Le Vieux qui lisait des romans d’amour – Luis Sepúlveda

Luis SEPÚLVEDA

Le Vieux qui lisait des romans d’amour (traduit par François Maspero)

Editions Métailié, 2004

138 pages.

Présentation de l’éditeur

Antonio José Bolivar Proaño a longtemps vécu avec les Indiens Shuars, il connait la forêt amazonienne, il respecte les animaux qui la peuplent. Il a aussi une autre passion : les romans d’amour, le vrai, celui qui fait souffrir.

Quand on retrouve le cadavre d’un chercheur d’or, on accuse aussitôt les Indiens Shuars. Antonio José Bolivar reconnait la marque d’un fauve et décide de s’arracher pour un temps à la lecture de ses précieux romans pour partir chercher le félin. Il est le seul à pouvoir accepter le duel avec le fauve.

Un livre plein de charme dont l  souvenir ne nous quitte plus.


Le ciel était une panse d’âne gonflée qui pendait très bas, menaçante, au dessus des têtes.

Ainsi s’ouvre Le Vieux qui lisait des romans d’amour. El Idilio est une ville que j’imagine boueuse, écrasée par un ciel plombant ou une pluie diluvienne, en bord de fleuve, cernée par la forêt. C’est un lieu de passage, en bordure, entre une civilisation occidentale qui est comme un rouleau compresseur, et une vie ancrée dans la nature sauvage, respectueuse de ses règles et de ses habitants.

Ce jour-là, la pluie s’annonce. Sur le quai, un bateau décharge sa cargaison, le dentiste de passage arrache des dents, vend ses dentiers et râle contre le gouvernement. Antonio José Bolivar Proaño attend ses romans d’amour. A l’âge qu’il a, la lecture de ces histoires douloureuses reste un de ses seuls plaisirs. Il a  partagé un temps la vie des Indiens Shuars, il connaît leurs rituels, et la vie dans la forêt, et il a trop souvent constaté la barbarie du monde.

Ce jour-là, sur le quai, des Indiens amènent un cadavre. Un gringo tué dans la forêt. Ses blessures sont éloquentes. Antonio José Bolivar Proaño comprend qu’une femelle jaguar l’a attaquée et qu’elle va continuer à s’en prendre aux humains.La chasse au fauve commence alors pour finir dans un splendide affrontement.

Un Viejo que leía novelas de amor, publié en 1988, est un roman qui mérite de multiples lectures et relectures.

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Sans forme – Gail Carriger

Gail CARRIGER

Une Aventure d’Alexia Tarabotti, Le protectorat de l’ombrelle, 2. Sans forme

(Traduit par Sylvie Denis)

Editions Orbit, 2011

318 pages

Présentation de l’éditeur

Un jour qu’elle se réveille de sa sieste, s’attendant à trouver son époux gentiment endormi à ses côtés comme tout loup-garou qui se respecte, elle le découvre hurlant à s’en faire exploser les poumons. Puis il disparaît sans explication… laissant Alexia seule aux prises avec un régiment de soldats non-humains, une pléthore de fantômes exorcisés, et une reine Victoria qui n’est point amusée du tout.

Mais Alexia est toujours armée de sa fidèle ombrelle et des dernières tendances à la mode, sans oublier un arsenal de civilités cinglantes. Et même quand ses investigations pour retrouver pour retrouver son incontrôlable mari la conduisent en Ecosse, le repère des gilets les plus laids du monde, elle est prête !


Alexia, devenue Lady Maccon, la comtesse de Woolsey, a plus d’obligations que jamais. Auprès de son mari, auprès de la meute dont elle fait désormais partie, auprès de la Reine en tant que mujah par sa condition paranaturelle, sans compter son amie Ivy qui a un faible pour les chapeaux monstrueux et un certain comédien porte-clés de la meute, ou encore sa soeur Félicité, confiée à sa garde pour son plus grand malheur.

Alexia se retrouve cette fois-ci à enquêter sur un phénomène étrange qui empêche les surnaturels, vampires et loups-garous, de prendre leur véritable forme, et qui exorcise les fantômes dans un périmètre bien délimité. Arme ? Maladie ? Elle est chargée de démêler tout cela et d’empêcher que cela se reproduise. Elle tente aussi de suivre son mari alors que celui-ci enquête de son côté ou se rend en Ecosse pour des obligations familiales sans lui en parler.

On retrouve des éléments du premier tome, entre le langage haut en couleur d’Alexia, sa relation avec Connall, entre sarcasme, dispute et amour fou (charnel ou pas). Le Steampunk est toujours bien présent, entre un voyage en dirigeable, un appareil de transmission de message très particuliers, l’étherographe, et la présence d’un nouveau personnage intriguant, une inventrice française qui s’habille avec un pantalon (ce qui choque la bonne société anglaise, même Alexia et son sens du bon goût). L’aspect scientifique est tout de même moins présent.

Ce second tome se déroule donc entre action, enquête et intrigue plus intime. J’ai passé un aussi bon moment, peut-être même meilleur, qu’avec Sans âme, le premier tome, et si quelques points m’ont moins plu, ce ne sont pas le même que ceux que j’avais soulevés dans le premier tome. Certaines révélations sont notamment un peu trop évidente, mais j’ai trouvé ce second tome plus intéressant dans l’ensemble. On va par exemple connaître des éléments du passé de Connall Maccon, puis en savoir plus sur les paranaturels, et puis l’intrigue va se terminer sur un cliffhanger qui m’a laissée sur le c*l.

C’est une très bonne suite de saga. Je me suis régalée en le lisant, riant à de nombreuses reprises aux réparties piquantes des personnages ou à leurs réflexions coquasses. Je me suis facilement immergée dans l’histoire, le tout pour mon grand plaisir !

A lire donc, si vous avec lu Sans âme, sans plus attendre !

ABC Imaginaire 2015 v2

Le Tour du monde en 80 jours – Jules Verne

Couverture - Le Tour du monde en 80 jours

Jules VERNE

Le Tour du monde en 80 jours

Editions Maxi-poche, 1994

285 pages

Collection Classique français

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Présentation de l’éditeur

Excellent narrateur qui n’écrivait, mêlant prudemment l’imagination et la vraisemblance, qu’après s’être soigneusement documenté dans le domaine scientifique, Jules Verne (1828-1905) a bâti une oeuvre qui comprend plus de soixante-dix romans dont plusieurs ont inspiré des films.

Parmi eux Le Tour du monde en 80 jours (1876), l’un des romans d’aventures les plus lus dans le monde. Phileas Fogg, le flegmatique gentleman de Londres et son valet Passepartout, modèle de débrouillardise, sont des personnages universels et le défi qu’ils lancent au temps : boucler le tour de la planète en moins de trois mois reste, un siècle plus tard, un modèle d’ingéniosité.

Mon avis

Phileas Fogg, flegmatique, inébranlable, mène une vie aussi réglée que du papier à musique, au grand contentement de son serviteur Passepartout, tout juste engagé. Mais le jour même de cette embauche, Mr. Fogg passe un pari fou avec d’autres gentlemen de son club : faire le tour du monde en moins de 80 jours grâce au moyens de transports disponibles, steamer, train, etc. A peine rentré chez lui, Phileas fait ses bagages et embarque avec son domestique pour le tour du monde. Le jour même, un vol est commis à la banque d’Angleterre. Le suspect est décrit comme un gentleman et on le suppose parti loin de l’Angleterre pour mettre son magot en sûreté. L’inspecteur Fix, guettant les arrivées à Suez, trouve que la description du suspect correspond trop bien à celle de Mr. Fogg. Ne pouvant l’arrêter faute d’un mandat, il décide de le suivre pour en apprendre plus sur le gentleman.

Fogg et Passepartout vont vivre d’étonnantes aventures en Inde, au Japon ou aux Etats Unis, alors qu’ils s’échinent – très paisiblement pour le calme Mr. Fogg – dans cette course contre la montre.

Le style de Jules Verne est dynamique, il ajoute du piment à son roman avec des péripéties amusantes et fournit à ses lecteurs une visite gratuite des villes et des pays traversés : encore mieux qu’un guide touristique ! L’aventure se révèle au final sans grande surprise, mais j’ai pris grand plaisir à découvrir ce classique et l’univers de Jules Verne.

Le Déchronologue – Stéphane Beauverger

Couverture- Le déchronologue

Stéphane BEAUVERGER

Le Déchronologue

Editions La volte, 2009

389 pages

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Présentation de l’éditeur

« A tous les buveurs de tafia et à tous ceux qui restent debout. »

Au XVIIème siècle, sur la mer des Caraïbes, le capitaine Henri Villon et son équipage de pirates luttent pour préserver leur liberté dans un monde déchiré par d’impitoyables perturbations temporelles. Leur arme : le Déchronologue, un navire dont les canons tirent du temps.

Qu’espérait Villon en quittant Port-Margot pour donner la chasse à un galion espagnol ? Mettre la main, peut-être, sur une maravilla, une des merveilles secrètes si rares, qui apparaissent quelques fois aux abords du Nouveau Monde Assurément pas croiser l’impensable : un léviathan de fer glissant dans l’orage, capable de cracher le foudre et d’abattre la mort !

Lorsque des personnages hauts en couleur, au verbe fleuri ou au rugueux parler des îles, croisent objets et intrus venus du futur, un souffle picaresque et original confronte le récit d’aventures maritimes à la science-fiction. De quoi être précipité sur ces rivages lointains où l’Histoire éventrée fait continûment naufrage, où les marins affrontent tous les temps. Car avec eux, on sait : qu’importe de vaincre ou de sombrer, puisque l’important est de se battre !

Mon avis

Le Déchronologue nous offre les cahiers du capitaine Henri Villon, récit de son périple dans les Caraïbes et témoignage sur les terribles évènements qui ont agité cette partie du monde : des maravillas, des merveilles qui sont retrouvées dans la mer, ou encore des bateaux venus d’un autre temps qui sont venus voguer entre les îles. A la fois acteur et victime, Villon se retrouve aux premières loges pour assister au cataclysme. Il l’annonce dès la première ligne : il va mourir, sa frégate est sur le point de sombrer et les cahiers qu’il lègue à la postérité sont les seules choses qui témoigneront de son passage dans le monde. Ce début à l’air tragique. Comment Villon en est-il arrivé là ?

1640 : Villon se réunit avec d’autres capitaines français, flibustiers comme lui, pour organiser la conquête d’une île afin de limiter l’expansion des espagnols. Il est aussi à la recherche de maravillas ces objets étranges et merveilleux qui apparaissent et témoignent d’une technologie et d’une modernité phénoménale. Il poursuit un navire espagnol dont il soupçonne la cale d’être pleine de maravillas, mais pris en chasse pas des navires de guerre plus rapide et défendant le galion, il se perd dans une tempête de laquelle émerge une monstrueuse silhouette, celle d’une monstre de fer, d’une montagne qui engloutit sans effort ses poursuivants. Au fil des ans ce navire gigantesque va imposer sa présence, détruire des ports entiers et terroriser les quelques survivants du cataclysme qui frappe les îles des Caraïbes, des ouragans temporels destructeurs. La mer devient le seul refuge pour Villon et ses marins, le Déchronologue la seule arme capable de lutter contre ces envahisseurs d’autres temps.

L’épopée de Villon est un récit de longue haleine, traversé d’épreuves, de dépressions, de trahisons et de manipulations. Et pour ne pas faciliter la chose, les chapitres sont présentés dans le désordre. C’est déroutant au premier abord, mais on se laisse facilement emporter dans ce récit entre histoire de piraterie et science-fiction temporelle. C’est pas très clair exprimé ainsi, mais je ne peux qualifier ce roman d’uchronie. Pour moi, le principe de l’uchronie est de modifier un évènement historique pour ensuite imaginer comment le monde a pu évoluer suite à cet évènement. Là, on est plus dans le dérèglement temporel, comme une sorte de voyage dans le temps mal réglé, qui aurait amené dans le monde des objets, et des personnes d’autres temps, dont la présence aurait bien sûr bouleversé l’ordre établi. Cependant, ne vous y trompez pas, le roman est bien documenté sur l’histoire des flibustiers et de la vie dans les Caraïbes dans ces années-là. Le réalisme est saisissant et le style se prête au jeu, tant dans l’écriture que dans les paroles des dialogues où les nombreux jurons, entre autres, apportent un certain exotisme. On s’amuse également des anachronismes, du rock qui passe dans une gargote miteuse d’Hispaniola (qui deviendra Haïti), alors que des soudards se menacent à l’épée.

Le héros est étonnamment attachant. Sa psychologie est très fouillée. Comme c’est lui raconte l’histoire, on a droit à ses pensées, ses états d’âmes, ses constats sur la nature des hommes. C’est qu’il en a vu, Villon. Il a survécu au naufrage de son premier bateau, il a été emprisonné dans des geôles ou les gardiens oublient d’apporter de l’eau. Il a traversé une jungle devenue une créature folle et tourmentée, il a gouté à des drogues qui lui ont fait voir des dieux, il a chassé la flotte d’Alexandre Le Grand, et il a assisté plusieurs fois à des modifications et à la dilutions du temps. Cela l’a rendu désabusé. Il boit beaucoup pour oublier les horreurs auxquelles il a assisté tout comme ses interrogations sur les changements qui se sont emparés de son monde et sur sa place parmi les vivants. C’est un homme tourmenté et, ma foi, ça le rend plutôt sympathique.

Le début du roman peut paraître difficile, surtout que le désordre des chapitres (voulu, bien entendu) nous empêche d’appréhender le problème comme Villon l’a découvert et nous devons nous contenter de bribes et d’indices pour comprendre ce qui se passe. Puis le jour se fait peu à peu sur le mystère et je trouve ce procédé plutôt bien joué de la part de l’auteur. Passez vite ces difficultés en faisant taire vos réticences et vous plongerez bientôt dans un récit passionnant et dépaysant. Le roman ne m’a pas fait l’effet d’un coup de cœur, et pourtant, par sa richesse et sa complexité, il vient compléter la liste de mes romans préférés !

(Notez également qu’il a remporté le Grand Prix de l’Imaginaire du roman francophone en 2010).

logo_livraddictLu pour une lecture sur Livraddict. Voir les avis de : Flo Tousleslivres, Sia,…

Le Pacte des Marchombre, 2 : Ellana, L’envol – Pierre Bottero

Couverture - L'envol

Pierre BOTTERO

Le Pacte des Marchombres, 2 : Ellana, l’envol

Éditions Rageot, 2008

448 pages

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Présentation de l’éditeur

« Ses longs cheveux noirs tombant en rideau devant son visage, son attitude, position de combat ou figure de danse, l’énergie qui se dégageait d’elle… La fille n’était plus une fille. C’était un oiseau. Prêt à l’envol. »

Encore apprentie marchombre, Ellana est chargée par Jilano, son maître, d’une mission à haut risque : escorter une caravane au chargement précieux et mystérieux. Mais au fil de ses rencontres, Ellana peine à identifier ses véritables ennemis, la voie tend à se dérober devant elle et les choix qui engagent sa loyauté et ses sentiments se révèlent périlleux.

Mon avis

Commenter le deuxième tome d’une saga, c’est toujours risquer d’en dire un peu trop. A vrai dire, je suis toujours un peu à sec quand il s’agit de développer un discours plus ou moins argumenté sur une suite, de qualité ou pas (quoique souvent j’ai beaucoup à dire quand ça ne m’a pas plu). En fait, j’ai lu ce deuxième tome d’Ellana il y a deux ou trois mois déjà, et j’aurais eu largement le temps d’écrire cette chronique, mais voilà je fais ça une demi-heure avant la fin d’une LC, justement parce que j’ai des difficultés à parler des deuxièmes tomes (ou troisièmes ou quatrièmes, c’est le principe). Parce que ça veut dire parler de nouveau des personnages, de l’univers, de leur évolution, c’est évoquer les nouveaux évènements auxquels on va assister et ça va beaucoup être de redite par rapport au premier tome, etc, etc, ou alors un spoil monstrueux pour ceux qui ne connaissent pas.

Le fait que ça soit le deuxième tome d’Ellana ajoute encore à la difficulté : c’est tellement génial que je ne vois pas quoi dire de plus par rapport au premier tome, que s’il faut convaincre quelqu’un de lire, il faudra d’abord commencer par le premier et que s’il a lu le premier, comment, de toute manière, ne peut-il pas se jeter sur la suite ?

J’ai donc pensé faire simple et livrer les points essentiels du roman, à savoir :

  • de l’action, de la poésie, de l’émotion ;
  • une héroïne toujours plus attachante, brillante et forte ;
  • des épreuves qui la feront douter d’elle-même, mûrir et atteindre une certaine plénitude ;
  • la philosophie marchombre fascine d’autant plus le lecteur, qu’elle s’oppose à celle de ses ennemis, les mercenaires du chaos ;
  • la situation à Gwendalavir est délicate : la trahison a affaibli l’empire et les envahisseurs menacent, ce que va vivre l’héroïne est plus ou moins directement lié à ça, mais c’est intéressant de la part de l’auteur d’avoir ajouter ces contraintes ;
  • au delà de ces conditions très terre à terre, l’auteur introduit des éléments de mystères qui frôlent l’onirisme, mais font paraître Gwendalavir d’autant plus magique ;
  • le long terme : le roman se déroule sur plusieurs années, et fait vivre au personnage des aventures distinctes, ce qui fait aussi toute la richesse de cette histoire ;
  • une écriture somptueuse qui fait rêver et qui ne cesse de m’émerveiller ;
  • en conclusion, une lecture qui fut un gros, gros, gros coup de coeur !

Je suis désolée pour la forme que prend cette chronique, écrite un peu à l’arrache, il est vrai. Pour en savoir plus sur Ellana, je vous suggère de vous reporter à l’article du premier tome, ou encore (plus simple) de lire la saga : vous ne le regretterez pas !

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Lu dans le cadre d’une LC sur Livraddict. Lire les avis de : Darktoy, Julie7, ueki09, BouQuiNeTTe, Alexielle, Frankie.

Lu pour le Baby Challenge Fantasy

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L’Histoire de Pi – Yann Martel

Couverture - L'histoire de Pi

Yann MARTEL

L’Histoire de Pi (Life of Pi)

Editions Denoël, 2004.

333 pages.

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Présentation de l’éditeur

Piscine Molitor Patel, dit Pi, est le fils du directeur du zoo de Pondichéry. Lorsque son père décide de quitter l’Inde, la famille liquide ses affaires et embarque, accompagnée d’une étonnante ménagerie, sur un cargo japonais : direction le Canada. Le navire fait naufrage, et Pi se retrouve seul survivant à bord d’un canot de sauvetage. Seul, ou presque… Richard Parker, splendide tigre du Bengale, est aussi du voyage. Comment survit-on pendant deux cent vingt-sept jours en tête à tête avec un fauve de trois cents kilos ? C’est l’incroyable histoire de Pi Patel.

Mon avis

Pi nous raconte sa vie. Ou plutôt il raconte sa vie avec pour perspective celle d’un évènement effrayant : le naufrage d’un bateau et sa survie miraculeuse sur un canot de sauvetage pendant plus de sept mois avec un tigre du Bengale.

Dans la première partie du roman, un écrivain vient interroger Pi, adulte, plusieurs années après le naufrage, sur cet évènement marquant. Il donne son impression sur le personnage qui a construit sa vie au Canada après des étude de théologie et de zoologie. Pi raconte beaucoup de chose sur son enfance : l’origine de son prénom, sa découverte de la religion, sa familiarité avec le monde sauvage que son père a reconstruit dans son zoo. Il évoque les comportements des visiteurs, ceux des animaux, avec précision.

Puis le naufrage. Là encore le récit est très précis sur les conditions de la survie sur le canot de sauvetage. Ce sont pour beaucoup des réflexions très pratiques sur la pêche, les moyens d’obtenir de l’eau douce, le comportement de Richard Parker, le tigre, et de la manière avec laquelle il le tient à distance. Malgré tout, il ne peut pas s’empêcher de philosopher sur sa situation ou encore de s’arrêter pour des moments d’introspection ou de contemplation poétique. Ce mélange est surprenant. Il a bien quelques longueurs, mais le récit est passionnant. J’ai particulièrement aimé la manière dont il parle du tigre. C’est un animal fascinant, et pourtant il n’oublie jamais que d’un coup de patte, ce dernier peut lui arracher la tête. Il construit sa domination sur l’animal dans le seul but de rester en vie, sans « l’amitié magique » qu’on trouve parfois dans certains récits entre l’homme et l’animal. Il n’est jamais question de ça dans ce roman. De ce point de vue, c’est très réaliste et c’est un aspect que j’ai beaucoup apprécié.

Temps d'un livreLu dans le cadre d’une lecture commune sur le blog Le Temps d’un livre.