Sérum, Saison 1, épisode 1 – Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza

Henri LOEVENBRUCK et Fabrice MAZZA

Sérum, Saison 1, épisode 1

Editions J’ai lu, 2012

181 pages

Présentation de l’éditeur

1773 : Mesmer invente l’hypnose.

1886 : Freud invente la psychanalyse.

2012 : Draken invente le sérum.

Une injection.

Sept minutes pour accéder au subconscient profond d’Emily Scott.

Un carnet pour décrypter ses visions fantasmagoriques.

Quelques jours pour empêcher le pire.

Mais quand les morts suspectes se multiplient, le NYPD se pose une question : Arthur Draken est-il un psychiatre de génie ou un dangereux criminel ?


Lola Gallagher, détective de police, enquête sur l’agression d’une jeune femme devenue amnésique après qu’on lui a tiré dans la tête. La jeune femme, qui se fait appeler Emily Scott, était poursuivie et s’est adressée à des caméras de surveillance en parlant de machination et d’enlèvement. Lola peine à trouver des informations sur Emily – celle-ci n’a pas d’empreintes digitales – et elle se tourne vers la psychologie et un de ses amis qui est psychiatre pour aider Emily  à se souvenir.

Le suspens est créé dès le début du roman. En effet, dès la première page, on est projeté dans un flash forward/un saut en avant/une prolepse, qui montre très clairement que la situation exposée dans ce roman va dégénérer et s’aggraver. Le tout va être de savoir de quelle manière et si le personnage qui a du sang sur les mains est coupable de quelque chose ou pas.

A l’enquête sur la vie d’Emily, s’ajoute des passages sur la vie personnelle de Lola, des chapitres centrés sur le personnage de Draken, le psychiatre, et d’autres sur les mystérieux agresseurs d’Emily.

Sérum est conçu comme une série TV. Ce premier tome ou épisode est comme un épisode introductif d’une série thriller. J’ai d’ailleurs hésité avant de chroniquer ce premier épisode, me demandant si j’avais assez de matière – mais étant donné que je risque soit de ne pas lire la suite avant un certain temps, soit de lire mais de ne pas chroniquer la série en cours de route, je m’y suis mise. Pardonnez-donc la légèreté de ce billet.

Sérum est une série qui a eu du succès au moment de sa sortie (il suffit de voir le nombre de chroniques publiées sur la fiche Livraddict du premier tome). C’est aussi une « série évènement » augmentée et interactive. En effet, des QR Codes disséminés dans les différents chapitres permettent d’accéder à des contenus différents (musique ou vidéo pour lire en étant d’autant plus plongé dans l’ambiance). Je n’ai pas pu accéder à ces contenus (la fille qui vit très bien sans smartphone), mais le concept en lui-même est très intéressant. Il y a aussi un site-web dédié à la série qui permet de pénétrer dans l’univers : www.serum-online.com. Henri Loevenbruck est d’ailleurs familier du procédé puisqu’il avait créé un site similaire avec son roman thriller ésotérique Le Mystère Fulcanelli.

Au delà de tout ça, ce fut une lecture rapide, efficace. Je suis curieuse de voir se qui va se passer ensuite. J’aime le côté thriller mêlé à cette invention dangereuse qu’est le Sérum et j’ai bien envie de connaître le fin mot de l’histoire.

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Chien du heaume – Justine Niogret

Couverture - Chien du heaume

Justine NIOGRET

Chien du heaume

Editions J’ai lu, 2011

222 pages

Collection Fantasy

Présentation de l’éditeur

Chien du heaume, un surnom gagné au prix du sang et de la sueur par celle qui ne possède plus rien que sa hache, dont elle destine la lame à ceux qui lui ont pris son nom. Mais en attendant de pouvoir leur sortir les viscères, elle loue son bras et sa rage au plus offrant, guerrière parmi les guerriers, tueuse parmi les loups. De bien curieuses rencontres l’attendent au castel de Broe où l’hiver l’a cloîtrée : Regehir, le forgeron à la gueule cassée, Iynge à la voix plus douce que les moeurs, le chevalier Sanglier et sa cruelle épouse de dix printemps. Au terme de sa quête, Chien trouvera-t-elle la vengeance, la rédemption ou… autre chose ?


 Je ne sais que la voix du fer, de la tempête et des cris des hommes.

J’ai eu le grand plaisir en début d’année de relire ce roman. Je reste encore subjuguée par ce style, cette originalité et cette histoire qui s’apparente d’une certaine manière aux mythes médiévaux et aux chansons de geste. (Je prends le temps de faire un parenthèse : j’ai eu il y a quelques années des cours sur la littérature du Moyen Age. Le prof était super intéressant et drôle, mais c’était il y a trop longtemps pour que j’en garde un souvenir précis. Je m’excuse donc par avance des inexactitude que je pourrais écrire ici).

Voici un roman plutôt étrange. Court et surtout inclassable de mon point de vue. En lisant le résumé et le nom de la collection, on peut penser que c’est de la fantasy ou même un roman historique. Mais il n’y a pas vraiment d’évocation de faits historiquement avérés et on n’est pas non plus dans un monde inventé, où cohabiteraient hommes, elfes, nains et autres créatures de magie.

Lors de ma première lecture, je me souviens d’être restée perplexe en lisant les premières pages : je ne savais pas trop ou j’atterrissais. Cela ne m’a pas déplu et j’ai continué, d’autant plus que le style de l’auteur m’intriguait. Je trouve la performance remarquable dans la mesure où on n’est plus dans un langage du XXIème, mais dans quelque chose qui sonnerait comme le ton de l’époque : tournures de phrase qui peuvent sembler soutenues, mais seulement parce que ce n’est plus vraiment utilisé de nos jours, mots d’ancien ou moyen français (enfin, je suppose : mes connaissances en la matière sont limitées !). Ça sonne archaïque et pourtant ça reste fluide. Et comme je prends toujours plaisir à lire un style qui se distingue des autres, j’ai poursuivi.

L’intrigue n’est pas uniforme, dans Chien du heaume. La quête de l’identité du personnage est un point de départ et semble être un prétexte à l’auteur pour nous faire découvrir plein de personnages, et d’anecdotes un peu épisodiques, mais qui trouvent leurs places dans un schéma plus global. De fait, le roman se déroule sur plusieurs années.

Ce que je retiens cependant, c’est l’ambiance de violence et de brutalité qui s’y développe. Et c’est d’un réalisme saisissant. Il est loin l’amour courtois ! Les chevaliers ne sont pas surnommés « Sanglier », « Salamandre » ou « Chien » pour rien ! Leur bestialité apparaît sans équivoque. Ce sont des brutes, des combattants rudes, sans vraie beauté. Notre héroïne elle-même est grasse, pas jolie, avec le museau « aussi noir que les bêtes ». Mais c’est une mercenaire et avec sa hache, elle devient redoutable. Mais ça ne les empêche pas de rêver, d’aimer qu’on leur conte des histoires, de se plonger dans la mélancolie et de tenir des discours d’une remarquable profondeur.

« Chien, qui n’avait souvenance de rien de son petit âge, revit pourtant, dans les brumes de son bol, une vieille image réveillée par la maladie, la fatigue, les songes de guerre et l’aveu du meurtre de son père. Et cette image était celle d’une falaise, d’une falaise qui éventrait, toute couleur d’herbes, d’algues et de rocs. Elle balafrait une lande dévorée par les vents, et Chien du heaume se souvint que c’était cette blessure qui donnait  forme à la terre, qui lui serinait ses frontières grises, que, sans elle, la lande n’aurait été qu’un lieu sans limites et sans fin, balayée de toutes les bourrasques que l’océan aurait su lui jeter au corps. Cette terre était tout  comme la mercenaire, c’était leur manque et leur plaie qui les définissait. »

Si le contexte est indéterminé, et le genre incertain, il ne faut pas oublier que le roman possède par moment un aspect onirique, un peu comme des contes, des fables ou des légendes qui seraient racontées au coin du feu. C’est d’ailleurs ainsi que le roman est introduit. Le narrateur s’adresse directement à son audience pour lui souffler à l’oreille un ou deux secret de son personnage.

Cette lecture est très agréable. Il faut souligner que l’auteur s’y connait en terme de Moyen Age, de pièces d’armurerie, de chevalerie. Elle nous offre un tableau étonnant de cette période. Ses personnages son fascinants, loin des lieux communs que l’on retrouve régulièrement en littérature.

Vous voulez une autre preuve de sa qualité ? Ce roman a été récompensé de quelques prix : le Prix Imaginales 2010 du roman francophone ; le Grand Prix de l’Imaginaire du festival Étonnants Voyageurs 2010 pour les romans francophones ; et le Prix Oriande 2010 du roman de féérie.

Je conseille ce roman sans aucune retenue. Si ce que j’ai pu écrire plus haut vous intrigue ne serait-ce qu’un petit peu, laissez-vous tenter, vous ne serez pas déçu !

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Le Cycle des robots, 1. Les robots, Isaac Asimov

Couverture - Les Robots

Isaac ASIMOV

Le Cycle des robots, 1. Les Robots/I, Robot

Editions J’ai Lu, 2004

318 pages

Collection Science Fiction

Présentation de l’éditeur

Susan Calvin est robopsychologue à l’United States Robots, Inc. Née en 1982, elle a aujourd’hui 75 ans. Ce livre relate ses souvenirs sur l’évolution du robot dans l’histoire humaine, depuis Robbie qui, en 1996, fut vendu comme bonne d’enfants, jusqu’à Byerley qui devint Président de la Fédération Mondiale terrestre en 2044.

A travers ces récits, on voit comment le robot, d’abord esclave soumis à l’homme, parvint peu à peu à être son égal, avant de devenir son maître. Les souvenirs du Dr Calvin forment un livre au charme désuet qui fait revivre l’aube du XXIè siècle, époque où l’homme existait encore indépendamment de son compagnon de métal, le robot.


Les Trois Lois de la robotique

Première Loi : Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger.

Deuxième Loi : Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi.

Troisième Loi : Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n’est pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi.

Ce premier tome du Cycle des robots regroupe neuf nouvelles écrites depuis 1940 par l’auteur, et rassemblées ici par un fil directeur. Un journaliste vient s’entretenir avec Susan Calvin, robopsychologue dans la plus grande entreprise de fabrication de robots, pour qu’elle lui partage ses expériences et surtout revienne sur l’histoire des robots et leur évolution. Depuis Robbie, robots nounou sans paroles, jusqu’aux Machines qui contrôlent l’économie, nous allons découvrir les évolutions effectuées dans le domaine de la robotique, et surtout la psychologie des robots déterminée par les Trois lois de la robotique.

Les nouvelles présentent donc des problèmes liés aux robots : déraillement à cause de l’interprétation des Trois lois, désobéissance car le robot, mené par sa propre logique, ne reconnait pas les humains, imparfaits et inférieurs, comme ses maîtres, le robot télépathe qui va mentir pour ne pas blesser moralement des humains, leur disant ce qu’ils veulent entendre… Et il m’a fallu peu de temps pour comprendre pourquoi Isaac Asimov reste un auteur de science-fiction incontournable et visionnaire. Son univers est cohérent et apparaît comme la suite logique du monde réel. Les sujets de réflexion sont multiples et intéressants. Il y a aussi de la part de l’auteur la volonté de s’éloigner du mythe de la créature de Frankenstein, et de dédiaboliser la science et les robots, comme il l’exprime dans la préface.

J’y mettrai un seul bémol : l’aspect parfois fastidieux de ce qui concerne la technique. L’auteur entre souvent dans des descriptions ou des explications très détaillées. Cet aspect scientifique m’a fait décroché par moments, parce que je l’ai trouvé difficile à suivre.

Malgré la couverture, il ne faut pas s’attendre à y trouver un lien évident avec le film qui s’est inspiré du cycle des robots, I, Robot de Alex Proyas. Il n’empêche de que c’est un livre très intéressant et que je le recommande chaudement à celles et ceux qui aiment la SF. Ce classique est très abordable et il vaut vraiment le coup d’être lu.

XXe siècleDécennie 1950 – Littérature étrangère

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Martyrs, tome 1 – Oliver Peru

Couverture - Martyrs 1

Oliver PERU

Martyrs, tome 1

Editions J’ai lu, 2013

694 pages

Présentation de l’éditeur

Irmine et Helbrand, deux frères assassins descendant d’un ancien peuple guerrier, vivent dans les ombres de la plus grande cité du royaume de Palerkan. Alors qu’ils se croient à l’abri des persécutions dont ont souffert leurs ancêtres, leur passé sanglant les rattrape, sous les traits d’un borgne qui semble nourrir pour eux de sombres projets. Et tandis que la guerre menace d’embraser le monde, que les puissants tissent de noires alliances, ils vont devoir choisir un camp. Leur martyre ne fait que commencer…

Mon avis

Intrigues politiques entre puissants, révolutions, rébellions clandestines… c’est dans ce contexte qu’Irmine et Helbrand vont se retrouver, bien malgré eux et à leurs risques et périls. Eux qui voulaient continuer à vivre discrètement tout en poursuivant leur métier d’assassins, ils sont engagés par l’intendant de la cité dans laquelle ils vivent pour une mission bien particulière : protéger Kassis Yrasen, la dame de la cité, qu’on a tenté d’assassiner, et démasquer ceux qui l’ont commandité. Les voilà au milieu d’une multitude de complots dont ils ne pourront qu’être des victimes.

Ce roman très dense et long nous offre un univers et une intrigue de fantasy assez classique, mais aussi très riche. Le monde dans lequel nous nous trouvons est très bien développé et présenté dans son entier : histoire du royaume, de la dynastie, géographie, politique, destins individuels qui sont devenus des légendes, et éléments fantastiques, avec la présence de ces fantômes qui hantent certaines villes ou maison, et les capacités surhumaines de ce peuple décimé, les Aserkers. Ajoutez à cela deux religions en conflit, une prophétie qui voit venir sa proche réalisation et le tout laisse son lecteur avec les yeux qui brillent d’émerveillement devant une telle richesse et une telle complexité.

L’intrigue est imprévisible et nous laisse, sur la fin, entre ébahissement et stupeur (je peux pas dire pourquoi sinon ça spoilerait tout, mais je trouve ce dernier twist remarquablement bien utilisé !). Oliver Peru me semble être un auteur qui sait comment travailler ses personnages pour les présenter entiers à son lecteur, avec leurs qualités, leurs défauts, leur humanité pleine, leurs motivations, leur psychologie, sans être seulement dépendant de leur aspect physique (même si cela joue beaucoup, notamment pour le roi, un homme énorme et gras, dont le portrait est lui aussi saisissant). Tous sont remarquables et bien individualisés afin que le lecteur se fasse sa propre opinion à leur sujet.

J’ai eu du mal avec la relation amoureuse qui nait entre deux personnages (mais j’ai du mal avec la romance de manière générale, alors quand ce n’est qu’une part de l’intrigue dans une histoire beaucoup plus complexe et qu’elle est aussi appuyée qu’elle l’est là, ça a eu du mal à passer).

Le livre est un bel objet, entre la couverture, les illustrations entre les chapitres ou à l’intérieur des rabats de la couverture, en noir et blanc ou en couleurs. Je n’ai pas eu de chance avec mon exemplaire, qui a subi une qualité d’impression assez déplorable, et me suis retrouvée à lire avec des taches d’encre sur les pages, ce qui n’est pas très agréable. Ceci est bien sûr un détail, mais ça reste dommage d’avoir de la mauvaise qualité, et il fallait le souligner.

Le style de l’auteur n’est pas spécialement beau, mais il est fluide et efficace. C’est la première fois que je retiens une insulte dans un roman de fantasy tellement la tournure m’a marquée (« Foutrechien d’outre à merde ! » – tellement poétique ! ^^). Mention spéciale pour les scènes de combats et d’action, très bien écrites dans le sens où on nous livre moult détails sans que ça soit lourd, et qu’on ressente au contraire un grande fluidité dans les gestes des combattants. Cela colle parfaitement aux personnages d’assassins doués et implacables que sont les deux héros.

Je me suis régalée avec cette lecture, mais comme c’était très dense, il m’a fallu passer à un livre plus léger et d’un genre différent pour la digérer. Je conseille donc ce roman, qui laisse présager d’une suite très prometteuse.

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Les futurs mystères de Paris, 2. Les ravisseurs quantiques – Roland C. Wagner

Couverture - Les ravisseurs quantiques

Roland C. WAGNER

Les futurs mystères de Paris, 2. Les ravisseurs quantiques

suivi de La réveil du parasite

Editions J’ai lu, 2009

187 pages

Collection Science-Fiction

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Présentation de l’éditeur

Le talent de transparence est un avantage certain pour un détective privé. Sauf lorsque votre employeur vous oublie au moment du règlement des honoraires, ou que votre copine oblitère votre existence… C’est donc affublé de son borsalino vert fluo pour le voyant que Temple Sacré de l’Aube Radieuse – appelez-le Tem – mène l’enquête. Il doit cette fois retrouver une jeune fille kidnappée par une secte de copistes. Mission simple en apparence, mais qui se complique dès lors que son chemin croise celui d’un chien jaune ravisseur quantique, de la pierre philosophale et d’agents du KGB polymorphes… Tem peut heureusement compter sur sa fidèle Gloria, l’Intelligence Artificielle anarchiste !

Mon avis

Tem, notre détective au talent de transparence, enquête malgré lui – pour effacer une dette qu’il a envers un ami – sur la disparition d’une jeune fille enrôlée par une secte copiste. Cela lui semble d’abord simple : il lui suffit de se procurer l’adresse de la secte et de la visiter incognito. Une stratégie très facile pour un transparent comme lui. Mais les activités de la secte lui paraissent très rapidement suspectes. Non seulement le guru lobotomise les gens sans laisser de traces (comprendre de cicatrices chirurgicales), mais en plus il se sert de la psychosphère pour y parvenir. La psychosphère est cet inconscient collectif que les millénaristes ont découvert après la Grande Terreur primitive. On en savait très peu sur ces choses étranges que sont la Grande Terreur primitive, ou la psychosphère ou les enfants de millénaristes possédant des Talents. Dans ce deuxième tome, Tem en découvre plus sur le sujet et c’est beaucoup plus évoqué qu’au début des aventures de Tem.

Le guru attaque Tem dans la psychosphère pour prendre possession de son libre arbitre, et alors qu’il tente de fuir, Tem se retrouve dans une autre dimension. Il découvre une autre version de la Terre dans laquelle se sont les soviétiques qui ont remporté la Guerre froide et dans laquelle le communisme a pris le pas sur le capitalisme. Les agents du KGB peuvent se transformer en animaux monstrueux. Là, Tem retrouve un Acidulé (comprendre un drogué au LSD portant des couleurs voyantes, de son monde) devenu révolutionnaire au sein de la Terre soviétique. Il lui faut trouver le chemin du retour, tout en échappant aux molosses du KGB. Il pourra compter sur l’aide de Gloria, son amie fidèle et intelligence artificielle anarchiste, et les explications d’un étrange chien jaune qui se dit être un ravisseur quantique, venu pour réparer les failles dans la psychosphère, faille qui permettait de passer du monde de Tem à celui de la Terre des soviets, tout ça pour retrouver la pierre philosophale !

Encore une fois, ça a l’air délirant, mais finalement totalement cohérent dans le monde de Tem et selon l’univers de Roland C. Wagner.

L’enquête policière a l’air classique – enlèvement, disparition – mais rien que la nature de la secte complique la chose. L’auteur aime bien parler des sectes et de leurs dangers et d’une certaine manière de leurs absurdités (voir notamment la nouvelle S’il n’était vivant qui suit le premier tome La balle du néant). Il s’amuse aussi avec les genres et construit une dystopie communiste à la 1984 d’Orwell.

Bref, j’adhère totalement à l’univers de l’auteur. J’ai moins aimé ce volet des Futurs Mystères de Paris que le premier, mais c’est peut-être du à son format plus court et au fait qu’il y a encore plus de choses loufoques dans ce second tome.

ABC thriller polars

Druide – Olivier Peru

Couverture - Druide

Olivier PERU

Druide

Editions J’ai lu, 2012

602 pages

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Présentation de l’éditeur

Les druides règnent sur une forêt primordiale et sacrée sise au coeur du monde. Détenteurs d’une sagesse millénaire, ils sont les gardiens du Pacte Ancien, dont le respect garantit la paix entre les peuples. Mais un crime de sang d’une violence inouïe met en péril le fragile échiquier politique des royaumes du Nord. Le druide Obrigan, aidé de ses deux apprentis, ne dispose que de vingt et uns jours, pas un de plus, pour élucider les circonstances du drame, faute de quoi une guerre totale éclatera. Et tandis que le compte à rebours tourne, chaque lune apporte son lot de nouveaux cadavres, l’entraînant toujours plus loin dans l’horreur…

Mon avis

Un massacre a été commis à la forteresse de Wishneight réputée imprenable, presque sans bruit, mais avec une effroyable sauvagerie. Obrigan, druide de l’ordre des Loups, est chargé par les sages de la Porte Nord de la Forêt d’aller enquêter, sur une demande du commandant de la forteresse. Les druides, gardiens et seigneurs de la Forêt, inviolable pour les simples hommes, ont le don, cette faculté qui développent les sens et leur permet de se lier avec des animaux. Ils sont aussi les gardiens d’une certaine tradition et du Pacte qui oblige les hommes à respecter les druides et leur demeure. C’est au nom du Pacte et pour mettre à profit cette faculté si particulière qu’Obrigan se rend à Wishneight. Mais l’horreur qu’il y découvre est bien pire que ce qu’il avait imaginé. La sauvagerie et les corps mutilés lui font craindre l’intervention d’une créature cruelle inconnue jusqu’alors. L’ultimatum posé par le roi Yllias accroit l’urgence qu’il y a de démasquer l’assassin : dans vingt et un jours, à moins qu’Obrigan ne lui apporte la preuve du contraire, le roi du Sonrygar ouvrira un nouveau conflit contre son voisin et ennemi de toujours, le Rahimir, qu’il pense responsable du massacre. Voulant éviter à tout prix les ravages d’une nouvelle guerre, Obrigan se presse vers la forêt pour consulter des documents lui rappelant les crimes commis, mais il s’aperçoit qu’il est suivi. Et des créatures d’ombres aux yeux dorés se faufilent le long de son chemin…

Au départ, on se croirait dans un simple polar, qui se transforme vite en un thriller un poil angoissant. Mais c’est sans oublier la richesse de l’univers de fantasy développé ici, avec sa mythologie, ses croyances, son Histoire, et ses créatures cauchemardesques. L’intrigue est dense et complexe. Nous suivons tantôt Obrigan, tantôt ses apprentis, Kesher et Tobias, ou encore Jarekson le prince défiguré du Rahimir, menteur et manipulateur, et Arkentia, la jeune druidesse de l’ordre des Ombres qui a perçu un danger au delà du mur du Rôdeur, à l’est, dans cette terre empoisonnée, que les druides ont la charge de garder. Chacun a sa propre vision de la guerre à venir et court avec la cité des druides un danger imminent. Le mystère est épais, malgré les nombreuses hypothèses soulevées, et ce n’est qu’à la toute fin que l’on découvrira vraiment qui est derrière les meurtres de Wishneight et les attaques contre la Forêt.

L’immersion dans ce roman est progressive mais finalement totale. Au coeur de l’action, il est très dur de s’en détacher, tellement l’intrigue est dense et prenante. L’auteur aborde une multitude de thèmes intéressants – les croyances, l’Histoire et la manière dont elle est raconté, l’oubli, l’humanité même et son côté bestial, la guerre, la paix, le mensonge, la remise en cause de certitudes… oui la liste est longue – tout en faisant passer son roman par différents genres : j’en ai déjà parlé, ça commence comme un polar avec un enquête sur un crime énigmatique, ça vire au thriller angoissant avec le jeu de cache cache auxquels les monstres se livrent, ça se termine en roman de guerre, tout en passant un moment par de la dark fantasy (définition). Tout en restant dans de la pure fantasy, je l’ai déjà dit aussi.

Enfin, je recommande vivement ce roman à tout ceux qui aiment bien les mondes imaginaires, les histoires de secrets et de mensonges, l’action, et à ceux qui ne craignent pas le gore (les crimes horribles sont décrits avec précision et sans prendre de gants, et ils sont vraiment horribles !). J’ajouterai simplement que l’auteur est très sympa, il m’a fait une jolie dédicace à mon exemplaire de Druide, et a pris le temps de bavarder deux minutes, et rien que pour ça, je prendrai grand plaisir à lire ses autres livres !

Druide a remporté le Prix Révélation des Futuriales en 2011 et le Prix Imaginales des lycéens en 2013.

Lu pour le Baby Challenge Fantasy

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