Des BD en bref #4

Hey ! Ce soir, je poursuis mon « défi » calendrier de l’avent (1 chronique par jour), que j’ai déjà bien foiré, entre un « oubli », un weekend de promenade sans aucune connexion internet (et un évident manque de temps pour rédiger quoi que ce soit en avance), et dernièrement un « syndrome de la page blanche » version blog (je me suis mis un peu la pression pour chroniquer un certain recueil de nouvelles, et j’ai juste bloqué dessus pendant des lustres). Et donc, ce soir, je n’avait curieusement aucune envie de me prendre la tête avec une chronique « classique ». J’ai donc préféré la version allégée que je fait pour les BD (d’autant plus que j’ai passé l’après-midi à grenouiller avec un revisionnage de Captain America entrecoupé de vidéo Youtube (volatilité et procrastination…) Résultat : je n’ai RIEN fait ! (et je suis toujours à 1/2 heure de la fin du film alors que je l’ai commencé vers 14h) Mes vacances commencent bien…

Le blabla est fini. Sachez seulement que toutes ces BD ont été chroniquées sur ma chaîne Youtube. Encore une fois, on est plutôt sur de la BD ‘jeunesse’ ou ‘grand public’. Mais c’est une sélection de ce que j’ai préféré ces dernières semaines.

Dans la forêt sombre et mystérieuse – Winshluss

Editions Gallimard, 2016.

Angelo, jeune apprenti aventurier féru de zoologie, prend la route en famille pour rendre visite à sa mémé géniale qui est très malade. Mais sur l’aire d’autoroute où ils s’arrêtent, ses parents l’oublient et repartent sans lui ! Terrorisé, Angelo décide de couper à travers la forêt, où il se perd tout à fait… Sa rencontre avec de fascinantes créatures – de la luciole obèse à l’ogre terrifiant – vont faire de son singulier périple une aventure fantastique.

J’ai découvert, après l’avoir lu, que cet album vient de remporter la pépite d’or au Salon de la littérature et la presse jeunesse (celui de Montreuil donc). Et comme je le comprend ! On y suit Angelo qui, sur la route pour se rendre chez sa mémé, coincé entre sa petite soeur bébé et son grand frère bâte comme ses pieds, est oublié au bord de la route. Et pressé de les retrouver, il va prendre les chemins de traverse, à travers la forêt sombre et mystérieuse. Il va y croiser un certain nombre de créatures, plus ou moins dangereuses, et vivre de folles aventures. J’aime beaucoup ce dynamisme, cet humour, qui change de la BD jeunesse habituelle. Et l’album a beau être épais, on tourne les pages sans s’en rendre compte. Le dessin ne plaira peut-être pas à tout le monde, mais ne vous laissez pas avoir par ces considérations ! Cet album est un petit bijou !

Découvrez quelques extraits.

Fantômes – Raina Telgemeier

Editions Akileos, 2016.

Du fait de la maladie de sa soeur Maya, Catrina, onze ans, et sa famille déménagent dans la petite ville côtière de Bahia de la Luna. Tandis que leurs parents s’occupent de ranger les affaires, les deux jeunes filles partent explorer leur nouvelle maison et son voisinage. Elle font alors la rencontre d’un voisin qui leur confie un secret : il y a des fantômes à Bahia de la Luna. Si Maya est déterminée à vouloir en rencontrer un, il en va tout à fait autrement pour Cat. Or, la période de l’année à laquelle les fantômes se réuinissent avec leurs proches approche, et Cat doit découvrir comment mettre ses peurs de côté pour le bien de sa soeur… et le sien.

Encore une très belle histoire ! (en même temps je vous avais prévenu : c’est une sélection de BD que j’ai adorées) Cette fois, une histoire de famille, avec Cat qui subit un déménagement pour le bien de sa soeur Maya. Si elle doit être très prudente pour veiller sur elle, Maya est la joie de vivre et l’énergie incarnée. Elle veut tout vivre à cent à l’heure, au risque de gâcher sa santé. Cette histoire de fantômes l’intrigue et l’excite au plus haut point. Et Cat se retrouve à la suivre tant bien que mal, malgré sa frousse.

J’ai beaucoup aimé cette histoire, avec la leçon de vie qu’apporte la tradition autour des fantômes. Et puis Cat est un personnage très agréable à suivre. La BD a un format plutôt roman graphique, mais elle est très abordable. Les dessins sont clairs, et il est très plaisant de s’y plonger. Je vous conseille de la tenter !

La jeunesse de Mickey – Tebo

Editions Glénat, 2016

Norbert, l’arrière-petit-neveu de Mickey, est comme tous les gamins de son âge : le nez toujours plongé dans sa console de jeux vidéo. Alors, pour attirer son attention, son arrière-grand-oncle a l’habitude de lui raconter des histoires. Mais pas n’importe lesquelles : celles qu’il a vécues dans sa jeunesse. De palpitantes aventures dans lesquelles il a tour à tour été : cowboy, prisonnier dans le bayou, as de l’aviation de la Première Guerre Mondiale, trafiquant de chocolat pendant la Prohibition et même astronaute ! Norbert a un peu de mal à croire à ces récits invraisemblables, d’autant que, comme toutes les personnes âgées, pépé Mickey (comme l’appelle Norbert) a la vue qui baisse et la mémoire un peu comme un gruyère…

Mickey fait de nouveau parler de lui cette année : le personnage a été repris par plusieurs auteurs de bande dessinée et 4 albums sont sortis depuis la rentrée. Une exposition à Quai des bulles (Saint-Malo) leur était d’ailleurs consacrée cette année.

J’ai lu deux de ces albums et j’ai eu un coup de coeur pour La Jeunesse de Mickey. On y retrouve Mickey vieillissant mais très énergique, sans cesse plongé dans de  nouvelles inventions dans son atelier. Il raconte ses aventures de jeunesse à Norbert, son arrière petit neveu. Chasse au trésor dans le Far West, aventure sur la lune, sauvetage en plein marais, action héroïque mettant fin à la guerre… tout y passe ! Il y a de l’héroïsme, des situations cocasses, et les dialogues entre l’ancien et le petit neveu sont savoureux. Au delà de ça, l’album est très beau : dos toilé, papier épais, couverture solide. C’est vraiment un album à offrir ou à s’offrir.

Charlotte et moi, tome 1 – Olivier Clert

Editions Makaka, 2016

Ce matin-là, Charlotte fait un rêve. Dans son sommeil agité, elle provoque, sans s’en douter, une réaction en chaîne qui va bouleverser sa vie, celle de son voisinage et surtout celle de Gus, un jeune garçon qui vient tout juste d’emménager dans l’immeuble avec sa mère…

Charlotte et moi, c’est THE coup de coeur de cette sélection. (oui, bon, c’est aussi le cas pour les autres, mais celui-là encore plus). C’est l’album qui n’a pas fait de bruit, mais que j’ai envie de faire lire parce que son histoire m’a beaucoup touchée. On n’est pas dans quelque chose de fantastique comme pour Dans la forêt sombre et mystérieuse, ni humoristique. On est dans du « tranche de vie », du « drame », de ces albums qui raconte la vie de personnages banals, qui raconte des rencontres, des dépassements de soi dans la vie du quotidien. Charlotte est une jeune femme très discrète. Ses voisins l’ont tout de suite cataloguée : obèse, n’a plus toute sa tête depuis que sa grand-mère est décédée. Elle fait peur à Gus, le petit garçon qui vient d’emménager avec sa mère. Et puis, il y a cet enchaînement de circonstance qui vient mettre du bazar et faire bouger les choses.

Je suis très impatiente de lire la suite de ce tome, parce que la fin promet un beau sac de noeud. Je me suis régalée en le lisant, d’autant plus que je ne m’y attendais pas. C’est encore une chaude recommandation que je vous fait là, et j’espère au moins qu’elle aura contribuer à faire connaître un peu plus cet album.

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Le Roi n’a pas sommeil – Cécile Coulon

Cécile COULON

Le Roi n’a pas sommeil

Editions Points, 2014

152 pages.

Présentation de l’éditeur

Thomas Hogan aura pourtant tout ait pour exorciser ses démons – les mêmes qui torturaient déjà son père. Quand a-t-il basculé ? Lorsque Paul l’a trahi pour rejoindre la bande de Calvin ? Lorsqu’il a découvert le Blue Bird, le poker et l’alcool de poire ? Lorsque Donna l’a entraîné naïvement derrière la scierie ?

Prix Mauvais genre 2012 (France Culture – Le Nouvel Observateur).


William Hogan rêvait de posséder une maison et un grand terrain couvert de forêt. Il a eu un héritage, a acheté la maison et le terrain, a épousé Mary. Il se tue à la tâche pour entretenir sa propriété, et il est donc peu présent quand naît Thomas. L’enfant est chétif. Sa mère l’adore, son père l’impressionne. Quand ce dernier meurt après un accident, Thomas continue de vivre et de grandir sous son ombre. Fragile et vulnérable, il est bon en classe, généreux, mais le caractère de son père semble le rattraper.  Il devient taiseux, se met à boire, joue au poker. Il vit sur la propriété de son père, la seule chose dont il rêve. Les gens l’énervent de plus en plus. Et un soir, tout dérape.

Puppa ne connaissait pas Thomas, ils ne s’étaient jamais vraiment parlé, mais tout dans l’attitude du môme lui rappelait la violence contenue qui avait frémi chez William. Sa façon de se tenir en retrait, son regard quand une gamine criait trop fort, le mouvement de ses lèvres sans que le moindre son s’en échappe, il y avait quelque chose de son père en lui, un mauvais sang qui roulait dans ses veines : l’écume avant l’orage.

 Notre histoire se place dans une sorte d’Amérique fantasmée, une petite ville dans une région forestière éloignée des centres d’activité, un temps indéterminé, mais proche de nous. L’histoire est celle de Thomas et de l’héritage légué par son père, l’amour pour une terre et une maison, et une rage rentrée. Sa vie a basculé un jour. Comment, on l’ignore encore. Pourquoi, c’est ce que le roman va nous raconter.

Le roman est court, le style dense, précis, percutant et créateur d’une ambiance bien particulière. Un déterminisme latent guide le récit, avec l’idée qu’il n’y a pas d’avenir possible pour notre personnage, et pour ceux qui l’entoure, si ce n’est dans le chemin déjà tracé par les parents. La violence paternelle a engendré un jeune homme tourmenté, qui va subir et user de cette violence. J’ai aimé ce roman pour cette ambiance, sobre, de violence rentrée et d’horizon bouché. C’est une oeuvre remarquable pour une auteure jeune (un an de plus que moi), et qui fait parler d’elle.

Rendez-vous albums de mai – La famille

Sophie Hérisson de Délivrer des livres propose chaque mois un rendez-vous thématique autour d’albums pour la jeunesse. Le thème du mois de mai est la FAMILLE !

Voici une sélection de quelques albums choisis pour ce thème (pour me rattraper des autres rendez-vous que j’ai manqué) :

Mon petit poussin vert

Couverture - Poussin vertde Adele SANSONE et Anke FAUST ; Editions Nord-Sud, 2010.

Présentation de l’éditeur :

Dans sa ferme, Otek coule des jours heureux. Pourtant il manque quelque chose à son bonheur : Otek voudrait être papa. Un matin, il trouve un œuf. C’est un œuf énorme, étrange, mais il décide de le couver. Un peu plus tard… Cric, crac ! De l’œuf sort un petit poussin vert qui n’est pas tout à fait le portrait de son père…

Mon avis :

Otek est un jar, célibataire et sans enfant. Jusque là, il aimait beaucoup jouer avec les poussins de la basse cour. Mais au moment où il a décidé de réaliser son rêve de devenir papa, aucune poule n’a accepté de lui fournir un oeuf pour qu’il le couve. Le chien de la ferme lui apporte alors le gros oeuf qu’il a trouvé. Quand son enfant naît, Otek est tout heureux et il est très fier d’être père, même si le poussin est vert et qu’il a des écailles à la place de plume. Mais les autres habitants de la basse cour lui font alors remarquer qu’il n’est pas vraiment un poussin. Le poussin vert se met alors à la recherche de son « vrai père ».

Cet album parle avec beaucoup de finesse et de tendresse sur la relation père-fils, l’adoption, l’intégration, la tolérance et le respect des différences. Je l’aime beaucoup. Les illustrations, à base de collage, montre bien la différence de pelage et de plumage qu’il y a entre Otek et son enfant. Et pourtant, ça ne les empêche pas de s’aimer avec beaucoup de tendresse !

Jujube

Couverture - Jujubede Anne Wilsdorf ; Editions Kaléidoscope, 1998.

Présentation de l’éditeur :

Quand Farafina tombe nez à nez avec un gros serpent sur le point de manger un bébé tout cru, elle n’écoute que son courage et tue le reptile. Et elle a une idée toute trouvée pour le bébé : elle le donnera à maman pour son anniversaire. Maman sera, c’est sûr, enchantée ! Les frères et les sœurs de Farafina – huit au total – partagent son enthousiasme. Mais Maman semble plutôt réticente….

Mon avis :

J’adore cet album ! On a dû me l’offrir quand j’étais petite et depuis, il n’a plus quitté ma bibliothèque. Je l’ai retrouvé avec grand plaisir quand je réfléchissais aux titres que je pourrais présenter pour ce rendez-vous.

Farafina a une famille très élargie. Huit frères et soeurs en tout ! Quand elle recueille le bébé, sa mère est d’abord réticente à la garder. Elle propose même de confier l’enfant à Tante Drosera qui veut un enfant depuis toujours. Mais Farafina proteste : Tante Drosera a trop mauvais caractère ! Mais les parents sont déterminés. Pourtant, ce bébé, il faut  le nourrir, l’habiller, lui fabriquer un berceau pour dormir… Toute la famille s’y met ! Il faut que la petite (c’est une fille) soit présentable pour Tante Drosera. Et puis, le bébé finit par gagner… une grande famille ! Maman cède et accepte d’adopter Jujube. Même que Drosera est heureuse d’être la marraine de la petite fille.

Nous avons là encore une histoire d’adoption dans un contexte différent de Mon petit poussin vert : nous avons la famille nombreuse et les chaudes couleurs de l’Afrique. Mais cette histoire n’en est pas moins touchante ; au contraire ! Elle provoque en mois une formidable bonne humeur !

Je veux ma maman !

Couverture - Je veux ma mamande Tony Ross ; Editions Gallimard jeunesse, 2004.

Présentation de l’éditeur :

La petite princesse est invitée à dormir chez la petite duchesse. Mais elle ne veut pas quitter sa maman. Une nouvelle histoire de la petite princesse qui a bien du mal à se séparer de sa maman… à moins que ce ne soit l’inverse ?

Mon avis :

La petite princesse est encore un de ces albums que j’ai lu petite et qui me sont restés en mémoire. Je n’avais pas celui-là exactement de la série, mais je suis tombée dessus à la bibliothèque l’autre jour et dès que je l’ai vu, je l’ai subtilisé discrètement de son rayon pour aller le lire avidement dans mon coin.

La petite princesse peint, joue, tombe, a peur du noir et des monstres sous le lit, mais l’infirmière, son papa le roi et sa gouvernante échouent tous à la calmer, la guérir ou la rassurer. Il n’y a que sa maman qui y arrive et elle le fait avec beaucoup de talent : un bisou magique et le genou ne fait plus mal, une histoire racontée la nuit et la petite princesse s’endort paisiblement. Ce livre raconte tellement bien le super pouvoir qu’ont les mamans ! et le retournement final est très amusant.

Soeurs et frères

Couverture - Soeurs et frèresde Claude Ponti ; Editions L’école des loisirs, 2010

Présentation de l’éditeur :

Elles et ils sont là, dans nos vies.

Parfois dans notre chambre. Ce sont des personnes comme les autres. Quand ils arrivent, ils ne sont pas finis, pas complets. Elles et ils ont de l’influence sur nous, et réciproquement.

Qui sont-elles et ils ? Des cocktails de traits de caractère, des puzzles de défauts et de qualités.

Il y a le Coeur sur la Main, le Fouilleur, le Pique-Habits, le Chouchou, le Squatteur de télécommande, l’Aîné protecteur.

Comment savoir de quoi sont faits les nôtres, qui elles et ils sont vraiment ? Lisons !

Mon avis :

On s’est toujours posé des questions sur notre sorofrèrerie, n’est-ce pas ? Claude Ponti est là pour y répondre avec son imaginaire farfelu et décalé. Il explore véritablement toutes les étapes, en nomme les bons et les mauvais côtés, en montre l’intérieur et l’extérieur, explique même les demis et les quarts, les adoptés et les « bébés éprouvette ». Il présente aussi une sorte de catalogue avec des frères et des soeurs, leur caractéristiques, qualités ou défauts, et s’il est facile de vivre avec. Ca a un aspect presque formel, scientifique, mais avec des jeux de mots tordus et des dessins fous. Les fans de Ponti adoreront sans aucun doute, mais je pense que ça conviendra plutôt aux enfants plus âgés.

Dans le même style, on trouve le Catalogue de parents pour les enfants qui veulent en changer.

logoalbums2014

 

Shokuzai – Kiyoshi Kurosawa

Affiche - Shokuzai

Année de production : 2012. Série japonaise (5 épisodes), diffusée sous la forme de deux films en France.

Genre : Drame.

Réalisé par : Kiyoshi Kurosawa.

Avec : Kyôko Koizumi, Hazuki Kimura, Yû Aoi, Eiko Koike, Sakura Ando, Ayumi Ito, Teruyuki Kagawa …

Synopsis :

Dans la cour d’école d’un paisible village japonais, quatre fillettes sont témoins du meurtre d’Emili, leur camarade de classe. Sous le choc, aucune n’est capable de se souvenir de l’assassin. Asako, la mère d’Emili, désespérée de savoir le coupable en liberté, convie les quatre enfants chez elle pour les mettre en garde : si elles ne se rappellent pas du visage du tueur, elles devront faire pénitence toute leur vie. Quinze ans après, que sont-elles devenues ? Sae et Maki veulent se souvenir. Akiko et Yuka veulent oublier. Et la mère d’Emili, que cherche-t-elle encore après tout ce temps ?

Mon avis

Cette série diffusée sous la forme de cinq épisodes au Japon a été diffusée en France sous la forme de deux films. Je les ai vus à leur sortie en salle, mais ai eu l’occasion de revoir la série depuis.

Tout commence un jour d’école. Emili vient de déménager, c’est une nouvelle élève. Son institutrice la présente au reste de la classe. Emili devient amie avec quatre autres filles : Sae, Maki, Akiko et Yuka. Elles jouent dans la cour, se rendent les unes chez les autres et puis c’est le drame. Alors qu’elles jouent au ballon sur un terrain non loin de l’école, un étranger les aborde. Il répare un ventilateur dans l’école, mais ne parvient pas à atteindre un endroit et demande l’aide au petit groupe. Il désigne Emili, qui malgré l’insistance des autres pour y aller toutes ensemble, le suit. Alors qu’elle tarde à revenir, les autres filles se rendent dans le gymnase pour chercher Emili, mais elles la découvrent morte.

Maki, la plus débrouillarde assigne un rôle à chacune : elle ira chercher un professeur pendant que Akiko et Yuka iront prévenir la mère d’Emili et la police. Sae reste sur les lieux.

La police enquête, mais les fillettes, seules témoins, sont incapables de décrire le meurtrier, choquées la mort de leur amie. Un jour, la mère d’Emili les réunit toutes chez elles pour les mettre en garde et les accuser : à cause d’elles, l’assassin d’Emili court toujours et elles devront expier leur faute toute leur vie.

Quinze ans plus tard, nous retrouvons les quatre filles. Elles vivent loin l’une de l’autre. Chacune a eu sa manière de gérer les chose et de vivre avec.

Sae travaille dans un institut. Elle est réservée et apeurée. Son corps a refusé de grandir. Pourtant, elle rencontre un homme lors d’un rendez-vous arrangé qui lui demande de l’épouser. Elle accepte, malgré ses manies bizarres, et se retrouvera prisonnière volontaire d’une vie cloitrée dans un grand appartement impersonnel.

Maki est devenue une institutrice rigoureuse. Marquée par ce qui est arrivée à Emili, elle est sévère envers les petites filles trop jolies. Elle pratique le Kendo, de l’escrime pratiquée avec un sabre, ce qui lui permet de se débarrasser d’un homme qui menace ses élèves à la piscine. Devenue une héroïne au sein de l’école, elle est vite dénigrée, jugée trop violente envers ses collègues et les enfants.

Akiko, après le meurtre d’Emili, a choisi de vivre comme un ours. Pas de belles robes pour elle, ni de maquillage, pas d’études ou de métier. Elle raconte son histoire à Asako, la mère d’Emili, qui vient lui rendre visite en prison où elle est enfermée pour avoir tué son frère.

Yuka est fleuriste. Manipulatrice, elle est capable de faire beaucoup de choses pour arriver à ses fins. Cela inclut séduire le mari de sa soeur, policier, parce qu’elle fantasme sur cette profession, et pour se venger de sa soeur qui, étant malade petite, a toujours eu toute l’attention de ses parents. Elle refuse la pénitence imposée par Asako, mais elle est la première à trouver un indice sur le meurtrier, en entendant sa voix à la radio.

Après la mort d’Emili, Asako a eu un autre enfant. Elle a poursuivi sa vie avec son mari et a déménagé. Sa vie croise de temps en temps celles des quatre amies de sa fille. Contactée par Yuka, elle poursuit l’enquête sur le meurtrier d’après les indications de la jeune femme. Celles-ci la mène dans une école dans la montagne et lui fait rencontrer un homme aimé et perdu de vue depuis des années, quitté dans des circonstances dramatiques.

Chaque histoire se termine de manière tragique. Cette période des quinze ans plus tard, contrairement  l’enfance insouciante et colorée, est terne et grise, délavée, fanée. Il y a une ambiance troublante, comme s’il y avait quelque chose de malsain, de tordu qui planait au dessus de chacune des femmes.Ces deux films ont/cette série a une puissante qui la rend angoissante. Les personnages sont rongés par la culpabilité, traumatisés, ou alors vivent dans un déni rebelle, mais pas moins dévastateur. La catastrophe initiale est envisagée à chaque épisode sous l’angle d’un personnage différent. Je trouve ces procédés brillants. Ils créent une tension qui accroche, qui émeut et qui angoisse. Chacune a sa propre manière de faire face au traumatisme, mais aucune n’est vraiment heureuse, aucune n’a une vie vraiment saine. J’ai vraiment accroché à cette histoire, cette esthétique et à cette ambiance névrotique de thriller couplé à un drame psychologique. Les actrices sont toutes très bonnes. Il est difficile de s’attacher à elles, notamment à cause de ce qu’elles sont : pas des personnages très positifs. Yuka, m’a été particulièrement antipathique, et l’histoire de Sae m’a paru être la plus effroyable et la plus malsaine. J’en frissonne encore.

Des films en quelques mots (4)

Le blabla introductif sur le pourquoi est . Au programme, de chouettes comédies et de la romance. BEAUCOUP de romance.

J’ai vu ces films il y a deux mois, et mon souvenir est plus ou moins flou, selon mon appréciation générale de l’oeuvre. Mes avis sont plutôt courts, pour une fois, et pas très constructifs. Je suis prête à en discuter de manière plus approfondie, si vous le souhaitez.

Les triplettes de Belleville – Sylvain Chomet

Affiche - Les triplettes de BellevilleLong métrage français, sorti en 2002, avec les voix de Michel Robin, Jean-Claude Donda, Monica Viegas…

Genre : Animation, Comédie.

Synopsis

L’idée de génie qu’eût madame Souza en offrant un vélo à son neveu alla bien au-delà de ses espérances. L’entraînement, une alimentation adaptée et le Tour de France n’était pas loin… La « mafia française » non plus qui, repérant le futur champion cycliste, l’enlève. Madame Souza, accompagnée de trois vieilles dames, les Triplettes, devenues ses complices, devra braver tous les dangers dans une course poursuite ébouriffante.

Mon avis

J’ai longtemps entendu parlé de ce film sans vraiment avoir l’envie de le voir. Je pense que le style me paraissait trop bizarre. Mais finalement, je l’ai vu, et j’ai adoré cette histoire ! Il n’y a pas vraiment de dialogues dans ce film, tout le sens se fait avec des expressions, des gestes, des bruits. Les dessins ont un aspect disproportionné, un peu grotesque, à la limite du monstrueux pour certains personnages. Cela accentue leurs caractères : le cycliste est très fin et il a des mollets excessivement musclés. Les gardes du corps sont des vrais armoires à glaces et quand ils marchent côte à côte il se fondent l’un dans l’autre pour former une seule entité menaçante. L’effet comique est réussi, pour un film d’animation de grande qualité.

20 ans d’écart – David Moreau

Affiche - 20 ans d'écartLong métrage français, sorti en 2013, avec Virginie Efira, Pierre Niney, Gilles Cohen…

Genre : Comédie romantique

Synopsis

Alice Lantins a 38 ans. Elle est belle, ambitieuse et fait preuve d’une impeccable conscience professionnelle au point d’en oublier sa vie privée. Bref, elle a tout pour devenir la prochaine rédactrice en chef du magazine « Rebelle », tout sauf son image de femme coincée. Mais lorsque le jeune et charmant Balthazar, à peine 20 ans, va croiser le chemin d’Alice, le regard de ses collègues va inexplicablement changer. Réalisant qu’elle détient la clef de sa promotion, Alice va feindre la comédie d’une improbable idylle.

Mon avis

Cette comédie romantique est plutôt rafraîchissante je trouve. J’ai juste beaucoup de mal avec les milieux dans lesquels ça se déroule (la mode, tout ça). Les acteurs sont sympas. C’est un bon moment de détente, mais sans plus.

Rencontres à Elizabethtown – Cameron Crowe

Affiche - ElizabethtownLong métrage américain, sorti en 2005, avec Orlando Bloom, Kirsten Dunst, Susan Sarandon…

Genre : Comédie romantique.

Synopsis

Chacun a droit à l’échec. Mais réussir un vrai fiasco, rater un projet de longue haleine auquel on croyait dur comme fer, ruiner d’un coup des centaines de vies, couler une boîte en 24 heures demande des dispositions particulières. C’est l’exploit que vient d’accomplir le designer Drew Baylor en créant la chaussure de sport Mercury, une aberration dont le lancement imminent pourrait bien être le bide du siècle, avec une perte sèche annoncée de 1 milliards de dollars. A trois jours de l’apocalypse, Drew reçoit un appel affolé de sa soeur. Leur père, Mitch, vient de mourir, et leur mère a sombré dans un tel état de confusion et d’agitation qu’elle est incapable de se rendre dans le Kentucky pour les funérailles. Il revient à Drew de régler les détails de la cérémonie avec la famille et les nombreux amis de la victime…

Mon avis

Encore de la romance, avec une histoire de famille. Il y a de bons moments, notamment lors de l’enterrement où tout part en vrille, mais j »ai trouvé ce film trop long pour ce que c’était.

(500) jours ensemble – Marc Webb

Affiche - 500 jours ensembleLong métrage américain, sorti en 2009, avec Joseph Gordon-Levitt, Zooey Deschanel, Geoffrey Arend…

Genre : Comédie romantique.

Synopsis

Tom croit encore en un amour qui transfigure, un amour à la destinée cosmique, un coup de foudre unique. Ce qui n’est pas du tout le cas de Summer. Cela n’empêche pourtant pas Tom de partir à sa conquête, armé de toute sa force et de tout son courage, tel un Don Quichotte des temps modernes. La foudre tombe le premier jour, quand Tom rencontre Summer la nouvelle secrétaire de son patron, une belle jeune fille enjouée. Au 31ème jour, les choses avancent, lentement. Le 32ème jour, Tom est irrémédiablement conquis, pris dans le tourbillon étourdissant d’une vie avec Summer. 185 jours après leur rencontre, la situation est de plus en plus incertaine – mais pas sans espoir. Alors que l’histoire fait des allers-retours au sein de la relation parfois heureuse, mais souvent tumultueuse de Tom et Summer, le récit couvre tout le spectre de la relation amoureuse, du premier coup de coeur aux rendez-vous, du sexe à la séparation, à la récrimination et à la rédemption et décrit toutes les raisons qui nous poussent à nous battre aussi ardemment pour arriver à trouver un sens à l’amour… Et, avec un peu de chance, à en faire une réalité.

Mon avis

Ce film est génial ! J’ai adoré le propos, la manière dont c’est construit ! J’allais dire, c’est la meilleure comédie romantique que j’ai vue depuis des années, mais le réalisateur affirme que ce film n’est pas une comédie romantique, alors je le crois. (voir l’analyse de Durendal sur Youtube qui en parle très bien).

Love & secrets – Andrew Jarecki

Affiche - Love & secretsLong métrage américain, sorti en 2012, avec Ryan Gosling, Kirsten Dunst, Frank Langella…

Genre : Drame. Thriller.

Synopsis

New-York, dans les années 80, David le descendant d’une grande dynastie immobilière tombe fou amoureux de Katie et l’épouse. Ils filent le parfait amour jusqu’au jour où le comportement de David change. Peu de temps après, Katie disparaît mystérieusement sans laisser de trace. Quelques années plus tard, un policier et un reporter décident de rouvrir l’enquête. David devient le suspect principal et les secrets de l’empire familial vont peu à peu faire surface…

Mon avis

Je n’ai pas compris l’intérêt de ce film. A part exprimer mon aversion et l’aberration que ce film a suscité lorsque je l’ai vu, je n’ai rien à en dire.

Cher John – Lasse Hallström

affiche - Cher johnLong métrage américain, sorti en 2010, avec Channing Tatum, Amanda Seyfried, Richard Jenkins …

Genre : Drame. Romance. Guerre.

Synopsis

Lorsque John Tyree, un soldat des Forces Spéciales en permission, et Savannah Curtis, une étudiante idéaliste, se rencontrent sur une plage, c’est le coup de foudre. Bien qu’appartenant à deux mondes différents, une passion absolue les réunit pendant deux semaines. John repart ensuite en mission et Savannah retourne à l’université, mais ils promettent de s’écrire et à travers leurs lettres enflammées, leur amour ne fait que grandir. Chaque jour plus inquiète pour la sécurité de son bien-aimé, Savannah s’interroge. Alors que désirs et responsabilités s’opposent toujours plus, le couple lutte pour maintenir ses engagements. Quand une tragédie oblige John à rentrer, les deux jeunes gens se retrouvent face à leurs contradictions. John et Savannah vont découvrir si leur amour peut vraiment survivre à tout…

Mon avis

 Je n’avais pas d’attentes vis-à-vis de ce film, et j’ai été plutôt agréablement surprise. L’histoire est rendue intéressante par quelques éléments de second plan qui font qu’on n’est pas dans de la romance pure et dure et qu’on dépasse la simple histoire des deux protagonistes principaux. Le bilan est positif, mais mitigé.

Sublimes créatures – Richard La Gravenese

Affiche - Sublimes créaturesLong métrage américain, sorti en 2013, avec   Alden Ehrenreich, Alice Englert, Jeremy Irons…

Genre : Romance. Fantastique.

Synopsis

Ethan Wate, un jeune lycéen, mène une existence ennuyeuse dans une petite ville du sud des Etats-Unis. Mais des phénomènes inexplicables se produisent, coïncidant avec l’arrivée d’une nouvelle élève : Léna Duchannes. Malgré la suspicion et l’antipathie du reste de la ville envers Léna, Ethan est intrigué par cette mystérieuse jeune fille et se rapproche d’elle. Il découvre que Lena est une enchanteresse, un être doué de pouvoirs surnaturels et dont la famille cache un terrible secret. Malgré l’attirance qu’ils éprouvent l’un pour l’autre, ils vont devoir faire face à une grande épreuve : comme tous ceux de sa famille, Lena saura à ses seize ans si elle est vouée aux forces bénéfiques de la lumière, ou à la puissance maléfique des ténèbres…

 Mon avis

Je voulais voir l’adaptation de 16 lunes, par curiosité. Parce que quelqu’un m’a dit que ça valait quand même la peine. Pour une fois, cette personne n’a pas été de bon conseil. J’ai ressenti la même chose qu’en lisant le livre : à peu près rien. Et puis tous les éléments intéressants du livre, à mon sens, n’y sont pas. Et puis, je ne sais pas pourquoi, mais je ne supporte pas l’acteur qui joue le personnage principal. Bref, j’ai décidé d’arrêter de perdre mon temps sur cette série.

Le marin américain – Karsten Lund

Couverture - Le marin américain

Karsten LUND

Le marin américain (traduit par Inès Jorgensen)

Editions Babel, 2011.

407 pages.

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Présentation de l’éditeur

En l’an 1902, un trois-mâts norvégien fait naufrage à la pointe du Danemark, au large de Skagen, un village de pêcheurs. Le seul survivant, un marin d’origine américaine aux cheveux et aux yeux noirs, est hébergé chez une jeune femme, dont le mari est en mer, et disparaît au matin. Neuf mois plus tard, elle met au monde un enfant aux cheveux et aux yeux noirs.

Bien des années après, le petit-fils de celui qui toute sa vie fut surnommé « l’Américain » entreprend un voyage destiné à éclaircir l’énigme familiale.

Situé à la pointe septentrionale du Jutland, là où deux mers se rencontrent, Skagen est une communauté de gens simples vivant dans la ferveur d’un strict protestantisme luthérien. Mais ce paysage lunaire, balayé par les sables, qui inspira une école de peintres danois à la fin du XIXe siècle, abrite tout aussi bien des passions impétueuses qui se révèlent avec lyrisme et une douce ironie dans cette saga nordique d’un amour arraché à la nuit à la tempête et à l’oubli.

Récompense : Prix Gens de mer – Etonnants Voyageurs 2009.

Mon avis

« C’est ici que se termine la route, comme le dit la chanson, ici, où se rencontrent deux mers et le monde entier, le voyage prend fin. Ici nous sommes forcés de faire front et de parler vrai. »

Pour ce roman, nous sommes à Skagen, la pointe nord du Danemark. La mer et les dunes avec deux phares pour point de repère en sont le paysage. Esben retourne sur les lieux de son enfance, là où il a passé tellement de temps avec son grand-père, pour éclaircir une bonne fois pour toute l’énigme familiale, celle que tout le monde tait, qui est devenue une légende, mais qui est tout de même gravé sur son visage. C’est le mystère qui entoure la naissance de son grand-père, un homme avec cheveux et yeux noirs dans une famille de blonds aux yeux bleus, et la disparition de son père biologique sans laisser de traces. Pour ça il va remonter loin dans le temps, depuis l’époque où son arrière-grand-mère désespérait de ne pas avoir d’enfant et où son arrière-grand-père pêchait dans un bateau à voile depuis les dunes.

La fresque familiale se déploie sur tout le XXème siècle, décrivant l’ascension sociale d’une famille et la métamorphose d’un monde influencé par le progrès et les évènements de la grande Histoire. On assiste notamment à l’évolution des méthodes de pêche, depuis le voilier aux quotas, en passant par un âge d’or, avec des pêches miraculeuses de l’Angleterre à l’Islande. Le roman s’attarde sur le drame familiaux, depuis le tout premier, celui qui mène à la naissance Tonny, ce garçon au physique si différent, jusqu’à sa mort. Les liens entre les personnages sont aussi exploités, notamment celui très fort qui existait entre le grand-père et son petit-fils. Il est aussi intéressant de voir comment la naissance de cet enfant illégitime a été accepté par la famille : sa mère refusait de baisser les yeux, de se sentir coupable de ce bonheur qui a fini par lui arrivé, et son père l’a juste accepté comme son propre fils. Cette naissance n’a pas été un handicap, Tonny aura grandi avec, se posant de multiples questions, sans forcément les résoudre, malgré les rumeurs et la légende qui a commencé à se former autour de sa personne.

 Le narrateur donne beaucoup de détails sur la vie de ses arrière-grands-parents et sur celle de son grand-père, moins sur celle de sa propre mère, mais il ne peut faire l’impasse sur sa propre vie, celle qu’il a mené en tant qu’héritier des gènes du naufragé. Ce roman est emprunt de nostalgie. Et surtout il est difficile de ne pas faire abstraction des traces de l’ancien temps qui demeure, la légende qui habite la lande, les vieux réflexes de marin pêcheur qui demeurent malgré les nouvelles technologies, tout ça crée un monde que nous pénétrons et qui nous passionne.

En effet, il est très intéressant d’en apprendre autant sur la vie des premières générations, notamment la manière dont ils ont profité de l’évolution de la ville et de la région pour grimper quelques échelons sur l’échelle sociale. La vie du narrateur qui nous est raconté sur la fin m’a semblé moins intéressante, peut-être parce qu’il y a beaucoup d’introspection. Il raconte comment il met à jour le secret familial, mais surtout comment avant il a construit sa vie autour de ce mystère et d’un drame auquel il a assisté en tant qu’adolescent.

J’ai passé un moment très agréable avec cette lecture. Le paysage de Skagen m’apparaissait vraiment fascinant, tout comme l’est cette histoire de famille.

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