Des BD en bref #3

Parce que j’aime les BD et que j’ai pas le temps pour en parler autant que je le voudrais. Au programme : un conte philosophique, un super héros atypique, une aventure parmi des monstres et le quotidien d’une sorcière et son chat.

Là où vont les fourmis – Frank Le Gall et Michel Plessix

Editions Casterman, 2016

L’histoire du jeune Saïd tend à prouver que les enfants qui se demandent où vont les fourmis qui marchent en colonnes vers de mystérieuses destinations, que ces enfants, qui au lieu d’obéir à de terribles grands-pères en gardant consciencieusement des troupeaux de chèvres au milieu du désert, que ces enfants-là ont parfois raison. C’est en suivant ces petites fourmis que Saïd, accompagné d’une prodigieuse chèvre parlante va triompher des djinns, des enchantements et des sortilèges, découvrir l’amour et finalement trouver un grand-père, un vrai. Dans l’esprit de Azur et Asmar de Michel Ocelot, un conte plein d’ humour, de tendresse et de poésie.

Là où vont les fourmis conte les aventures de Saïd. Fasciné par les fourmis et leur obstination à avancer en colonne, il n’ose cependant pas aller au delà de la fontaine du village, comme sa mère le lui a demandé. Un jour son grand-père l’amène garder son troupeau de chèvres. Là, il philosophe avec une chèvre parlante, et se lance dans un voyage étonnant. Un bel album et surtout une très belle histoire ! J’ai eu un coup de coeur pour cette BD qui a illuminé ma journée quand je l’ai lu. A lire d’urgence !

Super Caca, 1. Rentrée des classes – Davy Mourier et Stan Silas

Editions Delcourt, 2016

À l’Imagischool, seuls les enfants les plus doués sont acceptés. L’évaluation ? Avoir suffisamment d’imagination pour donner vie à son rêve sous la forme d’une créature. Quand le petit Lucas, présent par erreur à l’examen d’entrée, fait apparaître Super Caca, tout le monde se moque de lui ! Mais au fil des aventures, Super Caca va se révéler être un des rêves les plus puissants jamais imaginés !

J’avoue que j’ai été sceptique en lisant ce titre. L’humour pipi-caca m’a passé. Mais… Super Caca m’a finalement beaucoup plus et m’a fait beaucoup rire sans qu’il soit tant question de « pipi-caca » justement (j’avoue que je m’attendais pas à écrire autant de fois caca dans un même article !).. Lucas se présente à l’Imagischool, une école d’imagination, bien déterminé à y entrer malgré la difficulté du concours d’entrée. Il finit par y entrer en force et l’ultime épreuve – celle qui consiste pour chacun à faire se matérialiser son rêve – lui présente Super Caca, un rêve bavard, petit, et pourtant qui possède des pouvoirs étonnants. Ce premier tome raconte le concours d’entrée et la première épreuve que Lucas av devoir affronter. J’ai beaucoup aimé suivre ce petit gars et son rêve improbable. J’ai bien ris et je suis curieuse d’en savoir plus sur cette école d’imagination.

Le collège noir, 1. Le livre de la lune – Ulysse Malassagne

Editions Milan, 2016

Un pensionnat perdu au milieu des forêts. Un groupe d’ados malchanceux privés de vacances. Une surveillante peu contrariante. Et un camarade qui disparait dans les marais. Mais quels secrets se terrent à l’ombre des sapins noirs ? Lorsque les collégiens découvrent ce que personne ne devrait jamais voir… chacune de leur nuit devient un cauchemar.

Ulysse est obligé de passer ses vacances en pensionnat avec un groupe de ses amis. L’un d’eux disparaît un jour dans les marais proches. Mais celui-ci revient les visiter et son âmes est capturée par une sorcière. Le groupe la libère, mais ils viennent de déchaîner des forces qu’ils n’auraient jamais pu imaginer.

Cette BD mélange monstres échappés des cauchemars et vie de pensionnat. Les gamins sont drôles et touchants, et malgré tout ils n’ont pas froid aux yeux. Les monstres sont véritablement effrayants (c’est quand même un BD conseillée à partir de 11 ans, donc on n’est pas chez Stephen King). Mais il y a un vrai potentiel horrifique et angoissant. C’était la BD à lire au moment d’Halloween (évidemment, j’en parle quand on approche de Noël, mais qui n’aime pas un bon frisson, même en période de fêtes ?). J’ai passé un très bon moment avec cette BD. Il y a un bon rythme, pas de répétitions et l’ouverture progressive d’un monde fantastique rempli de fantômes, animaux parlants ou encore monstres d’escaliers. J’aime beaucoup et vous la conseille. Si vous avez des cadeaux à faire à des jeunes gens, c’est une très bonne lecture !

Pepper et Carrot, 1. Potions d’envol – David Revoy

Editions Glénat, 2016

Au sein du monde merveilleux de Hereva, la jeune Pepper vit avec son chat Carrot dans une petite maison au fin fond de la forêt de Bout-un-Cureuil. Leur spécialité : faire des potions magiques ! Une activité qui comporte pas mal de risques étant donné que, chez eux, les préparations, incantations et autres invocations ont vite tendance à dégénérer… Partagez le quotidien mouvementé de cette Mélusine d’aujourd’hui dans une série d’histoires courtes au cœur d’un univers de fantasy fun et décalé fait de potions, de créatures, de magie… mais surtout d’humour !

Ça, c’est le versant mignon d’Halloween. Pepper et Carrot a d’abord été publié en ligne, puis est passé par l’épreuve du crowdfunding pour être édité, avec un certain succès d’ailleurs. (Après update : il est disponible librement sur internet et financé par les lecteurs, pour un nouveau système de financement de la BD. C’est à découvrir ici).

Pepper, c’est un peu une Mélusine nouvelle génération, avec un dessin rafraîchissant, et qui affronte le même genre de problèmes de la part de son entourage et de son chat : un peu asociale, elle concocte des potions, rate des sorts, participe à des concours de magie et subit les remontrances de ses tantes parce qu’elle n’est pas assez méchante. J’ai été très fan de Mélusine. J’aime beaucoup Pepper et Carrot est le genre de compagnon facétieux qui passe volontiers au premier plan. C’est un duo (et un projet) qui promet ! A suivre !

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La nuit des cages – Simon Hureau et Rascal

Couverture - La nuit des cages

Simon HUREAU et RASCAL

La nuit des cages

Editions Didier Jeunesse, 2007

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Présentation de l’éditeur

Au cœur de la nuit, un prisonnier s’enfuit de sa cage et rencontre une bien étrange procession…

Mon avis

Morillon a beau être le fils d’un ogre, il n’est pas pour autant amateur de sang et de chair fraîche. Sa mère dit même qu’il est doux comme un agneau. Mais les soldats n’en tiennent pas compte et ils enferment Morillon dans une cage. Mais celui-ci s’échappe. Lors sa fuite, il croise le chemin d’une étrange procession : ce sont d’anciens soldats transformés par la fille de la sorcière qu’ils ont aussi enfermée, direction le bucher ! Mais Morillon n’a d’yeux que pour Mélusine qu’il libère de sa prison. C’est le moment pour eux de fuir afin de filer le parfait amour…

Rascal nous présente l’histoire de Morillon sous forme de fable, de conte en vers. Il évoque les ennuis de Morillon qui est pris pour ce qu’est son père. Là est toute la question : sommes-nous ce que sont nos parents ? Pouvons-nous payer pour les crimes de nos parents ? Les enfants doivent-ils subirent les mêmes préjugés que leurs parents ? Est-ce héréditaire ?

Simon Hureau met en image cette fuite et cette course poursuite avec de magnifiques images sur des doubles pages, en noir et blanc, à la façon d’un théâtre d’ombres. Les détails sont minutieux et il est amusant de les relever, d’explorer les branchages et les arbres d’une forêt ou d’examiner l’apparence des personnes qui forment la procession. Les doubles pages d’illustration alternent avec les pages de textes.

L’écriture est belle, l’image aussi, le sujet très intéressant. En conclusion, La Nuit des cages est un bel album à lire et à regarder.

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