sang humain et à perdre et détruire tout ce et ceux qui lui sont chers.

Mon avis

Impossible de prendre au sérieux ce film. Vous me diriez avec une affiche et une bande annonce particulière, j’aurais pu m’en douter. Mais même avec ce genre de blockbusters, on peut s’attendre à passer un bon moment. Là il y a trop d’exagérations partout (la réalisation avec tous ces effets bien lourds, l’histoire, le jeu des personnages…) qui détruisent la crédibilité du film, et j’ai pas pu entrer dans l’histoire et la prendre au sérieux. Sans compter qu’il y a pour moi des faiblesses au niveau du scénario et que la fin tombe comme un cheveu dans la soupe, sans raison. Bref, c’est loin d’être le film que j’ai préféré aller voir au cinéma dernièrement. D’où ce commentaire : j’ai ri, sauf que ce n’était pas une comédie.

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Boy meets girl – Leos Carax

Affiche - Boy Meets Girl

Année de production : 1984. Long métrage français.

Genre : Drame. Romance.

Réalisé par : Léos Carax

Avec : Denis Lavant, Mireille Perrier, Carroll Brooks…

Synopsis :

Paris, la nuit, Bowie, Barbara, les métros, les ponts.

Une tentative de meurtre. Des trahisons.

Alex, Mireille.

Ils ne se connaissent pas encore.

Lui l’aime déjà.

Trop tard.

.

Mon avis

Parfois il y a des profs géniaux, des profs qui, dans leurs discours, distillent des idées, des exemples, des anecdotes, qui font sourire, s’impriment, donnent envie, s’oublient et finalement refont surface à des moments incongrus. Exposer l’anecdote qui amené l’un de mes profs à évoquer Boy Meets Girl serait un peu long, toujours est-il qu’il en a parlé et que quand je suis tombée sur le DVD, j’ai à peine hésité avant de la prendre et de le regarder. Ce prof est génial parce que, sans son évocation, je n’aurai jamais eu l’idée de voir ce film et malgré une petite appréhension préliminaire, je n’aurais pas été aussi éblouie par une telle histoire.

Boy meets Girl est le premier long métrage de Léos Carax. C’est aussi le premier de ses films que je visionne et il m’en reste une forte impression (même si je publie cet article des lustres après l’avoir vu).

Alex est trompé par Florence et son meilleur ami. Il déambule, seul, dans les rues de Paris et il hante son appartement dans le noir. Au cours d’une de ses marches, il surprend une conversation à l’interphone. Un homme dans la rue explique à une femme dans son appartement le problème avec ses sentiments. Mireille est dans une mauvaise passe avec Bernard. Celui-ci semble ne plus l’aimer. Alex suis Bernard, apprend qu’il est invité à une soirée avec Mireille. Il s’y rend lui aussi et rencontre Mireille. Une discussion longue, sur eux-mêmes et sur l’amour, les rapproche. Mais ils se séparent pour se rejoindre ensuite lors de retrouvailles tragiques.

En résumé, l’intrigue est simple, elle est si commune que de nombreuses œuvres ont été créées là-dessus. Elle tient dans le titre : un garçon rencontre une fille. Qu’est-ce qui fait alors de ce film en noir et blanc un film aussi fort et aussi particulier ?

Il y a des phrases qui ne laissent pas de marbre : « les rêves formidables la nuit, je n’ai jamais cherché à les réaliser juste à les refaire les nuits d’après ». Des obsessions, comme celle des premières fois et la carte de Paris où Alex les a toutes inscrites. Des objets, la tasse unique. Une salle remplie de bébés en pleurs. Un couple qui s’embrasse dans la rue tournoyant comme dans une boite à musique. Des rencontres fortuites, celle d’un garçon qui monologue dans le métro, ou celle du vieux monsieur muet qui fait une longue tirade sur les jeunes qui ne se parlent plus… Tant d’éléments qui, au delà de la banalité de l’histoire, peignent par petites touches d’étrangeté le film de tons poétiques et surréalistes.

Ca ne se veut pas romantique. Ou en tous cas pas d’un romantique guimauve. Les personnages sont plutôt désespérés. Ils parlent de leur mal de vivre, de leur dégout du monde, du souhait de laisser quelques chose derrière eux, du sentiment de leur vie en suspens.

En lisant des critiques de ci de là, sur le net, la Nouvelle Vague a beaucoup été évoquée comme ayant inspiré Boy meets Girl et son esthétique. Que Léos Carax se fasse héritier de Godard, Truffaut ou d’un autre réalisateur, je n’en doute pas. Cependant ma culture cinématographique n’est pas assez étendue à ce niveau pour que je puisse aussi l’affirmer et faire des comparaisons.

J’aime ce film pour la beauté des images et des dialogues, l’esthétique du noir et blanc, le charisme des deux acteurs principaux, les scènes étranges qui rehaussent l’apparente simplicité de cette histoire, la BO avec « Holiday in Cambodia » des Dead Kennedys, cette mise en scène où l’on sent que rien n’est laissé au hasard.

COUP DE COEUR

Les Bien-Aimés – Christophe Honoré

Année de production : 2011. Long métrage français.

Genre : Comédie dramatique

Réalisateur : Christophe Honoré

Acteurs : Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, Ludivine Sagnier, Louis Garrel, Milos Forman, Paul Schneider…

Synopsis :

Du Paris des sixties au Londres des années 2000, Madeleine, puis sa fille Véra vont et viennent autour des hommes qu’elles aiment. Mais toutes les époques ne permettent pas de vivre l’amour avec légèreté. Comment résister au temps qui passe et qui s’attaque à nos sentiments les plus profonds ?

Mon avis

Les Bien-Aimés est une comédie musicale sur les turpitudes amoureuses d’une mère et de sa fille des années 1960 à nos jours. Les chansons ne dénotent pas dans le cours du film et ce côté musical passe bien. Par contre, il dure 2 heures et 20 minutes ce qui le rend un peu long, alors qu’il a déjà tendance à s’éparpiller entre Londres, Paris et Prague.

Madeleine, par amour pour des chaussures, a commencé à faire occasionnellement le trottoir. Elle y rencontre Jaromil, un médecin tchèque faisant des recherches à Paris. Elle l’accompagne à Prague, l’épouse, met au monde leur fille et le quitte quand Jaromil se met à la tromper. Quelques années plus tard, Madeleine a épousé François, mais elle continue de voir Jaromil. Cette liaison se poursuit alors que Véra, leur fille, se plonge elle aussi dans des amours complexes entre un relation avec son collègue et une obsession pour un homosexuel américain. Ces histoires se mêlent, semblables, mais différentes, avec la deuxième partie du film qui m’a étourdie – on arrivait à la fin et je fatiguais, mais aussi parce que j’ai trouvé ces moments magnifiques et émouvants.

Chiara Mastroianni et Catherine Deneuve ou Ludivine Sagnier, au milieu de ces hommes, tracent leur chemin jusqu’à la fin du film, jusqu’au bout de leur drame. Chiara Mastroianni, en particulier, est fabuleuse dans osn rôle et la complexité de ses sentiments. Il faut aussi souligner la réalisation soignée de Christophe Honoré et des textes des chansons d’Alex Beaupin. Malgré quelques creux, ce film se déroule dans la finesse et la beauté des émotions.

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  • Source :

Fiche Allociné.

  • Déjà vu, déjà lu :

Du même réalisateur : Les chansons d’amour (2007), La Belle personne (2008)