Les Eveilleurs, 1. Salicande – Pauline Alphen

 

 

 

Pauline ALPHEN
Les Eveilleurs, 1. Salicande
Editions Hachette, 2010
516 pages

Présentation de l’éditeur

Dans une vallée isolée grandissent Claris et Jad. Ils sont jumeaux, se comprennent sans rien dire, et vivent dans  un univ ers où évoquer le passer est interdit. A Salicande en effet, personne ne parle des Temps d’Avant, pas plus que de leur mère, disparue mystérieusement. Que s’est-il produit ? Y a-t-il un lien avec ces dons mystérieux dans les enfants semblent avoir hérité ? Avec la Grande Catastrophe et l’effondrement de la civilisation des Temps d’Avant ?


Claris et Jad vivent à Salicande, une vallée isolée où une petite communauté s’est rassemblée après la Grande Catastrophe. Les jumeaux n’en ont pas bien conscience. Ils ont douze ans et sont pris dans leur quotidien : Claris apprend le maniement des armes, elle est dynamique, enjouée, et un peu frustrée de son rôle de fille, tandis que son frère, souffreteux et malade, se replie dans l’étude ou le soin de ses bonsaïs.

Et puis il y a des rencontres, les leçons de leur précepteur, la puberté, la découverte d’un jeu étonnant ou de lectures passionnantes, et ils se mettent doucement à évoluer, à changer de leur posture, Jad retrouve une activité physique, des amitiés se nouent, bref, ils avancent. Et en même temps, c’est la découverte pour le lecteur de Salicande, ses légendes, les autres peuples qui vivent à proximité et leurs particularités – le Peuple des arbres ou les Elémentaux -, et la découverte progressive des Temps d’Avant. On découvre ainsi que Salicande a été créée par le grand-père des jumeaux pour composer une société idéale, qui évitera à tous prix que ces Temps d’Avant se reproduisent. Alors même que les jumeaux commencent à développer des dons singuliers.

C’est compliqué à résumer, cette histoire, puisque nous sommes en présence d’un tome d’introduction et que doucement progressivement on va nous mener vers un élément perturbateur qui intervient à la fin. On se concentre plutôt sur les rencontres humaines, les rapports entre les deux frère et soeur qui doivent trouver un nouvel équilibre à leur relation, ou à celle qu’ils ont avec leur père. Par exemple, ils n’ont pas la même approche de la disparition de leur mère : Jad veut se souvenir d’elle et l’honorer, tandis que Claris redoute la douleur de l’abandon et refuse obstinément de seulement l’évoquer.

Cette manière de poser l’univers est intéressante. On découvre le fonctionnement de ce petit monde, les caractères de personnages, on suit leur apprentissage et nous en apprenons de fait plus sur ce qui les attend. Mais il m’a semblé que le changement était trop subtil et je finissais par avoir envie qu’il se passe vraiment quelque chose (et pas juste des querelles insignifiantes). Je trouve que l’histoire est bien amenée, l’auteure a créé un climat agréable dans son livre – Salicande serait presque une utopie, sans quelques grains de sables – et tout le monde a tendance à vivre dans le bonheur et l’insouciance. Ce qui n’est pas un problème en soi.

Ce qui est un problème, c’est qu’on nous le rabâche pendant 400 pages. Ça a plutôt eu un effet overdose sur moi, et j’ai regretté que cela s’étale autant. Mais la fin change tout, évidemment, relance l’intérêt pour l’intrigue et se paye un bon cliffhanger  qui m’a laissée à demi hurlant dans mon siège – à demi seulement parce que j’étais en train, un TGV quoi – : où est la suite ?!

Salicande est un tome d’introduction qui fait bien son boulot – et c’est un bon point pour Pauline Alphen – et qui prend le temps de le faire. Je n’ose pas cataloguer ce roman dans un quelconque genre, de peur d’en dire trop ou même de me planter. De ce point de vue, je suis très curieuse de savoir ce que l’auteure nous réserve. J’ai seulement éprouvé quelque longueur qui fait passer ce roman de « très bonne lecture » à « bonne lecture mais *baillement* il était temps que quelque chose se passe ! » Je pense donc continuer cette série, maintenant qu’elle est bien lancée.

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Journal d’une princesse, tome 1 – Meg Cabot

Couverture - Journal d'une princesse

Meg CABOT

Journal d’une princesse, Tome 1

(traduit par Josette Chicheportiche)

Editions Hachette, 2012

306 pages.

Présentation de l’éditeur

A 14 ans bientôt 15, Mia est une ado new-yorkaise comme les autres. Elle va au collège, a une meilleure amie, est secrètement amoureuse et déteste le maths. Tout semble donc parfaitement normal. Jusqu’au jour où Mia apprend que son père est en réalité le prince d’une petite royauté au bord de la Mer Méditerranée, qu’elle est donc une princesse, et que sa vie va devoir changer. Voilà Mia obligée de faire ses premiers pas de princesse héritière… Bonjour les dégâts !

Mon avis

J’avais un peu peur au début, que ça soit très girly. Ou du moins plus que ce que je peux d’ordinaire supporter. Ca m’a fait cet effet quand j’ai vu la couverture du livre, en allant l’emprunter à la bibliothèque. Je l’ai pris quand même parce qu’il était dans le Baby challenge jeunesse et parce que je me suis dit qu’au moins, il se lirait vite.

Bon, c’est vrai que ça se lit vite, mais c’est surtout très sympa et c’est moins un roman girly finalement, qu’un roman ado.

Mia est au lycée. Sa mère lui a donné un journal pour qu’elle y écrive « le fond de sa pensée », ce qu’elle ne dit pas à haute voix. Elle raconte alors son problème avec les maths, les manies de sa meilleure amie Lilly, fille de psychiatre qui passe son temps à critiquer son manque d’affirmation. Elle parle aussi de sa mère, artiste, qui sort depuis peu avec son prof de maths, et puis de son père qui vit en Europe, fait de la politique et a de nombreuses petites amies. Elle évoque bien sûr Josh Ritcher, le garçon de terminal le plus sexy du lycée, et sa petite amie Lana Weinberger (c’est fou comme les américains tiennent autant aux noms de famille), et puis son avis sur le fonctionnement de l’agroalimentaire – d’ailleurs elle est végétarienne – et son rêve de travailler pour Green Peace. Et puis, son père débarque un jour pour lui annoncer qu’il est un prince, que sa grand-mère est un princesse douairière et qu’elle-même est une princesse. Le choc. Mia doit d’abord batailler pour lui faire admettre qu’elle poursuivra sa scolarité dans son lycée avec ses amis, amis à qui bien-sûr elle ne dit pas un mot de tout ce qui lui arrive. Puis ce sont les cours de maintien et de bonnes manières dispensés par la redoutable grand-mère. Jusqu’au jour où la vérité éclate dans les journaux et que le monde entier – et surtout ses amis et collègues du lycée – apprennent son statut princier et la richesse personnelle de son père.

Ce que j’aime beaucoup c’est que le style ressemble beaucoup à celui d’un journal : les conversations ne sont pas toujours retranscrites en discours direct et il y a parfois des petites notes sur des bonnes résolutions à tenir ou des choses à faire. Après ce qui est assez étonnant, c’est que ce premier tome se déroule sur un laps de temps assez court : à peine un mois pour 300 pages. Il est vrai que Mia a des choses à raconter et qu’elle le fait avec énergie et fougue, décidant de s’affirmer une bonne fois pour toute. Les expressions du « langage adolescent », pour bien nous faire comprendre que Mia n’est pas adulte, foisonnent un peu trop. Les « C’est vrai quoi ! » et autres phrases du genre copient certes un langage parlé semblable à celui que parlerait Mia si elle existait, mais ça devient lourd à la longue.

Journal d’une princesse reste toutefois un roman drôle et plaisant, qui doit plaire à un public jeune, même si je ne pense pas me lancer dans le reste de la série : je n’ai pas particulièrement d’affinités pour ce genre d’histoires.

Lu pour le Baby Challenge jeunesse.