Petites coupures à Shioguni – Florent Chavouet

Florent CHAVOUET

Petites Chroniques à Shioguni

Editions Philippe Picquier, 2014

184 pages

Présentation de l’éditeur

Kenji avait emprunté de l’argent à des gens qui n’étaient pas un banque pour ouvrir un restaurant que n’avait pas de clients. Forcément quand les prêteurs sont revenus, c’était pas pour gouter les plats.


 Ces deux phrases résument très mal cette bande dessinée ! Mais est-il vraiment possible de la résumer ? Disons que ces deux phrases sont une mise en bouche qui recèle tellement plus que ce que ça paraît être.

Cette introduction est brouillonne et elle le restera. En effet, je n’ai aucune intention de l’éclaircir, pour garder de quoi vous communiquer aussitôt mon enthousiasme : c’était génial !

Florent Chavouet est l’auteur de Tokyo Sanpo et Manabé Shima, deux carnet de voyages dessinés sur le Japon. Ici, il reste dans le même coin du monde, mais dans le genre polar, et encore un polar assez particulier.

Petites coupures à Shioguni est le récit d’une nuit dans le quartier de Shioguni. Il met en présence plusieurs personnages : un cuisinier, trois yakuzas, une jeune voleuse, un commissaire affamé, deux policiers, un chauffeur de taxi, un petit garçon… se croisent lors d’une nuit mouvementée, mais dont les causes et les facteurs ne pas bien identifiés. Et c’est donc un enquêteur déterminé, que l’on ne voit jamais, qui va tirer tout ça au clair. La BD mêle de manière artistiquement désordonnée (c’est-à-dire que le bazar apparent est savamment organisé pour les besoins de l’intrigue et son suspens) les pages d’un carnet de notes, les évènements de la nuit racontées de manière chronologique, et des entretiens menés avec les différents protagonistes.

On a l’impression d’avoir affaire à un joyeux méli-mélo (il y a un tigre, nom de Zeus, un tigre !), mais on se rend compte à la fin que c’était soigneusement orchestré pour découvrir la fin de l’histoire. Cet éclatement du récit ne sert qu’à mieux semer le lecteur qui va alors reconstruire petit à petit les évènements de la fameuse nuit.

Le dessin est riche, coloré, et le tout ne manque pas d’humour. J’adore ce style, j’adore ces histoires qui sèment des fausses pistes et jouent de cette manière avec l’intrigue. J’adore ces livres qui ne sont pas ce qu’ils ont l’air d’être, qui allient le visuel et le récit pour  surprendre et déjouer toutes les attentes qu’on pouvait avoir à son propos. J’adore et je conseille dans la foulée (j’ai posé la BD au milieu du salon, chez mes parents et elle a été lue et appréciée de nombreuses fois !).

Pour finir de vous convaincre, sachez que cette bande dessinée a remporté le Fauve Polar SNCF du Festival d’Angoulême.

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