Mjöllnir – Oliver Peru et Pierre-Denis Goux

Couverture - Mjöllnir 1Couverture - Mjöllnir 2

Oliver PERU et Pierre-Denis GOUX

Mjöllnir

1. La Marteau et l’enclume

2. Ragnarök

Editions Soleil, 2013

2 volumes (série terminée)

Collection celtique. Légendes nordiques

Présentation de l’éditeur

Même au sommet d’une montagne, un nain reste un nain, dit-on souvent. Loin des étoiles, près de la terre… les petits hommes regardent le monde en levant les yeux. Mais parfois, il en est parmi eux qui deviennent des géants.

Combien d’histoires du Nord devenues légendes chantent la vérité ? Combien racontent que des petits hommes ont défait des grands ? Même au sommet d’une montagne, un nain reste un nain, dit-on souvent. Loin des étoiles, près de la terre… les petits hommes regardent le monde en levant les yeux. Mais, parfois, il en est parmi eux qui deviennent des géants. Combien de légendes parlent de ceux-là ? Aucune… jusqu’à ce jour. Aucune jusqu’à Mjöllnir.


 Thor est un nain. Il quitte son village pour mener une expédition contre des humains qui ont capturé certains des siens pour les faire combattre dans une arène. L’expédition ne se déroule pas bien, ils doivent combattre et Thor sauve les siens en faisant appel à un pouvoir qu’il ignorait posséder : celui de la foudre. C’est alors l’ébullition : les sages de son village le prennent pour un dieu et des hommes envoient des émissaires pour le rencontrer et l’éliminer.

Oliver Peru et Pierre-Denis Goux revisitent la légende de Thor et certains mythes nordiques, comme Odin, Loki, les Walkyries ou encore les dragons, en replaçant tous ces personnages dans un monde de fantasy avec des nains, des hommes et des elfes. Cette reprise est assez originale et faite intelligemment. Thor est un nain normal, qui n’aspire qu’à vivre une vie paisible avec sa famille dans son village, mais les évènements en décident autrement. C’est la loi de son peuple qui l’oblige à mener une attaque contre les hommes pour libérer les siens des arènes et c’est Mjollnir, le marteau légendaire, qui se rappelle à lui et déchaîne ses ennemis contre lui.

Cette série est courte – deux tomes seulement – mais cela est suffisant pour explorer la légende de Thor le nain qui possède les pouvoirs du dieu et celle de Mjöllnir. J’ai bien aimé la fin et n’ai ressenti aucune frustration, plutôt satisfaite de toute cette histoire.

Le gros point positif de cette histoire, c’est le graphisme. Le dessin de Pierre-Denis Goux est magnifique. Il a fait prendre vie aux créatures légendaires et fantastiques. Je pense notamment aux images du dragon ou aux croquis qui complètent l’édition du tome 1 que j’ai eu entre les mains.

(Image trouvée là)

Je n’ai pas trouvé les images que je voulais, mais je vous autorise et vous recommande d’aller soigneusement observer les couvertures des deux tomes, ça vous donne une idée du chef d’œuvre.

Je reprends la rédaction de chroniques après pratiquement un mois sans pratiquer et je peine un peu à développer un avis plus argumenté sur cette série. Toutefois, je vous encourage à vous faire votre propre avis en allant feuilleter en librairie ou en allant l’emprunter en bibliothèque (comme moi). J’ai beaucoup aimé avoir un aperçu des légendes nordiques – en dehors des histoires de superhéros de Thor Loki etc. en version film ou comic, je connais peu. Si la reprise dans un monde de fantasy peut paraître un peu facile – c’est l’effet que ça m’a fait au début parce que je venais de lire La nuit des elfes de Jean-Louis Fetjaine qui adapte la légende arthurienne dans un monde de fantasy. Mais sinon, j’en garde depuis ma lecture un très bon souvenir. Et je vais suivre le parcours du dessinateur, parce que ses dessins m’ont définitivement tapé dans l’oeil

100255191_o

 

Publicités

Elfes, 2. L’honneur des Elfes sylvains – Nicolas Jarry et Gianluca Maconi

Nicolas JARRY et Gianluca MACONI

Elfes, 2. L’honneur des Elfes sylvains

Editions Soleil, 2013

56 pages

Présentation de l’éditeur

Les Elfes sylvains se sont retirés du monde et préservent jalousement leur indépendance et leurs lieux sacrés. Quiconque pénètre sur leur territoire devient une proie…

Eysine, Cité-Etat de l’Est, a toujours vécu dans le respect des anciennes lois liant les Elfes et les Hommes. Pourtant, quand une puissante armée de mercenaires Orks assiège le royaume, Llali, la fille du roi de la cité, décide de rappeler aux Elfes le traité qui autrefois liait leurs deux races.

Le récit est celui de deux peuples qui ont oublié leur passé commun… Il est aussi celui d’un Elfe et d’une femme qui portent en eux le pouvoir de faire renaître ce passé.


Ce deuxième tome de la série Elfes nous emmène à la rencontre d’un second peuple : les Elfes sylvains. Cette évidence posée ( le titre est suffisamment explicite à ce sujet ^^), qu’ont-ils de différents des Elfes bleus ? Les Elfes sylvains ont autrefois combattus aux côtés des hommes contre un ennemi commun. Mais les hommes ont changé. Les druides, qui leur permettaient d’avoir un lien avec la nature et de la comprendre à la manière des elfes, ont disparus. Les Elfes se sont retirés dans leurs forêts et en ont interdit les accès aux hommes.

Les cités avec lesquelles ils avaient d’anciennes alliances se déchirent. Eysine est attaquée par des cohortes de monstres, commandités par des marchands voulant s’approprier sa seule richesse : le contrôle d’un détroit. Llali, la fille du roi, fait une sortie désespérée, les anciennes histoires en tête, pour chercher de l’aide auprès des Elfes. Elle rencontre Yfass, un Elfe plus jeune que les autres qui voit en elle ressurgir un pouvoir ancien, et comprend sa demande.

L’action débute in medias res, et la situation est expliquée par quelques flash back. Ce procédé rend les choses un peu confuses, le temps de le remettre dans l’ordre, puis l’intrigue va se dérouler, linéaire, suivant ses péripéties. Comme pour le premier tome de la série, tout cela se déroule en un seul tome. Cette contrainte est bien gérée et permet d’avoir une histoire complète, de son début jusqu’à son dénouement, tout en lui donnant des antécédents historiques. La frustration du one-shot est encore présente, ce gout de précipité et un peu d’inachevé. Cela n’empêche pas cette histoire d’être complète, passionnante, et de se trouver surprenante par son contenu sous-jacent : tolérance et respect, façon fable écologique. Tout cela reste assez diffus, et donc ce n’est pas une morale qu’on cherche à matraquer au lecteur.

Il m’aura fallu un peu de temps pour m’habituer aux dessins, mais très vite, j’ai admiré les paysage et je me suis attachée aux personnages.

Cet album se trouve bien dans le prolongement lancé par Jean-Luc Istin avec le premier tome : Le Crystal des Elfes bleus. Un nouveau peuple, une nouvelle intrigue, les mêmes grands thèmes, la même esthétique et la même construction d’intrigue. Tout cela fait un merveilleux travail, de quoi enchanter les lecteurs amateurs de BD et de fantasy.

100255191_o

Zombies, Cycle 1 – Oliver Peru, Sophian Cholet, Simon Champelovier

Oliver PERU, Sophian CHOLET, Simon CHAMPELOVIER

& Lucio Alberto LEONI

Zombies

Editions Soleil, 2010

4 tomes (série en cours)

Collection anticipation

Présentation de l’éditeur

Dans un futur proche, la quasi-totalité de la population mondiale s’est transformée en zombies. Les rares personnes ayant survécu à la fin du monde civilisé essaient à présent d’échapper aux morts-vivants qui les traquent. Parmi ces individus, Sam Coleman tente de retrouver sa fille Stacy, piégée dans ce qu’il reste de Seattle aux États-Unis.


Je n’avais pas encore pris le temps de faire un article sur ce blog à propos de cette série que j’aime beaucoup. Mais, maintenant, il est temps !

Je n’ai pas d’affection particulière pour l’horreur apocalyptico-zombiesque (par exemple, Walking Dead : pas lu, pas vu), mais on m’avait parlé de cette série, et puis c’était peu de temps après ma lecture de Druide, donc voir le nom de Peru sur la couverture, ça m’a attirée.

Résultat : j’aime beaucoup cette série. Le schéma de base est assez classique : une épidémie qui transforme les gens en zombies par morsure, des survivants qui essaient, eh bien, de survivre et de reconstruire dans un endroit sûr un bout de civilisation. Le premier tome se concentre sur le personnage de Sam Coleman, homme banal et un peu minable avant l’épidémie, qui s’est endurci pour affronter les zombies et retrouver sa fille. Dans les ruines de Seattle, il rencontre Josh, un jeune garçon et le prend sous son aile, apportant un peu de légèreté dans son existence. Puis ils se joignent à une caravane, un groupe de gens qui se sont organisés pour survivre sous la direction de Serge Lapointe, un ancien acteur de série B, devenu un leader charismatique. Il va bien sûr se passer des tas de choses, avec la mise en parallèle d’autres groupes de survivants qui vont tous tester différentes solutions pour repousser les zombies, et qui vont chercher à comprendre quelle est l’origine de l’épidémie. Et puis l’horreur va évidemment crescendo (le troisième tome m’a mise dans tous mes états), le pire n’étant pas forcément le fruit des zombies, mais bien sûr celui de l’humain dans toute sa splendeur ! (l’usage du mot « splendeur » est bien évidemment à prendre avec ironie).

Nous avons là une intrigue centrée sur l’humain, avec de nombreux personnages intéressants, attachants et étonnants. Il y a bien sûr la problématique de la survie, du fait de vivre en groupe, entre la réaction aux horreurs et l’injonction de résister pour vivre.

Ces trois premiers tomes disposent d’un dessin agréable – c’est difficile de le qualifier de beauté, quand ça montre surtout de la chair en décomposition – qui colle bien à l’ambiance et aux caractères des personnages.

La série dispose également d’un tome 0, qui revient sur les débuts de la contamination à travers ce qu’a vécu le personnage de Serge, et qui va expliquer une partie de ce qu’il est devenu. L’intrigue est un préquel à l’histoire centrale, mais à part le personnage de Serge, elle a peu de liens avec ce qui suit, et il est donc possible de le lire après les trois premiers tomes. C’est d’ailleurs ce que je recommanderais, puisqu’il est aussi plus agréable de découvrir un personnage brut de pomme pour ensuite avoir les explications sur son histoire. Avoir ces explications avant, ça a moins de charme.

Ces quatre tomes correspondent à un cycle 1, qui se terminent par des découvertes et des tournants importants, annonçant un cycle 2 très prometteur !

En conclusion, si vous aimez l’apocalypse, les zombies, la mise à mal des conventions sociales humaines par la catastrophe qui révèle alors le meilleur des hommes tout comme le pire, lisez cette série, vous ne serez pas déçus !