Absinthes & démons – Ambre Dubois

Lord Nermeryl est un jeune homme étrange. Quiconque reçoit sa carte peut lui demander de l’aide pour résoudre un problème étrange, surnaturel et d’apparence insoluble. Un personnage fascinant, mais qui ne réussit pas à dépasser l’anecdotique.

 

 

 

Ambre DUBOIS

Absinthes & démons

Editions du Riez, 2011

184 pages.

Présentation de l’éditeur

Qui est réellement Lord Nermeryl ? Le diable, comme le laisse sous-entendre la rumeur ? Ou un jeune dandy un peu trop excentrique dont le passe-temps morbide est d’enquêter sur des affaires surnaturelles ?

Au fil des énigmes, en compagnie de sa fidèle compagne, la Corneille, le jeune homme goûte la saveur des âmes des êtres humains, découvrant les travers de l’humanité et y apportant sa propre justice… d’une manière bien singulière…


Possessions, malédictions, disparition en masse de jeunes gens, morts étranges… c’est le lot quotidien de Lord Nermeryl qui s’est fait une spécialité d’enquêter à la demande de quiconque reçoit sa carte de visite. Entre un fantôme qui possède une jeune femme, un vampire qui sévit dans un quartier mal famé, et une fée qui revient à la vie  au prix de sacrifices humains, ses pouvoirs obscures et sa fidèle compagne ne sont pas de trop pour l’épauler dans sa tâche. Et alors que les nouvelles passent, l’auteur en dévoile un peu plus sur le mystère qui plane autour de son personnage.

Je n’attendais pas grand chose de ce roman, donc je ne suis pas tellement déçue, mais il est clair que ce livre sera très vite oublié. Tout est sous-exploité, le personnage est peu incarné, la corneille a un rôle minime,au point que ce qui se passe à la fin ne soulève aucune émotion, et le tout reste très anecdotique.

En terme d’écriture, c’est assez pauvre. On nous sert à la pelle nombre de descriptions surnaturelles ou érotiques clichées à souhaits, entre des « yeux mordorés », des lèvres « incarnats », etc… clichés que l’on retrouve beaucoup dans les récits bit-lit ou vampiriques. L’absinthe, qui apparaît dans le titre, ne sert à rien. Le personnage en boit, mais à part ça… Par contre, les démons, vu tous les teasings qu’on nous fait d’une nouvelle à l’autre, on finit par en entendre parler.

Le format est celui de courts chapitres, plutôt des nouvelles, qui présentent une enquête différente à chaque fois. Il y a simplement un mince fil rouge, la révélation progressive de la nature du personnage, et cela n’a pas suffit m’accrocher. Un autre format aurait peut-être rendu l’intrigue plus intéressante. J’ai bien aimé certains détails : le dénouement d’une ou deux nouvelles, les créatures intrigantes qu’elles présentent, et la façon dont Jorian Nermeryl arrive à s’en sortir. Mais, le fonctionnement de ce monde n’est pas expliqué, les quelques bons points du livre restent sous-exploités, et tout a un goût d’inachevé.

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Sans forme – Gail Carriger

Gail CARRIGER

Une Aventure d’Alexia Tarabotti, Le protectorat de l’ombrelle, 2. Sans forme

(Traduit par Sylvie Denis)

Editions Orbit, 2011

318 pages

Présentation de l’éditeur

Un jour qu’elle se réveille de sa sieste, s’attendant à trouver son époux gentiment endormi à ses côtés comme tout loup-garou qui se respecte, elle le découvre hurlant à s’en faire exploser les poumons. Puis il disparaît sans explication… laissant Alexia seule aux prises avec un régiment de soldats non-humains, une pléthore de fantômes exorcisés, et une reine Victoria qui n’est point amusée du tout.

Mais Alexia est toujours armée de sa fidèle ombrelle et des dernières tendances à la mode, sans oublier un arsenal de civilités cinglantes. Et même quand ses investigations pour retrouver pour retrouver son incontrôlable mari la conduisent en Ecosse, le repère des gilets les plus laids du monde, elle est prête !


Alexia, devenue Lady Maccon, la comtesse de Woolsey, a plus d’obligations que jamais. Auprès de son mari, auprès de la meute dont elle fait désormais partie, auprès de la Reine en tant que mujah par sa condition paranaturelle, sans compter son amie Ivy qui a un faible pour les chapeaux monstrueux et un certain comédien porte-clés de la meute, ou encore sa soeur Félicité, confiée à sa garde pour son plus grand malheur.

Alexia se retrouve cette fois-ci à enquêter sur un phénomène étrange qui empêche les surnaturels, vampires et loups-garous, de prendre leur véritable forme, et qui exorcise les fantômes dans un périmètre bien délimité. Arme ? Maladie ? Elle est chargée de démêler tout cela et d’empêcher que cela se reproduise. Elle tente aussi de suivre son mari alors que celui-ci enquête de son côté ou se rend en Ecosse pour des obligations familiales sans lui en parler.

On retrouve des éléments du premier tome, entre le langage haut en couleur d’Alexia, sa relation avec Connall, entre sarcasme, dispute et amour fou (charnel ou pas). Le Steampunk est toujours bien présent, entre un voyage en dirigeable, un appareil de transmission de message très particuliers, l’étherographe, et la présence d’un nouveau personnage intriguant, une inventrice française qui s’habille avec un pantalon (ce qui choque la bonne société anglaise, même Alexia et son sens du bon goût). L’aspect scientifique est tout de même moins présent.

Ce second tome se déroule donc entre action, enquête et intrigue plus intime. J’ai passé un aussi bon moment, peut-être même meilleur, qu’avec Sans âme, le premier tome, et si quelques points m’ont moins plu, ce ne sont pas le même que ceux que j’avais soulevés dans le premier tome. Certaines révélations sont notamment un peu trop évidente, mais j’ai trouvé ce second tome plus intéressant dans l’ensemble. On va par exemple connaître des éléments du passé de Connall Maccon, puis en savoir plus sur les paranaturels, et puis l’intrigue va se terminer sur un cliffhanger qui m’a laissée sur le c*l.

C’est une très bonne suite de saga. Je me suis régalée en le lisant, riant à de nombreuses reprises aux réparties piquantes des personnages ou à leurs réflexions coquasses. Je me suis facilement immergée dans l’histoire, le tout pour mon grand plaisir !

A lire donc, si vous avec lu Sans âme, sans plus attendre !

ABC Imaginaire 2015 v2

Jessica McClain, 1. Sang nouveau – Amanda Carlson

Couverture - Sang nouveau

Amanda CARLSON

Jessica McClain, 1. Sang nouveau (traduit par Isabelle Pernot)

Editions Le Livre de Poche, 2013.

Collection Orbit

432 pages

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Présentation de l’éditeur

« Je me réveillai entre quatre murs blancs avec l’odeur du désinfectant, du latex et du café dans les narines. On aurait dit une chambre d’hôpital typique, sauf que celle-ci accueillait exclusivement des loups-garous. Personne ne partageait cet espace avec moi, ce qui me facilitait les choses. Un loup nouveau-né, c’est le chaos assuré. J’étais devenue la seule louve à part entière de toute la planète. Ma nouvelle identité allait ébranler le statu quo du monde surnaturel. »

Il n’est pas toujours facile d’être jeune et femme quand on est la seule représentante du sexe féminin dans une meute de loups-garous. Et la situation semble devenir vraiment très compliquée pour Jessica, 26 ans, lorsqu’elle apprend qu’elle représente pour les siens le mal absolu et que son existence a pour but l’anéantissement de sa race. Pour sauver sa vie, elle va devoir fuir…

Mon avis

Je me suis penché sur ce livre après avoir lu la chronique de Darkhawk, sur son blog Les Mondes Imaginaires. N’étant pas forcément amatrice de bit-Lit, mais ayant tout de même envie de réessayer ce genre après Sans âme, j’ai décidé de me fier à des conseils plutôt que de piocher au hasard.

Et effectivement, c’est bien sympa. Je n’ai pas particulièrement adoré, mais j’ai passé un bon moment de lecture.

Jessica est la fille d’un chef de meute loup-garou. Sauf que les filles de loup garou et encore moins les louves-garous ne sont pas censées exister. Pourtant dès sa première transformation, Jessica se rend bien compte qu’elle est une louve et qu’elle appartient à la meute, tout comme son frère jumeau et son père. Son réveil va pourtant déclenché les hostilité de la meute, à cause d’une prophétie, et l’intérêt pour sa personne de bon nombre de créature qu’elle se serait bien passée de rencontrer.

C’est donc Jessica qui est la narratrice et c’est elle qui nous raconte les changements, la transformation, comment les odeurs deviennent soudain prégnantes, comment elle doit parfois se battre contre l’instinct de sa louve… C’est plutôt drôle et palpitant, mais je n’ai pas réussit à prendre toute cette histoire au séreux. Je veux dire que ça reste pour moi un bon divertissement, une petite lecture détente pour changer entre deux gros pavés, mais ça ne me laissera pas un souvenir impérissable – la preuve : j’ai déjà oublié comment ça se termine. J’ai trouvé ce roman assez intéressant, mais je n’ai pas vraiment de point de comparaisons pour en faire un commentaire plus développé, par rapport à la production de bit-lit existante.

On retiendra tout de même que c’est une lecture palpitante, sans point mort, avec des personnages charismatiques et une héroïne qui a du chien. Pas un chef d’oeuvre, mais un bon divertissement.

Challenge Destins de femmes chez Tête de Litote

Une aventure d’Alexia Tarabotti, Le Protectorat de l’ombrelle, tome 1 : Sans âme – Gail Carriger

Couverture - Sans âme

Présentation de l’éditeur

Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui ne lui avait pas été présenté. Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, Écossais et loup-garou – est envoyé par la reine Victoria pour démêler l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Découvrira-t-elle ce qui se trame réellement dans la bonne société londonienne ?

Mon avis

Alexia est une vieille fille aux origines italiennes. De quoi la rendre indésirable pour une bonne partie de la société londonienne. Mais plutôt fière de l’être, elle ne perd aucune occasion de le rappeler grâce à sa langue bien fourchue et un vocabulaire châtié, ce qui la mène dans de superbes joutes verbales et conflits ouverts avec lord Maccon, le loup garou le plus en vue de Londres…

Mélange de Steampunk et de Bit-lit – les scientifiques ont la part belle avec leur inventions folles et, loups-garou, vampires et fantômes sont acceptés en tant que citoyens à part entière de cette Angleterre sous le règne de Victoria -, la société décrite par Gail Carriger est plutôt séduisante. Et le fait d’avoir Alexia comme guide rend le tout encore plus palpitant… Je ne suis pas très branchée bit-lit. Pourtant, je ne sais pour quelle raison ce livre me faisait de l’oeil depuis un moment. Et une fois mon nez dedans, j’ai eu du mal à le lâcher. Sans aller jusqu’au coup de coeur – ce roman souffre un peu de superficialité – ce fut un très bon divertissement. Je me suis beaucoup amusée à suivre Alexia dans ses intrigues amoureuses et le mystère dans lequel elle est prise malgré elle. D’abord il y a une profusion du discours indirect libre (ouille, je sais ça fait très pédant de dire ça, mais je ne vois comment l’exprimer autrement) qui instille dans les descriptions et la narration le point de vue l’Alexia, toujours très au fait des convenances, mais soit en décalage, soit avec ironie. Ainsi, elle pense beaucoup ce qui se passe autour d’elle soit à du point de vue de ce qui est convenable, ou de ce qui est à la mode, ou encore de ce qui paraît stupide ou intelligent. Et il y a de cette manière une vraie dynamique tout au long du roman qui mène sans difficulté le lecteur bien accroché à ses pages jusqu’à la fin.

Je ne raconterais pas plus avant l’histoire, mais le seul bémol que je mettrais est le fait que l’intrigue amoureuse prend trop rapidement le pas sur l’énigme à résoudre. En soi, j’ai bien rigolé à la manière dont tout ça s’est déroulé, mais il y a comme un effet de « oh, c’était juste ça… » quand on finit par découvrir le pot aux roses. Pour le reste, difficile de rester un tantinet objective : j’ai vraiment beaucoup apprécié cette lecture !

Voir aussi l’avis de : La croisée des chemins

Challenge Destins de femmes chez Tête de LitoteChallenge Vide ta PAL__________________________________________________________________________

Gail CARRIGER. Une aventure d’Alexia Tarabotti, Le Protectorat de l’ombrelle, tome 1 : Sans âme. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sylvie Denis. Editions Le Livre de Poche ; Orbit, 2012. 424 pages.