Les Visages – Jesse Kellerman

Jesse KELLERMAN

Les Visages

Editions Points, 2011

473 pages

Collection Thriller

Présentation de l’éditeur

La plus grande oeuvre d’art jamais créée dort dans les cartons d’un appartement miteux. Ethan Muller, un galeriste new-yorkais, décide aussitôt d’exposer ces étranges tableaux qui mêlent à un décor torturé d’innocents portraits d’enfants. Le succès est immédiat, le monde crie au génie. Mais un policier à la retraite croit reconnaitre certains visages : ceux d’enfants victimes de meurtres irrésolus.


Ethan Muller est galériste. Il est aussi le fils de David Muller, homme riche qui possède des immeubles en centre ville. Son second le contacte pour lui parler d’une découverte qu’il a faite dans un appartement abandonné par son locataire. Des milliers de dessins stupéfiants sont rangés dans des cartons. Ethan, fasciné, décide d’en faire l’objet d’un exposition. Celle-ci est médiatisée et peu de temps après il est contacté par un policier à la retraite qui reconnaît parmi les dessins les visages d’enfants assassinés. Ethan n’y croit d’abord pas, puis il accepte de rencontrer le policier et de se plonger dans l’enquête avec lui pour retrouver l’auteur des dessins. Ceux-ci suscitent l’intérêt et une agitation inhabituelle : on veut les acheter, les voler, les faire retirer de la galerie, déterminant d’autant plus Ethan à rechercher leur auteur.

Parallèlement nous est racontée l’histoire d’un émigré aux Etats-Unis au XIXème siècle, retraçant l’histoire de sa famille et leur avènement dans un pays à construire.

Les Visages est un roman qui m’a beaucoup plu, notamment parce qu’il a une intrigue et une construction loin des canons du genre. Son appellation « thriller » peut d’ailleurs être contestée, tellement il m’a semblé que l’enquête est un prétexte pour parler d’autres choses, aborder d’autres thèmes et finit par être presque secondaire. C’est ce qui fait avancer le personnage, mais le suspens n’est pas si intense, la résolution de l’énigme finit par ne plus une fin en soi. Ce qui importe finalement, c’est l’histoire d’Ethan, ce qu’ont bâti ses ancêtres, les drames de leur histoire qui continuent de peser sur le personnage, de sorte qu’il a eu du mal à se construire et qu’il a une vie sentimentale chaotique.

Les avis sont en général plutôt mitigés sur ce livre, mais il a su m’accrocher, m’intéresser et me fasciner et c’est bien tout ce qu’on lui demande !

Sérum, Saison 1, épisode 1 – Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza

Henri LOEVENBRUCK et Fabrice MAZZA

Sérum, Saison 1, épisode 1

Editions J’ai lu, 2012

181 pages

Présentation de l’éditeur

1773 : Mesmer invente l’hypnose.

1886 : Freud invente la psychanalyse.

2012 : Draken invente le sérum.

Une injection.

Sept minutes pour accéder au subconscient profond d’Emily Scott.

Un carnet pour décrypter ses visions fantasmagoriques.

Quelques jours pour empêcher le pire.

Mais quand les morts suspectes se multiplient, le NYPD se pose une question : Arthur Draken est-il un psychiatre de génie ou un dangereux criminel ?


Lola Gallagher, détective de police, enquête sur l’agression d’une jeune femme devenue amnésique après qu’on lui a tiré dans la tête. La jeune femme, qui se fait appeler Emily Scott, était poursuivie et s’est adressée à des caméras de surveillance en parlant de machination et d’enlèvement. Lola peine à trouver des informations sur Emily – celle-ci n’a pas d’empreintes digitales – et elle se tourne vers la psychologie et un de ses amis qui est psychiatre pour aider Emily  à se souvenir.

Le suspens est créé dès le début du roman. En effet, dès la première page, on est projeté dans un flash forward/un saut en avant/une prolepse, qui montre très clairement que la situation exposée dans ce roman va dégénérer et s’aggraver. Le tout va être de savoir de quelle manière et si le personnage qui a du sang sur les mains est coupable de quelque chose ou pas.

A l’enquête sur la vie d’Emily, s’ajoute des passages sur la vie personnelle de Lola, des chapitres centrés sur le personnage de Draken, le psychiatre, et d’autres sur les mystérieux agresseurs d’Emily.

Sérum est conçu comme une série TV. Ce premier tome ou épisode est comme un épisode introductif d’une série thriller. J’ai d’ailleurs hésité avant de chroniquer ce premier épisode, me demandant si j’avais assez de matière – mais étant donné que je risque soit de ne pas lire la suite avant un certain temps, soit de lire mais de ne pas chroniquer la série en cours de route, je m’y suis mise. Pardonnez-donc la légèreté de ce billet.

Sérum est une série qui a eu du succès au moment de sa sortie (il suffit de voir le nombre de chroniques publiées sur la fiche Livraddict du premier tome). C’est aussi une « série évènement » augmentée et interactive. En effet, des QR Codes disséminés dans les différents chapitres permettent d’accéder à des contenus différents (musique ou vidéo pour lire en étant d’autant plus plongé dans l’ambiance). Je n’ai pas pu accéder à ces contenus (la fille qui vit très bien sans smartphone), mais le concept en lui-même est très intéressant. Il y a aussi un site-web dédié à la série qui permet de pénétrer dans l’univers : www.serum-online.com. Henri Loevenbruck est d’ailleurs familier du procédé puisqu’il avait créé un site similaire avec son roman thriller ésotérique Le Mystère Fulcanelli.

Au delà de tout ça, ce fut une lecture rapide, efficace. Je suis curieuse de voir se qui va se passer ensuite. J’aime le côté thriller mêlé à cette invention dangereuse qu’est le Sérum et j’ai bien envie de connaître le fin mot de l’histoire.

Lune captive dans un oeil mort – Pascal Garnier

Pascal GARNIER

Lune captive dans un oeil mort

Editions Zulma, 2009

156 pages

Présentation de l’éditeur

Martial et Odette viennent d’emménager dans une résidence paradisiaque du sud de la France, loin de leur grise vie de banlieue. Les Conviviales offrent un atout majeur : protection absolue, et sécurité garantie – pour seniors uniquement. Assez vite, les défaillances du gardiennage s’ajoutent à l’ennui de l’isolement. Les premiers voisins s’installent enfin. Le huis-clos devient alors un shaker explosif : troubles obsessionnels, blessures secrètes, menaces fantasmées du monde extérieur. Jusqu’à ce que la lune, une nuit plus terrible que les autres, se reflète dans l’oeil du gardien…

Avec beaucoup d’humour et de finesse, malgré la noirceur du sujet, Pascal Garnier brosse le portrait d’une génération à qui l’on vend le bonheur comme une marchandise supplémentaire. Une fin de vie à l’épreuve d’un redoutable piège à rêves.


Martial et Odette ont acheté une maison aux Conviviales, la résidence surveillée pour retraités et personnes âgées, censée être un paradis. Au début du roman, ils sont seuls. Ils s’ennuient. Puis vient le premier couple de voisins, suivis de peu par une personne seule. Entre l’ouverture du club animé par Nadine, les matinées à la piscine et les promenades dans les environs, l’entente est cordiale. Pourtant il suffit d’un grain de sable pour gripper le système et alors le huis-clos devient un cauchemar.

Drôle de cadre que celui de ce roman. Le plus bizarre, c’est que vu le titre et vue la quatrième de couverture (enfin le rabats pour les éditions Zulma), c’est sûr et certain que ça va mal se terminer. Le lecteur le sait, et pourtant, il se fait presque surprendre par l’auteur qui amène la discordance de manière subtile, par petites touches, graduellement, jusqu’au drame.

Oui, c’était comme de vivre en vacances, à la différence près que les vacances avaient une fin alors qu’ici il n’y en avait pas. C’était un peu comme s’ils s’étaient payés l’éternité, ils n’avaient plus d’avenir. Preuve qu’on pouvait s’en passer.

Ce qui m’a amené vers ce roman, c’est son titre : « Lune captive dans un oeil mort ». En un mot, je trouve ça sublime.

On va passer successivement dans la tête de chaque personnage, découvrant tour à tour leur personnalité, leur mentalité, leurs secrets. Dans un huis-clos pareil, c’est bien les secrets qui volent en éclats quand la crise explose. L’ambiance glauque, alimentée de paranoïa, est vraiment bien rendue par son auteur qui développe un sacré art du suspens. Il se fait aussi un plaisir de décortiquer les travers contemporains et on y plonge en même temps que ces personnages.

Je me trouve un peu à court de mots pour parler plus avant de ce petit roman, mais j’ai beaucoup apprécié cette ambiance, cette descente aux enfers, cette vision assez noire de la société française. C’est le genre de romans dans lequel on se laisse embarquer sans effort, et qu’on avale sans y prendre garde. Attention toutefois, c’est chaud et salé !

Du sang sur la glace – Jo Nesbø

Couverture - Du sang sur la glace

Jo NESBØ

Du sang sur la glace

(traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier)

Editions Gallimard, 2015

153 pages

Collection Série Noire

Présentation de l’éditeur

Quand on gagne sa vie en supprimant des gens, il peut être compliqué, voire dangereux, d’être proche de qui que ce soit.

Olav est le tueur à gages attitré d’un gangster qui règne sur la prostitution et le trafic de drogue à Oslo. Lorsqu’il tombe enfin sous le charme de la femme de ses rêves, deux problèmes de taille se posent.

C’est la jeune épouse – infidèle – de son patron.

Et il est chargé de la tuer…


C’était l’un des hommes du Pêcheur. Cela n’avait rien de personnel. Et je le lui avait dit avant qu’il s’écroule, en laissant une trace de sang sur le mur en béton. Non que j’eusse pensé que cette information lui faciliterait les choses. Le jour où je me ferais moi-même abattre, j’aimerais autant que ce soit personnel.

J’ai lu ce roman après avoir entendu la chronique de Clara Dupont-Monod sur France Inter (par contre n’allez pas l’écouter si vous ne voulez pas vous faire spoiler un roman célèbre d’Agatha Christie). Elle parle tellement bien des livres, qu’elle donne envie de lire tout ce dont elle parle. Là, je me suis dit que c’était pile le genre de livre qu’il me fallait : un thriller, plutôt court, et de Jo Nesbø. Un roman qui promettait d’être passionnant, du genre dont on ne décroche plus. L’idéal pour me détacher des rapports et soutenances de la fin de l’année universitaire, sans devoir plonger et assimiler un style et un univers nouveau.

Et effectivement, j’ai adoré me plonger dans cette lecture.

Jo Nesbø nous fait suivre le chemin d’Olav, un « expéditeur » ou un tueur à gages. Olav n’est pas un homme méchant. C’est un homme dyslexique, qui se considère donc comme quelqu’un qui n’est pas très intelligent. Il tue parce qu’il ne sait pas faire autre chose : ni proxénète, ni braqueur. On ne connait pas vraiment sa vie au début du roman. On va la découvrir peu à peu, avec notamment les liens qu’il a eu avec ses parents. On sait qu’il n’aime pas qu’on maltraite les femmes et qu’il a aidé une ancienne prostituée qui avait des dettes.

Daniel Hoffman, son patron, lui donne une nouvelle mission : tuer sa femme. Olav va donc s’exécuter et se planque près de l’appartement de son patron pour observer sa cible. Mais la femme est très belle et il tombe amoureux d’elle. Et quand il voit qu’elle se fait battre par son amant, il décide de tuer ce dernier. Ce qui est évidemment une mauvaise idée… Olav est alors pris dans une machinerie infernale dont il va devoir se sortir seul.

J’ai trouvé que ce roman – court, certes – était génial. On suit le point de vue d’Olav, personnage singulier, atypique. Un tueur, dyslexique – je l’ai déjà dit – avec un rapport particulier aux femmes, et qui lit avec acharnement. L’action, grâce au découpage du roman, est brillamment menée. La personnalité d’Olav est la clé de tout le récit. Sans lui, le livre – et notamment sa fin – n’aurait pas cet effet-là.

Je vous laisse donc là-dessus, espérant vous avoir donné envie de lire ce génial petit roman. Je le conseille chaudement, malgré son ambiance glaciale et sombre. C’est un excellent thriller, d’autant plus intense et palpitant qu’il est court.

Psycho Killer – Anonyme

Couverture - Psycho Killer

Anonyme

Psycho Killer

Editions Le livre de poche, 2014

402 pages

Présentation de l’éditeur

Tout semble paisible à B Movie Hell, 3 672 âmes. Jusqu’à ce qu’un individu masqué d’un crâne surmonté d’une crête rouge se mette à assassiner très tranquillement certains habitants de la ville. Le FBI confie l’affaire à Milena Fonseca et Jack Munson, dit le Fantôme, deux spécialistes des opérations clandestines.

Mais bientôt des liens apparaissent entre cette terrifiante série de meurtres et un projet top secret du Département d’Etat. Les habitants de B Movie Hell sont bien résolus à mettre fin eux-mêmes et sans l’aide de personne à cette situation cauchemardesque…

Un thriller drôle et saignant, bourré de références cinématographiques, hommage aux séries B et films d’horreur, par l’auteur de la tétralogie consacrée au Bourbon Kid.

Mon avis

Psycho Killer raconte une chasse au tueur en série.

Dans la petite ville de B Movie Hell, Silvio Mellancamp fait sa loi : il a changé le nom de la ville, développé le commerce, ouvert une maison close le « Minou Joyeux » et corrompu pas mal de monde. Quand la première victime, un policier, est décapitée et que son coéquipier aperçoit le tueur, ses vêtements particuliers et son masque, tous les policiers de la ville se décident à faire justice eux-mêmes, aidé par la grosse somme d’argent promises en récompense par le propriétaire de la ville. Le FBI envoie deux agents en mission clandestine. Jack Munson, un agent qui a de la bouteille et qui aime la bouteille, a été écarté par ses supérieurs pour avoir commis une bavure. Il est réengagé parce qu’il a participé à un projet secret de formation d’agents par le Département d’Etat. Il est obligé de mener l’enquête avec Milena Fonseca, sa supérieure qui veut assister et contrôler l’enquête. Sur place, ils vont se heurter aux forces de l’ordre, aux hommes de Mellancamp et au mystère qui entoure le tueur et une certaine jeune femme, appelée Bébé, autour de laquelle les cadavres semblent tomber.

En lisant ce roman, j’ai eu l’impression de lire un film d’action thriller. Je m’explique : j’ai eu l’impression, dans le rythme, dans la caractérisation des personnages, dans le sanglant, dans les détails évoqués, de retrouvé des ficelles plutôt cinématographiques que littéraires. Et je ne suis pas sûre que ça soit vraiment ce que je recherche quand je lis un livre.

Ce roman est un vrai page turner. C’est écrit de manière très efficace, mélangeant des vannes, de l’humour de situation, des scènes violentes et sanglantes. C’est scabreux, souvent absurde (un homme est tué alors qu’il est constipé aux toilettes). On oscille ainsi entre ces deux penchants, pour un rendu accrocheur. Le texte, parsemé de nombreuses références à la culture pop tant cinématographique que musicale, se dévore.

Toutefois, j’ai été moins emballée que ce que je pensais. La sauce n’a pas vraiment pris. J’ai été amusée, mais je n’ai pas ri aux éclats. J’ai bien aimé le fait que toute la ville soit complice de crimes glauques et que les agents du FBI comme le tueur se retrouvent confrontés à cette foule. Cependant, je n’ai pas ressenti grand chose. Ça a été une bonne lecture, mais je pense que je l’oublierai assez vite. Je reste néanmoins très curieuse de découvrir la première tétralogie de cet auteur anonyme. J’espère y trouver un contenu plus satisfaisant.

 ABC thriller polars

Scarpetta – Patricia Cornwell

Couverture - Scarpetta

Patricia CORNWELL

Kay Scarpetta, 16. Scarpetta

(traduit de l’anglais par Andrea H. Japp)

Editions France Loisirs, 2009

656 pages

Présentation de l’éditeur

Oscar Bane a exigé son admission dans le service psychiatrique de l’hôpital de Bellevue. Il redoute pour sa vie et prétend que ses blessures lui ont été infligées au cours d’un meurtre ; meurtre qu’il nie avoir commis. Il ne se laissera examiner que par Kay Scarpetta, médecin légiste expert, l’unique personne en qui il ait confiance. À la demande du procureur, Jaimie Berger, Kay se rend à New York City et entreprend cette enquête avec son époux Benton et sa nièce, Lucy. Elle n’est sûre que d’une chose : une femme a été torturée et tuée, et d’autres morts violentes sont à craindre. Kay se lance et très vite une vérité s’impose : le tueur anticipe avec précision où se trouve sa proie, ce qu’elle fait, et pire encore, les avancées des enquêteurs. Kay Scarpetta devra faire face à l’incarnation du mal…

Mon avis

C’est la veille du Nouvel An. Kay Scarpetta travaille dans son cabinet de médecine légale quand elle reçoit un coup de fil de son mari, psychologue et profiler pour la police : il y a eu un meurtre, une jeune femme a été tuée et son petit ami s’est fait agressé en entrant dans son appartement avant de découvrir son cadavre. OscarBane, le petit ami, est interrogé par la police et il n’accepte d’être examiné que par une seule personne : Kay Scarpetta. La procureur Jaime Berger lui demande alors de la rejoindre à New York pour examiner Bane et de rejoindre son ancien collègue, Pete Marino, et sa nièce, petit génie de l’informatique, pour enquêter. En parallèle, un blog en ligne, dont le but semble être de dénigré un certain nombre de personnalités, s’attaque à Scarpetta et publie deux articles diffamatoire sur elle.

Je partais avec deux sérieux handicaps en commençant la lecture de ce livre. Tout d’abord, ce livre est le seizième tome d’une série, une très longue série donc. Les personnages avaient donc un passif, des relations antérieures qui conditionnent leurs comportements les uns avec les autres. Il y a notamment de longues conversations à propos d’évènements déjà passés dans les tomes précédents. L’auteur ne largue pas pour autant son lecteur au milieu de ce groupe de personnages. Elle explique la situation passée, les sentiments des personnages les uns avec les autres. Mais pour autant, ces conversations entre les personnages sont beaucoup trop longues et ont tendance dans la première partie du livre à éclipser le reste, et en particulier le meurtre et l’enquête. Je n’ai donc été égarée dans cette histoire que peu de temps, mais c’est pas pour autant que les relations entre les personnages m’ont passionnées.

Ensuite il y a la dernière phrase de la quatrième de couverture : « Kay Scarpetta devra faire face à l’incarnation du mal… » Je DETESTE ce genre d’effet dans les livres et en particulier dans les quatrièmes de couverture. Je n’avais pas lu ce quatrième de couverture au moment où je l’ai acheté. Et puis, c’était il y a quelques années (oui, ce livre a passé des années dans ma bibliothèque sans que je le lise), et je n’étais peut-être pas aussi radicale par rapport à ces exagérations. Surtout que, ayant lu d’autres trucs bien plus stressant, glauque et pervers, je n’ai pas eu l’impression d’avoir affaire à l’incarnation du mal en lisant ce roman. J’admets que le criminel est un sadique manipulateur et pervers, mais j’ai lu et vu pire, donc « l’incarnation du mal » me semble un chouïa ridicule.

L’héroïne étant médecin légal, elle pratique des autopsies, visite les lieux du crime, et parle beaucoup de chacun des détails de ce qu’elle trouve, allant même jusqu’à expliciter des choses implicitement évidentes. Quand le pseudo d’Oscar Bane est « scarbane », on comprend implicitement que c’est une contraction de son nom et de son prénom, mais l’auteur se sent obligée de nous l’expliquer. Tout ça m’a donc paru un peu laborieux.

Le roman est donc très bavard, loin du genre de polar ou thriller que j’aime. Il y a d’ailleurs peu d’action jusqu’à la dernière cinquantaine de page. Le dénouement est assez chouette, et fait paraître un criminel diabolique et manipulateur, mais loin d’être l’incarnation du mal à mes yeux.

Malgré un dénouement qui rattrape un peu le tout, ça reste un roman sans grande surprise, loin d’être aussi effrayant que ne l’annonce la quatrième de couverture. Je n’ai pas ressenti de suspens ou de tension, simplement lassée de ces conversations parfois inutiles et futiles à n’en plus finir.

ABC thriller polars

Origine – Diana Abu-Jaber

Couverture - Origine

Diana ABU-JABER

Origine (traduit par Edith Ochs)

Editions Sonatine, 2010

500 pages

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Présentation de l’éditeur

Syracuse, Etat de New-York. L’hiver est terrible, la ville est sous la neige, battue par les vents glacés. Lena, experte en empreintes digitales, travaille à l’unité scientifique de la police. C’est une jeune femme renfermée, à l’équilibre fragile, qui, en dépit de compétences exceptionnelles, préfère rester dans l’ombre et se consacrer aux cas de violence faites aux enfants, conséquence peut-être d’un passé tourmenté. Orpheline trouvée dans d’étranges circonstances à l’âge de deux ans, Lena ignore en effet tout de ses origines.

Son parcours croise un jour celui d’Erin Cogan, dont le bébé vient de décéder. Les médecins ont diagnostiqué une mort subite du nourrisson, la mère ne les croit pas. On a tué son fils, elle en est sûre. Bien vite, le doute s’insinue aussi dans l’esprit de Lena, qui découvre un nombre anormal de cas similaires dans la région. Y aurait-il vraiment un serial killer qui s’attaque aux bébés ? Plus étrange encore, Lena sent confusément que l’énigme de ses origines est lié à Erin et aux meurtres des enfants. Parviendra-t-elle à reconstituer son histoire et à percer le sombre secret de ses origines ? Malgré la pression de la presse qui s’empare de l’affaire, malgré les menaces qui pèsent sur sa vie, Lena ira au bout d’une enquête passionnante.

Mon avis

Lena est technicienne de laboratoire. Elle relève et analyse les empreintes d’objets rapportés de scènes de crime. Son statut lui empêche d’aller sur le terrain, car cela et la rencontre avec les victimes compromettraient son point de vue objectif de scientifique. Pourtant, quelques années plus tôt, son chef l’a emmené sur une scène de crime car l’enquête piétinait. Grâce à son intuition, Lena avait trouvé de nouveaux éléments qui ont permis de trouver le coupable. Ayant connaissance de cette réussite, c’est elle qui vient trouver Erin Cogan quand elle cherche à exposer ses soupçons sur la mort de son fils. L’enquête a conclu à une mort subite du nourrisson (MSN), mais Erin est persuadé que quelqu’un a tué son enfant. Lena est touché par sa douleur, mais elle ne croit pas tout de suite à un tueur. Quand d’autres cas sont signalés et que les berceaux envahissent la salle des scellés du laboratoire, elle s’interroge, sentant confusément que ces morts sont liées à son passé. A trois ans, elle a été recueillie par Pia et Henry, mais ceux-ci ne l’ont jamais adoptée. Avant son arrivée dans leur famille, elle a des images de forêt, de singes et d’oiseaux. Elle est persuadée d’avoir été recueillie par une famille de singe quand elle était bébé à la suite d’un accident d’avion. Elle a d’ailleurs conservé une dent accrochée à une chaîne comme une sorte de porte-bonheur.

L’auteur a construit des personnages intéressants et complexes. Lena est fascinante. Elle est un peu asociale, vit dans un immeuble délabré. Sa sensibilité la rend touchante et j’ai beaucoup apprécié suivre l’enquête qu’elle mène, dans son passé, auprès de sa famille, et sur les maisons hantées par la mort des bébés. Elle est secondé par l’inspecteur Keller Duseky. Lui-même semble droit et courageux, la fine fleur des inspecteurs, cordialement méprisé par Charlie, le mari de Lena dont elle est séparée depuis quelques années. Mais ce dernier révèle un étrange attachement pour Lena et une profondeur inattendue.

Syracuse est prise dans l’hiver. Cette omniprésence de la neige et du froid recouvre le roman d’une atmosphère glaçante, étouffante. Tout nous est raconté par les yeux de Lena. Elle est au centre de l’action et pourtant elle voit d’une manière assez froide, plongée dans son propre monde intérieur. Son histoire est troublante.

J’ai beaucoup aimé ce roman, un thriller loin de l’action trépidante, en plongée dans l’intériorité d’une femme effacée, avec ses traumatismes, mais bien décidée à trouver le fin mot de l’histoire, de son histoire. Le manque d’action de m’a pas gênée. J’ai été bercée par l’écriture, fascinée par la personnalité de Lena, sa manière d’être touchée par ce qui l’entoure, ses sens aiguisés, son intuition animale. Ce n’est pas un livre haletant et trépidant, mais, malgré quelques longueurs, il n’en est pas moins envoutant.

ABC thriller polars

La forêt des ombres – Frank Thilliez

Couverture - La forêt des ombres

Frank THILLIEZ

La forêt des ombres

Editions Le Passage, 2006

394 pages

Collection Ligne noire

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Présentation de l’éditeur

Paris, hiver 2006. Arthur Doffre, milliardaire énigmatique, est sur le point de réaliser un rêve vieux de vingt-cinq ans : ressusciter un tueur en série, le Bourreau 125, dans un livre. Un thriller que David Miller, embaumeur de profession et auteur d’un premier roman remarqué, a un mois pour écrire contre une forte somme d’argent. Reclus dans un chalet en pleine Forêt-Noire, accompagné de sa femme et de sa fille, de Doffre et de sa jeune compagne, David se met aussitôt au travail. Mais il est des fantômes que l’on ne doit pas rappeler, et la psychose saisit un à un tous les occupants de la ténébreuse demeure cernée par la neige…

Mon avis

J’ai toujours du regret à mal parler des livres. Quand je commence un livre qui m’a attiré, j’ai envie de l’aimer, d’être captivée, d’apprécier cette lecture, et quand il y a une déception, j’essaie de nommer clairement ce qui ne m’a pas plu sans pour autant oublier de souligner les qualités que j’ai pu noter.

Bon, là, il ne sera pas question de ça : ce roman m’a profondément énervée et avant que je lise un autre roman de cet auteur, il va falloir être très persuasif ou alors me menacer.

Je l’ai lu début juin. Je pense pouvoir dire que je l’ai lu à un bon rythme, curieuse de savoir ce que cela allait donner, mais de plus en plus mécontente de ce que je lisais. Deux choses m’ont tellement énervée que j’en ai oublié tout le reste : le « c’est évident que ça va finir mal » et les personnages.

David est contacté par Arthur Doffre d’une manière singulière : le vieil homme étant handicapé, c’est son homme de main qui conduit David à sa voiture pour lui faire sa proposition : écrire un livre sur un tueur en série tristement célèbre, et l’inclure dans l’histoire en tant qu’enquêteur. En plus d’un gros chèque, David pourra aller en vacances avec sa femme et sa fille dans un chalet perdu dans la forêt pour écrire. Le genre de chalet où l’on fait des expériences sur des cadavres de cochons, qui a été construit autour d’un arbre imposant qui produit un tas de bruits épouvantables et bien sûr dans une partie de la forêt où les communications ne passent pas. Dans la manière dont est amené la chose par l’auteur, il est évident que ça va mal finir, mais non les personnages s’empressent d’accepter, pensant que cette excursion dans un pittoresque chalet, que ces vacances vont leur permettre de résoudre tous leurs problèmes. Je crois que si on me parle d’une forte somme et d’un séjour d’un mois dans un chalet perdu dans la Forêt noire, alors que c’est l’hiver et que ça ne capte pas, je ricane au nez de celui qui me fait la proposition et je me taille, les jambes à mon cou ! C’est tellement évident que ça va virer au glauque qu’on en veut aux personnages de s’être fait avoir !

Tout va alors se jouer en huis clos. Les passions vont alors se déchaîner. Les reproches des uns aux autres, les engueulades, tout ça tout ça, ça me fatigue. C’est à la limite de la caricature en plus. Pour faire une comparaison foireuse, cet effet là de huis clos et de déchirement entre personnages est beaucoup mieux rendu dans L’étrangleur de Cater Street d’Anne Perry (je dis foireuse, parce que autres temps, autres lieux, autres moeurs). Les conflits, la peur et l’atmosphère de défiance généralisée m’ont beaucoup plus marqué alors que ça se passe dans un salon bourgeois londonien et non pas dans un chalet au milieu de nulle part.

Les personnages sont de plus en plus détestables, dépourvu du moindre bon sens ou de la compassion ou de l’éclat d’intelligence qui pourrait les rendre intéressants, mais ce n’est pas le cas. Ce sont des blocs de clichés, vus et revus, désagréables au possible, sans qu’on puisse s’attacher à aucun d’eux, ce qui aurait pu faire oublier tous les autres gros défauts que j’ai déjà soulignés.

Et puis il y a un déchaînement de l’horreur gratuit qui me dégoute profondément, sans créer aucun sentiment type fascination ou délicieux frisson qui le rende acceptable.

Tout ça pour dire que j’ai cette lecture en horreur et qu’y repenser m’irrite. Maintenant que tout ça a été mis par écrit et que j’ai enfin passé mon coup de gueule, je vais pouvoir passer à d’autres lectures bien plus intéressantes !

coup-de-gueule

ABC thriller polars

Shokuzai – Kiyoshi Kurosawa

Affiche - Shokuzai

Année de production : 2012. Série japonaise (5 épisodes), diffusée sous la forme de deux films en France.

Genre : Drame.

Réalisé par : Kiyoshi Kurosawa.

Avec : Kyôko Koizumi, Hazuki Kimura, Yû Aoi, Eiko Koike, Sakura Ando, Ayumi Ito, Teruyuki Kagawa …

Synopsis :

Dans la cour d’école d’un paisible village japonais, quatre fillettes sont témoins du meurtre d’Emili, leur camarade de classe. Sous le choc, aucune n’est capable de se souvenir de l’assassin. Asako, la mère d’Emili, désespérée de savoir le coupable en liberté, convie les quatre enfants chez elle pour les mettre en garde : si elles ne se rappellent pas du visage du tueur, elles devront faire pénitence toute leur vie. Quinze ans après, que sont-elles devenues ? Sae et Maki veulent se souvenir. Akiko et Yuka veulent oublier. Et la mère d’Emili, que cherche-t-elle encore après tout ce temps ?

Mon avis

Cette série diffusée sous la forme de cinq épisodes au Japon a été diffusée en France sous la forme de deux films. Je les ai vus à leur sortie en salle, mais ai eu l’occasion de revoir la série depuis.

Tout commence un jour d’école. Emili vient de déménager, c’est une nouvelle élève. Son institutrice la présente au reste de la classe. Emili devient amie avec quatre autres filles : Sae, Maki, Akiko et Yuka. Elles jouent dans la cour, se rendent les unes chez les autres et puis c’est le drame. Alors qu’elles jouent au ballon sur un terrain non loin de l’école, un étranger les aborde. Il répare un ventilateur dans l’école, mais ne parvient pas à atteindre un endroit et demande l’aide au petit groupe. Il désigne Emili, qui malgré l’insistance des autres pour y aller toutes ensemble, le suit. Alors qu’elle tarde à revenir, les autres filles se rendent dans le gymnase pour chercher Emili, mais elles la découvrent morte.

Maki, la plus débrouillarde assigne un rôle à chacune : elle ira chercher un professeur pendant que Akiko et Yuka iront prévenir la mère d’Emili et la police. Sae reste sur les lieux.

La police enquête, mais les fillettes, seules témoins, sont incapables de décrire le meurtrier, choquées la mort de leur amie. Un jour, la mère d’Emili les réunit toutes chez elles pour les mettre en garde et les accuser : à cause d’elles, l’assassin d’Emili court toujours et elles devront expier leur faute toute leur vie.

Quinze ans plus tard, nous retrouvons les quatre filles. Elles vivent loin l’une de l’autre. Chacune a eu sa manière de gérer les chose et de vivre avec.

Sae travaille dans un institut. Elle est réservée et apeurée. Son corps a refusé de grandir. Pourtant, elle rencontre un homme lors d’un rendez-vous arrangé qui lui demande de l’épouser. Elle accepte, malgré ses manies bizarres, et se retrouvera prisonnière volontaire d’une vie cloitrée dans un grand appartement impersonnel.

Maki est devenue une institutrice rigoureuse. Marquée par ce qui est arrivée à Emili, elle est sévère envers les petites filles trop jolies. Elle pratique le Kendo, de l’escrime pratiquée avec un sabre, ce qui lui permet de se débarrasser d’un homme qui menace ses élèves à la piscine. Devenue une héroïne au sein de l’école, elle est vite dénigrée, jugée trop violente envers ses collègues et les enfants.

Akiko, après le meurtre d’Emili, a choisi de vivre comme un ours. Pas de belles robes pour elle, ni de maquillage, pas d’études ou de métier. Elle raconte son histoire à Asako, la mère d’Emili, qui vient lui rendre visite en prison où elle est enfermée pour avoir tué son frère.

Yuka est fleuriste. Manipulatrice, elle est capable de faire beaucoup de choses pour arriver à ses fins. Cela inclut séduire le mari de sa soeur, policier, parce qu’elle fantasme sur cette profession, et pour se venger de sa soeur qui, étant malade petite, a toujours eu toute l’attention de ses parents. Elle refuse la pénitence imposée par Asako, mais elle est la première à trouver un indice sur le meurtrier, en entendant sa voix à la radio.

Après la mort d’Emili, Asako a eu un autre enfant. Elle a poursuivi sa vie avec son mari et a déménagé. Sa vie croise de temps en temps celles des quatre amies de sa fille. Contactée par Yuka, elle poursuit l’enquête sur le meurtrier d’après les indications de la jeune femme. Celles-ci la mène dans une école dans la montagne et lui fait rencontrer un homme aimé et perdu de vue depuis des années, quitté dans des circonstances dramatiques.

Chaque histoire se termine de manière tragique. Cette période des quinze ans plus tard, contrairement  l’enfance insouciante et colorée, est terne et grise, délavée, fanée. Il y a une ambiance troublante, comme s’il y avait quelque chose de malsain, de tordu qui planait au dessus de chacune des femmes.Ces deux films ont/cette série a une puissante qui la rend angoissante. Les personnages sont rongés par la culpabilité, traumatisés, ou alors vivent dans un déni rebelle, mais pas moins dévastateur. La catastrophe initiale est envisagée à chaque épisode sous l’angle d’un personnage différent. Je trouve ces procédés brillants. Ils créent une tension qui accroche, qui émeut et qui angoisse. Chacune a sa propre manière de faire face au traumatisme, mais aucune n’est vraiment heureuse, aucune n’a une vie vraiment saine. J’ai vraiment accroché à cette histoire, cette esthétique et à cette ambiance névrotique de thriller couplé à un drame psychologique. Les actrices sont toutes très bonnes. Il est difficile de s’attacher à elles, notamment à cause de ce qu’elles sont : pas des personnages très positifs. Yuka, m’a été particulièrement antipathique, et l’histoire de Sae m’a paru être la plus effroyable et la plus malsaine. J’en frissonne encore.

Des films en quelques mots (2)

Le blabla introductif sur le pourquoi est . Quant au reste, le titre de l’article me semble suffisamment explicite.

Une arnaque presque parfaite, Rian Johnson

Affiche - une arnaque presque parfaiteLong métrage américain, sorti en 2008, avec Adrian Brody, Mark Ruffalo, Rachel Weisz…

Genre : Thriller, drame, romance

Synopsis

Deux frères sont spécialisés dans les arnaques de haut vol. Rien n’est impossible pour eux et les mises en scène sont toutes plus spectaculaires les unes que les autres. Lorsqu’ils s’attaquent à une riche héritière excentrique, ils ne se doutent pas qu’ils vont avoir à faire à une charmante manipulatrice qui cache bien son jeu.

Mon avis

Le film m’a laissé un sentiment mitigé et confus. L’aspect manipulation des personnages entre eux et des spectateurs par les auteurs du film tourne un peu en rond et, au bout d’un moment, ça devient mollasson. J’ai eu beaucoup de mal à accrocher et je ne suis pas très convaincue par cette histoire d’arnaque. Je n’ai peut-être rien compris du tout, mais ce que j’ai vu ne m’a pas incitée à y porter beaucoup d’attention.

Gangs of New York, Martin Scorsese

Affiche - Gangs Of New YorkLong métrage américain, sorti en 2003, avec Leonardo DiCaprio, Daniel Day-Lewis, Cameron Diaz…

Genre : Historique, drame, action

Synopsis

En 1846, le quartier de Five Points, un faubourg pauvre de New York, est le théâtre d’une guerre des gangs entre émigrants irlandais d’un côté, les Dead Rabbits menés par Père Vallon, et les Native Americans de l’autre, dirigés par le sanguinaire Bill le Boucher. Ce dernier met rapidement en déroute les Dead Rabbits en assassinant leur chef, et prend par la même occasion le contrôle exclusif des rues de la « grosse pomme ». Afin de renforcer ses pouvoirs, Bill s’allie avec Boss Tweed, un politicien influent. Seize ans plus tard, le gang des Native Americans règne toujours en maître dans New York. Devenu adulte, Amsterdam Vallon souhaite venger la mort de son père en éliminant Bill. Mais sa rencontre avec Jenny Everdeane, une énigmatique pickpocket dont l’indépendance et la beauté le fascinent, va compliquer les choses…

Mon avis

Ce film prend place dans un contexte historique intéressant : nous sommes en plein dans la Guerre de Sécession. On recrute les soldats dans les quartiers pauvres, ce qui provoque des émeutes, des lynchages et exacerbe le racisme envers les noirs et les immigrés. Je suis curieuse de savoir quelle est l’exactitude des faits historiques rapportés ici. Au delà de ça, j’ai globalement aimé : le propos, le jeu des acteurs, la réalisation… mais ce sont vraiment cette Histoire au delà de l’histoire de Amsterdam Vallon qui m’a intéressée.

Constantine, Francis Lawrence

Affiche - ConstantineLong métrage allemand, américain, sorti en 2005, avec Keanu Reeves, Rachel Weisz, Shia LaBeouf…

Genre : Action, fantastique, épouvante-horreur

Synopsis

John Constantine, extralucide anticonformiste, qui a littéralement fait un aller-retour aux enfers, doit aider Katelin Dodson, une femme policier incrédule, à lever le voile sur le suicide mystérieux de sa soeur jumelle. Cette enquête leur fera découvrir l’univers d’anges et de démons qui hantent les sous-sols de Los Angeles d’aujourd’hui.

Mon avis

Constantine se retrouve à démêler un complot ourdi par le fils du diable pour envahir le monde des hommes avec des hordes de démons. J’avoue que c’est le genre d’histoire qui me laisse froide et sceptique sur le principe et indifférente sur le reste. Le seul truc qui m’a vraiment plu c’est l’apparition de Satan incarné par Peter Stormare. Sinon, c’est peut-être un bon film, mais c’est difficile d’en juger puisque ce qu’il raconte ne m’a pas convaincue.

Infernal Affairs, Wai-keung Lau et Alan Mak

Affiche - Infernal AffairsLong métrage hong-kongais, sorti en 2004, avec Tony Leung Chiu Wai, Andy Lau, Anthony Wong Chau-Sang…

Genre : Policier, drame, thriller

Synopsis

Ming est une taupe dans la police de Hong Kong, implantée là par les bons soins du patron de la triade. Yan est un policier infiltré dans la triade depuis dix ans. Son casier judiciaire bien alourdi par les années est là pour témoigner de sa réussite. Parfaite symétrie des situations et des hommes : Ming et Yan sont également fatigués des rôles que leur font jouer, dans l’ombre, leurs patrons respectifs. Ming rêve de devenir un vrai policier. Yan est las de tuer au nom de la justice et voudrait pouvoir se retirer enfin.

Mon avis

J’en veux à Scorsese pour son spoil dans Les Infiltrés. Parce que Infernal Affairs c’est exactement la même intrigue au rebondissement près. Je m’en doutais et malgré tout, ça m’a perturbée. A part ça, Infernal Affairs est un très bon film. Je vais donc tâcher d’oublier Les Infiltrés pour me concentrer sur Infernal Affairs. Les deux acteurs principaux sont très bons. Ils incarnent deux personnages fatigués de leur double vie, s’interrogeant parfois à qui va leur loyauté. L’atmosphère est marquante : silence et lenteur n’introduisent pas moins de tension dans une intrigue millimétrée et nerveuse. C’est du grand thriller. A voir (avant Les Infiltrés !)

Austenland, Jerusha Hess

Long métrage britannique, produit en 2013, avec Keri Russel, J. J. Field, Jennifer Coolidge, Bret McKenzie…

Genre : Comédie, romance

Synopsis

Obsédée par la mini-série de la BBC « Orgueil et préjugés », une jeune femme se rend dans le parc d’attraction consacré à Jane Austen afin de trouver l’homme idéal.

Mon avis

Jane Hayes, une jeune femme fan de l’univers d’Orgueil et préjugés, se paie un séjour à Austenland pour une plongée au coeur de l’époque de l’écrivain, avec tenues et courtoisie d’époque, et même des acteurs payés pour faire vivre aux visiteuses une belle romance. Ce film est drôle et plaisant. Ça ne défrise pas, mais on passe un bon moment.

Le dernier samouraï, Edward Zwick

Affiche - le dernier samouraïLong métrage américain, sorti en 2003, avec Tom Cruise, Ken Watanabe, Timothy Spall…

Genre : Historique, guerre

Synopsis

En 1876, le capitaine Nathan Algren vit avec les souvenirs des batailles sanglantes menées contre les Sioux. Fort de son expérience au combat, il devient conseiller militaire pour le compte de l’empereur japonais soucieux d’ouvrir son pays aux traditions et au commerce occidentaux et d’éradiquer l’ancienne caste guerrière des samouraïs. Mais ceux-ci influent sur le capitaine Algren, qui se trouve bientôt pris entre deux feux, au coeur d’une confrontation entre deux époques et deux mondes avec, pour le guider, son sens de l’honneur.

Mon avis

Alors qu’il est au Japon pour entraîner les armées de l’empereur et combattre la rébellion de seigneurs samouraï, Algren est capturé par ces derniers lors d’une bataille. Soigné, nourri, il est accueilli par Kastumoto qui souhaite apprendre à connaître son ennemi. Algren se met à fréquenter les samouraïs. Initié à la voix du sabre, il appréhende peu à peu leurs valeurs et leur sens de l’honneur. Il est alors pris entre les traditions de cette caste de guerriers et la modernité qu’impose le monde occidental. Le tout n’est pas très subtile : c’est la marche dévastatrice du progrès pour créer un monde moderne contre les traditions millénaires, celles des Indiens d’Amérique comme celles des samouraïs. Ca reste un bon film. J’ai beaucoup aimé découvrir le Japon féodal et ses valeurs à travers les yeux de Nathan qui retrouve grâce à cette façon de vivre et à cette philosophie une paix intérieure depuis longtemps perdue. Tom Cruise a un rôle parfait pour lui et Ken Watanabe est plus que convaincant dans son rôle de chef de guerre charismatique. Le dernier samouraï est une fresque épique, puissante, servie par de beaux décors et une musique époustouflante.