Pilules Bleues – Frederik Peeters

Frederik Peeters

Pilules Bleues

Editions Atrabile, 2013

190 pages

Collection Flegme

Présentation de l’éditeur

A travers  une histoire simple et des thèmes universels (l’amour, la mort), Frederik Peeters nous parle de sa rencontre avec Cati, de ce maudit virus qui va bouleverser la donne, et de toutes les émotions les plus contradictoires qu’il va devoir apprendre à gérer : compassion, pitié ou amour pur et inaltérable ? Pilules bleues nous propose, sans pathos ni sensationnalisme, de regarder sous un jour rarement abordé le quotidien de la maladie, tout en nous balançant quelques vérités surprenantes et bien senties sur le sujet. Malgré la gravité du thème, Pilules bleues se présente comme une œuvre remplie de fraîcheur et d’humour.


 Cet ouvrage de Frederik Peeters, avec son ancrage autobiographique, est un témoignage, un récit sur le fait de vivre la maladie (on parle bien du sida) au quotidien. Il rencontre Cati, d’abord comme l’amie d’un ami, puis alors qu’elle est mariée, avec son petit garçon. Elle va devenir sa compagne. Elle est séropositive, comme son fils et elle se sent coupable, responsable de la maladie de son fils. Il se retrouve à devoir accepter cette situation et à trouver un moyen de la gérer. Suit alors leur vie à deux, leurs interrogations, leurs frayeurs, le traitement du petit, les rendez-vous avec le médecin.

(On peut trouver pleins d’images de Pilules Bleues sur Internet. Pour voir celle-là, clic droit > afficher l’image)

C’est donc une histoire d’amour, une histoire de famille (recomposée), et une histoire de maladie. Mais c’est une très belle histoire.

Frederik Peeters brosse, en noir et blanc, un récit touchant, très intime, qui propose une vision peu courante sur cette maladie, et va même bousculer quelques idées reçues. Il va parler des inquiétudes, des joies, des angoisses, de la gestion de la maladie au quotidien.

Cette BD avait déjà été publié en 2001. Les éditions Atrabile l’ont rééditée en 2013, avec des pages bonus. On voit donc les personnages 13 ans après la première édition, façon interview dessinée.

J’aimais déjà beaucoup le travail fantastique/SF de Frederik Peeters (Lupus, Château de sable, Aâma), et là, c’est une histoire intime, mais c’est aussi très bien raconté. Je me trouve d’ailleurs à court de mots pour bien en parlé (c’est pour ça que j’ai choisi une telle « présentation de l’éditeur », aussi détaillée). C’était une très belle lecture et je le conseille à tout le monde, sans distinction !

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Nos étoiles contraires – John Green

John GREEN

Nos étoiles contraires

(traduit par Catherine Gibert)

Editions Nathan, 2013

327 pages

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Présentation de l’éditeur

Hazel, 16 ans, est atteinte d’un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l’évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu’elle s’y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d’autres jeunes malades. C’est là qu’elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l’attirance est immédiate. Et malgré les réticences d’Hazel, qui a peur de s’impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d’amour commence… les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie.

Mon avis

Difficile de ne pas avoir entendu parler de Nos étoiles contraires tant l’engouement autour de ce roman a essaimé la blogosphère. Ce qui ne facilite pas pour autant l’écriture de cette chronique. Si j’entendais parler de Nos Etoiles contraires depuis un petit moment, j’ignorais globalement quel était son intrigue. J’avais bien compris que ça parlait de maladie et d’amour, mais je n’avais pas cherché plus, me garantissant ainsi d’avoir la surprise gâchée. J’essaierais donc de ne pas en dire plus que ce que le résumé ci-dessus révèle.

Hazel, la narratrice, est atteinte d’un cancer, on a donc son point de vue sur ce qu’elle vit, sur sa maladie et sur les autres malades, ce qu’ils vivent. Elle porte aussi un regard critique sur les « biens portants » et sur la manière qu’ils ont de considérer les cancéreux.

J’ai dû lire quelques romans sur la maladie, mais je ne cherche pas particulièrement à en lire. Je n’ai donc pas d’avis sur la façon qu’à John Green d’en parler. En tous cas, j’ai apprécié avoir ce point de vue de Hazel sur ce qu’elle vit, je ne pense pas avoir déjà lu un roman qui utilise ce procédé.

Ce ne sera pas pour moi le roman du siècle, mais j’ai beaucoup apprécié cette lecture. On y rit et on y pleure. C’est bien écrit – je relève notamment des dialogues savoureux et de belles petites phrases qui sonnent comme des maximes et qu’on ne peut s’empêcher de remarquer. Je retiens notamment « Le monde n’est pas une usine à exaucer les voeux« . Le style est fluide, un brin addictif, ça se lit très vite, et les personnages sont attachants. Tout ça nous donne une lecture bien agréable qui nous fait passer par un spectre d’émotions variées. Bien évidemment, je le conseille. Quant à aller voir le film, j’hésite encore. (faudrait surtout qu’il passe pas loin de chez moi *grmpff*)

Lu pour le Baby Challenge Jeunesse

big-challenge-2014

L’écume des jours – Boris Vian

Couverture - L'écume des jours

Boris VIAN

L’écume des jours

Éditions Le Livre de Poche, 2008

350 pages

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Présentation de l’éditeur

L’Ecume des jours : ce titre léger et lumineux annonce une histoire d’amour drôle ou grinçante et inoubliable, composée par un écrivain de vingt-six ans. C’est un conte de l’époque du jazz et de la science-fiction, à la fois comique et poignant, heureux et tragique, merveilleux et fantastique, féerique et déchirant. Dans cette oeuvre d’une modernité insolente, l’une des plus célèbres du Xxe siècle et livre-culte depuis plus de trente ans, Duke Ellington croise le dessin animé, Sartre devient une marionnette burlesque, le cauchemar va jusqu’au bout du désespoir. Mais seules deux choses demeurent éternelles et triomphantes : le bonheur ineffable de l’amour absolu et la musique des noirs américains…

Mon avis

Colin est un homme aisé, qui n’a pas besoin de travailler. Il est l’ami de Chick, un ingénieur qui adore Jean-Sol Partre au point de collectionner les différentes éditions de ses ouvrages, et de Nicolas, son génial cuisinier. Mais Chick a rencontré une jeune femme, Alyse la nièce de Nicolas, et Colin est jaloux de lui : lui aussi veut rencontrer quelqu’un et tomber amoureux. C’est lors d’une fête organisée par Isis, l’amie d’Alyse et de Nicolas, qu’il va rencontrer Chloé.

On nous raconte donc la rencontre de Colin et Chloé, puis leur mariage, leur voyage de noce, et quand Chloé va tomber malade, à cause d’un nénuphar qui croit dans son poumon, tout ce que Colin va faire pour essayer de la sauver, dans un univers absurde, qu’il est parfois difficile d’appréhender.

La langage de Boris Vian est riche d’inventions, de jeux de mots et d’imagination. On a d’abord l’impression d’être dans un monde idyllique, un peu bizarre certes, puis ça devient sombre à un point que ça en est violent. Il y a des tas de détails qui sont à la fois amusants et troublants : il y a des souris dans la maison, la maladie qu’on ne peut soigner qu’avec des quantités de fleurs pour effrayer le nénuphar et l’empêcher de pousser. Il y a aussi l’appartement qui rétrécit alors que la maladie s’aggrave et que Colin connait des problèmes d’argent, et qui devient une sorte de marécage ; la fin de Chick qui est descendu par des agents d’armes parce qu’il n’a pas payé ses impôts et Alyse qui va incendier des librairies pour empêcher Chick d’acheter quoi que ce soit de Partre et de se ruiner.

L’écume des jours en dit beaucoup sur une certaine vision que l’auteur a sur le travail, sur l’amour, la maladie, la religion, la musique également, avec la présence de cet extraordinaire pianocktail, un piano qui crée des cocktails selon les mélodies jouées. Il y aurait beaucoup à dire, mais je n’ai pas pris le temps de tout relever ou même de m’interroger en profondeur sur certains points du roman, par manque de temps et aussi parce qu’il y a certainement des références que je n’ai pas comprises.

J’ai plutôt aimé L’écume des jours, malgré le fait que ce soit déroutant. Je n’ai pas eu de difficultés à le lire et les jeux de langages m’ont plutôt amusée. Je n’ai pas adoré, mais je n’ai pas détesté – je ne sais pas comment le dire autrement. En fait, le monde dans lequel ça se passe a suscité mon intérêt tout comme l’histoire ou les personnages de manière générale, mais je n’ai pas vraiment réussi à m’investir émotionnellement dans cette histoire, je suis restée un peu froide à tout ce qui s’y passe et c’est ce qui fait que ça reste dans les bonnes appréciations, mais pas plus.

Je pense aussi manquer de connaissances pour tout ce qui concerne la musique et le jazz qui sont très présents dans le roman. J’avoue mon ignorance totale en la matière et peut-être que si ça n’avait pas été le cas, j’aurais encore plus apprécié.

XXe siècle