Sans forme – Gail Carriger

Gail CARRIGER

Une Aventure d’Alexia Tarabotti, Le protectorat de l’ombrelle, 2. Sans forme

(Traduit par Sylvie Denis)

Editions Orbit, 2011

318 pages

Présentation de l’éditeur

Un jour qu’elle se réveille de sa sieste, s’attendant à trouver son époux gentiment endormi à ses côtés comme tout loup-garou qui se respecte, elle le découvre hurlant à s’en faire exploser les poumons. Puis il disparaît sans explication… laissant Alexia seule aux prises avec un régiment de soldats non-humains, une pléthore de fantômes exorcisés, et une reine Victoria qui n’est point amusée du tout.

Mais Alexia est toujours armée de sa fidèle ombrelle et des dernières tendances à la mode, sans oublier un arsenal de civilités cinglantes. Et même quand ses investigations pour retrouver pour retrouver son incontrôlable mari la conduisent en Ecosse, le repère des gilets les plus laids du monde, elle est prête !


Alexia, devenue Lady Maccon, la comtesse de Woolsey, a plus d’obligations que jamais. Auprès de son mari, auprès de la meute dont elle fait désormais partie, auprès de la Reine en tant que mujah par sa condition paranaturelle, sans compter son amie Ivy qui a un faible pour les chapeaux monstrueux et un certain comédien porte-clés de la meute, ou encore sa soeur Félicité, confiée à sa garde pour son plus grand malheur.

Alexia se retrouve cette fois-ci à enquêter sur un phénomène étrange qui empêche les surnaturels, vampires et loups-garous, de prendre leur véritable forme, et qui exorcise les fantômes dans un périmètre bien délimité. Arme ? Maladie ? Elle est chargée de démêler tout cela et d’empêcher que cela se reproduise. Elle tente aussi de suivre son mari alors que celui-ci enquête de son côté ou se rend en Ecosse pour des obligations familiales sans lui en parler.

On retrouve des éléments du premier tome, entre le langage haut en couleur d’Alexia, sa relation avec Connall, entre sarcasme, dispute et amour fou (charnel ou pas). Le Steampunk est toujours bien présent, entre un voyage en dirigeable, un appareil de transmission de message très particuliers, l’étherographe, et la présence d’un nouveau personnage intriguant, une inventrice française qui s’habille avec un pantalon (ce qui choque la bonne société anglaise, même Alexia et son sens du bon goût). L’aspect scientifique est tout de même moins présent.

Ce second tome se déroule donc entre action, enquête et intrigue plus intime. J’ai passé un aussi bon moment, peut-être même meilleur, qu’avec Sans âme, le premier tome, et si quelques points m’ont moins plu, ce ne sont pas le même que ceux que j’avais soulevés dans le premier tome. Certaines révélations sont notamment un peu trop évidente, mais j’ai trouvé ce second tome plus intéressant dans l’ensemble. On va par exemple connaître des éléments du passé de Connall Maccon, puis en savoir plus sur les paranaturels, et puis l’intrigue va se terminer sur un cliffhanger qui m’a laissée sur le c*l.

C’est une très bonne suite de saga. Je me suis régalée en le lisant, riant à de nombreuses reprises aux réparties piquantes des personnages ou à leurs réflexions coquasses. Je me suis facilement immergée dans l’histoire, le tout pour mon grand plaisir !

A lire donc, si vous avec lu Sans âme, sans plus attendre !

ABC Imaginaire 2015 v2

Warbreaker – Brandon Sanderson

Couverture - Warbreaker

Brandon SANDERSON

Warbreaker

(traduit de l’anglais par Mélanie Frazi)

Editions Orbit, 2012

547 pages

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Présentation de l’éditeur

Voici l’histoire de deux sœurs, Vivenna et Siri.

L’histoire du Dieu-Roi que l’une d’entre elles doit épouser, et de Chanteflamme, un autre Dieu qui n’aime pas son travail. Celle aussi de Vasher, un immortel qui tente de réparer les erreurs qu’il a jadis commises, et de Saignenuit, sa mystérieuse épée. Dans leur monde, celui qui meurt auréolé de gloire devient un dieu. Il vit dans le panthéon de la cité d’Hallandren, et utilise la magie biochromatique, la magie du Souffle. Un Souffle qu’on ne peut récupérer qu’une fois, sur un individu à la fois.

Mon avis

J’ai vu plein de critiques extrêmement positives sur ce roman, c’est d’ailleurs ce qui m’a incité à me lancer dans ces 547 pages avec un certain enthousiasme. Mais je pense que nous n’avons pas lu le même roman. J’ai vite déchanté, et ces 547 pages, je les ai senties passer.

Avant d’aller dans les détails, voici mon sentiment global : le monde créé par l’auteur est très intéressant, les personnages sont – pour une majeur partie – charismatiques, mais l’histoire est longue et m’a profondément ennuyée.

Maintenant que cela est posé, développons chacun des points.

Dans le monde qui nous est présenté, chaque personne possède un Souffle. Ce Souffle permet d’éveiller des objets. Cet Eveil est facilité selon le niveau d’élévation des éveilleurs. Par ailleurs, plus la quantité de Souffle est importante, plus les éveilleurs distingueront les couleurs avec précisions. La chose est bien évidemment plus complexe quand on en vient à parler des Sans-vie (des cadavres éveillés) et des Rappelés. Ces derniers sont morts de manière héroïque et ont été ramenés à la vie (comment ? On l’ignore). A Hallandren, ils deviennent des dieux. En tant que dieu, un nom, une couleur et une fonction leur sont attribués. Ils vivent alors à la Cour des dieux, là où vit également le Dieu-Roi, une vie de plaisir et de luxe, avec leurs prêtres et leurs serviteurs, bien qu’ils puissent être sollicités pour prendre des décisions politiques.

Dans ce monde, le peuple Hallandren est en conflit avec Idris, une nation indépendante, gouverné par la famille royale, celle qui régnait sur Hallandren avant qu’une guerre – la Guerre des Myriades – les fasse fuir. Mais la paix est maintenue tant bien que mal grâce à un traité : il est prévu que la fille du roi épouse le Dieu-Roi.

Je suis toujours émerveillée par ce que peut produire l’imagination des auteurs. C’est ici un monde inédit, nouveau, et totalement cohérent. C’est ce qui m’a le plus plu dans ce roman : le monde mis en place et que l’on découvre petit à petit, sans que de grandes questions restent sans réponse. De manière générale, les personnages sont assez ignorants sur le monde qu’ils habitent et nous découvrons les réponses à leurs questions en même temps qu’eux. Et puis, toutes ces couleurs…

Parmi les personnages principaux, nous avons Siri. Elle est la plus jeune princesse idrienne. Elle est donc de son point de vue insignifiante en comparaison avec son aînée, Vivenna, qui a été élevée dans le but de devenir la femme du Dieu-Roi hallandren. Quand leur père en décide autrement, elles sont toutes les deux chamboulées. Siri est envoyée à la Cour des dieux, où elle va découvrir les splendeurs de la ville et son étrange mari. Vivenna rejoint Hallandren clandestinement. Dépossédée de sa fonction d’épouse du Dieu-Roi, rôle pour lequel on l’a préparée toute sa vie, elle se retrouve sans repère. Elle préfère affronter la grande ville bruyante et colorée pour sortir sa soeur des griffes de la Cour des Dieux, plutôt que de patienter chez elle. Autant j’ai bien aimé Siri, autant Vivenna m’a rapidement gonflée. Mais je pense que c’est dans la nature même de chaque personnage. Siri est vive, spontanée, Vivenna est froide, dévote, et accrochée à ses préjugés. Je me lassais rapidement des chapitres où elle apparaissait et attendait avec impatience de pouvoir suivre Siri de nouveau.

Il y a aussi les deux personnages masculin, Vasher qu’on découvre surtout à la fin de roman, et Chanteflamme, le dieu qui fait tout pour nier sa divinité. Chanteflamme m’a beaucoup plu. Il fait tout pour paraître stupide, mais il évolue de manière intéressante et il est plutôt drôle. Vasher est plus effacé et même s’il a un rôle capital, il est surtout révélé à travers les yeux des autres personnages.

Malgré mon appréciation globalement positive des personnages, je n’ai pas réussi à être intéressée par l’intrigue. Tout se passe très lentement. Il y a peu d’action, les rebondissements se font attendre. A aucun moment je n’ai été véritablement happée par la lecture et il m’en reste une impression plutôt déçue. Je n’ai pas non plus trouvé le style extraordinaire. En tous cas, il ne s’est pas distingué d’une manière ou d’un autre. Même si la fin a débloquée pas mal de choses et a amené l’action qui me manquait jusqu’alors, c’était loin de rattraper l’ennui provoqué par les chapitres précédents – comme je l’espérais. Il m’a fallu trois semaines pour lire ce roman (les pages se tournaient tellement lentement !) et je regrette d’y avoir passé autant de temps.

Lu pour le Baby Challenge Fantasy.

big-challenge-2014