L’Héritière – Jeanne-A Debats

Couverture - L'Héritière

Jeanne-A Debats

L’Héritière

Editions Actu SF, 2014

382 pages

Présentation de l’éditeur

Je m’appelle Agnès Cleyre et je suis orpheline. De ma mère sorcière, j’ai hérité du don de voir les fantômes. Plutôt une malédiction qui m’a obligée à vivre recluse, à l’abri de la violence des sentiments des morts. Mais depuis le jour où mon oncle notaire m’a prise sous son aile, ma vie a changé. Contrairement aux apparences, le quotidien de l’étude qu’il dirige n’est pas de tout repos : vampires, loups-garous, sirènes… À croire que tout l’AlterMonde a une succession à gérer ! Moi qui voulais de l’action, je ne suis pas déçue… Et le beau Navarre n’y est peut-être pas étranger.

Romancière, nouvelliste et anthologiste, Jeanne-A Debats a convoqué les figures les plus flamboyantes du fantastique pour une romance douce-amère dans la Ville Lumière. Plume reconnue de l’imaginaire français, sa novella La Vieille Anglaise et le continent a été lauréate du Grand Prix de l’imaginaire, des prix Julia Verlanger et Rosny aîné.

Mon avis

Ayant gardé un excellent souvenir de ma lecture de Plaguers de la même auteure, je n’ai pas longtemps hésité avant d’acheter L’Héritière, entre le visuel alléchant de la couverture et la promesse de son histoire.

L’histoire, justement, qu’en est-il ?

Agnès Cleyre est fille de sorcière. Elle a un don (ou une malédiction) particulier : celui de voir les fantômes, tous les errants, les fantômes qui hantent divers lieux ou que les personnes portent avec eux, ersatz de leurs sentiments, joie, peur, rancoeur. Mais ces fantômes le blessent quand elle entre à leur contact, l’obligeant à vivre cloitrée dans une maison protégée, ou à sortir dans un état d’ébriété ou de défonce avancé. Au début du roman, elle se rend au cimetière du Père Lachaise, pendant une nuit spéciale où les fantômes sont moins virulents, pour rendre visite à la tombe de ses parents et de son frère, décédés récemment. Elle y est rejointe par son oncle Géraud, un éternel, et Navarre, un vampire.

Géraud lui propose de travailler dans son cabinet de notaire pour traduire les testaments des surnaturels qui font appel à ses services : vampires, loups-garous, sirènes, et autres créatures de tout poil. C’est un boulot à l’abri des fantômes, mais loin d’être de tout repos. Entre des irruptions de loups garous déchaînés, les tentatives de noyades par une sirène dans un lavabo, la très coquette Zalia, et les vols avec Navarre, vampire décidément très sexy, proportionnellement à sa puissance, elle se retrouve à gérer une succession dans un clan de vampires.

Je n’ai pas assez lu de romans de ce genre-là pour pouvoir faire des comparaisons en terme de traitement des créatures fantastiques ou du thème. En tous cas, c’était une excellente lecture. L’univers est solide, ancré dans l’Histoire qui remonte au moins jusqu’au Moyen Age, et les caractéristiques de chaque espèce surnaturelle se retrouvent aussi en matière de classe sociale, les vampires sont des représentants de l’aristocratie tandis que les loups-garous ont pris leurs origines dans la lutte sociale, dans la Commune notamment.

J’ai souvent eu l’impression qu’on était dans quelque chose de très classique : le vampire séducteur, l’antipathie de certaines espèces surnaturelles l’une envers les autres… tout en ayant une volonté de détourner les codes, de donner un coup de pied dans certaines sagas très connues (Twilight !), dans les clichés. On a des scènes déjantées au possible, où un ange de la mort apparaît sous la forme d’une petite fille avec des ailes en carton pâte, où un vampire lit de la romance paranormale, et où on se défend à coup de talons aiguilles en argent.

Le résultat est drôle, entre décalage et situations comiques. Il y a de l’action, parce que cette succession n’est pas du goût de tout le monde et qu’il y a forcément des gens pour s’y opposer. On découvre la capitale, Paris, sous un autre point de vue : celui de l’Alter-Monde. Chaque arrondissement est aux mains d’une espèce ou d’un clan.

Le résultat est vraiment sympa. J’ai pris un grand plaisir à me plonger dans l’histoire, même si j’ai été un peu frustrée par l’aspect « premier tome » de ce roman. Le style est efficace, fluide. J’ai beaucoup ri et j’ai adoré suivre tous ces personnages.

On dispose une Préface d’Adrien Party et une Postface de Jean-Luc Rivera, qui offrent des pistes d’interprétation et de contextualisation de ce roman dans les genres de la bit-lit et de l’urban fantasy. Ce ne sont pas mes genres préférés, donc je n’avais pas vraiment ce recul en ce qui concerne le traitement des créatures fantastiques et la manière avec laquelle l’auteur a innové, mais ça m’a beaucoup intéressée d’avoir le point de vue de connaisseurs et spécialistes sur la question.

En conclusion, L’Héritière est un roman savoureux, passionnant et fascinant que j’ai lu avec un grand plaisir.

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3 réflexions sur “L’Héritière – Jeanne-A Debats

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