Des films en quelques mots (5)

Le blabla introductif est . Au programme, les films que j’ai vu au cinéma depuis janvier sans avoir le temps de les chroniquer. Cet article a donc quatre mois de retard (mais vieux motard que jamais… euh mieux vaut tard que jamais, n’est-ce pas ?).

Vu le temps qu’il m’a fallu pour pondre cette article, vous m’excuserez, s’il vous plaît, du fait que mes avis soient encore plus courts que d’habitude et donc peu argumentés. Si vous souhaitez plus de détails n’hésitez pas à me le faire savoir. Merci pour votre indulgence. *s’incline* :)

Le vent se lève – Hayao Miyazaki

Affiche - Le vent se lèveLong métrage japonais, sorti en 2014, avec les voix de Hideaki Anno, Miori Takimoto, Hidetoshi Nishijima…

Genre : Animation. Drame.

Synopsis

Inspiré par le fameux concepteur d’avions Giovanni Caproni, Jiro rêve de voler et de dessiner de magnifiques avions. Mais sa mauvaise vue l’empêche de devenir pilote, et il se fait engager dans le département aéronautique d’une importante entreprise d’ingénierie en 1927. Son génie l’impose rapidement comme l’un des plus grands ingénieurs du monde. Le Vent se lève raconte une grande partie de sa vie et dépeint les événements historiques clés qui ont profondément influencé le cours de son existence, dont le séisme de Kanto en 1923, la Grande Dépression, l’épidémie de tuberculose et l’entrée en guerre du Japon. Jiro connaîtra l’amour avec Nahoko et l’amitié avec son collègue Honjo. Inventeur extraordinaire, il fera entrer l’aviation dans une ère nouvelle.

Mon avis

La vie de cet ingénieur se déroule dans ce Japon d’avant guerre. J’ai mis un peu de temps à me repérer dans cette époque (je ne savais pas quand ça avait lieu et ça m’a d’abord perturbée). La vision de ce Japon qui cherche à rattraper la modernité des pays occidentaux est aussi très intéressante. Le film est beau, lumineux ; il a aussi sa part d’ombre quand le rêve se transforme en cauchemar. J’en garde un souvenir marquant et doux, la poésie du quotidien, de l’amour, de la nature est sans cesse présente.

Voir l’avis de : La croisée des chemins

Only lovers left alive – Jim Jarmusch

Affiche - Only Lovers left aliveLong métrage allemand, britannique, sorti en 2014, avec Tom Hiddleston, Tilda Swinton, Mia Wasikowska…

Genre : Romance. Drame.

Synopsis

Dans les villes romantiques et désolées que sont Détroit et Tanger, Adam, un musicien underground, profondément déprimé par la tournure qu’ont prise les activités humaines, retrouve Eve, son amante, une femme endurante et énigmatique. Leur histoire d’amour dure depuis plusieurs siècles, mais leur idylle débauchée est bientôt perturbée par l’arrivée de la petite sœur d’Eve, aussi extravagante qu’incontrôlable. Ces deux êtres en marge, sages mais fragiles, peuvent-ils continuer à survivre dans un monde moderne qui s’effondre autour d’eux ?

Mon avis

J’adore ! La BO, l’ambiance, le parti pris sur ces créatures fantastiques, désabusées de ce monde qui tourne trop vite, les promenades en voiture dans Detroit désaffectée, cette histoire d’amour qui perdure à travers les âges, les souvenirs d’époques passées et dépassées, les grands noms cités comme des connaissances… J’ai savouré ce film.

12 years a slave – Steve McQueen

Affiche - 12 years a slaveLong métrage américain, sorti en 2014, avec Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Benedict Cumberbatch…

Genre : Drame. Historique.

Synopsis

Les États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession. Solomon Northup, jeune homme noir originaire de l’État de New York, est enlevé et vendu comme esclave. Face à la cruauté d’un propriétaire de plantation de coton, Solomon se bat pour rester en vie et garder sa dignité. Douze ans plus tard, il va croiser un abolitionniste canadien et cette rencontre va changer sa vie…

Mon avis

Encore un film que j’ai beaucoup aimé. je conserve le souvenir de beaucoup de violence, dans les actes et dans les propos. C’est en tous cas un film marquant sur l’esclavage.

Grand Budapest Hotel – Wes Anderson

Affiche - Grand Budapest HotelLong métrage américain, sorti en 2014, avec Ralph Fiennes, Tony Revolori, F. Murray Abraham…

Genre : Comédie. Drame.

Synopsis

Le film retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle. La recherche d’un tableau volé, oeuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au coeur de la vieille Europe en pleine mutation.

Mon avis

Un film très drôle qui m’a apporté une certaine fraîcheur (et pas seulement parce que ça se passe en hiver). Il y a un côté burlesque qui m’a beaucoup plu, contrebalancé par un propos sous-jacent plus sérieux. J’ai juste eu un peu de mal avec cette brochette d’acteurs connus qui ont de petits rôles (pourquoi ne pas laisser leur chance à des acteurs moins reconnus ?)

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Shokuzai – Kiyoshi Kurosawa

Affiche - Shokuzai

Année de production : 2012. Série japonaise (5 épisodes), diffusée sous la forme de deux films en France.

Genre : Drame.

Réalisé par : Kiyoshi Kurosawa.

Avec : Kyôko Koizumi, Hazuki Kimura, Yû Aoi, Eiko Koike, Sakura Ando, Ayumi Ito, Teruyuki Kagawa …

Synopsis :

Dans la cour d’école d’un paisible village japonais, quatre fillettes sont témoins du meurtre d’Emili, leur camarade de classe. Sous le choc, aucune n’est capable de se souvenir de l’assassin. Asako, la mère d’Emili, désespérée de savoir le coupable en liberté, convie les quatre enfants chez elle pour les mettre en garde : si elles ne se rappellent pas du visage du tueur, elles devront faire pénitence toute leur vie. Quinze ans après, que sont-elles devenues ? Sae et Maki veulent se souvenir. Akiko et Yuka veulent oublier. Et la mère d’Emili, que cherche-t-elle encore après tout ce temps ?

Mon avis

Cette série diffusée sous la forme de cinq épisodes au Japon a été diffusée en France sous la forme de deux films. Je les ai vus à leur sortie en salle, mais ai eu l’occasion de revoir la série depuis.

Tout commence un jour d’école. Emili vient de déménager, c’est une nouvelle élève. Son institutrice la présente au reste de la classe. Emili devient amie avec quatre autres filles : Sae, Maki, Akiko et Yuka. Elles jouent dans la cour, se rendent les unes chez les autres et puis c’est le drame. Alors qu’elles jouent au ballon sur un terrain non loin de l’école, un étranger les aborde. Il répare un ventilateur dans l’école, mais ne parvient pas à atteindre un endroit et demande l’aide au petit groupe. Il désigne Emili, qui malgré l’insistance des autres pour y aller toutes ensemble, le suit. Alors qu’elle tarde à revenir, les autres filles se rendent dans le gymnase pour chercher Emili, mais elles la découvrent morte.

Maki, la plus débrouillarde assigne un rôle à chacune : elle ira chercher un professeur pendant que Akiko et Yuka iront prévenir la mère d’Emili et la police. Sae reste sur les lieux.

La police enquête, mais les fillettes, seules témoins, sont incapables de décrire le meurtrier, choquées la mort de leur amie. Un jour, la mère d’Emili les réunit toutes chez elles pour les mettre en garde et les accuser : à cause d’elles, l’assassin d’Emili court toujours et elles devront expier leur faute toute leur vie.

Quinze ans plus tard, nous retrouvons les quatre filles. Elles vivent loin l’une de l’autre. Chacune a eu sa manière de gérer les chose et de vivre avec.

Sae travaille dans un institut. Elle est réservée et apeurée. Son corps a refusé de grandir. Pourtant, elle rencontre un homme lors d’un rendez-vous arrangé qui lui demande de l’épouser. Elle accepte, malgré ses manies bizarres, et se retrouvera prisonnière volontaire d’une vie cloitrée dans un grand appartement impersonnel.

Maki est devenue une institutrice rigoureuse. Marquée par ce qui est arrivée à Emili, elle est sévère envers les petites filles trop jolies. Elle pratique le Kendo, de l’escrime pratiquée avec un sabre, ce qui lui permet de se débarrasser d’un homme qui menace ses élèves à la piscine. Devenue une héroïne au sein de l’école, elle est vite dénigrée, jugée trop violente envers ses collègues et les enfants.

Akiko, après le meurtre d’Emili, a choisi de vivre comme un ours. Pas de belles robes pour elle, ni de maquillage, pas d’études ou de métier. Elle raconte son histoire à Asako, la mère d’Emili, qui vient lui rendre visite en prison où elle est enfermée pour avoir tué son frère.

Yuka est fleuriste. Manipulatrice, elle est capable de faire beaucoup de choses pour arriver à ses fins. Cela inclut séduire le mari de sa soeur, policier, parce qu’elle fantasme sur cette profession, et pour se venger de sa soeur qui, étant malade petite, a toujours eu toute l’attention de ses parents. Elle refuse la pénitence imposée par Asako, mais elle est la première à trouver un indice sur le meurtrier, en entendant sa voix à la radio.

Après la mort d’Emili, Asako a eu un autre enfant. Elle a poursuivi sa vie avec son mari et a déménagé. Sa vie croise de temps en temps celles des quatre amies de sa fille. Contactée par Yuka, elle poursuit l’enquête sur le meurtrier d’après les indications de la jeune femme. Celles-ci la mène dans une école dans la montagne et lui fait rencontrer un homme aimé et perdu de vue depuis des années, quitté dans des circonstances dramatiques.

Chaque histoire se termine de manière tragique. Cette période des quinze ans plus tard, contrairement  l’enfance insouciante et colorée, est terne et grise, délavée, fanée. Il y a une ambiance troublante, comme s’il y avait quelque chose de malsain, de tordu qui planait au dessus de chacune des femmes.Ces deux films ont/cette série a une puissante qui la rend angoissante. Les personnages sont rongés par la culpabilité, traumatisés, ou alors vivent dans un déni rebelle, mais pas moins dévastateur. La catastrophe initiale est envisagée à chaque épisode sous l’angle d’un personnage différent. Je trouve ces procédés brillants. Ils créent une tension qui accroche, qui émeut et qui angoisse. Chacune a sa propre manière de faire face au traumatisme, mais aucune n’est vraiment heureuse, aucune n’a une vie vraiment saine. J’ai vraiment accroché à cette histoire, cette esthétique et à cette ambiance névrotique de thriller couplé à un drame psychologique. Les actrices sont toutes très bonnes. Il est difficile de s’attacher à elles, notamment à cause de ce qu’elles sont : pas des personnages très positifs. Yuka, m’a été particulièrement antipathique, et l’histoire de Sae m’a paru être la plus effroyable et la plus malsaine. J’en frissonne encore.